Les trois Hébreux

ou

La foi dans l'adversité

Daniel 3

 

Introduction :

 

Esaïe 40 :6b-8

«Toute chair est comme l’herbe, et tout son éclat comme la fleur des champs. L’herbe sèche, la fleur tombe, quand le vent de l’Eternel souffle dessus. Certainement le peuple est comme l’herbe : l’herbe sèche, la fleur tombe ; mais la parole de notre Dieu subsiste éternellement. »

 


Le monde des humains et son environnement sont actuellement soumis à une accélération sans précédent de l’histoire. En un siècle, son évolution a été fulgurante. Hier encore on prenait un train à vapeur ; aujourd’hui des fortunés peuvent faire le voyage sur la lune.
Les progrès de la science sont tels qu’on envisage les rêves les plus fous. Mais est-ce que le citoyen lambda est plus heureux ? Est-ce que les valeurs morales qui donnent de la densité à la condition humaine ont suivi la courbe de cette évolution ?


Devant le constat d’une perte de repères, il est bon de se laisser visiter par la Parole de Dieu pour la simple et bonne raison qu’elle transcende l’histoire des hommes.

 

Développement:

 

 

Il y a plus de 2500 ans, précisément en 586 av.J.C. Nébucadnetsar ou Nabuchodonosor, attaqua la petite nation d’Israël. Il remporta facilement la victoire et fit captive la toute jeune élite de ce peuple. Parmi ceux qui furent rapatriés à Babylone, 4 jeunes hommes vont marquer de leur empreinte l’histoire de notre humanité. Il s’agit de Daniel, Schadrac, Meschac et Abed Négo.

 


Les textes ne rapportent aucune rébellion de leur part, mais une ferme détermination de continuer à servir l’Eternel, leur Dieu, en milieu  hostile.
Ils entrèrent en résistance pacifique avec une rare volonté... c’est la raison pour laquelle leur témoignage nous intéresse aujourd’hui, car le monde manque cruellement de comportements de cette qualité d’être.

 

En effet, ces jeunes décidèrent malgré leur déportation douloureuse, de vivre au sein de cette Babylone païenne et immorale, comme les témoins de leur Dieu. Ils décidèrent de ne rien changer à leur habitude, et de rester fidèle à leur Dieu, quoi que cela puisse leur en coûter. Dans leur tête et dans leur cœur, Il n’était question, à aucun moment, de compromettre leur foi en Dieu.
Leur décision était prise : «  Nous resterons fidèles à Dieu, quel qu’en soit le prix à payer. »

 

 

 

Nous vivons aujourd’hui dans un monde matérialiste et jouisseur dont les valeurs morales et spirituelles fondent aussi vite que la calotte glacière de l’arctique.
La satisfaction des biens matériels a fait passer à la trappe les valeurs essentielles de l’humain, celles qui donnent sens à sa dignité. Sans compter que la puissance des médias est telle que l’on finit par ne plus penser par soi-même. On ne reproduit  que les informations plus ou moins vraies, que l’on a bien voulu nous transmettre, et bien souvent à des fins bassement  mercantiles.
Manipulés, instrumentalisés, il est clair que nous le sommes, et il faut avoir une puissante force de conviction pour ne pas s’adonner à des raccourcis d’apparentes vérités.

 


En bref, il nous faut retrouver des hommes et des femmes de la force morale et spirituelle de Daniel, Schadrac, Meschac et Abed Négo.
Leur témoignage est resté dans l’histoire comme une référence sur les plans de l’intégrité et du courage. De plus, ils sont la démonstration vivante et convaincante que l’on peut exercer de hautes responsabilités sans compromettre sa foi et son amour pour Dieu.

 

 

 

Mais qu’ont-ils fait  d’extraordinaire ?

 


Un jour vraisemblablement, un conseiller suggéra au roi Nébucadnetsar :
« Majesté, pourquoi ne pas construire en votre honneur une grande statue devant laquelle tout le peuple se prosternerait ? »
Flatté dans son ego, le monarque acquiesça et passa très vite à l’action.

