Le regard des autres

 

 Le regard des autres

                              face à

                 la marche sereine de la foi

                   JEAN 9 : 8-18

                    

 

Introduction :

 

Nous avons laissé l’aveugle de naissance à la piscine de Siloé. Elle avait été construite par Ezéchias ainsi que le canal qui porte son nom. Venant de la source de Guihôn, ce canal alimentait ce réservoir encore visible aujourd’hui (cf. 2 Rois 20 : 20 ; 2 Chroniques 32 : 30). C’est certainement en revenant vers les siens que le miracle se produisit. Sa démarche de foi a accompagné son déplacement tant à l’aller vers Siloé, qu’au retour vers son village. Mais n’oublions pas qu’au départ du récit il y a la question des disciples au Seigneur : « Qui a péché, lui ou ses parents ? » Jean 9 : 2 (pour vivre une perpétuelle nuit).

En rupture avec tous les processus de culpabilisation de son temps, le Christ va répondre à la question de ses disciples. Sans détour, sa réponse fut incisive. Elle apporte un éclairage au délicat problème du mal et de la souffrance. Le Christ ne traite pas le sujet d’une manière générale. Il le personnalise au travers de l’exemple de cet aveugle né. Bien que ce dernier ne dise mot, le Seigneur agit par des gestes précis. Il donne ensuite à cet indigent des directives claires.

Le Seigneur n’a donc pas donné suite au débat théologique escompté par ses disciples, il s’est approché d’une souffrance personnelle avec empathie. Le processus est récurrent. Ici, dans le texte, le Seigneur s’attarde sur la souffrance de l’individu, plutôt que sur le collège des apôtres. C’est comme dans la parabole de la brebis perdue. On laisse le troupeau pour aller chercher la brebis en danger (cf. Luc 15 :3-7). Le Seigneur n’a pas varié dans ses intentions. Il désire ardemment que chacun de nous voit clair dans son chemin de vie. Il fait le nécessaire pour qu’il en soit ainsi, sans que nous ayons besoin, comme cet aveugle de naissance, de le lui demander. Encore faut-il prendre conscience de ses interventions, lui faire confiance, et suivre scrupuleusement ses directives …

Mais revenons à notre récit. Comment ont réagi les voisins de l’aveugle ? Ainsi que les Pharisiens, le parti le plus représentatif de la classe religieuse ?

 

Développement :

 

 

 V. 8-9 « Ses voisins, et ceux qui auparavant avaient vu qu’il était mendiant, disaient : N’est-ce pas celui qui se tenait assis et qui mendiait ? Les uns disaient : c’est lui. D’autres disaient : Non, mais il lui ressemble. Et lui-même disait : c’est bien moi ».

 

Première observation : nous n’avons plus de paroles des disciples. Ils ont certainement observé sans rien dire… Notre ami l’aveugle est revenu apparemment vers les siens, puisque nous avons la réaction de ses voisins. Mais là, c’est le choc, la grande surprise.

Comment réagissent-ils ? Ont-ils un accueil chaleureux, enthousiaste ? Sont-ils heureux pour lui et ses proches ? Expriment-ils de la joie ? La surprise semble avoir paralysé tout le monde...

Au lieu de trouver : joie, accueil chaleureux, voire la fête, notre voyant clair rencontre la stupéfaction, l’incompréhension et la contradiction. Aucune manifestation d’empathie ou d’affection ! Cela a dû être difficile à assumer, d’autant que certains ne le reconnaissent même pas. Il est obligé de s’exclamer comme Jésus le fera à plusieurs reprises : « ἐγώ εἰμι= égo eimi = litt. moi je suis » (cf. Matthieu 14 :27 ; Marc 13 : 6 ; 14 : 62 ; Luc 24 : 39). Autrement dit : « c’est bien moi ! ». La suite du récit va continuer à nous surprendre sur ce point…

Mais concentrons-nous sur les aspects plus positifs de cette situation. Le texte précise ce que nous supposions. Non seulement il était aveugle, mais il était aussi mendiant. Les deux allaient souvent de pair en ce temps-là (d’ordinaire les mendiants se tenaient aux portes des villes pour attendre de quoi subsister).

