Pourquoi la foi en Dieu est bénéfice

 

 

Pourquoi la foi

 en Dieu est bénéfique ?

 Introduction :

 

Dans le domaine profane, la foi se définit comme la confiance en quelqu’un ou en quelque chose. Dans ce contexte, tous les humains ont une foi. C’est tellement vrai que dans l’usage ordinaire on sait stigmatiser la mauvaise foi. Cependant, dans les relations humaines cordiales chacun fait référence à sa bonne foi. Malgré tout, la foi se différencie de la croyance. On peut croire en quantité de choses, sans pour autant avoir la foi. D’ailleurs, il existe bien une frange de la société qui croit à la concrétisation de ses projets, mais en agissant sans foi ni loi. Ils croient en eux-mêmes, se considérant comme la référence absolue. Cependant, dans le domaine religieux, les dictionnaires en langue française font référence à une croyance en Dieu. Ils définissent la foi comme un dogme. Est-ce bien le cas dans la Bible ?

 

Développement :

 

Dans l’Ancien comme dans le Nouveau Testament, la foi est spirituellement une adhésion totale aux révélations de Dieu (cf. la Bible et la nature). Le terme est à prendre dans son sens premier : adhérer, coller. C’est un principe de bonne conduite, comme quand nous conduisons notre voiture. Si les pneus n’adhèrent pas bien à la route, à la moindre intempérie, la sortie de route est assurée…

La foi peut s’analyser, mais elle contient aussi sa part de mystère, tout comme dans le fait d’aimer une personne. Il y a de l’irrationalité dans la foi, même si, par l’expérience, des effets concrets sont évidents pour l’ayant foi. La foi ne dépend pas de nos capacités intellectuelles ou de nos talents. La foi, tout comme l’amour, se découvre par le cœur. Dieu dit au prophète :

« Vous me chercherez, et vous me trouverez, si vous me cherchez de tout votre cœur » Jérémie 29 : 13, version LSG.

La part de mystère se situe au niveau d’une confiance indéfectible en un être invisible qui intervient, comme pour Abraham par une demande inacceptable. Qui peut raisonnablement obtempérer à l’ordre de Yahvé-Adonaï de mettre à mort son fils unique, alors qu’une grande postérité lui a été promise ? Que Dieu, l’auteur de toute vie, demande à son serviteur d’être parricide est démentiel ! Que Dieu demande à son serviteur un tel sacrifice est inconcevable.

Pourtant, Abraham va manifester une foi hors du commun. Elle le fait sortir du modèle théorique de pensée, propre à un humain normalement constitué. La foi obéit à la même démonstration des scientifiques, lorsque ces derniers trouvent des solutions en dehors de leur paradigme. En sortant de la situation présente, en allant au-delà du visible, Abraham a expérimenté la foi. Quand la foi défie la raison, seule l’expérience personnelle (cf. Romains 14 : 22) peut attester sa bienfaisance… Il n’y a pas de bénéfice-risque dans la foi. La démarche est complètement positive quand nous parlons de la vraie foi. Les imitations sont légion. Des pseudos-foi, masquent beaucoup de velléités de pouvoir ou de désir de paraître.

« Par la foi, Abraham, mis à l'épreuve, a offert Isaac ; il offrait le fils unique, alors qu'il avait reçu les promesses et qu'on lui avait dit : C'est par Isaac qu'une descendance te sera assurée. Même un mort, se disait-il, Dieu est capable de le ressusciter ; aussi, dans une sorte de préfiguration, il retrouva son fils. » Hébreux 11 : 17-19, version TOB.

La confiance totale, avec Celui avec lequel il avait tissé une vraie relation, a permis à Abraham de découvrir jusqu’où il pouvait aller dans sa confiance en Yahvé-Adonaï ! Cette indéfectible assurance, dans les promesses qui lui avaient été faites, transforme Abraham. Il devient dans la Bible la référence de la foi. Il a investi dans l’impensable : la résurrection de son fils. Sa foi a reformaté sa raison. C’est le cas quand nous prenons au pied de la lettre la formule : « Rien n’est impossible à Dieu » Luc 1 : 37, version LSG.