 

Bientôt le chef d’œuvre fut terminé. On érigea une magnifique statue de 30m de hauteur, (l’équivalent de 10 étages) entièrement recouverte d’or…Tout devait être impressionnant : La statue certes, mais aussi le cadre : la magnifique plaine de Dura. Aux dires  des historiens la vallée est superbe… Et puis l’orchestre fut grandiose ! Il prépara l’évènement d’une façon impressionnante. Lire Daniel 3 : 1-7

 

 

 

A travers toute l’histoire  babylonienne, perse, grecque ou romaine, on retrouve les traces d’un pouvoir despotique. La tentation humaine d’imposer sa volonté au mépris de la liberté de conscience est récurrente. De nos jours, les détenteurs du pouvoir agissent plus subtilement peut-être, mais sont tout aussi efficaces. La soif de domination  habite toujours les leaders de notre planète.
Nébucadnetsar a utilisé la force et la contrainte, il en est  de même aujourd’hui, et il en sera de même demain. C’est Billy Graham, le célèbre évangéliste et ami de Georges Bush, qui disait en août 1973 :   « La Bible nous avertit qu’à la fin des temps, qu’en l’antéchrist fera son apparition, une grande religion mondiale forcera les hommes à se prosterner et à adorer une bête. La puissance démoniaque intensifiera les activités et poussera les hommes du monde entier à se rebeller contre Dieu. » (Journal Décision, Août 1973).

 

 

 

Le récit nous apprend que nos trois jeunes hébreux, Schadrac, Meschac et Abed Négo, exerçaient la responsabilité de la gestion de la province de Babylone. Daniel 3 :12.
Ils avaient une fonction officielle ! Leur marge de manœuvre était mince ! 

 


Que fallait-il faire ? Au moins 2  possibilités s’offraient à eux :

 

 

 

1) Soit, garder leur belle situation d’intendant... Situation privilégiée. Elle faisait d’eux des princes. Ils étaient enviés des chaldéens eux-mêmes...

 


2) Soit risquer de tout perdre, en quelques minutes, en ne fléchissant pas les genoux devant cette statue, symbole du pouvoir et de la déité du monarque.   
 En résumé : Tout garder ou tout perdre ! telle était l’alternative.
    
Le choix apparemment simple,(mais délicat) se doublait d’un enjeu idéologique considérable, car la question de la véritable adoration à Dieu était posée.
(Il faut savoir que les conseillers influents du roi étaient des magiciens, astrologues, enchanteurs, devins !). Pour Daniel et ses amis, il fallait agir avec réflexion.  
Rappelons-nous que Daniel s’était fait remarqué par l’explication qu’il avait donnée au roi à propos d’un songe bouleversant et inquiétant à la fois. Il faut garder en mémoire que les conseillers du monarque n’avaient pu trouver l’explication. C’est d’ailleurs à la suite de cet évènement, que Daniel et ses compagnons se sont vus confiés des responsabilités importantes dans le royaume babylonien.

 


Dès lors, on comprend mieux pourquoi les conseillers du roi étaient à l’affût d’une occasion pour prendre leur revanche face à la promotion de ces étrangers.

 

De leur coté, Daniel et ses trois amis étaient convaincus que ce décorum se présentait comme une déviance à l’adoration du vrai Dieu… La situation était piège.
A cet instant, ils auraient pu se dire qu’après tout, ne croyant pas un instant à cette mise en scène artificielle, il valait mieux sauvegarder leur place, être plus utile à tous leurs frères déportés et trouver diplomatiquement une excuse pour ne pas se rendre à cette cérémonie ubuesque…

 


Fallait-il être rigide, intransigeant, au point de tout compromettre ?
Ou être diplomate, céder quelques instants pour la forme, afin de sauvegarder l’essentiel ? N’avaient-ils pas une bonne situation ? 

