La Foi

                                                                    LA FOI

                                       Un projet de vie

                           

 

      Introduction :

 

Aujourd’hui, La puissance des médias est telle, qu’il devient difficile de penser par soi-même et de ne pas reproduire la pensée de tout le monde… Pour affronter cette réalité, il faut faire appel à son discernement afin de se faire une solide conviction.

Nous retrouvons le même processus dans la Bible. L’apôtre Paul déclare : « Ce que je demande dans mes prières, c’est que votre amour augmente de plus en plus en connaissance et en pleine intelligence pour le discernement des choses les meilleures... »  Philippiens 1 :9-10

La motivation de l’amour ne fait l’économie, ni de la dimension cognitive, ni de celle de l’intelligence et du raisonnement, ni de son corollaire appelé discernement. Tout cela nourrit la foi en Dieu. Ce processus est aux antipodes de la crédulité. Il conduit à la force de conviction. Elle est l’expression de la foi.

 

C’est la raison pour laquelle, l’apôtre Paul affirme : 

 «  Tout ce qui n’est pas le fruit d’une conviction est péché »  Romains 14 :23c, version Louis Segond.

Ou avec d’autres versions :

  « Tout ce qui ne procède pas d’une conviction de foi est péché », version de la T.O.B (Traduction œcuménique de la Bible).

  « Tout ce qui ne relève pas de la foi est péché », version L.  Segond Révisée. 

  « Tout acte qui n’est pas fondé sur la foi est péché »,version en Français courant. 

 

Que faut-il comprendre ? Pourquoi toutes ces nuances ?

 

Etant entendu qu’il devient de plus en plus nécessaire d’asseoir sa foi face au scepticisme, à la méfiance, voire à l’adversité ambiante du moment, essayons d’examiner de plus près cette phrase de l’apôtre.

 

Développement :

 

 D’abord essayons de cerner ce que dit le texte original.

Afin de ne pas fausser, la bonne perception des termes, disons de suite que le mot péché, n’a pas le sens chargé qu’on lui connait dans le langage religieux.

Le mot αμαρτια signifie bien erreur ou faute, mais dans un contexte particulier. En effet ce mot dérive du verbe grec αμαρτανω = sens premier : manquer le but. Par extension dévier, s’égarer. Au sens figuré : se tromper de chemin, se méprendre, ne pas obtenir, être privé de, perdre, manquer de faire, négliger, faillir.

Dans le contexte chrétien de la relation à Dieu, le péché sous-entend la prise en compte d’un droit à l’erreur inévitable dans la construction de notre foi.

Tout est question de motivation. L’important est moins d’avoir manqué le but que de refuser de l’atteindre. Nos tâtonnements sont incontournables depuis que nos premiers parents ont rompu la relation de confiance avec Dieu. (cf. Esaïe 59 :10 ; Actes 17 :27)

Le péché n’a donc pas ce poids culpabilisant. D’ailleurs tout processus de culpabilisation est l’œuvre de l’ennemi. Le contraire assimilerait Dieu à un despote, un tyran. C’est inconcevable dans le cœur d’un Père ! Dieu accueille par amour, nous responsabilise et nous laisse assumer les conséquences de nos choix.

 

Nous avons pris le dernier mot de la phrase de l’apôtre, examinons les autres : « Tout ce qui ne procède pas d’une conviction de foi est péché » T.O.B

Le mot conviction a été rajouté pour une meilleure compréhension, mais il est absent de l’original grec. Litt. Tout ce qui n’est pas de la foi est péché.

Il s’agit bien de foi et non de conviction, mais la préposition, (εκ en grec), éclaire le sens du mot.

Εκ : la préposition induit tout à la fois le mouvement ou déplacement, la démarcation, et un sens partitif (un élément d’un ensemble). Ainsi on pourrait traduire tout aussi bien :

 

Tout ce qui n’est pas vers la foi

Tout ce qui n’est pas avec la foi

Tout ce qui n’est pas dans la foi

 

Et cela nous amène à une découverte importante :

L’apôtre Paul pose ici, dans un contexte ecclésial propre aux premières communautés judéo-chrétiennes, les fondations de la marche de la foi.

La foi se définit au travers de  3 positionnements :

 

-1er positionnement : « Tout ce qui n’est pas VERS la foi … »

Tout ce qui n’est pas orienté vers la foi…

Autant dire, tout ce qui ne va pas dans son sens…

La foi doit s’inscrire dans une cohérence de désir et d’adhésion... S’il n’y a pas désir, il n’y a pas relation. Elle a pour conséquence pratique la confiance.

Le péché est soit l’absence, soit la rupture de cette relation de confiance telle que Dieu la désire.

La   foi est donc, dans son sens premier, un mouvement… Elle va vers quelqu’un... Elle nous permet d’aller à la rencontre de Dieu. De cette rencontre nait une relation  avec des sentiments et des émotions.

S’il y a mouvement (le mouvement est la vie), c’est parce qu’il y a nécessité pour nous d’aller à la rencontre de l’autre. Nous avons été créés pour être en relation. D’où l’importance de la phase de sociabilisation chez l’enfant, à fortiori chez l’adulte. Le déplacement part de soi vers un autre, avant d’aller vers les autres.

