Le Grand Amour

 

 

 

   Le Grand Amour

   Romains 5 : 8-11

        Jean 13 : 1

Introduction :

 

A l’évidence nous avons une conception rabougrie de l’amour de notre Père des cieux. Certes, nous sommes limités ! Mais peut-on faire autrement ? Notre bonne volonté ne peut appréhender la profondeur de l’amour divin…Toutefois, nous avons été créés pour être sensibles à la puissante attraction qui émane de Yaweh-Adonaï, notre Père.

En conséquence, c’est une chose de croire qu’il nous a ouvert ses bras et a pardonné toutes nos erreurs, compromissions et lâchetés, c’en est une autre d’avoir la conviction qu’il continue à nous dispenser son pardon après avoir acté notre nouvelle naissance. Autrement dit, nous acceptons volontiers son pardon concernant nos expériences passées, mais nous sommes moins enclins à croire qu’il continue à nous prodiguer son amour, indépendamment de nos nombreux faux pas. De là à lui prêter des sentiments humains, il n’y a qu’un pas. On se dit que Dieu, notre Père, doit être déçu de nos comportements. Certains pensent qu’il est triste en contemplant le spectacle désolant de nos parcours. On parle même des larmes de Dieu. On lui prête des sentiments purement humains parce que l’on ne sait pas faire autre chose. En écho, le résultat de cette observation nous conduit tout droit aux sentiments de culpabilité. Malgré la foi, on a l’impression que l’on ne sortira jamais de cette pulsion irrépressible à commettre le mal. A quoi bon avoir connu la lumière, si c’est pour retourner dans les ténèbres ! Sans une compréhension positive et ouverte de l’amour divin, nous risquons d’être en perpétuelle conflit avec nous-mêmes. Plus dommageable, nous déformons la démonstration continue de son amour. Notre difficulté réside bien dans le fait que nous percevons son amour en regard de notre seule capacité humaine à aimer. Nous n’investissons pas assez dans les profondeurs illimitées de l’amour de Dieu, notre Père.

Essayons de revisiter encore une fois le sujet !

 

Développement :

 

Que nous dit l’apôtre Paul ?

« C'est en effet alors que nous étions sans force, c'est alors, au temps fixé, que le Christ est mort pour des impies - ; à peine en effet voudrait-on mourir pour un homme juste ; pour un homme de bien, oui, peut-être osera-t-on mourir - ; mais la preuve que Dieu nous aime, c'est que le Christ, alors que nous étions encore pécheurs, est mort pour nous. Combien plus, maintenant justifiés dans son sang, serons-nous par lui sauvés de la colère. Si, étant ennemis, nous fûmes réconciliés à Dieu par la mort de Son Fils, combien plus, une fois réconciliés, serons-nous sauvés par sa vie, et pas seulement

cela, mais nous nous glorifions en Dieu par notre Seigneur Jésus Christ par qui dès à présent nous avons obtenu la réconciliation » Romains 5 : 6-11, version FBJ.

Ce développement de l’apôtre est instructif. Dans un premier temps, il nous apprend que notre conscience a été sensibilisée par l’esprit divin. Il en résulte l’affirmation d’un constat : « nous étions encore sans force…Nous étions encore pécheurs…Nous étions ennemis » Romains 5 : 6,8, 10. Autrement dit, nous agissions comme des rufians, nous étions dans l’impossibilité de vaincre le mal et de concevoir, le moins du monde, l’intangibilité des sentiments divins (cf. Hébreux 13 : 8).

Mais, le Christ est mort. Il est mort, non seulement pour que nous réalisions l’énormité de nos agissements, mais plus encore pour que nous découvrions l’étendue de son Amour. Jésus n’a pas attendu que nous soyons meilleurs pour se donner à nous, il n’est pas venu secourir des vaillants, mais des faibles. Il n’a pas attendu que nous soyons correctement fréquentables, il est venu nous chercher dans la fange où nous étions tombés. C’est le sens obvie de son message d’amour…

Quel était le but avéré du sauvetage de ce monde ?

« Mais la preuve que Dieu nous aime, c'est que le Christ, alors que nous étions encore pécheurs, est mort pour nous » Romains 5 :8, version FBJ.

 

Le verbe prouver est riche de signification :

 

συνιστάω = sunistao  ou συνιστανω sunistano ou sunistemi = placer ensemble, mettre au même lieu, amener ensemble,  mettre ensemble par composition ou combinaison, enseigner en combinant et comparant, montrer, prouver, établir, exposer.