Ainsi, nous pouvons mieux comprendre le passage important de la lettre aux Hébreux : « sans la foi, il est impossible d'être agréable à Dieu, car celui qui s'approche de Dieu doit croire qu'il existe et qu'il récompense ceux qui le cherchent » Hébreux 11 : 6, version TOB.

 

C’est à la lumière du témoignage d’Abraham que nous pouvons mieux comprendre la pensée de l’apôtre Paul quand il écrit, de Corinthe, aux chrétiens de Rome :

 

« Tout ce qui ne procède pas d’une conviction de foi est péché » Romains 14 : 23c, version TOB. Ou, « Tout ce qui ne relève pas de la foi est péché », version LSG révisée, ou encore, « Tout acte qui n’est pas fondé sur la foi est péché », version Français courant.

Précisons qu’il faut entendre le péché, non dans son sens moral et culpabilisant, mais plutôt dans son sens relationnel. Le péché, c’est rater la rencontre avec Dieu. C’est passer à côté de ce qu’il veut construire avec nous. Pourquoi le même verset est traduit différemment par les exégètes ? En d’autres termes, pourquoi toutes ces nuances ?

Mais d’abord, essayons de cerner ce que dit le texte original.

Il s’agit bien de foi et non de conviction, mais la préposition, (en grec : ἐκ = ek

= hors de, depuis, de, par, loin de… préposition dénotant une origine (point d'où l'action ou le mouvement procède), de, hors (d'un lieu, du temps, d'une cause ; littéral ou figuratif) éclaire le sens du mot.

Pour le saisir il faudrait traduire tout à la fois :

 

Tout ce qui ne va pas vers la foi (autrement dit : tout ce qui se situe hors de la foi). Il y a mouvement.

Tout ce qui n’est pas avec la foi (autrement dit : tout ce qui se situe d’après la foi). Il y a le contenu.

Tout ce qui ne procède pas de la foi (autrement dit : tout ce qui ne se situe pas à partir de la foi). Il y a là l’origine. Nous avons là les trois sens de la préposition ἐκ.  

L’apôtre Paul pose ici, dans un contexte circonstancié, les fondations de la vie chrétienne à l’adresse de cette jeune communauté en souffrance dans la capitale de l’empire romain.

Elles révèlent 3 positionnements :

 

  • 1er positionnement : « Tout ce qui ne va pas VERS la foi »,

c’est-à-dire tout ce qui peut être hors de la foi. Tout ce qui lui est étranger ou marginal. Cela pose la question de savoir comment s’oriente notre confiance en Dieu et en mon prochain ? une marche chrétienne sans foi est impensable pour l’apôtre.

La foi doit s’inscrire dans une logique de désir... S’il n’y a pas désir, il n’y a pas relation (telle que Dieu la souhaite). L’intentionnalité précède la rencontre. C’est elle qui oriente la mise en mouvement de la rencontre. Si notre confiance en Dieu ne relève pas d’un désir spontané, nous passons à côté de l’objectif relationnel que nous avons souhaité (c’est cela le péché !). Il ne s’agit en aucune manière d’avancer avec la foi du charbonnier ! La foi des évangiles nous dit quel chemin prendre et dans quel esprit il faut marcher.

La   foi est donc, dans son sens premier, un mouvement. Nous allons à la rencontre de Dieu ou du prochain parce que nous avons été construits comme des êtres sociables. La foi nous projette vers un ailleurs. Il y a des rencontres et une vie communautaire à vivre.

Ainsi, nous sommes appelés à sortir de nous-même pour aller vers notre Père. Le mouvement part de soi et se dirige vers un ailleurs ou vers un autre. C’est pour cela certainement que l’on parle de foi vivante (cf. Hébreux 10 : 20-22). La foi n’a rien de figé, elle traduit un nécessaire déplacement. Cela bouge en nous, et on a envie d’aller vers ce qui nous élève et nous transcende. L’apôtre Pierre décrit bien cette réalité : « Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ : dans sa grande miséricorde, il nous a fait renaître pour une espérance vivante, par la résurrection de Jésus Christ d'entre les morts » 1 Pierre 1 : 3, version TOB.