Le beau côté du récit est l’attitude de notre voyant clair. Il est revenu vers les siens, lui l’aveugle privé de vraie relation, et peut être même délaissé ou même abandonné des siens. Il faut savoir qu’en tant qu’aveugle, il était mis au banc de la société. Sa vie était subordonnée à la générosité des passants. Il était de surcroît, complètement handicapé dans la perception des messages non verbaux si importants à décoder en société. Privé d’autonomie, enchaîné dans la dépendance, attendant encore et toujours le bon vouloir des passants pour assurer son minimum vital, c’était une situation douloureuse à assumer au quotidien. Et par le miracle, le voilà là, au beau milieu de ce concert de sceptiques, affirmant simplement : c’est bien moi.

Saisissons l’occasion pour souligner le décalage, entre ce que disaient ses voisins, et ce qu’il dit de lui-même. Nous le retrouvons parfois dans nos parcours : Décalage entre ce que les autres disent et pensent de nous, et ce que nous pensons de nous-même. Ne pas agir en fonction des remarques ou du regard des autres dans nos vies, est un gage d’équilibre et de santé. 

 

V.10 « Alors ils lui disaient : Comment tes yeux se sont ouverts ».

 

L’incurable futilité des humains. Ils veulent tout savoir, en s’invitant sans égard dans sa vie. Cette inquisition apparemment anodine est aussi vieille que le monde. On veut connaître le comment ? Et souvent, le pourquoi du comment ? Dans cette circonstance, la curiosité des voisins semble plus forte que le rétablissement heureux de cet homme. Ces voisins cherchent à satisfaire un simple désir d’information. La différence réjouissante entre ce que l’aveugle était, et ce qu’il est devenu, ne semble pas les préoccuper. Ces voyeurs, disons le mot, ne posent leurs yeux que sur les apparences. La plupart du temps, c’est l’amorce d’un jugement facile… gardons-nous de tel comportement ! Mais l’homme libéré ne semble pas être perturbé. Son calme et sa sérénité tranchent avec l’effervescence ambiante. Il répond avec calme et aplomb aux questions. Plus précisément, il témoigne de la véracité des faits.

 

V. 11 « Il répondit : l’homme appelé Jésus a fait de la boue, me l’a appliquée sur les yeux et m’a dit : va te laver à Siloé. J’y suis allé, je me suis lavé et j’ai recouvré la vue ».  

 

On sait que du temps des romains les oculistes appliquaient des baumes sur les yeux, mais ici rien de comparable. La guérison est spectaculaire. La réponse du voyant clair l’est tout autant.

Difficile de faire plus simple comme explication !  Et pourtant la question pouvait être embarrassante. Qui peut expliquer la puissance de Dieu en action ? De nos jours, on cherche à expliquer rationnellement et scientifiquement tous les miracles de la Bible. Mais ces essais démontrent les limites de la raison et de l’intelligence humaine, plus qu’ils n’apportent de bonnes réponses satisfaisantes. Le témoignage de ce voyant clair reste une référence. Il marie à la fois simplicité et véracité. Il met en exergue l’importance d’une expérience personnelle.

 

V. 12 « Et ils lui dirent : Où est cet homme ? Il dit : Je ne sais pas ».

 

Etant aveugle de naissance, cet homme n’avait jamais pu voir Jésus. Tout au plus, avait-il

entendu le tumulte à propos d’un homme qu’on voulait lapider. En effet, Jésus venait d’avoir une confrontation sérieuse avec les Pharisiens à l’intérieur du temple de Jérusalem, sur la question de ses origines. Ça a chauffé dur ! (Jésus leur a dit ouvertement à cette occasion : « Vous avez pour père le diable, et vous voulez accomplir les désirs de votre père (Dieu)...Je n’ai point de démon ; mais j’honore mon père, et vous m’outragez...Là-dessus, ils prirent des pierres pour les jeter contre lui ; mais Jésus se cacha, et sortit du temple ».  Jean 8 :44, 49,59).