Le constat que l’apôtre veut souligner, comme démonstration de l’amour du Père, est la réunion avec son fils sur la croix. Il fallait que cette vérité soit sans ambiguïté, établie au-delà de tout doute. Le Père et le Fils se sont retrouvés en un même lieu sur le bois.

Il fallait que notre conception charnelle de l’amour se place en face d’un acte décisif et permanent. Nos compréhensions, à courte vue, celles qui s’inscrivent dans des sentiments d’amour à faible capacité et durée, se devaient d’être placées devant le constat irrécusable que Dieu est amour.

Pour nous l’amour de Dieu est circonstancié, défini, fixé dans un temps, mais en réalité l’amour de Dieu est permanent et exponentiel tout comme l’univers. Il est un principe de vie absolu. Il agit indépendamment des circonstances. C’est ainsi que dans tous les univers connus et inconnus, il n’y a aucune correspondance à l’amour divin, si ce n’est Dieu Lui-Même. Cette vérité est fondamentale. Yaweh-Adonaï ne peut cesser d’aimer les siens, sinon il cesserait tout simplement d’être. Dieu n’a pas besoin d’aimer, car fondamentalement, Il est le tout de l’amour, son contenant et son contenu (cf. « Dieu est amour » 1 Jean 4 : 16, version LSG).

 

Ce que nous pouvons énoncer est hors des limites de notre intelligence de cœur. Mais si cette amour est insondable, par contre ses conséquences pour tout vivant peuvent être perçues, pour peu que l’on prenne le temps de les sonder. L’apôtre Paul témoigne : « j’ai reçu cette grâce d'annoncer aux païens l'impénétrable richesse du Christ et de mettre en lumière comment Dieu réalise le mystère tenu caché depuis toujours en lui, le créateur de l'univers ; ainsi désormais les Autorités et Pouvoirs, dans les cieux, connaissent, grâce à l'Église, la sagesse multiple de Dieu, selon le projet éternel qu'il a exécuté en Jésus Christ notre Seigneur. En Christ nous avons donc, par la foi en lui, la liberté de nous approcher en toute confiance » Ephésiens. 3 : 8-12, version TOB.

Dieu, le Père, s’est complètement révélé en Christ son Fils. L’inaccessible s’est approché de nous. Il s’est incarné pour se mettre à notre portée, en proximité. En Christ se sont manifestées tous les desseins et toutes les volontés de son être profond. Ainsi l’apôtre Paul précise « qu’Il (Dieu) nous a fait connaître le mystère de sa volonté, selon le bienveillant dessein qu’il avait formé en lui-même » Ephésiens 1 : 9, version LSG.

L’apôtre a soin de détailler ce mystère qui n’est rien d’autre que son projet éternel réalisé par son Fils :

 

  • En Christ, une bénédiction spirituelle nous avait été déjà donnée dans les lieux célestes (cf. Ephésiens 1 : 3).
  • En Christ, Dieu nous connaissait déjà avant la fondation du monde, et il savait ce que nous deviendrions (cf. Ephésiens 1 : 4).
  • En Christ, nous avions déjà été pardonnés par la richesse de sa grâce, avant même que nous soyons pris en défaut par la loi (cf. Ephésiens 1 : 7).
  • En Christ a été accompli ce que le Père a bien voulu nous révéler (cf. Ephésiens 1 : 9).
  • En Christ, nous avons obtenu le statut d’héritier d’après le conseil de sa volonté (cf. Ephésiens 1 : 11).
  • En Christ, nous avons entendu une Parole claire. La Parole de vérité, l’évangile qui nous sauve (cf. Ephésiens 1 : 13a).
  • En Christ, l’éveil de la foi nous a ouvert un espace de liberté et le Saint-Esprit promis nous a scellés dans son amour (cf. Ephésiens 1 :13b).

 

Quand on prend conscience de ce fabuleux projet qui colle admirablement bien avec toutes les perfections de l’infiniment petit et du démesurément grand, on ne peut que reconnaître la véracité de l’affirmation selon laquelle : Dieu est Amour. C’est l’essence même de son être. Il ne peut être autrement.

En conséquence, lorsque l’on parle de salut d’un point de vue biblique, il s’agit tout simplement de se retrouver en présence de Dieu, là où il le voudra et décidera pour notre plus grande joie.

