La médiation du Sauveur

 

   La médiation

    du Sauveur

                    ou

 Le dernier maillon du

   processus du salut

 1 Timothée 2 : 5   

 

Introduction :

 

Quand, dans le vocabulaire biblique on parle de la notion du salut, on pense tout de suite à la mort et à la résurrection du Christ, et on a raison de mettre en évidence ce qui est au cœur de la révélation divine. Pourtant, savons-nous que le processus du salut met en relief un engagement divin encore plus complet ? Comprenons-nous par exemple que nous sommes autant sauvés par la vie de Jésus-Christ, que par sa mort, que par sa résurrection et que par son intercession permanente ? Si un de ces quatre volets fait défaut, le salut que nous pouvons saisir par la foi devient inopérant. En effet, si la vie du Christ n’avait revêtu le caractère parfait, sa mort aurait été relativement banale, sa résurrection aurait été un non-évènement, et son intercession n’aurait eu aucun effet positif. Voilà pourquoi il est important d’avoir une connaissance globale de ce merveilleux plan du salut pour notre humanité. Si l’on supprime un seul côté de ce carré parfait, le sujet n’a plus lieu d’être. D’où l’importance de prendre en compte son contenu. Le moins connu des quatre côtés de ce carré parfait est, sans conteste, celui de la médiation du Seigneur. Aussi, essayons de revisiter le sujet et  d’en repréciser les contours, même si nous devons faire appel à quelques notions théologiques.

 

Développement :

 

Le ministère d’intercession en faveur de l’humanité occupe une place prépondérante dans l’action salvatrice de l’homme Jésus de Nazareth. Son ministère a été efficace en particulier et d’abord pour ses disciples. L’évangéliste Jean rapporte une merveilleuse prière d’intercession :

« C'est pour eux que je prie. Je ne prie pas pour le monde, mais pour ceux que tu m'as donnés, parce qu'ils sont à toi; et tout ce qui est à moi est à toi, et ce qui est à toi est à moi; et je suis glorifié en eux. Je ne suis plus dans le monde, et ils sont dans le monde, et je vais à toi. Père saint, garde en ton nom ceux que tu m'as donnés, afin qu'ils soient un comme nous. Lorsque j'étais avec eux dans le monde, je les gardais en ton nom. J'ai gardé ceux que tu m'as donnés, et aucun d'eux ne s'est perdu, sinon le fils de perdition, afin que l'Écriture fût accomplie. Et maintenant je vais à toi, et je dis ces choses dans le monde, afin qu'ils aient en eux ma joie parfaite. » Jean  17 : 9-13.

 

L’objectif de l’intercession est clairement défini par l’apôtre Jean :

« Je ne te prie pas de les ôter du monde, mais de les préserver du mal… Et je me sanctifie moi-même pour eux, afin qu'eux aussi soient sanctifiés par la vérité. »  Jean 17 : 15, 19. Autrement dit, le ministère d’intercession du Seigneur nous donne l’opportunité de saisir par la foi le moyen de bien vivre. Il nous place au bénéfice de sa vie irréprochable. C’est un pur acte d’amour. Il se vit avec grâce. L’arche de l’alliance qui se trouvait dans le lieu très saint du sanctuaire terrestre en est une superbe illustration. En effet, la loi contenue dans le coffret de l’arche de l’alliance était recouvert par deux chérubins aux ailes déployées. Cela signifiait que la grâce recouvrait les tables de la loi, donc toutes les transgressions à venir. Cette grâce s’est incarnée en Jésus-Christ :

« La grâce, source de salut pour tous les hommes, a été manifestée… en attendant la bienheureuse espérance, et la manifestation de la gloire du grand Dieu et de notre Sauveur Jésus-Christ, qui s'est donné lui-même pour nous, afin de nous racheter de toute iniquité, et de se faire un peuple qui lui appartienne, purifié par lui et zélé pour les bonnes œuvres. »  Tite 2 : 13-14.

Ce ministère spécial a été opérationnel pour les disciples du Christ, et il s’est étendu à tous les humains : « ce n'est pas pour eux  (les disciples) seulement que je prie, mais encore pour ceux qui croiront en moi par leur parole. » Jean 17 : 20.

