Le Voeu biblique

                                                                                                                                                                                                      

 

    LE VOEU

        ou

 le sens positif

 de              

 l’engagement

 

Introduction :

 

Meilleurs vœux ! Paroles très familières en ce début d’année. Chacun personnalise sa formule, car nous avons tous envie de voir, dans notre vie, dans celles de nos proches et dans le monde, un changement heureux pour cette année.

Cette coutume a sa valeur, car chaque année est comme un nouveau départ vers l’inconnu. Seulement le vœu, d’ après la Bible, doit avoir certaines caractéristiques bien précises. Il n’est nullement question de sacrifier à une tradition, de faire simplement plaisir à quelqu’un, ou de prononcer des paroles qui ne nous engagent à rien. Le vœu n’est pas seulement un acte de circonstance, uniquement parce que le contexte s’y prête. Le vœu, que l’on préfère mettre au pluriel pour ne rien oublier, est un acte sérieux. Que nous dit la Bible à ce sujet ? Examinons l’engagement du vœu dans la relation spirituelle avec Dieu.

 

Développement :

 

- 1) Origine historique :

 

Le premier vœu mentionné dans l’histoire sainte est celui de Jacob.

« Jacob fit un vœu, en disant: Si Dieu est avec moi et me garde dans ce chemin où je marche, et qu'il me donne du pain à manger et un vêtement pour me vêtir, et que je retourne en paix à la maison de mon père, l'Éternel sera mon Dieu. Et cette pierre que j'ai dressée en stèle sera la maison de Dieu; et de tout ce que tu me donneras, je t'en donnerai la dîme » Genèse 28:20-22 (version Darby)


Le contexte dans lequel ce vœu a été prononcé, nous décrit l’intervention de Dieu dans l’histoire de Jacob. Il nous dit, premièrement, que c’est bien Dieu qui prend l’initiative de la rencontre avec l’humain. Dans le cas de Jacob, il se révèle à lui par un songe et s’engage à prolonger le pacte fait à Abraham et Isaac. Que lui dit-il ?


« Ta semence sera comme la poussière de la terre; et tu t'étendras à l'occident, et à l'orient, et au nord, et au midi, et toutes les familles de la terre seront bénies en toi et en ta semence. Et voici, je suis avec toi; et je te garderai partout où tu iras, et je te ramènerai dans cette terre-ci, car je ne t'abandonnerai pas jusqu'à ce que j'aie fait ce que je t'ai dit. » Genèse 28:14-15 (version Darby)

Alors, Jacob se réveille et prononce cette phrase surprenante, mais significative : « Certainement, l’Eternel est en ce lieu, et moi, je ne le savais pas » Genèse 28 :16. (Yada en hébreu, c’est ne pas savoir, ne pas connaître)


Cette histoire révèle la vérité suivante : Ce n’est pas parce que nous ne voyons rien, nous ne sentons rien, que Dieu n’intervient pas dans la vie de chacun. De ce fait, notre cécité et notre inaptitude à entendre, peuvent justifier notre peu d’engagement envers notre Père céleste. La motivation du vœu de Jacob prend sa source dans la découverte de la présence de Dieu. Touché par sa bonté, il se sent poussé à faire une promesse.


Question : Est-ce que nos absences d’engagement ne reposent pas sur le fait que nous ne sommes pas conscients que Dieu est là, présent dans nos vies ?

L’amorce du vœu est-elle en connexion avec la prise de conscience des bienfaits de la présence de Dieu ?

Dans le cas de Jacob, cette découverte a une double conséquence :

- La peur l’étreint, mais elle ne le bloque pas.

- Le vœu qu’il prononce a la force d’un engagement solennel.

Dieu est venu à sa rencontre. N’en est-il pas de même pour nous ? Prenons-nous le temps d’avoir conscience de son action paternelle ?

 

- 2) La bonne motivation d’un vœu fait référence à la prise de conscience que Dieu nous a visités.