 

L’attention auditive des aveugles est telle, qu’il est impensable d’imaginer que notre homme n’ait rien su, ni rien entendu sur la personne de Jésus ; seulement il le connaissait par ouï-dire. Pour autant, il n’hésite pas (sachant certainement ce qui s’était passé dans le temple), à témoigner en faveur de son libérateur. Autant dire qu’il se place en décalage par rapport à la populace remontée contre Jésus. C’est à mon humble avis pour cette raison qu’on va l’amener vers les Pharisiens (très certainement ceux qui viennent d’en découdre avec le Seigneur). Soulignons au passage que notre homme n’a pas attendu de tout connaître de Christ pour se positionner en sa faveur et être pour et avec lui. Il n’est donc point besoin de tout connaître en profondeur, sur tout, pour faire résolument le choix de suivre le Sauveur. Notons aussi au passage, que le Seigneur, même dans les situations les plus critiques, a toujours été préoccupé par le bonheur des plus défavorisés.  N’est-il pas venu pour libérer des captifs ? (cf. Luc 4 : 18-19).

 

V. 13-14 « Ils amènent vers les pharisiens celui qui avait été aveugle. Or c’était un jour de sabbat que Jésus avait fait de la boue et lui avait ouvert les yeux ».

 

Apparemment, le témoignage de notre voyant clair n’a pas suffi à dissiper le doute de ses voisins. Alors, ils le conduisent auprès de ceux qui semblent pouvoir statuer sur son cas. Le fait que l’action ait eu lieu un jour de sabbat accentue leurs questions. Le doute a dû s’amplifier sur l’origine de ce miracle (si miracle il y avait d’après eux). La raison en est simple : il était interdit de faire ce genre d’activité ce jour-là. Il faut savoir que l’observation de la quatrième parole du décalogue au temps de Jésus, avait fait l’objet de tellement de commentaires, que personne ne s’y retrouvait. Le fidèle du peuple ne pouvait sur ce point, que s’en remettre aux autorités religieuses qui statuaient à sa place.

Cette magnifique observance, dépouillée de ce qui devait toujours être un temps fort d’amour et de louange, s’est trouvée compressée et dénaturée par toute une liste d’interdictions.

(Sur ce qu’il était possible de faire le jour du sabbat, les rabbins n’étaient d’ailleurs pas d’accord entre eux, ce qui ne simplifiait rien. Dans ces interdictions, il y avait souvent un mélange de folklore, de superstition et d’excès de zèle, en vue de rechercher une illusoire perfection. Les rabbins avaient dressé une liste d’interdictions : 39 travaux primaires. Ces travaux prohibés le jour du sabbat étaient divisés en 33 principales catégories, elles-mêmes assorties de commentaires. Dans la Mishna, l’observance du sabbat et l’utilisation des vases étaient les 2 sujets les plus développés. Le sabbat est le premier traité. Il se compose de 24 chapitres. Sur les 63 traités qui composent la Mishna, le sabbat est donc le plus important. On comprend mieux, de ce fait, l’attitude des chefs pharisiens !

Il est difficile de dire avec précision, quand le sabbat est devenu l’objet de lois strictes et minutieuses. La plupart des commentateurs partent de l’exil. Il est vrai que la disparition du système sacrificiel à Jérusalem, résultat des nombreuses déportations à Babylone, rendait inévitable ce genre de posture religieuse. Outre les préceptes alimentaires, les 2 ancrages d’identité du peuple élu, étaient le sabbat et la circoncision.

Prenons un exemple de règles édictées par les religieux sur l’observation du jour du repos au temps du Christ :

 « Celui qui se baigne dans l’eau d’un bassin ou dans l’eau de Tibériade doit s’essuyer avec dix serviettes de toile, mais il ne doit pas les rapporter lui-même (à la maison) ... Il est permis (le jour du sabbat) de s’oindre et de se frictionner, mais non jusqu’à se fatiguer ; et on ne doit pas se gratter ... Celui qui transporte le jour du sabbat une quantité suffisante d’eau pour diluer une

pommade pour les yeux ou tout autre liquide équivalent, se rend coupable de transgression »)

J’arrête par respect, mais si vous voulez comprendre ce que le Christ est venu combattre, alors essayez de retrouver l’ouvrage suivant : Le Sabbat, textes de la Mishna relatifs au repos de sabbat avec commentaires

 

de W.O.E.Oesterley, Payot, Paris 1935. (Les citations ci-dessus en gras p.134, 204).