Mais pour que nous soyons définitivement bien au contact de son être d’Amour, Yaweh-Adonaï, que nous appelons notre Père, tel que Christ nous l’a révélé, est venu vers nous, car nous étions incapables d’aller vers Lui. De tout temps il a voulu être aux cœurs des humains (cf. Exode 25 : 8). Comme dans la parabole, après avoir envoyé ses serviteurs pour nous parler, Dieu a envoyé son propre Fils (cf. Matthieu 21 : 33-46). L’apôtre Jean affirme : « Le Verbe (Christ) était la vraie lumière qui, venant dans le monde, illumine tout homme. Il était dans le monde, et le monde fut par lui, et le monde ne l’a pas reconnu. Il est venu dans son propre bien, et les siens ne l’ont pas accueilli. Mais à ceux qui l’ont reçu, à ceux qui croient en son nom, il a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu » Jean 1 : 9-12, version TOB.

Pourquoi Dieu est venu vers nous en Jésus-Christ, si ce n’est pour que nous allions vers lui, par, avec, en Jésus-Christ.

Si quand nous étions sans force, il est venu nous chercher, à plus forte raison quand nous nous positionnons comme ses propres enfants, viendra-t-il nous prendre avec lui. Soyons traversés par cette certitude qui relève de la foi.

Si nous sommes vraiment de cœur en Christ, nous n’avons absolument rien à redouter

 

de notre avenir. Aucun faux pas, aucun égarement de notre part ne peut modifier le constat que Dieu a payé le prix de notre rachat (cf. 1 Corinthiens 7 : 23 ; 6 : 20). Il nous a acquis à son amour. C’est payé une fois pour toutes. Notre dette passée, présente et future a été honorée. On ne doit plus revenir sur cette réalité qui a ponctué l’histoire des humains. Seulement, ce n’est pas un blanc-seing qui nous est accordé pour faire n’importe quoi ! Désormais nous sommes responsabilisés par amour. Elle est là la différence !

Par la médiation du Christ, nous avons obtenu réparation, et toutes les conditions de notre réconciliation avec notre Père des cieux ont été remplies. Désormais, nous avons à accueillir cette grâce avec bonheur, en attendant d’être dans la félicité de sa présence (cf. Philippiens 3 : 20).

Notre salut étant définitivement acquis, il nous appartient de savourer les bienfaits inestimables de sa grâce en acceptant d’être conduit par l’Esprit Saint. C’est lui qui peut ouvrir notre intelligence et notre cœur pour que nous progressions dans la connaissance de son être : Amour.

 

L’apôtre Jean, parlant du souper du Seigneur dans la chambre haute d’une maison de Jérusalem, juste avant la fête de Pâque, déclare :

« Jésus, sachant que son heure était venue de passer de ce monde au Père, et ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, mit le comble à son amour pour eux » Jean 13 : 1, version LSG.

 

Attardons-nous sur l’expression « mit le comble à son amour pour eux ». εἰς τέλος ἠγάπησεν αὐτούς (eis télos agapé sen autous) = jusqu’à la fin il les aima. La préposition eis peut avoir le sens de : en, dans, vers, pour, etc. Tandis que télos peut avoir le sens de : terminaison, limite à laquelle cesse une chose, la fin, le but etc.

Pour cerner l’importance de l’expression, il faudrait traduire simultanément :

« Jésus les aima jusqu’à la fin ; Jésus les aima jusqu’à l’extrême ; Jésus les aima au plus haut degré etc. ».

Dans l’amour parfait de Dieu en Christ, il y a l’intensité extrême du moment et l’assurance de sa pérennité.

En fait, nous avons été aimés sans réserve, sans retenue, sans contrepartie, sans condition. Certes, il nous arrive d’aimer à notre tour, mais notre amour ne résiste pas à l’épreuve de la trahison. Jésus a aimé par-dessus la trahison. Nous, nous aimons jusqu’à ce que l’on nous abandonne, ou rompt notre engagement de confiance. Jésus a aimé alors que tous ses disciples l’ont abandonné. Jésus a accepté d’être considéré comme un brigand, un malfaiteur, une balayure de la société pour nous aider à comprendre, jusqu’où son Amour pour nous pouvait aller. Il est allé au bout du bout, là où l’humain n’avait pas accès. Son exemple est unique dans les annales de l’histoire des hommes. Aucun humain n’a pu arriver à sa cheville. Comme le dit si bien le prophète : « l’Eternel a fait retomber sur lui l’iniquité de nous tous » Esaïe 53 : 6, version LSG. Sans broncher, Christ a accepté d’être déclaré coupable à notre place. Il nous a aimés jusque dans la mort. Le Christ n’est pas mort des suites des sévices horribles de la croix, il est mort car il a eu le cœur brisé. C’est plus probablement la souffrance de son cœur qui a eu raison de la vie de son corps. La communion fusionnelle avec son Père a été son oxygène tout au long de sa mission. En endossant par amour nos inconséquences et nos lâchetés, il a accepté d’être privé de cet oxygène. Perdre cette vitale communion parfaite avec son Père équivalait à mourir.

