tue et mange

 

 

 

 

 «  Tue et mange »

                          ou

  L’ouverture au monde

      Actes 10 : 9-22

 

 

Introduction :

 

Nous pensons d’ordinaire que la prédication universelle du message du Christ s’est imposée tout naturellement aux disciples. En réalité, la compréhension d’une ouverture au monde a posé de sérieux problèmes aux apôtres et à Pierre en particulier. Son paradigme ne pouvait intégrer un salut accessible aux non-Juifs. Déjà, dans l’ancienne alliance, on utilisait le terme goyim pour distinguer le peuple élu des autres peuples. A l’époque de l’apôtre Pierre ce besoin de séparer le peuple d’Israël des autres peuples se cristallisait en forte détermination. Le sentiment profond d’avoir été élu et conduit par YHWH Adonaï,  additionné  à une identité nationale bien prononcée, ne prédisposait pas à une ouverture spirituelle et sociale.

 

Ainsi, il était inconcevable pour les responsables Juifs d’intégrer ceux qui étaient appelés païens. Non seulement leur mode de vie, mais aussi leurs pratiques alimentaires, et surtout leurs dévotions religieuses dans leurs cultes idolâtres, rendaient impossible le franchissement du mur de séparation entre Israël et les autres peuples.

 

En surimpression le message du Christ allait, au départ, renforcer cette posture identitaire : « N'allez pas vers les païens, et n’entrez pas dans les villes des Samaritains ; allez plutôt vers les brebis perdues de la maison d'Israël. »  Matthieu 10 : 5-6.

Ne nous méprenons pas, la mission du Seigneur n’était pas ambiguë, elle était claire, même si les fidèles Juifs ont eu du mal à l’entendre. (L’adverbe grec  μᾶλλον définissait la priorité, pas l’exclusion.) Très vite le Christ a montré que sa mission embrassait le monde. Cependant pour se faire comprendre, le Seigneur a dû cheminer pédagogiquement, en passant  du « n’allez pas » à «  allez faites de toutes les nations des disciples » Matthieu 28 : 19.

Quel bouleversement pour un Juif ! Les crises identitaires ont traversé les siècles, elles empoisonnent la relation des peuples. Le sujet demeure d’actualité.

Dès lors, la démarche pédagogique du Christ est passionnante à étudier en regard de cette réalité tout humaine.

Pour inverser les objectifs et rendre son message universel, le Christ a patiemment mis au point sa stratégie. Il a adapté son discours à ses auditeurs, avec le secret désir de les ouvrir au monde. Il serait intéressant d’analyser toute sa progression, mais pour la résumer, prenons acte du dernier ordre de mission donné aux disciples (cf. Ils devaient être approximativement une petite centaine) : « Vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie et jusqu’aux extrémités de la terre » Actes 1 : 8. Il est clair que la nouvelle communauté chrétienne, composée en grande majorité de Juifs convertis, ne pouvait concevoir que le message du Christ concernait aussi le monde païen. De ce fait, le Seigneur a bien pris soin de les faire partir de Jérusalem (haut lieu spirituel d’Israël) pour les faire progresser vers l’extérieur. (Le premier concile de Jérusalem aux environs de l’an 50 de notre ère demeure un témoignage de cette progression.)

 

Malgré cela, même si certains disciples admettaient une possible extension de cette bénédiction divine, cette dernière devait être assortie d’une acceptation de toutes les pratiques juives. Les apôtres, malheureusement, ont adhéré à cette compréhension. Il a fallu que par l’Esprit Saint, Dieu déploie toute sa puissance, pour qu’enfin, les apôtres réalisent la portée de leur mission, et s’y conforment pleinement. Mais redisons-le, ce changement de comportement ne s’est pas opéré sans résistance et  affrontements musclés. L’être humain a de tout temps opposé une puissante force d’inertie au changement... Cependant, grâce à l’action du Saint-Esprit, la communauté chrétienne a abordé un tournant spectaculaire en s’ouvrant aux besoins du monde.   

C’est donc dans ce contexte bien particulier de tensions,  qu’il convient d’analyser la vision extraordinaire que Dieu a envoyée à l’apôtre Pierre... Elle fait écho à celle de Corneille, qui a dépêché ses serviteurs, pour aller chercher l’apôtre Pierre à Joppé. 

