L'énigme de Samson

 

 

 

 

L’énigme de Samson

     Juges 14 : 5-20

 

Introduction :

 

Le contexte de cette énigme nous renvoie à une situation historique bien précise. Le peuple d’Israël s’est éloigné de Dieu. Il s’est égaré sur la voie des compromissions. Alors, l’Eternel sanctionne leurs attitudes, leur enlève sa protection et les livre aux Philistins. Le peuple d’Israël fut sous leur domination pendant 40 ans (cf. Juges 13 : 1). Dieu ne peut accepter les infidélités de son peuple, pour autant, il ne l’abandonnera pas ; il va l’accompagner dans sa détresse. D’une famille simple mais pieuse, dont l’épouse était stérile, Dieu va consacrer un enfant : Samson (dont le nom signifie fils du soleil). C’est lui qui va faire briller sur Israël, la lumière de jours nouveaux.

« Cet enfant sera consacré à Dieu dès le ventre de sa mère; et ce sera lui qui commencera à délivrer Israël de la main des Philistins. » Juges 13 : 5 « cet enfant sera consacré à Dieu dès le ventre de sa mère jusqu'au jour de sa mort. » Juges 13 : 7

 

Parvenu à l’âge adulte, Samson poussé par l’esprit de Dieu, descend dans une ville philistine, y rencontre une femme et la désire pour épouse. Ses parents s’offusquent, mais rien n’y fait. « Samson dit à son père: Prends-la pour moi, car elle me plaît. Son père et sa mère ne savaient pas que cela venait de l'Éternel : car Samson cherchait une occasion de dispute de la part des Philistins. En ce temps-là, les Philistins dominaient sur Israël. » Juges 14 : 4

 

Samson descend avec ses parents dans la ville de Thimna, dans la plaine de Saron qui longe la Méditerranée, en territoire philistin. En chemin, il croise un jeune lion qu’il tue de ses mains. Les parents et le fils rencontrent la femme philistine. Samson confirme son choix et repart en Israël. Quelque temps après, Samson revient seul pour prendre avec lui, celle qu’il avait choisie pour femme. En chemin, il retrouve le cadavre du lion et voit que des abeilles ont construit un essaim dans les restes de son corps. C’est cette circonstance qui va l’éveiller à proposer l’énigme fameuse à trente jeunes gens. Elle est libellée de la façon suivante : « De celui qui mange est sorti ce qui se mange, et du fort est sorti le doux. » Juges 14 : 5 – 14

 

Malheureusement, sa femme menacée de mort le trahit et livre le secret de l’énigme aux trente jeunes philistins. Enflammé de colère, Samson remplit son contrat en s’acquittant du don de trente vêtements de rechange (cf. le prix de la découverte de l’énigme) en allant à Askalon, tuer et dépouiller trente autres philistins (Relire Juges 14).

 

Développement :

 

Ce récit pris à la lettre est irrecevable, choquant et incompréhensible. Il nous pose plus de problèmes que l’énigme elle-même. Il est, en soi, une énigme.

Car enfin, comment admettre que Dieu puisse dire le contraire des recommandations données à Moïse à propos du mariage, que Samson puisse déchirer un lion comme on déchire une feuille de papier, que Samson ne dise rien à ses parents pourtant présent dans ce voyage (se sont-ils volatilisés !), que des abeilles puissent faire du miel dans un corps en décomposition, que l’esprit de Dieu saisisse Samson pour tuer 30 Philistins innocents, que Dieu puisse être à l’origine de cette magouille pour trouver un prétexte d’aller combattre les Philistins ? En raccourci, quel Dieu est dépeint dans ce récit ?

 

Essayons à notre tour de déchiffrer l’énigme du récit. Il me semble qu’il est important de juxtaposer dans ce texte 3 faits précis :

 

  • 1) « En, ce temps-là, les Philistins dominaient sur Israël. » Juges 14 : 4

Question : Pourquoi ?

  • 2) « Son père et sa mère ne savaient pas que cela venait de l’Eternel »               

     Juges 14 : 4

Question : Pourquoi les Parents n’ont-ils pas été informés par Dieu  -  

 

- 3)  « Cet enfant sera consacré à Dieu dès le ventre de sa mère; et ce sera lui qui commencera à délivrer Israël de la main des Philistins. » Juges 13 : 5 « cet enfant sera consacré à Dieu dès le ventre de sa mère jusqu'au jour de sa mort. » Juges 13 : 7

               Question : comment peut-on être consacré par Dieu et commettre de telles atrocités ?