Depuis l’ascension de Jésus-Christ, son intercession s’est transformée en ministère de médiation. L’apôtre Paul confirme. Il rappelle l’intercession du Sauveur : « qui les condamnera ? Christ est mort ; bien plus, il est ressuscité, il est à la droite de Dieu, et il intercède pour nous ! »  Romains 8 : 34. Cette vérité nous ouvre la fenêtre qui nous permet de contempler le dernier côté du carré parfait, à savoir la médiation de Jésus Sauveur. « Car il n'y a qu'un seul Dieu, un seul médiateur aussi entre Dieu et les hommes, un homme: Christ Jésus. »  1 Timothée 2 : 5, version TOB.

L’affirmation de l’apôtre est de première importance. Elle précise que le seul médiateur, divinement habilité à agir en notre faveur, est le Christ. L’apôtre Pierre, inspiré par le Saint-Esprit, avait déjà affirmé devant le Sanhédrin : « Il n'y a aucun salut ailleurs qu'en lui ; car aucun autre nom sous le ciel n'est offert aux hommes, qui soit nécessaire à notre salut. »  Actes 4 : 12 , version TOB. Si Seul Jésus-Christ est notre seul sauveur, il devient a fortiori, notre seul médiateur.

L’apôtre Paul rappellera à son disciple Timothée cette vérité cardinale. Car il n'y a qu'un seul Dieu, un seul médiateur aussi entre Dieu et les hommes, un homme : Christ Jésus. »  1 Timothée 2 : 5, version TOB). Si le salut ne peut venir que de Jésus-Christ, et si sa médiation suit le même chemin, alors, compter sur l’intercession d’autres relais médiatiques est une contre vérité.  Toutefois, si beaucoup croient à cet enseignement, cela mérite le respect. (Comme en médecine tout effet placébo peut aussi avoir des conséquences positives inattendues, la porte reste toujours ouverte à de divines surprises).

Comment comprendre la médiation du Seigneur Jésus ? Que nous apporte-t-elle ?

 

Deux aspects concrets sont à prendre en compte :

  1. Christ est notre souverain sacrificateur :

Une lecture de l’épître aux hébreux nous éclaire. La transition est établie entre l’ancienne et la nouvelle alliance entre Dieu et son peuple. Le Christ, semblable au souverain sacrificateur de l’ancienne alliance, est devenu pour nous «  sacrificateur pour l’éternité » Hébreux 7 : 21, version Darby. Alors que dans l’ancienne sacrificature, il fallait sans cesse répéter les sacrifices pour obtenir le pardon, le Christ s’est offert lui-même, une fois pour toutes.

« Il nous convenait, en effet, d'avoir un souverain sacrificateur comme lui, saint, innocent, sans tache, séparé des pécheurs, et plus élevé que les cieux, qui n'a pas besoin, comme les souverains sacrificateurs, d'offrir chaque jour des sacrifices, d'abord pour ses propres péchés, ensuite pour ceux du peuple, car ceci, il l'a fait une fois pour toutes en s'offrant lui-même. En effet, la loi établit souverains sacrificateurs des hommes sujets à la faiblesse; mais la parole du serment qui a été fait après la loi établit le Fils, qui est parfait pour l'éternité. »  Hébreux 7 : 26-28. C’est la raison pour laquelle sa médiation est qualifiée de « plus excellente » Hébreux 7 : 22. Si la première alliance avait été sans défaut, il n’aurait pas été question de la remplacer (cf. Hébreux 8 : 7). Mais maintenant, le Christ «  a obtenu un ministère d’ autant supérieur qu’il est le médiateur d’une alliance plus excellente, qui a été établie sur de meilleures promesses. » Hébreux 8 : 6.

 

En quoi cela peut bien nous concerner aujourd’hui ? 

 

Ce nouveau sacerdoce que le Christ a inauguré après sa résurrection est d’une grande importance. Il actualise notre salut dans le temps. C’est la raison pour laquelle son ministère de médiation est parfait. « Mais, Christ,  parce qu'il demeure éternellement, possède un sacerdoce qui n'est pas transmissible. C'est aussi pour cela qu'il peut sauver parfaitement ceux qui s'approchent de Dieu par lui, étant toujours vivant pour intercéder en leur faveur. »  Hébreux 7 : 24-25.