 

Ce premier vœu exprimé par Jacob procède de la prise de conscience que Dieu a agi dans sa vie. Dans le Nouveau Testament, le cantique de Zacharie apporte son vibrant témoignage :

« Béni soit le Seigneur, le Dieu d’Israël, de ce qu’il a visité et racheté son peuple, et nous a suscité un puissant sauveur… » Luc 1 :68-69a

En son temps, Job disait déjà malgré son épreuve: 

« Qu’est-ce que l’homme que tu fasses grand cas de lui, et que ton cœur s’occupe de lui, et que tu le visites chaque matin… » Job 7 :17-18

Notre premier vœu ne devrait-il pas s’adresser à Dieu, comme une réponse à son désir de relation avec chacun de nous ? Notre réponse n’est-elle pas source de joie et de bonheur ?

Le comportement de Jacob devrait nous inciter à bien prendre en compte la solennité de nos vœux. Ils sont, avant tout, engagements dans le temps, et responsabilités dans les actes. En d’autres termes, le vœu est engageant dans la durée et responsable dans les faits. Cette promesse qui jaillit du cœur traduit un élan d’amour.

 

- 3) La bonne motivation d’un vœu répond encore à un besoin de changement, une envie de progrès.

 

Faire un vœu, c’est aussi ressentir le besoin d’avancer, d’assumer un choix, d’être décidé à prendre un risque, d’avoir la joie de l’initiative dans sa vie. De toute façon, si nous ne le faisons pas, ce sont les circonstances ou les évènements qui décideront pour nous.

 

A un moment crucial de l’histoire du peuple d’Israël, Josué fit un choix fondamental devant tout son peuple :

« Maintenant donc, craignez le SEIGNEUR et servez-le avec intégrité et fidélité. Écartez les dieux qu'ont servis vos pères de l'autre côté du Fleuve et en Égypte, et servez le SEIGNEUR. Mais s'il ne vous plaît pas de servir le SEIGNEUR, choisissez aujourd'hui qui vous voulez servir, soit les dieux qu'ont servis vos pères lorsqu'ils étaient au-delà du Fleuve, soit les dieux des Amorites dans le pays desquels vous habitez. Moi et ma maison, nous servirons le SEIGNEUR. » Josué 24:14-15 (version T.O.B) (Cet acte courageux, à contre-courant des désirs idolâtres des tribus d’Israël, repositionna le peuple dans la bonne direction. Cela ne dura pas longtemps, et Josué mourut peu de temps après, à 110 ans.)


Le programme pédagogique de Dieu s’inscrit dans cette même dynamique :

« Ce que je désire, est-ce que le méchant meure ? dit le Seigneur, l’Eternel. N’est-ce pas qu’il change de conduite et qu’il vive ? » Ezéchiel 18 : 23

La nécessité du changement germe quand on prend conscience de ses propres limites, et que l’on investit dans sa relation à Dieu. Dieu, non seulement nous dit qu’il nous aime, mais, concrètement, il nous le démontre en transformant le mal en bien. « Je t’aime d’un amour éternel ; c’est pourquoi je te conserve ma bonté… Je changerai leur deuil en allégresse, et je les consolerai ; je leur donnerai de la joie après leurs chagrins. » Jérémie 31 : 3,13

 

- 4) La bonne motivation d’un vœu part de cette volonté d’être acteur de sa vie en engageant sa parole.

 

« Faites des vœux à l’Eternel et accomplissez-les ». Psaume 76 :12

« Approchez-vous de Dieu, et il s’approchera de vous ». Jacques 4:8

 

L’histoire des parents du prophète Samuel, Elkana et Anne, nous a conservé leur témoignage. Il confirme la nécessité d’être acteur de sa vie. Anne était stérile et son cœur était triste. Son mari était désemparé devant sa tristesse. Il ne savait plus quoi faire pour la raisonner. Anne était inconsolable. Un jour, elle pria et fit un vœu en disant :

«  Eternel des armées ! Si tu daignes regarder l’affliction de ta servante, si tu te souviens de moi et n’oublies point ta servante, et si tu donnes à ta servante un fils, je le consacrerai à l’Eternel pour tous les jours de sa vie, et le rasoir ne passera point sur sa tête » 1 Samuel 1 :11

Elle tint sa promesse, et Dieu lui donna un fils : Samuel. Il fut un grand prophète en Israël.

Quand le vœu correspond à un fort besoin personnel, Il se confond avec l’acte de foi. S’il est, de plus, en adéquation avec la volonté de Dieu, il apportera du bonheur dans la vie de celui ou de celle qui aura osé prendre son devenir en mains.