1 Les Philistins dominaient Israël : nous avons souvent vu que l’objectif de Dieu, à travers ce peuple, était de créer une relation de confiance et de fidélité pour qu’Israël accomplisse la mission divine. Il devait être le diffuseur de sa volonté. Or, malheureusement, ce peuple s’est détourné de cette proposition. La bienveillance de Dieu a pourtant toujours été très claire (lire Esaïe 46 : 3-13). L’infidélité récurrente d’Israël (cf. Juges 3 :7 ; 6 : 1 ; 8 : 33-34) a persisté malgré les appels répétés de Dieu (liés au retour à une relation fidèle)  (cf. Juges 6 : 10)

  1.  » Juges 17 : 6 (version T.O.B) Plus précisément d’après l’Hébreu, chacun définissait le droit pour lui. Nous dirions aujourd’hui, c’était le chacun pour soi. La domination philistine est donc une conséquence de l’infidélité d’Israël.

Application pratique personnelle : Acceptons-nous, en adultes les conséquences de tous nos actes, a fortiori sur le plan spirituel ?

 

  1.  La femme de Manoah, dont on ne connaît même pas le nom, n’a-t-elle été qu’une mère porteuse ? S’il est difficile de penser ainsi, il faut admettre que la question de l’inspiration divine peut être très ciblée. En d’autres termes, les parents de Samson n’ont pas été inspirés concernant tous les détails de la vie de leur fils. Cela a nécessité un lâcher-prise qui n’a pas dû être simple. Les parents n’ont-ils pas réagi  fermement devant le choix de leur fils : «  N'y a-t-il point de femme parmi les filles de tes frères et dans tout notre peuple, que tu ailles prendre une femme chez les Philistins, qui sont incirconcis ? » Juges 14 :3

L’Eternel n’avait-il pas dit à Moïse : «Tu ne contracteras point de mariage avec ces peuples, tu ne donneras point tes filles à leurs fils, et tu ne prendras point leurs filles pour tes fils ». Deutéronome 7 : 3 (cf. encore Genèse 24 : 3 ; Exode 34 : 15-16 ; Josué 23 : 12 ; 1 Rois 11 : 2)

 

En constatant le désappointement des parents de Samson, on peut se poser la question sur la démarche insolite de Dieu qui inspire le contraire de ce qu’il a déjà dit. Nous essayerons plus loin de répondre à cette supposée ou prétendue contradiction.

 

  1. Le troisième problème de l’énigme de ce texte consiste à concilier la consécration, la ruse et le meurtre.

Il serait trop facile de dire les voies du Seigneur sont impénétrables. De plus, on pourrait aussi s’interroger sur la véritable responsabilité de Samson. N’est-il pas piloté par Dieu dans cette entreprise ?  Car Samson a bien été consacré dès le ventre de sa mère jusqu’au jour de sa mort dit le texte. Faut-il dès lors comprendre que Samson est une exception qui va confirmer la règle que Dieu garde en toutes circonstances la maîtrise de l’histoire humaine ?  A vrai dire, ce récit est une véritable énigme. Il semble soulever plus de questions qu’il n’apporte de réponse. Mais c’est là, précisément le défi que Dieu nous propose de relever. Les mots de l’apôtre Paul nous reviennent en mémoire : « Si quelqu’un pense savoir quelque chose, il ne connaît rien encore comme il faut connaître. »  1 Corinthiens 8 : 2. Donc prudence et modestie !

 

Relevons les actions qui nous paraissent simples à comprendre. « Cet enfant sera consacré à Dieu dès le ventre de sa mère ; et ce sera lui qui commencera à délivrer Israël de la main des Philistins. » Juges 13 : 5

 

Samson peut symboliser le don de Dieu pour sauver Israël de lui-même. Ce don est un miracle. Comme tout miracle, étranger à une explication raisonnable, il ne peut s’accueillir que par la foi. Il nous permet d’anticiper une réalité historique, celle du don du Fils de Dieu pour le salut du monde. Miracle de l’incarnation qui ne peut s’accueillir, là encore que par la foi. Le mélange consécration-meurtre, incompatible à une bonne compréhension, peut aussi être perçu comme l’enjeu du combat spirituel entre l’alternance du bien et du mal.

L’aspect intéressant de ce récit est aussi de nous dire que Dieu n’a jamais cessé d’accompagner Samson dans son parcours, même dans ses débordements humains. La colère excessive qu’il manifeste semble ne pas cadrer avec le plan de Dieu.

Cela nous permet de nous approprier ce récit. Dieu s’engage à nous accompagner, même et surtout dans nos excès, dans nos transgressions, dans nos infidélités. Quelque part, nous sommes tous consacrés à entrer dans son plan de salut.