 

Développement :

 

« Le lendemain, comme ils étaient en route et qu’ils s’approchaient de la ville, Pierre monta sur le toit en terrasse, vers la sixième heure (vers midi), pour prier. Il eut faim et voulut manger. Pendant qu’on lui préparait quelque chose, il lui advint une extase. Il voit le ciel ouvert et un objet semblable  à une grande toile tenue par les quatre coins, qui descend et s’abaisse jusqu’à la terre ; il y avait là tous les quadrupèdes et les reptiles de la terre, ainsi que les oiseaux du ciel. Une voix lui dit : Lève-toi, Pierre, abats et mange. Pierre répondit : En aucun cas, Seigneur ! Pour la deuxième fois la voix lui parle : Ce que Dieu a purifié, toi, ne le souille pas ! Cela se produisit trois fois ; et aussitôt après l’objet fut enlevé au ciel. » Actes 10 : 9-16 (version Nouvelle Bible Segond)

 

Avant d’essayer de comprendre le côté apparemment insolite de cette vision, remarquons que toute l’action de Dieu se passe en synergie : d’un côté des gens marchent vers Pierre, de l’autre, Dieu l’interpelle par cette vision. Et quelle vision !

Pour un Juif, la question des lois alimentaires était très importante. Elle fondait la séparation, la mise à part du peuple saint. Les lois alimentaires étaient considérées comme des lois de purification et de sanctification. Elles devaient différencier ce peuple de tous les autres peuples (cf. Lévitique 11 : 44-47 ;  20 : 25-26).

 

Pour l’apôtre Pierre, cette vision fut un choc (plus violent qu’on ne le pense).  Elle remettait en question son identité spirituelle. Tout a dû se mélanger dans sa tête, et il ne devait plus savoir quoi penser.

 

Même pour nous aujourd’hui, comment comprendre ce revirement spectaculaire ? Des questions fusent aussi dans nos esprits : Dieu a-t-il changé ses lois ? A-t-il changé lui-même sa méthode, ses plans ? Une grande partie de la chrétienté le croit.  Mais est-ce bien vrai alors que l’apôtre Jacques nous dit : « tout don excellent, toute donation parfaite vient d'en haut et descend du Père des lumières, chez qui n'existe aucun changement, ni l'ombre d'une variation. » Jacques 1:17 , version de Jérusalem. 

 

A ce stade de réflexion, faisons deux observations :

 

  1. La distinction des animaux purs et impurs, la notion de sacrifice, le fait de vider de son sang l’animal, tout cet ensemble de prescriptions était cependant bien présent bien avant la création du peuple d’Israël. Plusieurs siècles avant l’énoncé de  ce corpus de lois à la sortie d’Egypte, elles existaient déjà. Nous  en avons la preuve avec Abraham et même Noé. (cf. Genèse 26 : 5 ; 7 : 1-3 ; Deutéronome 12 : 23-25). Ce n’était donc pas seulement une affaire de coutumes juives. Ces lois sanitaires, entre autres, faisaient partie d’une ancienne tradition orale. Elles  ont seulement été reprécisées au peuple d’Israël, dans un contexte géographique précis.

 

  1. Les prescriptions alimentaires et d’hygiène devaient conduire le peuple à aller au-delà du concret, du visible, pour entrer dans une dimension spirituelle. « Ce n’est pas ce qui entre dans la bouche qui souille l’homme ; mais ce qui sort de la bouche, c’est ce qui souille l’homme... Ce qui sort de la bouche vient du cœur, et c’est ce qui souille l’homme ». Matthieu 15 : 11,18 -20. Autrement dit, les prescriptions relevant de la santé du corps étaient bonnes (car tout ce qui vient de Dieu, ne peut qu’être bon pour l’humain), mais le plus important concernait l’esprit qui agit dans le cœur de l’homme. Le leitmotiv était : un esprit sain dans un corps sain.

Dieu, notre créateur, en créant notre corps, en a donné le mode d’emploi. (Raisonnablement quand un ingénieur conçoit une machine avec son mode d’emploi, faut-il rendre cette machine caduque et la jetée aux orties, parce que les consignes ont mal été comprises ou le mode d’emploi pas du tout respecté ?) L’Eternel a conseillé et énoncé ce qui était propre à la consommation, de ce qui ne l’était pas. La notion de pur et d’impur n’a pas une valeur morale dans le texte du Lévitique, elle définit tout simplement ce qui est propre à la consommation de ce qui ne l’est pas. (Cf. Impur= ce qui ne se mange pas ; pur = ce qui se mange)

Observons que la communauté scientifique (cf.études américaines et européennes) reconnaît aujourd’hui, en matière alimentaire, le bien-fondé des prescriptions du Lévitique... Mais, il convient tout aussi bien de ne pas en faire un plat !  

A camper sur des règles trop strictes, on  handicape sa relation à autrui. L’essentiel était  d’ordre spirituel, et c’est précisément cela que l’apôtre Pierre devait intégrer.