 

 

 

Ils auraient aussi pu se dire : «  Nous devons obéir aux lois de ce pays. Après tout, ce n’est qu’une génuflexion… L’essentiel est de ne pas croire à cette mascarade… Dieu sait ce qu’il y a dans notre cœur, nous pouvons nous plier extérieurement tout en gardant notre intégrité intérieure ! » (Qui n’a jamais eu ce genre de réflexion!)
Il y avait peut-être une autre solution, plus simple et plus commode :
Rester chez eux en invoquant une bonne excuse ! D’ailleurs Daniel n’est-il pas resté à la cour du palais ? Est-ce par stratégie ou a-t-il été consigné par le roi ? On ne le sait pas…

 


Les 3 hébreux n’ont rien fait de tout cela. Ils ont choisi de témoigner en faveur de Celui qui leur avait tout donné, l’Eternel leur Dieu.
Cela s’appelle la fidélité de la foi. Quand on décide d’être fidèle à Dieu, le courage nous est communiqué
.

 


Jésus a déclaré dans cet état d’esprit : « Quiconque me reniera devant les hommes, je le renierai aussi devant mon Père qui est dans les cieux. » Matthieu 10 :33

 

Oui ! Il est important d’avoir une position ferme et cohérente devant Dieu notre Père, devant Jésus-Christ notre Sauveur, et devant le Saint-Esprit, notre guide de tous les jours. Ce choix n’est jamais décevant.
La vraie démarche de foi ne nous confère pas le privilège d’être croyant en secret ! Tout en affirmant le désir sincère de servir Dieu, gardons nous de ne pas vivre son contraire au moment fort de l’épreuve, quand Dieu souhaite notre témoignage !

 

 

 

Ces trois jeunes hébreux ont fait le bon choix : Plutôt mourir que trahir.
Plutôt la mort que les honneurs et la sécurité de l’emploi dans la compromission. Cela donne à réfléchir !
Toutes les bonnes excuses que l’on se donne pour ne pas agir en cohérence avec la fidélité sont autant d’handicaps au développement de notre foi. La compromission ne solutionne rien. Elle nous fait seulement prendre conscience de nos peurs.
Cela est grave, car cela concerne une certaine conception de notre amour pour Dieu. Entrés en résistance pacifique mais volontaire, ils ont choisis de rester debout !

 

 

 

Debout face à l’adversité, c’est l’attitude de la foi.
Debout face à la tourmente, c’est la preuve d’une maturité spirituelle.
Debout, c’est la symbolique de la victoire ! Lire Luc 21 : 36.

 

 

 

Mais revenons à notre récit :   Daniel 3 : 8-17 C’est tout simplement impressionnant !
Dans un premier temps, nos trois jeunes hébreux sont en grande difficulté. C’est maintenant pour eux une question de vie ou de mort. Démasqués, ils sont dos au mur.
Le solennel et le dramatique se côtoient. Le tout est corsé par une forte provocation : « Quel est le dieu qui vous délivrera de ma main ? » V. 15
Le roi a d’abord pensé à un malentendu, c’est pourquoi il a d’abord questionné. Puis il a réitéré son ordre. L’ambiguïté n’était plus possible,  l’heure de vérité avait sonné.
La réponse des ces trois jeunes hébreux est remarquable à plus d’un titre.

 


1) Ils affirment leur conviction. Elle s’appuie sur la grandeur et la puissance de Dieu. (« Notre Dieu peut nous délivrer… »)

 


2) Ils affirment une foi exceptionnelle. (« Il nous délivrera… ») Il brave ainsi l’autorité du puissant monarque.

 


3) Ils font acte d’humilité. (« Sinon, sache quand même, ô roi, que nous ne servirons pas tes dieux et que nous n’adorerons pas la statue d’or que tu as dressée… » version Nouvelle Bible Segond). Concrètement, ils soumettent leur acte de foi à la volonté de Dieu, reconnaissant que lui seul connaît le pourquoi de toutes choses. Loin de toute prétention humaine, ils s’en remettent à sa bienveillante souveraineté. Cela s’appelle l’intelligence de la foi ! 