Nous ne pouvons pas sonder la profondeur de son humiliation, car nous ne savons pas

 

ce que représente une communion parfaite avec notre Père. Si nous étions conscients

de la position originelle du Christ auprès de son Père, nous serions émerveillés par la puissance de son humiliation.

Et dire que c’est grâce à son admirable abaissement que nous serons élevés à sa rencontre. L’apôtre Paul précise par révélation : « Voici ce que nous vous disons, d'après une parole du Seigneur : nous, les vivants, qui serons restés jusqu'à la venue du Seigneur, nous ne devancerons pas du tout ceux qui sont morts.  Car lui-même, le Seigneur, au signal donné, à la voix de l'archange et au son de la trompette de Dieu, descendra du ciel : alors les morts en Christ ressusciteront d'abord ; ensuite nous, les vivants, qui serons restés, nous serons enlevés avec eux sur les nuées, à la rencontre du Seigneur, dans les airs, et ainsi nous serons toujours avec le Seigneur. Réconfortez-vous donc les uns les autres par cet enseignement » 1 Thessaloniciens 4 : 15-18, version TOB.

Oui ! L’amour de Dieu s’est identifié en Christ, c’est sa démonstration la plus éloquente. Par sa puissance, elle seule pouvait venir à bout de toutes nos résistances. Nous pouvons consacrer toute notre vie à méditer sur la profondeur de l’amour de notre Père, nous n’aurons qu’une infime perception de son infinie profondeur.

L’apôtre Paul a saisi l’essentiel quand il écrit : « Dieu était en Christ, réconciliant le monde avec lui-même en n’imputant point aux hommes leurs offenses, et il a mis en nous la parole de la réconciliation » 2 Corinthiens 5 : 19, version LSG. Quelle synthèse merveilleuse ! L’amour divin a pris l’initiative de la réconciliation. C’est l’offensé qui est venu au-devant de l’offenseur.

 

Conclusion :

 

« Dieu qui est riche en miséricorde, à cause du grand amour dont il nous a aimés, nous qui étions morts par nos offenses, nous a rendus vivants avec Christ » Ephésiens 2 : 4-5, version LSG.

La vérité est là ! C’est son amour qui nous rend réellement vivant. Aujourd’hui, la richesse d’amour du Père nous est timidement perceptible. Pourtant, elle visite et interpelle le tréfonds de notre être. Nos forces de résistance révèlent un orgueil mal placé. C’est une résilience qui n’est pas à sa place. Cependant, le Père nous promet un présent sécurisé, et un avenir assuré. Il est impossible que nous cessions de lui appartenir, si nous sommes ouverts à son amour (malgré tous vos déboires). Jésus a déclaré : « personne ne peut les ravir de la main de mon Père » Jean 10 : 29b, version LSG. Autrefois, nous étions loin de la maison paternelle. Comme le fils de la parabole (cf. Luc 15-11-32), nous avions revendiqué notre liberté d’agir à notre guise, mais maintenant nous avons été réintégrés dans la vraie famille, par l’action de Christ (cf. Ephésiens 2 : 12-13, version LSG). Grâce lui, nous sommes dorénavant ancrés solidement dans son amour. Nous pouvons nous appuyer par la foi sur ses promesses. Yaweh-Adonaï nous aimera jusqu’à la fin, car il peut faire autrement (cf. 1 Jean3 : 20). Son amour est permanent, constant, délicat. Il n’a ni commencement, ni fin. Il ne peut changer sa nature. Il est AMOUR (rien n’est à rajouter).

                                                                                      

                                                                                 Jacque Eychenne

 

 

PS : FBJ, version Française de la Bible de Jérusalem ; TOB, version Traduction Œcuménique de la Bible ; LSG, version Louis Segond 1975.

 

 

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