  1. Christ est notre avocat :

« Mes petits  enfants, je vous écris ces choses, afin que vous ne péchiez point. Et si quelqu'un a péché, nous avons un avocat auprès du Père, Jésus -Christ le juste. Il est lui-même une victime expiatoire pour nos péchés, non seulement pour les nôtres, mais aussi pour ceux du monde entier. »   

1 Jean 2 : 1-2. L’intercession telle qu’elle était vécue dans l’ancienne alliance, obligeait le souverain sacrificateur à procéder à  un transfert des transgressions de la loi. La cérémonie très codifiée  du Yom Kippour (ou jour des expiations) permettait au souverain sacrificateur de transférer les péchés du peuple, au moyen du sang  d’un bouc, du parvis, au lieu très saint du sanctuaire, là où Dieu se révélait (cf. Lévitique 16). Mais le souverain sacrificateur n’avait  aucune influence sur le jugement de Dieu. Avec le Christ comme avocat, nous avons, avec la nouvelle alliance, un plus. Le Christ plaide notre défense. « Nous avons un défenseur devant le Père, Jésus Christ, qui est juste. » 1 Jean 2 : 1, version TOB. Dieu a rempli les conditions requises par la loi, pour que chacun de nous soit placé au bénéfice du salut. Et, comme nous ne pouvons par nous-mêmes éradiquer le péché, la permanence d'une plaidoirie en notre faveur a été rendue nécessaire. C'est, parce que Christ est mort pour nos péchés, c'est-à-dire, qu'il a été la victime expiatoire de nos fautes, que nous pouvons nous approcher de Dieu en toute assurance par la foi.

 

« Approchons-nous donc avec confiance du trône de la grâce, afin que nous recevions miséricorde et que nous trouvions grâce pour avoir du secours au moment opportun. »  Hébreux 4 : 16, version Darby. La plaidoirie du Christ en notre faveur a un effet très positif sur nos vies : nous nous sentons compris et secourus dans nos besoins. Non seulement nous pouvons trouver grâce par Jésus-Christ devant Dieu, mais encore nous nous sentons aidés en temps voulu.

C’est la raison pour laquelle, Jésus de Nazareth transmet comme dernier message aux disciples cette affirmation rassurante : « Je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde. » Matthieu 28 : 20. Le fait de se savoir accompagner dans tous nos parcours de vie produit l’assurance de la foi.

« N'abandonnez donc pas votre assurance, à laquelle est attachée une grande rémunération. Car vous avez besoin de persévérance, afin qu'après avoir accompli la volonté de Dieu, vous obteniez ce qui vous est promis. Encore un peu, un peu de temps: celui qui doit venir viendra, et il ne tardera pas. Et mon juste vivra par la foi; mais, s'il se retire, mon âme ne prend pas plaisir en lui. Nous, nous ne sommes pas de ceux qui se retirent pour se perdre, mais de ceux qui ont la foi pour sauver leur âme. »  Hébreux 10 : 35-39.

 

Ce ministère de médiation du Seigneur a un prix infini. Concrètement, il est l’élément fortifiant de notre foi. Il nous procure la sérénité pour faire face, chaque jour, à notre lot commun de responsabilité. Désormais, par la foi, nous ne sommes plus seuls, et nous pouvons compter sur l’accompagnement actif de notre Seigneur (cf. 1 Pierre 5 : 7).

Parvenus à ce stade du développement du sujet, nous pouvons mieux comprendre la parole véridique de notre Sauveur : « Cependant je vous dis la vérité : il vous est avantageux que je m'en aille… » Jean 16 : 7. Non seulement le Seigneur nous a envoyé l’Esprit Saint, mais encore son ministère de médiation, dépassant les petites limites territoriales de la Palestine, a maintenant pour chacun de nous une portée universelle dans l’espace et dans le temps. Nous pouvons en pleine confiance nous en remettre au Seigneur en toutes circonstances.

De plus, (cerise sur le cake) Dieu a donné à son Fils le pouvoir de juger.  « Le Père ne juge personne, mais il a remis tout jugement au Fils, afin que tous honorent le Fils comme ils honorent le Père. »  Jean 5 : 22-23.

Si, comme le traduit la version de Jérusalem « Le Père ne juge personne ; il a donné au Fils le jugement tout entier… » Jean 5 : 22, nous n’avons plus rien à craindre de l’avenir. Notre médiateur, à qui l’ensemble de la procédure de  jugement a été confiée (qui fait office de souverain sacrificateur), est aussi notre avocat. Soyons donc certains qu’il plaidera notre cause avec efficacité. L’apôtre a raison de nous rappeler l’évidence suivante :

« La crainte n'est pas dans l'amour, mais l'amour parfait bannit la crainte; car la crainte suppose un châtiment, et celui qui craint n'est pas parfait dans l'amour. »  1 Jean 4 : 18.

