L'illusion de la paix

 

L’illusion de la paix

                             ou

  vers une écologie     spirituelle

       

Introduction :

 

Pourquoi le chemin de la paix est-il si difficile à vivre ? Le monde est en tension et nous ressentons tous la nécessité de cultiver un espace de paix, de quiétude et de sérénité. Entre le désir et la réalité, nous sommes ballotés par nos contradictions tant sur un plan personnel que collectif. Du côté des nations, ce n’est guère plus réjouissant. Nous sommes chaque jour abreuvés d’informations sur les guerres multiples et variées. Pour les nations de notre globe, les notions d’intérêt et de domination l’emportent sur la sagesse d’une saine interaction entre les peuples. Jamais la recherche de la paix n’a été aussi prégnante dans le monde. Pour conjurer le péril d’un embrasement planétaire entre les forces dominantes, l’O.N. U a jadis été créée, mais aucune solution sérieuse n’a pu endiguer le virus expansionniste et les velléités de suprématie. Si on devait recenser le nombre de guerres et de conflits sur notre terre, nous serions très surpris, car les informations qui nous parviennent sont très largement filtrées… Le mal est endémique au cœur de l’homme…

Alors, pour encourager les valeurs pacifistes et fraternelles, la Suède a créé le prix Nobel de la paix. Cette initiative, pour heureuse qu’elle soit, n’a pourtant pas changé la face du monde… La guerre revêt des formes nouvelles. On parle de guerre des services de renseignements, de guerre psychologique, économique, politique et même religieuse. On peut même affirmer que les religions sont, de nos jours, à la base des conflits les plus sanglants. Or, physiquement et spirituellement, la paix est la condition sine qua non de notre épanouissement dans une formation personnelle, tant spirituelle que profane. Alors, essayons déjà à notre propre niveau d’identifier les obstacles à la paix et de trouver les remèdes pour vivre des choix libres et heureux.

Le défi de la paix concerne chacun. Mais est-ce que l’humain est dans la capacité d’en remplir toutes les conditions ? Est-il en mesure d’apporter une solution heureuse ne serait-ce qu’au maintien de la paix ?

 

Développement : 

 

Il est clair de constater que le désir louable de parvenir à la paix dans ce monde se profile comme un mirage. Pourtant chacun croit détenir la bonne solution. Notre Europe prônant un régime démocratique en est l’illustration. On met en exergue la nécessité du pouvoir du peuple à disposer de lui-même. Mais dans les termes le problème est faussé. On parle de pouvoir, mais de quel pouvoir s’agit-il ? Les mots sont déjà piégés. Le pouvoir peut se prendre. Il peut être usurpé, confisqué, utilisé à des fins n’ayant rien de commun avec les besoins des citoyens d’un pays. Même le mot peuple pose problème. Ce n’est pas un tout homogène. Il y a plusieurs catégories sociales, plusieurs niveaux d’intelligence et de compréhension. Plusieurs niveaux d’état d’esprit adhérent aux principes de la nation (comme pour nous français : égalité-liberté-fraternité. Tout est relatif et contestable) … Quand le pouvoir confisque l’information, la pollue à sa guise, la distille à des fins électoralistes, est-ce que le peuple peut voir clair !

La paix à l’échelle nationale et internationale est un vœu pieux pour se donner bonne conscience. Si tout est relatif et désolant, pourquoi ne pas amorcer une démarche autre ?

 

- 1) La paix qui relève du citoyen lambda :

 

Regardons ce qu’en dit par exemple le dictionnaire Larousse (définition générale) :« Situation d’un pays qui n’est pas en guerre... Cessation des hostilités ; traité mettant fin à l’état de guerre... Etat de concorde, d’accord entre les membres d’un groupe, d’une nation...Tranquillité, quiétude exempte de bruit, d’agitation, de désordre...Tranquillité, sérénité de l’esprit ».  

 

Observons que cette définition s’énonce et se caractérise par l’absence de conflit, de bruit et désordre. C’est la paix négative, la paix sans quelque chose. Elle est présente avec le signe moins (absence de guerre, d’hostilité, de bruit, de désordre etc.).

