Le Cantique des cantiques

 

       Le cantique

 des cantiques

          ou

 vivre pour aimer,

 aimer pour vivre

 

 

Introduction :

 

Le Cantique des cantiques (cf. simple transcription du latin) est un livre qui étonne et détonne. Son superlatif surprend (cf. Cantiques des cantiques). Ce chant d’amour de Salomon (cf. Il est soit l’auteur, soit le destinataire), appelé à être le plus beau de tous, devait être probablement chanté. Il semble détonner, car il ne ressemble à aucun autre livre de l’Ancien Testament. Pourtant, il a été conservé comme faisant partie d’un ensemble inspiré par Dieu (cf. son utilisation est restée constante dans la liturgie synagogale). De ce fait, la sagesse séculaire hébraïque s’est manifestée d’une façon singulière. Si on la compare à la philosophie grecque, on constate qu’elle a la particularité d’être centrée sur la vie pratique. Les sages juifs consignèrent, dans 5 ouvrages, leur conception du bien-vivre. Le livre de Job pose l’inévitable question de la souffrance et apporte une solution sur la façon d’en sortir grandi. Les Psaumes traduisent toute la palette des sentiments humains dans la relation à Dieu. David en particulier, et par la prière, présente les ressentis de l’humain face aux multiples situations de vie. Les Proverbes se concentrent sur l’art de bien se positionner en toutes circonstances. L’Ecclésiaste aborde le sujet : comment développer une philosophie de vie qui permette de savourer les bienfaits de l’existence. Et enfin, la sagesse populaire israélite porte à son sommet, au travers du Cantique  des cantiques, le besoin fondamental d’aimer. Déroulé sous la forme d’un poème lyrique sur l’amour, il sublime les sentiments profonds qui émanent du cœur. Le désir, la séduction, le plaisir, la force de l’étreinte, rien ne relève du registre du vulgaire. Trois principaux systèmes d’interprétation ont été appliqués pour décrypter le langage symbolique. Il met en présence le roi Salomon, la Sulamithe, un berger, les filles de Jérusalem et les frères de la Sulamithe. Les trois façons classiques d’aborder le contenu de ce poème sont : l’interprétation historique et exclusivement littérale, l’expérience mystique tout en s’appuyant sur les descriptions dans leur sens littéral, et enfin l’interprétation allégorique. C’est elle qui a été principalement retenue dans la tradition juive et chrétienne. Certains y ont décelé un amour spirituel, d’autres charnels. Peut-être faut-il aller plus loin et y voir  une allégorie spirituelle de la relation du peuple d’Israël, puis de l’Eglise, ou tout simplement du fidèle avec son Dieu… Mais regardons de plus près le texte…

 

Développement :

 

Ce livre présente les états d’âme de deux êtres qui s’aiment et se croient seuls au monde. Ils s’attirent (cf. « viens » Cantique des cantiques 2 : 10) et se rejettent (cf. « Fuis » C. des c. 8 : 14), mais encore se désirent toujours (cf. « reviens » C. des c. 2 : 17 ; 6 : 13). La Sulamithe est noire et pure ; c’est la plus belle des femmes (cf. C. des c. 1 : 5, 8), lui est Salomon, le roi d’Israël. Il est beau. « Son corps est de l’ivoire poli, couvert de saphirs ; ses jambes sont des colonnes de marbre blanc… »  C des c. 5 : 14 .

 

Il faut voir cette histoire comme une parabole contée (certainement) par Salomon. Elle comporte assurément plusieurs énigmes difficiles à expliquer. Salomon excellait dans ce domaine. L’historien Flavius Josèphe raconte que Salomon et Hiram, le roi de Tyr, avaient coutume de se divertir en s’envoyant des énigmes. Le fait était aussi courant dans l’antiquité grecque. Aussi,  dans ce livre,  on se demande si Salomon et le jeune berger sont une même personne. Il y a encore la question de la petite sœur, de la vigne de Salomon et de celle de la Sulamithe, de la fuite du bien-aimé etc. Notre quête du vrai sens risque d’être laborieuse. Mais dans la Bible, comme souvent, plusieurs niveaux de lecture sont  nécessaires. Alors l’important est d’identifier ce qui nous est accessible, pour nous approprier ce qui nous élève vers Dieu et notre prochain.