Réitérons l’affirmation : Si Christ est notre avocat nous n’avons aucune crainte à avoir du jugement divin. Cette vérité est bouleversante, car elle révèle tout l’amour que Dieu a pour nous. De plus, elle met en constat d’échec tous les processus de culpabilité que les humains ont forgés au cours des siècles.

La médiation du sauveur nous est précieuse, précisément parce qu’elle nous libère d’un poids que nous ne pouvions porter seul. Dieu s’est senti concerné, et il s’est investi en projetant son amour au travers de son fils.

 

Mais attention ! Pour que sa médiation soit couronnée de succès, ou encore pour que la plaidoirie du Seigneur nous disculpe, il convient de lui faire confiance. Il est déterminant d’être clair à cet instant. Nous devons fournir au Seigneur tous les éléments pour que sa plaidoirie transforme notre culpabilité en innocence. Rien ne doit être caché, il faut tout mettre à plat devant notre Seigneur. Reconnaître ses fautes est une force, pas une faiblesse. Pour que le passage entre le statut de coupable à celui d’innocent s’opère, il nous faut entrer dans un langage de vérité. Le disciple de l’amour est très explicite sur ce point :

« Si nous disons que nous n'avons pas de péché, nous nous séduisons nous-mêmes, et la vérité n'est point en nous. Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous les pardonner, et pour nous purifier de toute iniquité. Si nous disons que nous n'avons pas péché, nous le faisons menteur, et sa parole n'est point en nous. »  1 Jean 1 : 8-10.

 

La prise de conscience de notre incapacité à satisfaire les exigences de la loi divine (cf. Jacques 2 : 10), devrait nous conduire sur le chemin de l’humilité. L’apôtre Pierre nous rappelle à juste raison que Dieu résiste aux orgueilleux, mais qu’il fait grâce aux humbles. Et il en conclut : « humiliez-vous donc sous la puissante main de Dieu, afin qu’il vous élève au temps convenable. » 1 Pierre 5 : 6.

L’obstacle majeur est au cœur de l’homme quand celui-ci pense être cohérent entre ses paroles et ses actes, quand il croit mettre en pratique les conseils divins, quand il se considère suffisamment religieux pour défendre la veuve et l’orphelin et se garder des influences mondaines (que l’apôtre Jacques appelle : « les souillures du monde » (cf. Jacques 1 : 22-27)… Observons que la confession des fautes à Dieu a précédé le baptême par immersion. L’appel à la repentance le conditionnait. Jean-Baptiste et les apôtres ont pratiqué cette procédure (cf. Marc 1 : 5 ; Actes 19 : 18, relire la belle confession de David : Psaumes 32 : 5 ; 51 : 2-5). Salomon disait déjà en son temps avec sagesse : « Celui qui cache ses transgressions ne prospère point. Mais celui qui les avoue et les délaisse obtient miséricorde. » Proverbes 28 : 13.

 

Conclusion :

 

Comme nous venons de le voir ensemble, la médiation parfaite de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ est le dernier côté du carré parfait du salut divin. Prendre conscience que nous sommes accompagnés, actualise concrètement la réalité de l’amour de Dieu pour chacun de nous. Nous savons maintenant, qu’à chaque instant nous pouvons compter sur lui, car il connaît fort bien notre nature humaine (cf. Hébreux 4 : 15 ; 2 : 17-18 ; 5 : 2).

L'action divine n’a donc pas été factuelle dans l'histoire, elle est permanente à l'image de Dieu. La médiation parfaite du Seigneur Jésus demeure pérenne et universelle. Elle est hors du cadre de référence des humains. Elle nous fait entrer dans une autre dimension : la céleste. De ce fait, par la foi, étant libéré de tout poids de culpabilité, nous pouvons nous projeter dans la perspective de la promesse divine : l’établissement d’un royaume de Dieu où tout sera différent et glorieux (cf. Apocalypse 21 : 1-7).

Toutes ces belles promesses ne peuvent s’appréhender que par la foi. Au cœur de celle-ci se trouve la confiance. Puisse le Seigneur Jésus nous aider dans cette aventure pavée de chausse-trappes, mais exaltante au quotidien et certainement dans sa finalité.

                                                                           Jacques Eychenne

 

 

 

 

 

 

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