 

- 2) La paix qui procède de l’exemple laissé par la personne du Christ. Elle se définit avec un plus.

 

Elle se présente comme un bien à recevoir, une offrande divine à accueillir. Jésus a déclaré : « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. Ce n'est pas à la manière du monde que je vous la donne. Que votre cœur cesse de se troubler et de craindre. » Jean 14 : 27, version TOB. Si l’être humain est dans l’incapacité d’accéder seul à cette sérénité intérieure, il importe qu’il en prenne conscience, et qu’il regarde dans une autre direction. Est-ce une tare de visiter l’aspiration spirituelle de l’humain ? Cette aide extérieure peut être salutaire ! Un humain nommé Jésus de Nazareth nous a laissé un exemple. Est-ce qu’il propose sur notre sujet un concept novateur ? Cela vaut la peine de s’informer. Cela ne diminue en rien notre responsabilité ; elle en est plutôt stimulée.

 

La définition originale biblique de la paix s’énonce et se traduit, non par une absence, mais tout au contraire par une présence : celle de Dieu, en nous, par Jésus-Christ. Cela peut nous paraître utopique, pour autant cela vaut la peine d’analyser ce qui est proposé. L’apôtre Pierre, dans son discours aux païens dans la maison du centenier romain Corneille dira : « Je me rends compte en vérité que Dieu est impartial, et qu'en toute nation, quiconque le craint et pratique la justice trouve accueil auprès de lui. Son message, il l'a envoyé aux Israélites : la bonne nouvelle de la paix par Jésus Christ, lui qui est le Seigneur de tous les hommes. » Actes 10 : 34-36, version TOB. (Le peuple spirituel d’Israël n’a plus de grande correspondance avec l’état d’Israël d’aujourd’hui).

Corneille a bien reçu le message, lui qui avait été sélectionné avec sa cohorte pour s’occuper du maintien de l’ordre à Jérusalem. Il avait souvent l’habitude d’employer : Vade in pace, (en latin : va en paix !) propre au rituel romain. Le Christ reprendra à son compte l’expression pour lui donner une portée éminemment plus spirituelle, cf. Luc 7 : 50 ; 8 : 48.

 

En présentant cette différence entre le dictionnaire et la Bible, on aborde, un point fondamental du christianisme : Il n’est :

Ni une religion au sens général du terme,

Ni une simple croyance en un Dieu transcendant,

Ni un rite à transmettre, encore moins une tradition à suivre…

C’est avant tout la rencontre entre un désir et une volonté partagée, ou plus simplement le lien normal entre un Père et ses enfants. Cette rencontre peut s’identifier comme un rendez-vous d’amour. Elle est l’essence même du bonheur. Ce bienfait se savoure dans le registre de la relation intime avec Christ, l’envoyé du Père.

 

Ce n’est plus l’absence de propos ou de situations conflictuelles ! la paix devient présence, langage de bonheur. L’apôtre Paul développe ce point central : « il a plu à Dieu de faire habiter en Christ toute la plénitude et de tout réconcilier par lui et pour lui, et sur la terre et dans les cieux, ayant établi la paix par le sang de sa croix. » Colossiens 1 : 19-20, version TOB. L’apôtre a vécu cette expérience, lui le persécuteur des premières communautés chrétiennes ! (cf. Galates 1 : 23 ; Actes 8 : 3). Il est devenu le messager de la paix. Aux chrétiens de Colosses il dira : « que règne en vos cœurs la paix du Christ, à laquelle vous avez été appelés tous en un seul corps. Vivez dans la reconnaissance. »  Colossiens 3 : 15, version TOB.

La prise en compte de la réception de cette action de grâce enclenche la relation de totale confiance et favorise les conditions de la paix…

Nous savons bien que beaucoup diront à cet instant : « arrête ton char mon ami ! Les chrétiens sont comme les autres, parfois pires ». (Les plus belles vertus ont parfois un revers pervers).   

Peut-être et même parfois sûrement ! C’est pourquoi il convient de sortir des formes religieuses traditionnelles, afin de repenser personnellement le message du Christ.  