 

Sous l’aspect de figures historiques, est-ce que nous ne découvrons pas le génie de la pensée hébraïque ? A l’analyse du scénario, la mise en place d’une jeune fille enlevée par les hommes de main de Salomon, pour la conduire dans son palais où elle va être exposée à toute sa puissance de séduction, fait contraste  avec ce pauvre petit berger qui l’aime vraiment et à qui la Sulamithe veut rester fidèle. Cette parabole énigmatique a de quoi nous faire réfléchir sur la réalité des situations mettant en opposition séduction et fidélité. Nous pouvons parler d’énigme, car le personnage du petit berger pauvre n’apparaît que dans l’imaginaire extatique de la Sulamithe. Salomon en parcourant son royaume a eu le coup de foudre pour cette jolie paysanne. N’arrivant pas à l’oublier le texte suggère qu’il revêt l’habit d’un berger pour la séduire et l’aimer. Dans la parabole poétique, ce berger se montre, certes, un instant, mais ce n’est que pour demander à la belle Sulamithe un chant. Il désire entendre sa voix puis disparaît (cf. C. des c. 2 : 14-17).  Au travers de ce berger qui peut donc se confondre avec Salomon, la Sulamithe projette sa conception idéale d’un amour parfait. Cette perception peut nous renvoyer à une compréhension de l’amour parfait de Dieu. Ce Dieu lointain et proche ne vient-il pas aussi par intermittence dans notre monde pour se faire connaître ? Il apparaît, reste silencieux comme s’il avait disparu, puis réapparaît dans l’histoire des hommes.

 

La présence imaginaire de ce berger auquel la Sulamithe prête toutes les vertus d’un amour saint et pur peut nous renvoyer à l’image du bon berger qui donne sa vie par amour (cf. Jean 10 : 11 ). Il n’offre rien pour la satisfaction des sens, mais s’offre lui-même avec une grande simplicité.  Il n’aspire qu’à entendre sa voix et voir son visage. Il est difficile d’admettre que dans la pensée de Salomon, Dieu soit absent de son récit poétique. Déjà son père David l’avait déjà décrit sous les traits du berger : « L’Eternel est mon berger … » Psaume 23 : 1.

De ce fait, on pourrait entrevoir l’idée de Salomon. Elle rendrait pertinente la présence de YHWH-Adonaï, alors que son nom n’est jamais prononcé dans son écrit. Dieu serait-il plus présent quand nous ressentons son absence ? Dieu n’est-il pas partout et toujours, tout en étant invisible et discret, ne voulant aucunement imposer Sa Majesté ?

 

Le second personnage central de cette parabole est la Sulamithe. Il semble évident, là encore, qu’il faille dépasser la description de cette jeune israélite noire, enlevée pour satisfaire le désir du roi (cf. Certains pensent que le nom de Sulamithe vient de Sunem, ville de la tribu d’Issacar, dont elle serait originaire). Mais plus frappant est sans conteste le rapport entre les noms de Salomon et de la Sulamithe. Salomon, d’après les spécialistes juifs, signifie : le parfait, le prospère, le pacifique. Or, Sulamithe serait le féminin de Salomon. Il signifierait : la parfaite, l’accomplie. Ces deux noms sont en rapport étymologiquement avec celui de shalom. (Le premier livre des Chroniques interprète le nom de Salomon comme celui qui apporte la paix ;  cf. 1 Chroniques 22 : 9). Il me semble intéressant de noter que célébrant sa fidélité, la Sulamithe emploie précisément le mot de shalom (cf. C. des c. 8 : 10). Elle s’est réalisée, voire accomplie dans une relation d’amour. Aussi faut-il comprendre que devant ses yeux (et ceux de Salomon), elle a trouvé la paix. (Devant Salomon, symbole d’un royaume de paix, elle s’est positionnée comme la fille qui entre dans la paix). Delà  à prolonger notre réflexion, en y découvrant le lien entre le royaume de Dieu et le désir du croyant à aspirer à la paix, il n’y a qu’un saut pour notre imaginaire.

Par ailleurs, si le nom de la Sulamithe a un sens symbolique, le personnage doit l’avoir également. Elle, la parfaite, symbolise l’idéal d’amour qu’elle projette vers son berger, le bon berger. Elle incarne l’héritage et l’aspiration du peuple d’Israël. On peut alors décrypter que Salomon dans son immense sagesse ait voulu magnifier l’élan d’amour que chaque israélite devait diriger vers son Dieu, YHWH-Adonaï. C’est la raison pour laquelle le refrain : « ne réveillez pas, ne réveillez pas l’amour avant qu’elle le veuille » (cf. Il revient à trois reprises dans le récit : C. des c. 2 : 7 ; 3 : 5 ; 7 : 4), soulignerait cette sublime responsabilité. Il va de soi que par-delà Israël et son peuple, chacun de nous peut se sentir concerner par cette immanente responsabilité. Notons qu’être responsable, en amour, fait partie des joies de la vie. (Dans l’original hébreu le mot amour est au féminin (cf. ahavah). Il est plus poétique que notre mot français « amour »). Le message inspiré nous dit que l’amour est engageant dans les faits, et responsable dans la durée.