 


Cet exemple n’est-il pas à imiter ? Faisons notre ces bonnes directives :

 


- En nous appuyant sur les promesses de Dieu, nous pouvons, et osons affirmer notre conviction en toutes circonstances (« avec douceur et respect, devant quiconque nous demande raison de l’espérance qui est en nous. » 1 Pierre3 :15)

 


- Nous voulons faire acte de foi, opter pour la fidélité face au compromis, même si nous ne connaissons pas le détail des plans de Dieu pour nous.

 


-  De plus, en bonne intelligence, inscrivons dans notre engagement, cette vérité : L’avenir n’appartient qu’à Dieu. Toutes nos actions doivent être soumises à sa volonté, car tel un bon Père, il sait ce qui est bon pour nous.
Mais ne confondons pas foi et prétention. L’acte de foi est notre fait, mais la réponse appartient à L’Eternel.  Ces 3 valeurs se complètent :
La conviction sans la foi, c’est un peu comme une guitare sans corde. La foi sans conviction, c’est tout simplement de la crédulité. C’est croire que la guitare peut produire toute seule la musique. Et la conviction et la foi sans humilité, c’est le propre de la vanité humaine…C’est s’enorgueillir, au lieu de reconnaître que les sons de la guitare obéissent à des lois édictées par Dieu. Se croire virtuose et s’en attribuer la gloire …
La suite du récit est édifiante : Daniel 3 : 19- 25
Au verset 23, la version grecque des LXX (appelée des septante) rapporte la mention d’un cantique de 66 versets qui aurait été chanté par les 3 hébreux. Cela ne serait vraiment pas étonnant dans ce contexte !
Leur démarche de conviction, de foi et d’humilité fut récompensée : On découvre qu’ils ne sont plus 3, mais 4, dans la fournaise. Ce quatrième personnage est  identifié à un être divin (version Rabbinat Français) à un fils des dieux (version Nouvelle Bible Segond). Ce personnage ne préfigure-t-il pas la mission de Jésus-Christ ?
Etre avec nous (Emmanuel) au plus fort des combats de la vie...

 


Examinons maintenant les conséquences concrètes de leur démarche de foi :

 

1) Le fils de Dieu est avec eux. Cela nous renvoie à la promesse écrite dans Matthieu 28 :20 «  Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. »

 


2) Nébucadnetsar reconnaît l’autorité du Dieu créateur de toutes choses. Versets 28,29

 

 

 

3) Le mal se transforme en bien  pour eux : Dieu a la capacité de transformer en bien le mal que nos adversaires se proposent de nous faire.

 


4) Nos trois amis ressortent fortifiés et confirmés dans leur responsabilité par le roi lui-même.

 

 

 

Conclusion :

 

 

 

Le monde a un urgent besoin d’hommes et de femmes de cette trempe qui osent dire non à l’infidélité et aux compromis.
Dans un monde ou une certaine science dénigre et bafoue la notion d’un Dieu créateur, il est important pour les hommes de foi, de conviction et d’humilité d’entrer en résistance pacifique avec détermination.
Il y a aujourd’hui des gens qui disent : «  Nous voulons la liberté. Nous la voulons totale, complète, sans tenir compte de quoi que ce soit, surtout pas d’un Dieu ».
Permettez-moi de vous dire que les seules personnes réellement libres dans cette foule babylonienne étaient ces 3 jeunes hommes dans la fournaise.
Ils ont agi par conviction, par foi, dans l’humilité et dans l’amour pour leur Dieu.
Les seules personnes vraiment libres dans notre Babylone moderne sont celles qui ont placé leur engagement total : conviction, foi, humilité et amour, en  Dieu le créateur. (Il est notre vrai père géniteur).
La vraie liberté, c’est l’accueil dans nos cœurs,par la foi de la vie éternelle. Elle est une réalité toute aussi vivante, que la présence du fils de Dieu dans la fournaise avec ces trois jeunes hébreux.

Enfin, ce récit nous enseigne que Dieu n’abandonne jamais les fidèles qui passent par l’épreuve. Son amour est tel qu’il nous rejoint dans les flammes, quand il le faut pour notre salut, notre paix et notre joie.

                                                                                                                        Eychenne Jacques

 

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