 

L’apôtre Paul nous le rappelle : « Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus-Christ, qui nous a bénis de toute bénédiction spirituelle dans les lieux célestes en Christ ! En lui Dieu nous a élus avant la fondation du monde, pour que nous soyons saints et irréprochables devant lui ; il nous a prédestinés dans son amour à être ses enfants d'adoption par Jésus-Christ, selon le bon plaisir de sa volonté, pour célébrer la gloire de sa grâce dont il nous a favorisés dans le bien-aimé. En lui nous avons la rédemption par son sang, le pardon des péchés, selon la richesse de sa grâce, que Dieu a répandue abondamment sur nous par toute espèce de sagesse et d'intelligence, nous faisant connaître le mystère de sa volonté, selon le bienveillant dessein qu’il avait formé en lui-même, pour le mettre à exécution lorsque les temps seraient accomplis, de réunir toutes choses en Christ, celles qui sont dans les cieux et celles qui sont sur la terre. » Ephésiens 1 :3-10

Il est stimulant de savoir que Dieu nous a consacrés au salut dès la fondation du monde.

 

Essayons maintenant d’esquisser une compréhension plus générale du récit. Sans nier le fait, que les évènements se soient déroulés comme énoncé, il me semble difficile d’éviter une lecture symbolique de cette aventure. Comme preuve, prenons acte du fait qu’il est exceptionnel que des abeilles fassent leur essaim à l’intérieur d’un cadavre nauséabond, et y produisent du miel en quelques jours, comme le texte hébreu  le suggère.

Cette lecture symbolique est d’autant plus facile à faire que la carcasse du lion devient une ruche si productive que Samson eut à manger pendant tout son voyage. Le mot abeille en Hébreu est « Deborah ». Il a pour racine « daw-bar » généralement traduite par : « Parler, dire, répondre, promettre, prendre la parole, ordonner, faire entendre, rapporter, déclarer, faire connaître, prononcer. » site internet www. Enseignemoi.com/bible/strong-biblique-hebreu. Si abeille signifie aussi parole, que pouvons-nous entendre ?

Le contraste entre la férocité du lion et la douceur du miel nous renvoie à la dureté des épreuves face à la douceur des paroles réconfortantes de Dieu. De même la victoire de Samson sur le lion nous renvoie aux victoires qui peuvent être notre quand on se place dans la trajectoire de la volonté divine. Autre élément symbolique : le chiffre 40.

La domination philistine se poursuivit pendant 40 ans (cf. Juges 13 : 1). On sait que le chiffre 40 est symbolique dans les récits bibliques, il a plusieurs significations ; c’est :

 

  • Soit le temps de l’épreuve (cf. Jésus jeûne durant 40 jours et 40 nuits, Matthieu 4 : 2 ; marc 1 : 13 ; la tentation au désert dure 40 jours, Luc 4 : 13-15)
  • Soit le temps de la fin de l’épreuve : au bout de 40 jours, Noé ouvre la fenêtre de l’arche, Genèse 8 : 6 ; la pluie cessa de tomber après 40 jours et 40 nuits Genèse 7 : 12,17 ; à la sortie d’Egypte, le peuple marche 40 ans dans le désert avant de s’installer dans le pays de Canaan Deutéronome 8 :2 .
  • Soit le temps de la maturité : il est souvent question d’endurer l’épreuve jusqu’à son terme pour parvenir à la maturité, sorte de victoire sur soi. La vie de Moïse se décompose en 3 périodes distinctes : Il a 40 ans lorsqu’il fuit l’Egypte, il reste ensuite 40 ans dans le pays de Madian, il conduira la sortie du peuple d’Israël à travers le désert pendant 40 ans, Actes 7 : 23-36. Elie marche 40 jours et 40 nuits pour découvrir qui est vraiment Dieu, 1 Rois 19 : 8. (C’est aussi le temps de la gestation 40 semaines pour mener à terme une grossesse.)

 

Ces références symboliques peuvent illustrer le parcours d’une vie semée d’épreuves, d’échecs, de dépouillements, de mises à nu, de vanités, mais aussi de fin d’épreuves, de victoire, d’accomplissement, d’accession à la maturité spirituelle. Temps où l’on se retourne pour faire le bilan de sa vie. Ce fut l’invitation de l’Eternel à l’adresse de chaque membre du peuple de Dieu : 

« Souviens-toi de tout le chemin que l'Éternel, ton Dieu, t'a fait faire pendant ces quarante années dans le désert, afin de l'humilier et de t'éprouver, pour savoir quelles étaient les dispositions de ton cœur et si tu garderais ou non ses commandements. Il t'a humilié, il t'a fait souffrir de la faim, et il t'a nourri de la manne, que tu ne connaissais pas et que n'avaient pas connue tes pères, afin de t'apprendre que l'homme ne vit pas de pain seulement, mais que l'homme vit de tout ce qui sort de la bouche de l'Éternel.» Deutéronome 8 : 2-3

 

Ce n’est donc pas fortuit, si dans le livre des Juges, le chiffre 40 revient souvent. Par exemple Otniel, Débora, Barak et Gédéon furent, chacun juge en Israël pendant 40 ans.