 

- 5) La bonne motivation d’un vœu appelle une cohérence.

 

Elle évite des paroles inconsidérées, dites trop rapidement. L’histoire de Jephté, juge en Israël au temps où le peuple n’avait plus de roi, est significative. Il fit un vœu à l’Eternel. Il dit :

« Jephté fit un vœu au SEIGNEUR et dit: Si vraiment tu me livres les fils d’Ammon, quiconque sortira des portes de ma maison à ma rencontre quand je reviendrai sain et sauf de chez les fils d'Ammon, celui-là appartiendra au SEIGNEUR, et je l'offrirai en holocauste » Juges 11:30-31(version T.O.B). A son retour sa fille sortit, et il dut la sacrifier pour ne pas être parjure. (cf. Juges 11 :30-40 )Quel vœu insensé ! Personne ne lui avait demandé un tel sacrifice. En imitant les nations païennes environnantes, il s’est brisé le cœur.

Cet exemple parait énorme, mais très souvent, et d’une façon inconsidérée, nous faisons des vœux. Et, soit nous ne les tenons pas, soit ils nous placent dans des situations difficiles, voire impossible à respecter.


Dans le contexte spirituel biblique, le vœu au Seigneur est avant tout un acte de foi. Il présuppose que ce que l’on va demander est bon pour soi ou pour quelqu’un. L’attitude de Job dans les circonstances dramatiques que l’on connait est pertinente: « Puisse mon vœu s’accomplir, et Dieu réaliser mon espérance ! » Job 6 :8

 

- 6) La bonne motivation d’un vœu est de se comporter en humain responsable de sa parole. Autrement dit, être dans le respect de la parole donnée.

 

Salomon disait :

« Mieux vaut pour toi de ne pas faire de vœu, que d’en faire un et de ne pas l’accomplir. Lorsque tu as fait un vœu à Dieu, ne tarde pas à l’accomplir, car il n’aime pas les insensés : accomplis le vœu que tu as fait ». L’Ecclésiaste 5 :4,3

A partir de là, le vœu doit être volontaire et responsable, il s’inscrit dans le registre de l’amour. Comme l’écrit Moïse : « Tu observeras et tu accompliras ce qui sortira de tes lèvres, par conséquent les vœux que tu feras volontairement à l’Eternel, ton Dieu, et que ta bouche aura prononcés ». Deutéronome 23 :23

Dieu a, dès le départ, sollicité notre adhésion à son projet d’amour. Il souhaite simplement que notre engagement soit total et volontaire. Cela souligne l’importance d’une parole donnée.

Bien sûr, la solution de facilité est de ne rien promettre, et de ne pas s’engager, mais n’est-ce pas aussi refuser de vivre tout simplement. N’est-ce pas aussi se priver de bonnes choses ?

 

- 7) La bonne motivation du vœu traduit une aspiration, non passive, à se laisser conduire.

 

Elle traduit une volonté d’entrer dans le projet de Dieu.

N’oublions pas, même si certains le contestent, que

« nous sommes l’ouvrage de Dieu, ayant été créés en Jésus-Christ pour de bonnes œuvres que Dieu a préparé d’avance afin que nous les pratiquions » Ephésiens 2 :10

Il faut oser l’affirmer, il y a de bonnes choses à vivre en découvrant ce que Dieu nous a préparé par avance. Cette aventure est comme une chasse au trésor. Il faut partir du présupposé que le trésor existe…

Le roi David avait confiance en son Dieu en toutes circonstances. C’est pourquoi il n’a pas hésité à prononcer cette parole audacieuse :

« Le secours de l’homme n’est que vanité. Avec Dieu nous ferons des exploits... » Psaume 60 :13,14

David, tout au long de sa vie a expérimenté ce qu’il nous dit, et pourtant, que d’épreuves et de détresses n’a-t-il pas connues ! Son optimisme en Dieu l’a finalement emporté malgré ses peurs, ses d’angoisses, son combat contre un fils, l’abandon d’un peuple, ses erreurs personnelles…

 

- 8) le vœu n’est pas un marchandage.