On comprend mieux pourquoi, parmi les 2 principaux chefs d’accusation prononcés par le sanhédrin contre le Seigneur, figure la transgression du jour du Sabbat. Si Jésus a oint de boue les yeux de l’aveugle en lui demandant d’aller se laver à la piscine de Siloé, ne serait-ce pas pour faire réfléchir ces responsables légalistes ? N’avaient-ils pas édulcoré le sens du sabbat ? Nous sommes loin de l’intention première de Dieu qui voulait faire de ce jour particulier un jour de fête en mémoire de sa création. Un jour où l’on entre dans la joie de Dieu au couronnement de son œuvre d’amour (cf. Genèse 2 : 1-3). Une bénédiction est promise à ceux qui obéissent de cœur et d’esprit à ce choix de Dieu pour le bien de l’humain. (Le sabbat a été fait pour l’homme et non l’homme pour le sabbat...Marc 2 :27) Ne faisons pas de ce jour de joie, de libération et de fête, une observance légaliste vidée de sa substance !

 

V. 15 « À leur tour, les pharisiens lui demandèrent comment il avait recouvré la vue. Et il leur dit : Il a mis de la boue sur mes yeux, je me suis lavé et je vois ».

 

Ce deuxième interrogatoire par des officiels, semble avoir quelque peu agacé le voyant clair... Du coup, il utilise une réponse simplifiée. On peut le comprendre, car on a l’impression qu’il a commis un délit et doit justifier ses faits et gestes. Sa formule, quoique lapidaire, ne laisse place à aucun doute. Il reste clair, net et précis.

Les Pharisiens questionnent pour déterminer, s’il y a violation ou pas du sabbat. La santé ou le bonheur de notre homme ne semble pas les intéresser.

 

V. 16 « Certains des pharisiens disaient : Cet homme n’est pas de Dieu car il n’observe pas le sabbat. D’autres disaient : Comment un homme pécheur peut-il faire de tels miracles ? Et il y eut division entre eux.

 

Ces quelques Pharisiens, assurément les plus déterminés à prouver une culpabilité, ne semblent pas nier le miracle. Mais ils ne peuvent l’expliquer. Toutefois, ils sont certains que ce Jésus ne peut être un envoyé de Dieu, car il ne respecte pas, à leurs yeux, le sabbat. (Cette compréhension d’une justification par les œuvres est à l’opposé de celle de la grâce. Malheureusement elle a perduré et se retrouve encore très souvent de nos jours).  D’autres, plus modérés et réfléchis, se rendent bien compte que si on accuse Jésus d’être pécheur, le miracle est incompréhensible. Cette situation est un vrai casse-tête. Leur division n’est donc pas surprenante. Ils n’ont plus qu’une seule piste à approfondir : Questionner encore, et encore, notre homme libéré.

 

V. 17 « De nouveau ils disent alors à l’aveugle : Puisqu’il t’a ouvert les yeux, toi, que dis-tu de lui ? Il dit : c’est un prophète ».

 

La précision du texte laisse entendre, qu’ils ont du mal à se rendre à l’évidence. Le texte dit qu’ils s’adressent à l’aveugle, alors que l’homme éclairé, n’est plus aveugle. C’est un peu comme si on voulait nier l’évidence. Mais cela nous donne l’orientation de la suite des débats. Certes, ils vont le questionner, mais les réponses du voyant clair n’ont de réels intérêts, que si elles abondent dans leurs convictions déjà arrêtées. Pourtant, cet homme continue à dire ouvertement ce qu’il pense. Il est direct et sans crainte (nous avons souvent la dent dure contre les pratiques pharisiennes, mais reconnaissons honnêtement, que nous avons parfois ce même type de comportement. C’est pour ces mêmes raisons que nous n’accédons pas, ou peu, à la lumière du vrai).

Le témoignage de notre éclairé est lumineux de simplicité, de vérité, de courage. Dans le fond, ces interrogatoires lui ont permis de cheminer intérieurement, et de percevoir encore plus finement la vraie lumière dont le Seigneur était porteur. Face à ses officiels, techniciens de la loi, il se positionne sans peur de leurs réactions. Cela m’amène à penser que nous ne devons jamais redouter l’épreuve de notre foi, elle ne peut que se fortifier.