En marge du symbolisme du récit, nous pouvons découvrir la morale de l’histoire pour les dominants. En effet, pour avoir voulu gagner à tout prix le pari de découvrir l’énigme, (en menaçant de mort la femme de Samson) les trente jeunes philistins ont payé le prix fort de trente vies innocentes. 30 chemises gagnées pour 30 vies perdues, c’est le bilan tragique de la bêtise humaine dans sa soif de domination et son goût irrépressible du pouvoir.

Assurément « Dieu résiste aux orgueilleux, Mais il fait grâce aux humbles »  1 Pierre 5 : 5. On peut trouver là un avertissement pour tous ceux et celles qui sont transportés par des besoins de domination… La loi d’amour de l’évangile nous apprend que l’on ne rencontre jamais Dieu en s’élevant, mais en s’abaissant.

 

Arrivons maintenant à la pédagogie divine du récit. Pour faire comprendre à Israël ses erreurs, Dieu se fait transgresseur de la loi donné à Moïse, place Samson devant la trahison de sa femme pour lui faire toucher du doigt les infidélités du peuple élu, et se fait meurtrier pour aboutir à l’objectif qu’il s’était assigné (commencement de la délivrance d’ Israël cf. Juges 13 : 5) Concilier la consécration, la ruse et le meurtre, ne peut se comprendre qu’au travers d’une thérapie médicale. La méthode surprenante et déroutante que Dieu emploie, en utilisant Samson, s’appelle en médecine, le vaccin. On inocule un mauvais virus pour provoquer une saine réaction. Tout le plan du salut pour l’humanité est construit selon cette pédagogie. L’apôtre Paul l’a bien compris quand il nous dit « Celui qui n'a point connu le péché, il l’a fait devenir péché pour nous, afin que nous devenions en lui justice de Dieu » 2 Corinthiens 5 : 21 On pourrait de même utiliser l’image du feu. Il peut être destructeur et meurtrier, mais aussi purificateur et revitalisant, donc nécessaire à la vie.

 

Dans un autre d’idée, il est intéressant de noter l’évolution dans le rapport entre Samson et cette Philistine. Au départ, Samson la choisit parce qu’elle lui plaît, un peu comme on choisirait un objet sur catalogue. Puis, le texte poursuit en insistant sur le fait qu’elle devient sa femme quand il lui parle et sous-entendu, qu’elle répond. On passe d’une situation de simple désir visuel et esthétique à une relation de partage, d’une position d’objet à sujet. cf. Juges 14 :2,3, 7 C’est quand la parole est entre deux que la relation prend du sens. Cette remarque peut aussi être parlante dans un univers de consommation de l’autre où le désir est roi. Mais revenons à la trame générale du récit…

 

Découverte incroyable, Dieu s’est servi du mal pour faire triompher le bien.

 

« Christ nous a rachetés de la malédiction de la loi, étant devenu malédiction pour nous - car il est écrit : Maudit est quiconque est pendu au bois - afin que la bénédiction d'Abraham ait pour les païens son accomplissement en Jésus-Christ, et que nous recevions par la foi l'Esprit qui avait été promis. » Galates 3 :13-14

Précisons que l’acceptation de cette démarche divine n’est accessible que par la foi.

 

Il en est de même de l’explication biblique de la création de notre univers : « C’est par la foi que nous comprenons que le monde a été formé par la parole de Dieu, de sorte que ce qu’on voit ne provient pas de ce qui est visible." Hébreux 11:3

 

Conclusion :

 

Ce récit flamboyant d’aventure met en évidence que nous sommes nous aussi, sous la domination du mal. Nous n’avons pas à nous culpabiliser pour cette réalité. Même si nous sommes inspirés par Dieu, comme l’ont été les parents de Samson, sachons accepter de ne pas tout savoir et tout comprendre. Faisons confiance à Dieu. Il sait que nous sommes infectés par un virus mortel, mais il a l’antidote pour que son plan d’amour triomphe définitivement. En dernier, quels que  soient nos parcours, sachons que nous sommes accompagnés par Dieu jusqu’à notre mort, comme Samson le fut envers et contre tout. Relisons ensemble le psaume 27, il dépeint le triomphe de la foi.

 

« Car tout ce qui est né de Dieu triomphe du monde; et la victoire qui triomphe du monde, c'est notre foi. Qui est celui qui a triomphé du monde, sinon celui qui croit que Jésus est le Fils de Dieu ? » 1 Jean 5 : 3-4

 

                                                                                         Jacques Eychenne

Actualité

 Liste des 4 dernières réflexions spirituelles dans Paroles en chemin et dans l'un des 4 titres.

 

- La spiritualité

- Les femmes et les hommes de foi

- Les thèmes fondamentaux du Christianisme

 

 

 

 

Version imprimable Version imprimable | Plan du site
© Jacques Eychenne