La foi de la reine Esther

ou
Nos choix de vie
 
livre d'Esther

 

 

Introduction :

 

Dans nos parcours de vie, la nécessité de faire des choix s’impose. Enfant, on apprend très vite à dire non et oui. Plus tard, on se détermine par des choix importants : celui d’une orientation scolaire, d’un travail ou d’un conjoint. Disons en deux mots, que choisir est essentiel pour bien vivre. Le philosophe latin Epictète disait à la fin de notre premier siècle : « Quand on veut aller au bain, on ne va pas au moulin » (Cf. Entretiens, 1,27)

 

En fait, la nécessité du choix couvre toute la palette de nos activités et réflexions. Le domaine spirituel n’échappe pas à cette exigence qui caractérise la race humaine. En résumé nos choix définissent la trajectoire de nos vies. Mais disons-le de suite, la décision de faire de bons choix ne s’impose pas toujours avec évidence. Nous avons besoin de repères fiables pour nous aider à nous déterminer. C’est pourquoi, pour nous chrétiens, la référence à ce que l’on appelle couramment la Parole de Dieu, demeure incontournable.

Or, cette Parole nous invite de la Genèse à l’Apocalypse à faire les bons choix de vie.

 

En plaçant, dans le jardin d’Eden, l’interdit nécessaire à leur construction personnelle, Dieu a mis nos premiers parents devant un choix. « Tu pourras manger de tous les arbres du jardin ; Mais tu ne mangeras pas de l’arbre de la connaissance de ce qui est bon ou mauvais, car le jour où tu en mangeras, tu mourras. » Genèse 2 :17 (Version Nouvelle Bible Segond) La même réalité exprimée d’une façon plus sensible nous est rapportée par l’apôtre Jean dans son Apocalypse : « Voici (dit le Christ), je me tiens à la porte et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui, je souperai avec lui, et lui avec moi. » Apocalypse 3 :20

La Bible nous met donc en présence du grand désir de Dieu. L’apôtre Paul le résume en ces termes : « Dieu veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité » 1 Timothée 2 :4

 

Autrement dit, Dieu veut nous conserver la vie afin que nous construisions avec lui une relation solide et durable dans l’amour. Dans la Bible, la vie n’a de sens que dans cette perspective. Elle a pour conséquence de nous responsabiliser dans notre relation à nos semblables. D’où la nécessité d’apprendre à faire les bons choix et de ne pas les limiter aux seuls besoins matériels.

 

Pour nous y encourager, la Parole inspirée nous fournit de nombreux exemples d’hommes et de femmes ayant fait ces bons choix. Permettez-moi d’en citer deux.

 

 

Développement :

 

Josué à la fin de sa vie posa une question cruciale au peuple d’Israël. Ce peuple qu’il avait conduit non sans peine au pays promis, au pays de Canaan. Rappelons-nous que Moise, avant lui, l’avait délivré de l’esclavage de l’Egypte, afin qu’il entre précisément dans cette terre promise de Canaan. Josué relayant Moïse dans sa mission déclara solennellement :

« Choisissez aujourd’hui qui vous voulez servir, ou les dieux que servaient vos pères au-delà du fleuve, ou les dieux des Amoréens dans le pays desquels vous habitez. Moi et ma maison, nous serviront l’Eternel » Josué 24 :15.

 

Après, un rappel historique de l’assistance de Dieu pour son peuple, Josué mit en demeure chaque membre du peuple, de faire un choix en un moment solennel.

Est-ce que les circonstances du moment ne nous placent pas, nous aussi, devant un tel choix fondamental, face à la dégradation galopante de notre monde ?

Et combien de temps encore, pourrons-nous faire des choix ? Qui sait ce que sera demain ? C’est la raison pour laquelle la Bible insiste sur la notion de l’aujourd’hui : « Aujourd’hui, si vous entendez sa voix, n’endurcissez pas vos cœurs... » Hébreux 3 :7,8 et « Oh ! Si vous pouviez écouter aujourd’hui sa voix ! » Psaumes 95 :7

 

Faire le choix de la confiance en Dieu, dans ce contexte ambiant de crise profonde, peut être perçu comme une provocation par tous les sceptiques et incroyants de notre monde sécularisé ou dans notre laïcité à la française. Mais ne nous y trompons pas ! Il faudra bientôt savoir en qui on croit ? Et pourquoi ? Sinon, confirmant les prophéties bibliques, on risquera d’être pris dans la tourmente des convulsions d’un monde qui s’achemine vers sa fin.