Si ce n’est pas le cas, alors peut-être quelque chose est à repenser en nous et dans notre relation avec Dieu (Mais hors contexte culpabilisant Dans la vie courante, ceux qui condamnent facilement et refusent le dialogue démontrent leur fragilité. Leur réflexe inné est l’agression ou la fuite. Ils ne peuvent supporter de voir leurs convictions remises en question. Se croyant les plus forts, ils parlent haut et fort pour se rassurer, mais tout cela masque un mal-être profond, un manque d’assurance).

Ce récit nous concerne tous. Il nous apprend que nous avons tout à gagner à accepter d’entendre ce qui nous dérange et nous remet en question. Nous pouvons nous enrichir en changeant d’avis…

Mais revenons à notre récit. Comme nous le constatons, l’épreuve de la foi de cet homme, va faire jaillir une autre lumière dans son cœur, comme ce fut aussi le cas pour la Samaritaine. Cette lumière va s’amplifier et s’intensifier, au fur et à mesure du déroulement de ce procès à ciel ouvert. Cette lumière va devenir son plus grand bonheur. Elle éclaire le pourquoi de la venue du Seigneur sur notre planète terre.  Il n’est pas venu pour guérir telle ou telle maladie, mais bien l’être total, complet et éradiquer le mal et la souffrance, pour l’éternité.

 

V. 18 « Les juifs donc ne crurent point qu’il eût été aveugle et qu’il eût recouvré la vue, jusqu’à ce qu’ils eussent appelés les parents de celui qui avait recouvré la vue ».

 

A partir de là, le texte ne parle pratiquement plus des Pharisiens, mais des Juifs. On passe des responsables, au peuple. La contagion de la mauvaise foi a élargi le problème. Il semblerait qu’on veuille attirer notre attention sur un enjeu qui dépasse le cas présent de notre homme. (Les Juifs chez Jean, sont presque toujours les opposants à Christ, ceux qui ne croient pas, ceux qui sont contre Lui ; cf. Jean 2 : 44 ; 5 : 16 ; 6 : 41,52 ; 8 : 43,44 ; 11 : 46 etc.).

Ce récit est donc un condensé de ce qui va arriver. Le Christ sera condamné parce qu’il a violé le sabbat et s’est dit être fils de Dieu. L’attitude des Juifs vis-à-vis de notre voyant clair est prophétique. Elle illustre bien le drame qui va advenir entre le peuple et son Messie. (Compte tenu de la vive empoignade qui venait d’avoir lieu dans le temple, il est facile de comprendre que les Juifs ne pouvaient plus croire. Ils avaient résolument fermé la porte au dialogue. Ce qu’ils voyaient ne pouvait être que le résultat d’un arrangement entre Jésus et l’aveugle, pour les provoquer de nouveau. Au vu de l’atmosphère ambiante, on peut tout supposer). Une opposition excessive ne permet plus de voir clair dans la résolution d’un conflit, quelle qu’en soit sa nature.  

 

Conclusion :

 

Ce récit met en lumière un enseignement qui a pour objectif d’ouvrir le regard intérieur de tout être humain. Le symbolisme nous permet de voir au travers de cet aveugle l’humanité souffrante. Gageons qu’elle puisse trouver sa clairvoyance en Jésus-Christ. Mais aussi émerveillons-nous devant le témoignage de foi de notre voyant clair. Sa simplicité et sa force de conviction sont un puissant encouragement pour chacun de nous. A des degrés divers, nous avons tous, chaque jour, à assumer des déceptions, des incompréhensions, des questionnements chargés, des regards méfiants, des jugements sur l’apparence etc. N’entrons pas dans le registre d’une morale, qui sous prétexte de défendre des valeurs chrétiennes agit en dehors de l’amour, et de la prise de conscience de la souffrance de l’individu. Apprenons à nous réjouir du bonheur des gens, et à valoriser la quête de lumière qui habite en chacun de nous. Notre sérénité est à ce prix. Le Christ n’est pas venu sauver des groupes, des membres ou des paroissiens, mais des individus. Le salut est personnel, non collectif. L’appartenance à telle ou telle communauté ne confère pas un billet pour le paradis. La foi agissante qui entre dans la découverte de la volonté de Dieu sera seule prise en compte. Soyons tous vigilants et aimants !

 

                                                                                    Jacques Eychenne

 

 

 

 

 

 

        

 

 

 

 

 

 

 

 

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