 

Quant à Salomon, il est le type de la royauté terrestre, telle que le prophète Samuel l’institua avec l’approbation de l’Eternel. Nathan le prophète avait déjà énoncé cette prédiction surprenante à David : « l'Éternel t'annonce que l'Éternel te fera une maison. Quand tes jours seront accomplis et que tu dormiras avec tes pères, je susciterai après toi ta semence, qui sortira de tes entrailles, et j'affermirai son royaume. Lui, bâtira une maison à mon nom; et j'affermirai le trône de son royaume pour toujours »  2 Samuel 7 : 11-13, version DRB. Dès lors, Salomon devient un type de la royauté divine, celle qui est sublimée par tous les croyants. Pour autant, elle  demeure pour l’instant invisible, même si l’amour de l’Eternel est présent dans les cœurs des fidèles.

 

L’intervention des filles de Jérusalem qui chantent en glorifiant le roi Salomon (cf. C. des c. 3 : 11), nous fait penser au peuple d’Israël fasciné par la gloire de Salomon le magnifique. Le trésor du temple était, paraît-il,  fabuleux (cf. 2 Chroniques 5 :1). Le récit met en scène le contraste entre le faste éblouissant dans lequel a vécu Salomon, et celui de la Sulamithe simple paysanne, mais belle comme une colombe. Contraste que nous pouvons retrouver entre tous les apparats glorieux dont rêvent les humains et l’idéal spirituel faisant appel à l’humilité de cœur. Le Christ, ayant incarné cette réalité, est qualifié de « doux et humble de cœur » Matthieu 11 : 29. A l’arrière-plan de ce chant d’amour émerge peut-être le drame d’un Dieu dont on dit qu’il est amour (cf. 1 Jean 4 : 16 ). Rappelons-nous que la royauté a modifié le lien entre Dieu et son peuple. Dieu avait le projet de le conduire (cf. régime théocratique), de lui accorder sécurité et prospérité… Malheureusement, ce dernier a voulu ressembler à tous les autres peuples environnants Israël. Ils s’étaient donné un roi pour les gouverner. 

On pourrait encore  rattacher à cette situation, le drame sous-jacent de la Sulamithe. Elle n’a  pas su garder ce qui lui avait été confié (cf. sa vigne) et ses frères fâchés le lui ont reproché (cf. C. des c. 1 : 6). Elle en a presque perdu son identité : « Je ne reconnais pas mon propre moi : il me rend timide, bien que fille de nobles gens ! »  C.  des c. 6 : 12, version TOB. Cela nous replonge dans l’histoire du peuple d’Israël. Ce peuple élu par Dieu, a mis en péril la relation privilégiée  avec YHWH-Adonaï. Il s’est perdu dans une conception purement charnelle en se soumettant à un être humain, fut-il Salomon. Il a  bradé sa noble origine et son indépendance en se laissant séduire par tous les apparats de la royauté. Cela expliquerait symboliquement l’aveu de la belle Sulamithe, de n’avoir point gardé ce qui lui avait été confié : « Ils m'ont faite gardienne des vignes. Ma vigne, à moi, je ne l'ai pas gardée » C. des c. 1 : 6, version LSG. Peut-être faut-il relier cette histoire d’amour à la relation qui unissait le peuple d’Israël avec son Dieu. La vigne de la Sulamithe symboliserait le pays promis, la terre de Canaan. Cet héritage n’a pas été conservé. Le rapport à la royauté en est l’illustration. Le peuple s’est perverti, il a perdu son propre moi, en s’aliénant à un souverain humain et faillible. Le pays de Canaan n’était plus le pays donné par Dieu à un peuple, car ce peuple s’était donné à un roi, et Dieu a énoncé les conséquences de son choix (cf. 1 Samuel 8 : 1-18).

 

La rencontre du roi Salomon avec la Sulamithe illustre l’idéal d’amour vers lequel notre aspiration devrait se concentrer, tant prosaïquement que spirituellement. L’idéal de l’amour prodigué par la Sulamithe, retraduit les sentiments d’un peuple qui se trouve en contradiction avec lui-même. Entre l’adhésion à un idéal de gloire humaine, et celle qui conduit à Dieu, la tension était permanente. Ne demeure-t-elle pas aujourd’hui dans nos vies ? C’est peut-être là qu’il faut situer la résistance de la Sulamithe aux avances d’un roi glorieux et sa fidélité indéfectible envers ce berger imaginaire auquel elle a donné son cœur. Son attitude serait un repaire pour nous aider à nous repositionner. L’humain est toujours plus attiré par le glorieux, le faste, la grandeur que par la simplicité, la pureté et la noblesse de sentiments.  