 

L’ouverture au monde devait être un dépassement des notions pures et impures. A vrai dire, grâce à l’acte rédempteur du Christ, aujourd’hui plus rien n’est vraiment impur. D’ailleurs, l’apôtre Paul écrira plus tard à son jeune disciple Timothée : « Je le sais, j'en suis convaincu par le Seigneur Jésus : rien n'est impur en soi. Mais une chose est impure pour celui qui la considère comme telle. »  Romains 14 : 14, version TOB (voire encore 1 Timothée 4 : 4)

 

Mais revenons à Pierre. Quelle révolution pour lui ? La  voix divine insiste pour ouvrir son esprit et lui faire comprendre qu’il n’y a plus désormais de distinction à faire entre le juif et le païen, entre lui Pierre, le bouillant serviteur du Seigneur et Corneille, ce païen,  gradé militaire. L’apôtre Paul élargira l’horizon de tous les appelés. Il dira : « Il n'y a plus ni Juif ni Grec, il n'y a plus ni esclave ni libre, il n'y a plus ni homme ni femme ; car tous vous êtes un en Jésus -Christ. »  Galates  3 : 28

 

Nous n’avons qu’une toute petite idée du bouleversement qu’a provoqué le message libératoire du Christ ! D’ailleurs, la suite montre que Pierre devra justifier son attitude parmi les païens, en particulier chez Corneille  (cf. Actes 11 : 1-7).

Ce récit devrait nous aider à faire tomber toutes les barrières. Apprendre à regarder son prochain comme un frère n’est guère aisé, suivant qu’il vienne de Syrie, du Maghreb ou d’ ailleurs. En nous surprotégeant, n’avons-nous pas brisé le lien de la fraternité sur cette minuscule planète bleue ? (cf. Cela n’a rien à voir avec tout ce qu’il convient de dénoncer fermement, donc sans faiblesse, dans tout comportement extrémiste).

On a cru s’immuniser en excluant l’autre, son frère. Cet état d’esprit est, reconnaissons-le, impropre à la diffusion universelle d’un message d’amour pour tous. C’est pour renverser ce mur de séparation que le Christ est mort.

Le Seigneur a dénoncé, avec force les faux-semblants, les hypocrisies, les revendications à se croire seul détenteur de la vraie religion... Bref, le Sauveur a gommé toutes les discriminations qui étaient aux antipodes de son message d’amour, de réconciliation et d’union. Combien ils sont encore trop nombreux, ceux qui pensent qu’en dehors de leur communauté, il n’est point de salut !  Pauvre nature humaine, lente à sortir de ses schémas, de ses comportements programmés, de ses attitudes conditionnées.

 

L’évangile lance un appel à tous les chrétiens pour que l’esprit les aide à garder leur porte et leur cœur ouverts.

 

Ne nous laissons pas abuser, le Christ est venu, porteur d’un message bouleversant, répondre aux attentes de notre humanité malade et souffrante. La question n’est point écologique ou climatique, mais bien spirituelle : « Aimez vos ennemis ; faites du bien à ceux qui vous haïssent ; bénissez ceux qui vous maudissent ; priez pour ceux qui vous maltraitent... Ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le de même pour eux » Luc 6 : 27, 28,31

Redisons-le, haut et fort, si l’esprit de Dieu n’était venu au secours des disciples aucune évangélisation sérieuse n’aurait pu voir le jour. Si le cœur du centurion Romain, Corneille, n’avait été touché par l’esprit de Dieu, Pierre n’aurait pas eu le bonheur de comprendre la vision qu’il venait d’avoir.

Oui, Dieu voulait que son peuple soit différent, non comme un privilège excluant tout autre peuple, mais comme une responsabilité à faire connaître au monde entier la beauté de sa Sainteté et la merveille de son salut. Dieu a voulu être le formateur du peuple d’Israël, il a rendu le fait visible, pour que l’on prête davantage attention à ce que ce peuple devait nous dire, de la part de Dieu. Mais il a voulu garder pour lui  les oracles que Dieu lui avait confiés… (cf. Romains 3 : 2)

 

Voilà pourquoi, il y a eu la Pentecôte... Le Saint-Esprit n’a pas cessé d’agir afin d’inverser la tendance du repli sur soi. Au travers des apôtres, d’Etienne, de Saul de tarse, de Philippe le diacre, de Corneille le centurion romain, et maintenant d’une façon plus incisive de Pierre, Dieu a ouvert les portes d’accès à la grande bergerie universelle.

Dans la vision donnée à Pierre, Dieu ne le force pas à transgresser des règles alimentaires qu’il a lui-même données pour l’équilibre du corps. Il s’appuie pédagogiquement sur ce cas de figure pour l’inviter, à sortir de son cadre de référence, de sa compréhension exclusive d’un évangile réservé au seul peuple juif, bref à s’ouvrir au monde. Quel était l’enjeu : intégrer complètement dans le cœur des apôtres le fait  que cette bonne nouvelle concernait le monde entier. Il était indispensable que Pierre en tant que leader du collège des apôtres, intègre cette réalité. Si l’esprit de Dieu, par sa voix (cf. v.13) n’avait pas insisté, et si par la suite son entendement n’avait pas été éclairé, nous serions, aujourd’hui peut-être, dans la méconnaissance de ce merveilleux message de bien-être et d’espérance.