Mais plus positivement, ce constat d’un monde en pleine déroute morale, n’est-il pas une magnifique opportunité à repenser les fondamentaux de notre vie intérieure ? Les épreuves ont cette vertu de séparer la balle du grain, l’important du secondaire, l’indispensable du superflu, le vital du futile, l’éternel de l’éphémère…

 

L’histoire biblique nous conserve le souvenir d’hommes et de femmes de foi, qui au péril de leur vie, ont fait le bon choix pour Dieu, et pour eux ! Après Josué, permettez-moi de m’attarder un peu plus sur un autre exemple très édifiant.

Je pense à cette jeune fille héroïque de l’histoire d’Israël qui se nomme Esther.

 

Elle était jeune et belle de taille, et de figure. A la mort de ses parents, Mardochée, son oncle, l’a adoptée. Elle vivait au temps d’Assuérus, appelé aussi Xerxès. Il était descendant de Darius le Mède et de Cyrus le Perse, les principaux artisans du très puissant royaume Médo Persan. Il s’étendait de l’Inde à l’Ethiopie !

Sous le règne de Darius et de Cyrus qui sera appelé l’oint de l’Eternel, le peuple d’Israël connu, malgré tout, des jours heureux, mais avec Xerxès tout changea rapidement

C’est sous son règne qu’Israël, insensible à l’appel du prophète Zacharie, connut une crise spirituelle grave. Le prophète demandait à son peuple de retourner en Palestine suivant les promesses de Dieu … Mais ayant fait le choix de refuser cet appel, qui venait pourtant de Dieu, ce peuple était maintenant devant une menace terrible, une menace d’extermination.

 

En effet, un personnage lugubre du nom de Haman avait reçu les pleins pouvoirs de l’inflexible Xerxès, et il avait décidé de faire payer très cher à Israël sa prétendue arrogance et son coté rebelle … Un incident mit le feu aux poudres...

 

Mardochée, l’oncle d’Esther, avait tout simplement refusé de se prosterner devant Haman, comme de coutume, vu son rang à la cour persane. Et celui-ci, fou de colère, avait décidé de détruire le peuple rebelle auquel Mardochée appartenait. Et Il monta une opération piège et la soumit au roi Xerxés. Ce dernier ignorant le conflit de personne entre les deux hommes, et de plus abusé par de faux rapports, lui donna l’anneau de son doigt, marque de son approbation et délégation de son autorité et de ses pleins pouvoirs.

UN édit fut publié, des lettres furent envoyées dans tout le royaume (127 provinces) pour qu’on détruise et qu’on tue tous les juifs, jeunes et vieux, femmes et enfants, le 13è jour du dernier mois de l’année, c-à-d, le mois d’Adar. (Cf. Esther 3 : 13-15).

 

A vue humaine, il n’y avait plus aucun espoir !… Dieu allait-il abandonner son peuple ? Et c’est là que va intervenir Esther, conseillé par Mardochée. (Cf. Esther4 : 10-17)

 

Xerxès avait élevé au rang de reine, Esther, cette jeune fille juive qui honorait l’Eternel. Par les circonstances, elle devenait le seul recours pour ce peuple déporté… Devant cette situation exceptionnellement critique, Mardochée insista auprès d’Esther pour qu’elle se présente devant le roi et lui demande d’intervenir en faveur du peuple d’Israël.

Mais Esther prenait un gros risque…Il était interdit, sous peine de mort, de se présenter devant le tout puissant roi, sans auparavant en avoir été convié.

La loi des Mèdes et des Perses était immuable et incontournable… Elle reste d’ailleurs, même de nos jours, proverbiale : Ne dit-on pas : « Ce n’est pas la loi des Mèdes et des Perses!»… (Il faut visiter le musée du Louvre pour s’apercevoir de la grandeur et de la puissance de cet empire !)

 

Face à cette décision importante Esther hésita et on la comprend ...