Certains hésitent à faire un vœu, car pour eux, cela s’apparente à un marchandage avec Dieu. Dans la Bible, loin d’être un calcul, le vœu fait partie de notre programme de formation. Il est lien avec le Créateur.

«  Le vœu n’est pas un marché mais un acte de dévotion pédagogique grâce auquel le fidèle restera dans la ligne du don reçu, demandant de recevoir pour restituer, et pouvant se réjouir encore, en accomplissant son vœu, de ne pas l’avoir oublié sitôt reçu.

Rien d’étonnant alors que les Psaumes fassent si souvent allusion aux sacrifices votifs célébrés publiquement au Temple de Jérusalem (Psaumes 22 :26 ; 50 :14 ; 56 :13 ; 116 :14 ; cf. Deutéronome 12 :11,12 et Psaumes 61 :8 ; 65 :2)

Rien n’oblige le fidèle à faire un vœu. Il décide librement de dévouer des biens (Genèse 28 :20) des personnes ultérieurement rachetables (lévitique 27) ou des sacrifices (Juges 11). Mais une fois prononcé à haute voix, l’homme ne peut dédire son vœu (Juges 11 :35) ni tricher (Malachie 1 :14) »

Vocabulaire biblique, éd. Delachaux et Nestlé, fév. 1964, p. 283

 

L’histoire biblique nous conserve le souvenir de paroles prononcées à la légère. Nous avons vu le cas de Jephté, mais il y a, aussi, celui d’Ananias et de sa femme Saphira. Le texte sous-entend que le couple, pris par l’ambiance des mises en commun de l’Eglise primitive, a fait le vœu de vendre sa propriété et de remettre cet argent aux mains des apôtres. Ayant pris la résolution de tout vendre, il laissait entendre qu’il allait tout donner. Or, il n’en fut pas ainsi, il retint une partie de la somme à son profit. Ce mensonge fut gravement sanctionné, car il était en distorsion avec les intentions supposées. Le couple commettait un parjure. Ce n’est pas le fait d’avoir gardé une partie de la somme pour eux qui a été dénoncé, mais plutôt le fait d’avoir menti en trahissant une vérité affirmée. Le mensonge s’est avéré être une rupture de vœu. Il s’est transformé en rupture de relation. (cf. Actes 5 : 1-11)


En d’autres termes, le couple a fait semblant de tout donner, sans vouloir pour autant tout donner. Soyons attentifs à tous nos faux semblants qui trahissent nos façons de paraître. Ce n’est pas les autres que nous trompons en premier lieu, mais nous-mêmes.

 

Conclusion :

 

A l’orée de cette année nouvelle, prenons acte de tous les bienfaits de Dieu, et promettons-nous d’y répondre comme cela nous conviendra. Engageons-nous dans la voie d’un renouveau. Notre épanouissement personnel, quand il se conjugue avec la bonté de Dieu, est un plus indéniable. Attendre que les évènements décident pour nous est un risque plus important que celui d’avoir une parole libre et engageante devant Dieu et devant les hommes.

Associons-nous à cette parole de Paul, qui parlant de ceux de sa nation, déclare :

« Le vœu de mon cœur et ma prière à Dieu pour eux, c’est qu’ils soient sauvés » Romains 10 :1 et il ajoute plus loin : « C’est en croyant du cœur qu’on parvient à la justice, et c’est en confessant de la bouche qu’on parvient au salut, selon ce que dit l’Ecriture : Quiconque croit en lui ne sera pas confus. Il n’y a aucune différence, en effet, entre le Juif et le Grec, puisqu’ils ont tous un même Seigneur, qui est riche pour tous ceux qui l’invoquent. Car quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé ». Romains 10 :10-13

Oui ! Comme le Psalmiste, nous croyons que l’Eternel « entend les vœux de ceux qui souffrent, qu’il affermit leur cœur et prête l’oreille pour rendre justice à l’orphelin et à l’opprimé ». Psaume 10 :17-18

La vie est faite de choix et d’engagements. Que cette année, à défaut d’être une année facile, soit pour chacun de nous l’occasion d’un repositionnement vis-à-vis des valeurs essentielles. Que notre parcours soit jalonné de victoires sur nous-mêmes.

 

 

                                                                                   Eychenne Jacques

                                                                  

 

 

 

 

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