La paix véritable, celle qui transcende les états d’âme et les situations diverses et multiples, se conjugue au présent, en associant l’humain avec la bienveillance divine. L’humain ne peut de lui-même y accéder. Cette donnée de l’impuissance humaine à gérer sa vie d’une façon harmonieuse, peut sembler négative. En réalité, elle peut devenir une merveilleuse opportunité

Pour nous remettre en marche dans la bonne direction (celle qui donne sens à nos vies), Dieu a le projet de nous repositionner sur le chemin de la paix. Il désire rétablir ce lien heureux par le don de la paix en Jésus-Christ : « vous étiez en ce temps-là sans Christ, sans droit de cité en Israël et étrangers aux alliances de la promesse, n'ayant pas d'espérance, et étant sans Dieu dans le monde. Mais maintenant, dans le Christ Jésus, vous qui étiez autrefois loin, vous avez été approchés par le sang du Christ. Car c'est lui qui est notre paix… »  Ephésiens 2 : 12-14, version Darby.

Au point où nous sommes parvenus, la question qu’il importe de se poser est la suivante :

sommes-nous vraiment en paix avec nous-même, avec notre famille, nos amis, et plus largement avec notre prochain ? Sinon, comment pouvons-nous remédier à cette situation ?

 

- si nous n’actons pas nos échecs à résoudre et maîtriser toutes les situations conflictuelles qui se présentent à nous, il y a peu d’espoir que nous parvenions à un résultat satisfaisant. Bien sûr, on peut vivre malgré les conflits… certains n’hésitent pas à dire qu’ils sont même nécessaires, mais reconnaissons qu’un bien-vivre est en lien avec un rapport paisible… 

 

- Dès lors, se tourner vers l’exemple laissé par Jésus de Nazareth n’est pas si débile qu’on peut le penser ! Si l’humain n’apprend que par l’expérience, alors pourquoi ne pas essayer ! Il se peut même que cela soit l’occasion d’une découverte heureuse…. Alors, laissons nos prétentions, ou notre petit amour-propre au vestiaire, et tentons une expérience personnelle, voire secrète. Bien sûr, si vous en parlez autour de vous, vous risquez de voir un petit sourire en coin, mais qu’importe ! Avec sarcasme, quelqu’un a dit : « L’homme est assez grand pour chercher Dieu, mais trop petit pour le trouver ».

Laissons tous les préjugés de côté, et osons une expérience. En fait, cela ne regarde que nous. Et si notre aspiration à trouver la paix peut nous permettre de mieux vivre, alors pourquoi ne pas tenter l’expérience ?

La question de la paix nous conduit tôt ou tard à la question inévitable de Dieu ! Rappelons pour mémoire, que l’un des noms de l’Eternel, usité par Gédéon pour s’adresser à Lui, est dans Juges 6 : 24, « YHWH-Paix » (Adonaï Chalôm), version Rabbinat Français.

 

Albert Camus a magistralement présenté la réalité de la condition humaine au travers du mythe de Sisyphe. Ce roi légendaire de Corinthe, célèbre pour ses crimes, a été condamné dans les enfers à rouler sur la pente d’une montagne un rocher qui retombait toujours avant d’avoir atteint le sommet… inexorable et infernale problématique !

Pour sortir de cette condition dramatique et insoluble, il importe donc de nous tourner vers une référence extérieure. Et pourquoi pas celle du Christ ! Est-il une réalité ? Et si oui, est-ce que nous désirons entrer en relation avec lui ? (Quand on entend la sonnerie du téléphone, la meilleure façon de savoir s’il y a quelqu’un au bout du fil est de répondre, même s’il nous faut questionner).

Si notre réponse est positive, il ne reste qu’un seul choix positif : Celui d’accueillir les bienfaits de la paix intérieure.

L’exemple du Seigneur Jésus ne s’impose pas sans notre consentement. Bien plus, l’action divine attend du désir et de la volonté de notre part. Le Christ ne fera rien sans nous. Il compose avec nous, même si nous lui compliquons parfois la tâche. La solution de tous nos problèmes passe par un acte de foi et une volonté de progrès.