La beauté de l’amour que dégage la Sulamithe vers l’être aimé doit nous servir de repère dans notre relation à Dieu et à autrui. Sortir de nos rêves, de nos illusions, de nos états d’âme virtuels pour nous ancrer dans le concret de l’amour, tel est le défi lancé par cette parabole lyrique. Le peuple d’Israël a vécu la tension entre son aspiration à Dieu et la réalité navrante de son quotidien. La phrase de la Sulamithe résume bien ce dilemme : « Je dors, mais mon cœur veille »  C. des c.  5 : 2, version FBJ. Certainement le lien est sous-entendu entre l’attitude indolente du peuple d’Israël vis-à-vis de son Dieu, et la position de veille des prophètes envoyés par les ramener vers lui. Le peuple et ses dirigeants ont toujours pensé être dans l’accueil de l’amour de Dieu, alors même qu’ils le refusaient  dans les faits. Pourtant Dieu n’a pas cessé de le leur manifester. Le moment climax s’est produit lors du ministère du Christ : « je viens au nom de mon Père et vous ne m'accueillez pas ; qu'un autre vienne en son propre nom, celui-là, vous l'accueillerez. Comment pouvez-vous croire, vous qui recevez votre gloire les uns des autres, et ne cherchez pas la gloire qui vient du Dieu unique »   Jean 5 : 43-44, version FBJ. 

 

Conclusion :

 

Comme nous l’avons constaté ce chant d’amour de Salomon offre une variété impressionnante d’interprétations. Certains ont même été choqués par les descriptions sensuelles de cette poésie. D’autres y ont vu une simple allégorie se rapportant à la relation de Dieu avec son peuple, puis par extension de Christ avec son Eglise. D’autres encore pensent qu’il s’agit de la mise en scène du mariage de Salomon avec cette Sulamithe. Assurément, il s’agit d’un poème lyrique, qui dans une mise en scène en sept actes était appelé à être chanté. Le parchemin a même eu pour titre le chant des chants de Salomon.

Retenons que ce dernier a pour vocation de nous repositionner sur l’essentiel de la vie. L’éloge d’un amour pur, sincère, simple, spontané, engageant et responsable donne sens à notre existence. La pensée hébraïque, porte-parole de notre humanité, a dépeint d’une façon admirable la nature des liens qui devraient nous unir les uns les autres et nous unir à Dieu. Par là même nous rejoignons la nature même de Dieu, celle que l’apôtre Jean a merveilleusement décrite le plus simplement du monde : « Dieu est amour » 1 Jean 4 : 16.

L’amour a cette caractéristique de nous faire découvrir qui est Dieu, qui nous sommes, et qui est notre prochain.

Nous sommes appelés, aujourd’hui plus que jamais, à nous recentrer sur les valeurs qui fondent notre joie au présent et notre espoir au futur. La beauté du langage de ce chant lyrique permet d’élever notre âme vers le meilleur qui peut nous habiter. Il dépasse le pouvoir des mots, et nous projette dans un concret à vivre. En un temps où les sentiments de solitude, d’abandon, d’indifférence et de rejet parcourent notre planète, laissons nos cœurs être visités par cet élan de fraîcheur et d’amour qui émane de ce livre inspiré.

 

« Si je n’ai pas l’amour, je ne suis rien… (οὐδείς = oudeis, neutre ouden = rien, aucun ; je ne suis personne). Si je n’ai pas l’amour, cela ne me sert à rien (ὠφελέω = opheleo =  assister, être utile ou avantageux, profiter ; // je n’ai aucune utilité, je ne sers à rien). L’amour couvre tout (στέγω= stego = toiture, toit, couverture ; protéger ou garder en recouvrant, préserver ; couvrir du silence ; garder secret ; cacher, dissimuler ; erreurs et fautes des autres ; recouvrir ou garder quelque chose par des menaces, supporter, endurer, montrer de la patience),  il croit  tout (πιστεύω = pisteuo =  penser être vrai, être persuadé de, donner du crédit, placer sa confiance en,  avoir la foi), il espère tout (ἐλπίζω = elpizo=  espérer ; attendre le salut avec joie et pleine confiance ;  aspirer à), il supporte tout (ὑπομένω = rester, demeurer, ne pas s'éloigner ou s'enfuir , conserver : dans les épreuves et dans les peines, maintenir sa foi en Christ, endurer, supporter bravement et calmement les mauvais traitements). L’amour ne tombe jamais (ἐκπίπτω= ekpipto = tomber, chuter, échouer, périr, tomber, déchoir d'une place que l'on ne peut garder, tomber depuis une position, perdre le pouvoir, chuter à terre, être sans effet, ne pas accepter la promesse divine du salut). Maintenant demeurent la foi, l’espérance, l’amour, mais la plus grande c’est l’amour. » 1 Corinthiens 13 : 2, 3, 7, 8, 13.

« Plus besoin de dire l’amour rend aveugle, ça crève les yeux » Sami Ghaddar.

 

                                                                                 Jacques Eychenne

 

PS : DRB, version Darby ; TOB, version traduction œcuménique de la Bible ; FBJ, version française de Jérusalem.

 

 

 

 

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