Pour qu’il y ait mouvement, une prise de conscience est nécessaire. Si nous ne sentons pas le besoin de rencontre, elle ne peut avoir lieu. Cette prise de conscience nous force à sortir de nous-mêmes  pour aller vers l’autre. (Dans le contexte spirituel, nous allons vers Dieu). C’est quand nous réalisons nos manques, que nos percevons subtilement la nécessité de partir vers un ailleurs... Alors nous nous mettons en marche et en quête de Dieu. La foi s’ouvre, comme un bouton de rose au printemps. Disons-le sans détour, cette expérience fait partie des plus belles aventures de l’existence. Ce mouvement vers, cette marche en avant vers ce qui nous élève et nous transcende relève de la foi souvent qualifiée de vivante.

Ainsi donc tout ce qui ne va pas vers cet essentiel de vie, nous fait manquer le but. C’est un peu comme si nous nous trompions de chemin...

 

2ème positionnement : «  Tout ce qui n’est pas AVEC la foi… »

 

 Après avoir pris en compte la nécessité d’aller vers, examinons l’importance d’être avec (dans la relation à Dieu, elle est aussi essentielle).

En préambule, actons le fait que le Créateur se définit par une présence permanente. La particularité première de Dieu est d’être avec nous… Il a la volonté manifeste de nous accompagner dans toutes nos actions.

Dans l’ancienne alliance (le mot est déjà en soi évocateur !) Dieu déclare : «  Ils me feront un sanctuaire et j’habiterai au milieu d’eux » Exode 25 :8  Ainsi, Dieu veut être avec sa famille, au cœur des siens, au centre de notre relation. C’est sa présence d’amour qui donne du sens à sa création.

 

Dans la nouvelle alliance cette réalité est magnifiquement illustrée par le beau nom attribué à notre sauveur : Emmanuel= Dieu avec NOUS

De même que l’intentionnalité de Dieu est d’être AVEC NOUS, de même notre relation avec lui n’a de sens, que si nous voulons être avec lui.

Là, la foi et l’amour se rejoignent et se conjuguent au présent.

De même que le bonheur des amoureux est dans le vivre ensemble, (l’un avec l’autre) de même la foi appelle ce besoin d’être dans la présence de Dieu. Dès lors, la bonne question à nous poser est la suivante :

         

Avons-nous vraiment, la bonne et vraie motivation profonde de vouloir rencontrer Dieu, de l’aimer et de le servir, non comme nous le voulons, mais comme Lui le veut ? Quand les amoureux ont gouté au bonheur d’être ensemble, ils n’ont plus envie de vivre l’un sans l’autre. De même quand on a expérimenté le bonheur d’être avec Dieu, on n’a plus envie de vivre sans Lui.

Cette question, au demeurant la plus importante de notre vie, attend une réponse claire…

L’abstention ou le vote blanc ne sont pas possible.

Jésus a déclaré : « Celui qui n’est pas avec moi est contre moi, et celui qui n’assemble pas avec moi disperse ». Matthieu 12 :30

La neutralité dans le domaine spirituel ne résout rien, car elle est  rangée dans l’opposition à Dieu…

 

En fait, l’affirmation d’un vivre avec, dans le langage de la foi, traduit toute la profondeur de nos sentiments vis-à-vis de Dieu. Cette foi là, fait office de révélateur, c’est l’ADN de nos motivations et de nos désirs.

 

Tous nos actes extérieurs n’auront de sens qui s’ils correspondent à cette réalité authentique… C’est cela la vie de la foi. Elle part du cœur. Si ce n’est pas le cas, il y a danger de ne nous arrêter qu’aux formes et de n’être que spectateur.

La vie de la foi est morte si elle ne véhicule pas de relation véritable. Du coup, elle s’identifie au péché, c'est-à-dire, à tout ce qui demeure étranger à Dieu. Ne pas être dans la foi ou vivre dans le péché revient au même, dans le sens ou tout ce qui est sans Dieu est appelé à ne plus être ; tout ce qui est sans lui, est appelé à disparaître…

 

Ainsi le texte de Paul nous dit que tout ce qui ne nous replace pas sur le chemin du vivre avec Dieu, nous conduit vers une fausse piste, pour ne pas dire une impasse. Le vivre avec, est-il besoin de le redire, va conditionner la qualité de notre vivre ensemble avec d’autres... D’où la phrase de Jésus au docteur de la loi : «  tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur... et ton prochain comme toi-même ». Luc 10 :27

Aimer Dieu en premier conditionne bien nos vivres ensemble. Dans le cas contraire, la vie communautaire perd le sens de sa mission. Elle se transforme peu à peu en club privé. La communauté chrétienne va donc au-delà du plaisir réel de se retrouver. Les fidèles se rassemblent pour aimer et adorer l’auteur de leur salut. Le Christ devient le catalyseur de leur joie… 

 

Mais arrivons au dernier positionnement de la foi, celui qui représente un véritable défi pour chacun de nous, et qui a fait jaillir de la bouche des disciples cette instante demande au Seigneur : « Augmente-nous la foi. » Luc 17 :5

 

 -3 ème positionnement : « Tout ce qui n’est pas DANS la foi est péché.»