Sa réponse était lourde de conséquence…Dieu n’appelle jamais ses enfants à la facilité ! Il les place, ou permet qu’ils soient placés dans des situations extrêmes, pour solliciter leur adhésion totale. Plus simplement, c’est une façon de poser la question de confiance. C’est sur le chemin de cette confiance que se vit l’apprentissage de la foi.

Esther hésita un moment, mais ce fut pour mieux donner de la force à sa démarche de foi. Mardochée plaça Esther devant sa responsabilité, et lui dit solennellement :

« Et qui sait si ce n’est pas pour un temps comme celui-ci que tu es parvenue à la royauté ? » Esther 4 :14.

 

Esther savait qu’il fallait prendre une décision rapide, car le sort de son peuple était en jeu. Elle savait aussi que si Dieu n’intervenait pas puissamment en sa faveur, sa démarche était vouée à l’échec. Esther prit donc l’initiative de choisir son mode d’intervention. Cette jeune fille donna des directives pour que sa démarche puisse être approuvée de Dieu. (Cf. Esther 4 :15-16)

 

Dans notre existence, n’en est-il pas de même, toute proportion gardée ?

 

Nous pouvons écouter les conseils des uns et des autres, mais sachons que personne ne pourra prendre à notre place, les décisions importantes qui orienteront   nos vies. En cela Esther est une référence très précieuse.

Elle a eu le reflex de bien préparer son action, puis de s’en remettre complètement à Dieu. Cet acte de foi, contrairement à ce que pensent les non-croyants, n’est pas une démission, une esquive facile pour ne pas assumer, c’est tout le contraire…

 

Faire acte de foi, c’est accepter la réalité du besoin d’une aide extérieure. C’est reconnaître ses limites, c’est se placer sur le terrain de la sagesse et non de l’aventure hasardeuse. C’est faire preuve de maturité et d’intelligence en laissant son orgueil au vestiaire.

Mardochée posa une seule question à Esther.« Et qui sait si ce n’est pas pour un temps comme celui-ci que tu es parvenue à la royauté ? » Esther 4 :14

Dans des formes et des situations différentes, la même question nous est posée aujourd’hui.

Et qui sait si ce n’est pas pour un temps comme celui-ci, que Dieu nous invite à être ses témoins, en répondant à l’appel de notre Sauveur et Seigneur Jésus-Christ ?

 

De toute façon, les circonstances prévisibles ou pas, nous forcent et nous forceront à faire des choix. Ils sont et seront absolument indispensables pour savoir qui nous sommes et ce que nous voulons être.

La psychanalyse moderne a amplement démontré cet aspect.

Je ne peux savoir qui je suis, si je ne sais pas ce que je veux. Et pour savoir ce que je veux vraiment, il faut que j’expérimente, que je me détermine, que je fasse des choix. Le non choix est une fausse piste, dans le sens ou il est refus d’assumer un risque. Le non choix, c’est laisser les autres ou les circonstances décider pour nous. Au contraire, le langage de la foi est parole d’engagement dans les faits, et responsabilité dans la durée.

 

 

Alors examinons les étapes du bon choix d’Esther :

- Esther a écouté les paroles de son oncle. L’ECOUTE

- Esther a réfléchi à l’enjeu.                 LA REFLEXION

- Esther a agi en pleine lucidité du danger. L’ACTION

 

 

Ce sont les 3 paliers dans la progression vers le bon choix.

 

 

- 1) Savoir écouter soit ce que nous dit Dieu dans sa parole, soit ceux ou celles, anonymes ou pas, que Dieu place sur notre chemin pour nous éveiller…

Or, nous ne savons pas écouter, et quand nous sommes en mesure de pouvoir le faire, très souvent, notre orgueil prend le dessus.

La confession de foi juive commence par ces mots :

« Ecoute, Israël ! L’ETERNEL notre Dieu, est le seul ETERNEL… » . Le schema Israël est certes récité tous les jours... mais, cette parole (Cf. Deutéronome 6 :4-9) est-elle vraiment entendue ? On récite souvent des prières toutes faites, mais est-ce que notre cœur, dépassant la formulation, est partie prenante de leur contenu ? En d’autres termes, quelles sont nos vraies motivations spirituelles ?