 

  • 2ème positionnement : « Tout ce qui n’est pas AVEC la foi… »

Dieu n’a cessé au cours de l’histoire de nous démontrer son plus grand désir : Être avec ses enfants. N’est-ce pas la particularité première d’un père aimant que d’être avec les siens ! Dans l’ancienne alliance (le mot est déjà en soi évocateur sur un plan relationnel !), Dieu déclare : « Ils me feront un sanctuaire et j’habiterai au milieu d’eux » Exode 25 : 8, version LSG.  Dans la nouvelle alliance, cette réalité est magnifiquement illustrée par le beau nom attribué à notre sauveur Jésus-Christ : Emmanuel= Dieu avec NOUS (cf. Matthieu 1 : 23).

De même que l’intentionnalité de Dieu est donc d’être AVEC NOUS, de même notre relation avec lui n’a de sens, que si nous voulons être avec lui. Là, la foi et l’amour se rejoignent. La foi a ici toute sa place. Sans la confiance qui est au cœur de la foi, aucune relation positive n’est possible. De même que le bonheur des amoureux est dans le vivre avec et le vivre ensemble, de même la foi appelle ce besoin d’être dans la présence de Dieu. Dès lors, la bonne question à se poser est la suivante : Avons-nous vraiment, la vraie motivation profonde de vouloir rencontrer Dieu, de l’aimer et de le servir ?  

Pour bien souligner le fait que la foi entraîne un positionnement sans ambiguïté, Jésus a déclaré : « Celui qui n’est pas avec moi est contre moi, et celui qui n’assemble pas avec moi disperse ». Matthieu 12 : 30, version LSG.

En réalité, l’affirmation d’un vivre avec, dans le langage de la foi, traduit toute la profondeur de nos sentiments vis-à-vis de Dieu. Notre foi fait office de révélateur, c’est l’ADN de nos motivations et de nos désirs (Ne pas être dans la foi ou vivre dans le péché revient au même, dans le sens ou tout ce qui est sans Dieu est appelé à ne plus être, tout ce qui est sans lui, est appelé à disparaître).

Ainsi, le contenu essentiel de la foi nous engage entièrement : corps, âme et esprit (cf. 1 Thessaloniciens 5 : 22,23). La part de mystère provient du fait que la foi est une grâce. C’est en accueillant ce bienfait que la vie nous est communiquée. A la femme souffrant d’hémorragie, Jésus dira : « Confiance, ma fille, ta foi t’a sauvée » Mattieu 9 : 22, version TOB. Autrement dit, Jésus a redonné vie à son corps souffrant, mais au-delà du corps, c’est son être complet qui a été guéri et repris vie.

Mais arrivons au dernier positionnement de la foi, celui qui représente un véritable défi pour chacun de nous et qui a fait jaillir de la bouche des disciples cette instante demande au Seigneur : « Augmente-nous la foi. » Luc 17 : 5.

 

  •  3 ème positionnement : « Tout ce qui ne se situe à partir de la foi est péché ».

La foi a pour repère une rencontre. Nous abordons maintenant la délicate question de l’origine de la foi. Nous ne pouvons connaître autrui qu’en le rencontrant et en développant une relation avec lui. La confiance se construit dans cette rencontre. Comme pour la formule chimique de l’eau, molécule si précieuse à la vie, c’est l’interaction de deux atomes d’hydrogène entourant un atome d’oxygène qui transforme deux corps gazeux en liquide. De même, c’est la rencontre mystérieuse avec Dieu qui permet à la foi de naître et de s’épanouir. Tout ce qui ne procède pas de cette foi nous prive du bonheur d’appréhender Dieu positivement. C’est avec la confiance que se construit le désir de partager son intimité. C’est, pour reprendre des paroles de Jésus : « Soyez un comme moi et le père, nous sommes un » Jean 17 : 21, version LSG.

C’est ce positionnement clair qui entraîne des conséquences bénéfiques : « je vous appelle amis, parce que tout ce que j'ai entendu auprès de mon Père, je vous l'ai fait connaître » Jean 15 : 15, version TOB.