C’est le sens partitif de la préposition grecque, c'est-à-dire, être dans, dedans. La foi est du registre amoureux, intimiste. Elle est désir de ne faire qu’un avec celui ou celle que l’on aime. Elle est volonté de partager une intimité. Le Christ nous propose une référence et quelle référence !  Son émouvante prière pour ses disciples est : «  Qu’ils soient un comme nous sommes un. » (Cf. Jean 17 : 20-26)

Sans ce positionnement clair, nous sommes étrangers à la relation à Dieu, nous sommes des gens du dehors. En n’adhérant pas au projet de Dieu, nous nous positionnons à côté, en marge. Dieu continue à nous aimer, mais nous n’en savourons pas ses bienfaits. 

Dieu respecte notre choix, mais il nous demande en pleine cohérence d’en assumer les conséquences. C’est là tout l’objet de l’amour : responsabiliser dans le partage.

A ceux qui ont décidé de se positionner dans la foi,  l’apôtre Paul dira :  

« Vous n’êtes plus des étrangers, ni des gens du dehors : mais vous êtes citoyens des saints, gens de la maison de Dieu. Vous avez été édifiés sur le fondement des apôtres et des prophètes, Jésus-Christ lui-même étant la pierre angulaire… » Ephésiens 2 :19,20.

 C’est dire l’importance, dans la relation à Dieu, d’être entièrement DEDANS et DANS la foi.

 Etre à côté, ou en marge, ou en alternatif, ou en intermittent, est du registre de l’infidélité…

 Ce sont ces ruptures de contact qui mènent à une rupture de relation.

 Il nous faut donc retrouver le lien pour être dans et dedans cette intimité avec Dieu, car elle est source de bonheur, sans aucune déception.

 

Ainsi dans le passage que nous venons d’étudier, l’apôtre Paul nous rappelle que tout ce qui ne se situe pas dans la foi, nous fait manquer la finalité de notre existence.  

 

Ces trois positionnements de la foi éclairent notre responsabilité de chrétien.

 

Dans ce monde ou une certaine science dénigre et bafoue la notion d’un Dieu créateur, il est important pour les hommes de foi et de conviction d’entrer en résistance pacifique, avec humilité.

 

Le christianisme révèle Dieu comme un père, le christ comme un sauveur et ami, le Saint-Esprit comme guide protecteur. Cela donne du sens à une relation qui fait appelle à l’intelligence, au discernement, à la réflexion, à l’émotion et aux sentiments vrais.  

La confiance qui est au cœur de ce partage devient l’élément central de la foi, et comme Dieu nous a tout donné, nous sommes invités à lui donner en retour, le meilleur de nous-mêmes.

 

« Tu aimeras l’Eternel, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force. » Deutéronome 6 :5

 

 Conclusion :

 

En synthèse, l’apôtre Paul écrit aux chrétiens qui vivent dans la capitale romaine, en leur disant ceci :

  • Tout ce qui ne se dirige pas vers la foi est révélateur du non désir de rencontre avec Dieu. Et comme Dieu est la source de la vie, tout ce qui ne va pas vers lui marche vers la non-vie, encore appelée néant.
  • Tout ce qui n’est pas avec la foi dans le cadre d’une relation désirée pour être avec Dieu, passe à côté d’un grand bonheur. S’en priver, c’est se méprendre sur soi et sur les intentions du Père qui nous a donné vie.
  • Tout ce qui n’est pas dans la foi nous assimile à un aveugle refusant la lumière avec ses contrastes et ses couleurs. C’est être en marge de ce qui est l’essence même de l’Amour.

Se priver de cette expérience dynamique et bienfaisante, dévier de ce chemin de foi, perdre son temps dans la mièvrerie, le superficiel et l’illusoire, ne pas donner suite à une invitation de relation à Dieu, tout cela nous empêche de connaître la vraie vie. C’est cela le péché, avoir manqué toutes les occasions de bien se positionner sur le chemin du bonheur. La foi, c’est comme le wifi, cette technicité invisible a pour finalité de nous connecter suivant notre volonté et nos désirs.

 

Vous connaissez certainement ce beau passage du livre des Hébreux :

« Sans la foi, il est impossible d’être agréable à Dieu, car celui qui s’approche de Dieu doit avoir foi en son existence et (sous-entendu foi dans le fait) qu’il récompense ceux qui le cherchent. » Hébreux 11 :6

Ailleurs, comme une touchante invitation, Dieu lui-même déclare :

 

«  Vous me chercherez, et vous me trouverez, si vous me cherchez de tout votre cœur » dit l’Eternel. Jérémie 29 : 13.

 

Pour nous donner envie de faire le bon choix, Paul présente les bienfaits de la foi, relisons-les et tirons-en profit au mieux. Dieu ne veut rien de moins que le meilleur de nous-mêmes. Son grand projet est de nous donner vie, pour aujourd’hui et pour demain… (Lire encore 1 Pierre 1 : 3-9).

 

                                                                                   

                                                                      Jacques Eychenne  

 

 

 

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