 

Demandons à Dieu de nous entraîner à développer cette écoute active, car c’est elle qui va donner du sens à notre réflexion et à nos choix. Mais soyons honnêtes, ne sommes-nous pas aussi habités par les nombreuses justifications de nos non-choix devant Dieu ? Le plus urgent besoin pour nos vies est donc de faire silence pour écouter ce que Dieu a à nous dire. Pourquoi cette simple disposition de cœur met-elle si à mal notre nature humaine ? Pourquoi est-ce si difficile de faire silence et de vraiment écouter ?

 

 

-    2) Esther a réfléchi :

Elle aurait très bien pu s’appuyer sur son statut de reine, statut privilégié qui la mettait à l’abri de la sentence de destruction de son peuple…

Après tout, cela ne concernait, au départ, que Mardochée et Haman !

Elle aurait aussi pu penser : Si Dieu m’a mise là, ce n’est pas pour que je risque ma vie en plaçant mon époux devant une situation inextricable, en le rendant, qui plus est, parjure devant sa propre loi. Ne perdrait-il pas toute autorité sur tous les sujets de son royaume !

En résumé Esther aurait pu se donner plein de bonnes raisons pour éviter le choix de la foi. De même, nous pouvons nous donner plein de bonnes raisons pour ne pas nous engager dans le défi de la foi en Dieu... Mais dans sa réflexion, Esther s’est laissée conduire par l’Esprit Saint. Elle a compris qu’elle ne devait pas considérer d’abord son propre intérêt. C’est l’apôtre Paul qui déclare : « Que chacun de vous, au lieu de considérer ses propres intérêts, considèrent aussi ceux des autres. » Philippiens 2 :4.

 

 

-    3) Esther s’est déterminée dans l’urgence.

Cette jeune fille a fait un choix clair et précis. (Cf. Esther 4 :15-17.)

Elle a osé, elle s’est risquée en étant déterminée : «  Si je dois périr, je périrai … »

Le plus important pour elle, a été de s’en remettre à Dieu. Sa démarche est un exemple à suivre. De plus, il y a de l’intelligence dans la façon dont Esther présente sa requête au roi :

 

- Elle met ses vêtements royaux…

- Dès qu’elle a trouvé grâce aux yeux du roi, elle met son plan subtil en application, avec diplomatie…

- Elle invite Haman, le jour même, au festin qu’elle a déjà préparé.

- Elle réinvite le roi et Haman le lendemain en réservant l’annonce de sa demande.

- Entre-temps Dieu a agi. Le roi qui ne pouvait dormir, s’aperçoit en lisant le livre des annales, que Mardochée lui a sauvé la vie en déjouant un complot, et qu’il n’a pas été récompensé…

- Le roi Xerxès propose à Haman, d’honorer un tel homme et lui demande, ce que lui ferait, dans une telle circonstance. (Il y a de l’humour dans la Bible !)

- Au festin du lendemain, Esther demande pour elle et son peuple la vie sauve. (Cf.  Esther 7 :1-10)

- Le complot du malfaisant Haman est déjoué et il subit la peine qu’il réservait au peuple juif.   Ainsi, tout se termine comme dans un conte de fée !

Mardochée devient le deuxième personnage de l’état, et Esther est confortée dans sa position de reine

 

 

  Conclusion :

 

 

Tous les ingrédients d’un bon choix sont là !

Courage, sagesse, volonté, foi complète en Dieu, intelligence et diplomatie.

Dans un monde de plus en plus en tension, en violence, et en dérèglement de tout genre, faire les bons choix ne s’improvise pas. Il est important de réaliser qu’une aide extérieure nous est nécessaire. Et puisque l’humain vit d’espoir, pourquoi ne pas assumer le choix de la confiance en Dieu ? Puisque la confiance en l’homme est décevante pourquoi ne pas se tourner vers l’Eternel ? Josué, Esther et des millions de croyants ont fait ce choix ? (Cf. Hébreux 11) Qu’en est-il de nous ?

 

« Oh ! Si vous pouviez écouter aujourd’hui sa voix ! » Psaumes 95 :7

 

                                                  

                                             Jacques Eychenne

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