Pour provoquer une réaction salutaire, la voix a utilisé 2 verbes forts : « Tue et mange. » (Dans l’original grec, le premier verbe est θύω= sacrifier, immoler (cf. même verbe dans Marc 14 : 12, sacrifice de l’agneau pascal. Luc, l’auteur des Actes utilise ce même verbe quand il parle d’immoler la Pâque, (cf. Luc 22 : 7). Le deuxième verbe est εσθιω= manger. Luc l’emploie lors de la multiplication des pains, Luc 9 : 13) Le premier verbe fait référence aux sacrifices, le deuxième à la cène.

L’emploi de ces deux impératifs, faisant référence à un rituel très bien connu, a clairement été perçu par l’apôtre. Sa réaction en est la meilleure démonstration. Son premier réflexe a été de dire non. C’est l’attitude normale de l’homme dans sa résistance à entendre tout ce qui vient de Dieu. (La peur d’être déstabilisé a souvent été au cœur de nos mauvaises réactions, parfois même violentes...)

Notons que le Christ a souvent pris à contre-pied le raisonnement humain (cf. Marc 6:37 par exemple) Déjà, le message du prophète Esaïe allait dans ce sens : « Mes pensées ne sont pas vos pensées et vos voies ne sont pas mes voies, dit l’Eternel. Autant les cieux sont élevés au-dessus de la terre, autant mes voies sont élevées au-dessus de vos voies et mes pensées au-dessus de vos pensées » Esaïe 55-56

 

De plus, ce n’est pas la première fois que Pierre a ce type de réaction (cf. Jean 13 : 6-8 ; Matthieu 16 : 22,23 ; Marc 14 : 26-31 etc.). Comme lors de son reniement, ce n’est qu’à la troisième intervention de Dieu qu’il commence à baisser sa garde... Seulement, la seconde fois, la voix lui parle en ces termes : « Ce que Dieu a purifié, toi, ne le souille pas » (καθαριζω=  rendre pur, purifier, nettoyer. Verbe utilisé lors de la guérison d’un lépreux (cf. Matthieu 8 : 2). Κοινοω=  rendre impur, souiller qqn, profaner un lieu. (Luc emploie ce verbe dans ce dernier sens, dans  actes 21 : 28).  Cette expression est très forte. Elle semble dire à Pierre qu’il est l’obstacle à la bonne progression de l’évangile. Elle l’interpelle très directement : oui, c’est bien toi, Pierre, c’est à toi que je m’adresse : ne fais pas le contraire de ce que je te dis !

Il a fallu que le message soit diffusé trois fois, pour que Pierre s’interroge vraiment.   

 

Conclusion :

 

Les évènements qui nous sont relatés dans ce récit démontrent bien que nous sommes à la veille d’un grand tournant dans la compréhension de la mission confiée aux apôtres, aux disciples et à la communauté chrétienne naissante.

Mais il fallait, pour être qualifié à la diffusion du message de la bonne nouvelle, être ouvert à la compréhension spirituelle des enseignements de Dieu. Si la vie est une question de mouvement, il en est de même dans le domaine spirituel. A rester camper et figer sur des positions, non seulement on se sclérose, mais plus important encore, on se place dans une sorte d’infirmité à entrer dans la mission d’évangélisation qui est avant tout le partage.

 

Comme pouvons-nous partager avec celui ou celle dont nous avons peur et dont nous nous méfions toujours ? Peut-il y avoir de vraie relation sans un minimum de confiance ?

La peur d’être contaminé, de perdre son identité, démontre à l’évidence le peu de foi de ceux qui disent croire en Dieu. Ces deux craintes, le Christ les a bravées toutes les deux et c’est pour cela  qu’il en est mort. Avoir une démarche spirituelle, n’est-ce pas prendre en compte l’affirmation de l’apôtre Paul :  «  La lettre tue, mais l’esprit vivifie » 2 Corinthiens 3 : 6.

 

Nous sommes donc constamment invités à aller au-delà des symboles, des rites, coutumes et pratiques, pour cheminer vers une compréhension spirituelle. Jésus dira à la Samaritaine : « Dieu est Esprit, et il faut que ceux qui l’adorent en esprit et en vérité ». Jean 4 :24 Restons constamment ouverts à l’action de l’esprit, et acceptons d’être bousculés dans nos compréhensions réductrices d’un message à portée éternelle.

 

                                                                            Jacques Eychenne

                                                                                   

 

   

 

 

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