 L’invitation de l’apôtre Paul aux chrétiens d’Ephèse est limpide :

« Vous n’êtes plus des étrangers, ni des gens du dehors : mais vous êtes citoyens des saints, gens de la maison de Dieu. Vous avez été édifiés sur le fondement des apôtres et des prophètes, Jésus-Christ lui-même étant la pierre angulaire… » Ephésiens 2 : 19,20, version LSG.

C’est dire l’importance, dans la relation à Dieu, d’avoir la foi. Elle a cette merveilleuse capacité de transformer mystérieusement nos vies en les bonifiant. La foi appréhende le présent même si ses conséquences peuvent avoir une portée éternelle.

 

Conclusion : 

 

Dieu, par Jésus-Christ, nous invite constamment à la rencontre

 A la samaritaine il dira « Si tu connaissais le don de Dieu et quel est celui qui te dit donne-moi à boire… » Jean 4 : 10, version LSG.

Mieux encore ! Pour faciliter la rencontre, le Seigneur Jésus-Christ nous informe que nous sommes connus de Dieu avant de le connaître !

A Nathanaël Jésus lui dit : « Voici, vraiment un israélite dans lequel il n’y a point de fraude. D’où me connais-tu ? lui dit Nathanaël. Jésus lui répondit : Avant que Philippe t’appelle, quand tu étais sous le figuier, je t’ai vu. Nathanaël répondit et lui dit : Rabbi, tu es le fils de Dieu, tu es le roi d’Israël. Jésus lui répondit : Parce que je t’ai dit que je t’ai vu sous le figuier tu crois ; tu verras de plus grandes choses que celles-ci » Jean 1 : 47-50, version LSG.

Ainsi, nous sommes vus du Christ avant de le voir ! Cela devrait nous aider à faire éclore la foi dans nos cheminements.

Ces trois positionnements de la foi éclairent notre responsabilité en un temps où les hommes et les femmes de conviction spirituelle se font de plus en plus rares…  

Dans ce monde ou une pseudo-science dénigre et bafoue la notion d’un Dieu créateur, il est important pour les hommes de foi et de conviction d’entrer en résistance pacifique, avec humilité.

Le christianisme révèle Dieu comme un père, le christ comme un ami et le Saint-Esprit comme guide protecteur. Cela donne du sens à une relation qui fait appel à l’émotion, aux sentiments et à la réflexion.

La confiance qui est au cœur de ce partage devient l’élément central de la foi et comme Dieu nous a tout donné, nous sommes invités à lui donner en retour, le meilleur de nous-même.

« Tu aimeras l’Eternel, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force » Deutéronome 6 : 55, version LSG.

La foi est un bien précieux. Elle est une force positive qui procure joie, sérénité et bonheur (cf. 1 Pierre 1 : 3-8).

La foi n’est pas une question de mots, mais un état d’esprit qui conduit à une conviction profonde. Elle s’est manifestée au cours de l’histoire humaine par des constructions, de la musique, des arts divers. La foi a toujours comme caractéristique de se projeter dans le concret de la vie.

 

« Disons-le sans fard. Ne tournons pas autour du pot. Je crois à une transcendance que nous avons le droit et l’habitude d’appeler Dieu et qui donne enfin un sens à l’univers et à notre vie… Dieu, absent et présent, est notre unique espérance. Et, en vérité, dans la beauté, dans la joie, dans la justice, dans l’amour, la seule réalité. » Jean d’Ormesson, ancien membre de l’Académie Française, « guide des égarés », éditions Gallimard, p. 117,118.

 

« La foi est un fruit de l’âge mûr. Chez l’enfant, elle n’est qu’en fleur ». Alexandre Dumas, fils ; l’affaire Clemenceau (1866).

« La foi, c'est une grâce, ce n'est pas un mérite. Ma foi n'a jamais été ébranlée, malgré l'épreuve du péché »   Paul Claudel ; interview, le 19 février 1953.

                                                                                                 

                                                                           Eychenne Jacques

 

PS : LSG, version Louis Segond ; TOB, version Traduction Œcuménique de la Bible.

 

 

 

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