Loin de croire que cet acte nous engage dans une déresponsabilisation, c’est l’inverse qui se produit. Nous avons besoin d’être réconciliés avec nous-même et avec Dieu. (cf. 2 corinthiens 5 : 19-20) pour mieux affronter notre quotidien.

 

La réconciliation entraîne la paix avec Dieu et avec ses semblables.  

« Nous sommes donc en ambassade pour le Christ ; c'est comme si Dieu exhortait par nous. Nous vous en supplions au nom du Christ : laissez-vous réconcilier avec Dieu. » 2 Corinthiens 5 : 20, version de Jérusalem.

« Que le Dieu de l’espérance vous remplisse de toute joie et de toute paix dans la foi, pour que vous abondiez en espérance, par la puissance du Saint-Esprit. » Romains 15 : 13 (cf. encore Colossiens 1 : 21).  

La paix, ce bien si précieux, est le lieu privilégié où l’amour peut donner toute sa plénitude. Recevoir le bienfait de la paix, c’est donc entrer en relation d’amour. (cf. Romains 5 : 8-11)

 

La paix que Dieu donne, celle qui a été mise en pratique par son Fils n’a pas de correspondance humaine. Elle diffère radicalement de ce qui émane de l’esprit de ce monde.

 

Le caractère particulier de cette paix de Dieu, est qu’il rapproche et rassemble ce qui était divisé. Il réunit ce qui était séparé. Le Christ l’a physiquement et spirituellement vécu. C’est pourquoi il a pu dire : « Je vous ai dit ces choses, pour que vous ayez la paix en moi. Dans le monde vous aurez à souffrir. Mais gardez courage ! J'ai vaincu le monde. »  Jean 16 : 33, version de Jérusalem. « Il (Dieu) a voulu par lui réconcilier tout avec lui-même, tant ce qui est sur la terre que ce qui est dans les cieux, en faisant la paix par lui, par le sang de sa croix » Colossiens 1 : 20, version Louis Segond.

Dès lors, non seulement nous pouvons accueillir ce bienfait inestimable, mais plus encore nous pouvons devenir des artisans de paix, des médiateurs, des pacificateurs.

Notre Seigneur, dès le début de son ministère en Galilée, a posé les bases de son enseignement ; il a déclaré à la foule : « Heureux ceux qui procurent la paix, car ils seront appelés fils de Dieu. » Matthieu 5 : 9. Le verbe grec (είρηνοποιέω) est un verbe composé du mot paix (είρήνή) et du verbe faire, ou achever, réaliser, exécuter, créer (Ποιέω). C’est pourquoi d’autres versions disent : « Heureux ceux qui créent la paix autour d’eux... », version Français courant, ou « heureux ceux qui répandent autour d’eux la paix... », version le Semeur.

L’apôtre Paul déclare : « recherchons ce qui contribue à la paix et à l’édification mutuelle » Romains 14 : 19. Dans l’original grec, il est question de construire les uns pour les autres. Le projet de Dieu est donc le vivre-ensemble dans l’harmonie de l’amour. Cela peut paraître utopique à l’échelle mondiale, cela ne l’est pas avec nos proches. C’est quand les charbons sont rassemblés qu’ils brûlent, c’est quand les tisons sont dispersés qu’ils s’éteignent…

 

Conclusion :

 

Dès lors, pourquoi ne pas oser, par la foi, expérimenter une paix profonde qui conduit à une authentique relation d’amour. Dieu, par Jésus-Christ, est celui qui DONNE, RASSURE, COMBLE. En entrant dans son projet, notre vie entre en découverte et en joie, (cf. Philippiens 4 : 6-7).

En acceptant les bienfaits de la paix, on entre dans un espace de liberté et de confiance. Il a la vertu d’évincer progressivement nos peurs, nos angoisses, nos appréhensions, les jugements et les culpabilisations.

En acceptant les bienfaits de la paix, on est habité par une force tranquille qui nous aide à être indulgents vis-à-vis de notre prochain, et vis-à-vis de nous-même. On se donne le droit à l’erreur tout en manifestant le désir de s’améliorer. 

En acceptant les bienfaits de la paix, on reçoit un don de Dieu, bienfaisant pour soi et salutaire pour les autres. 

Accepter les bienfaits de la paix engage une ouverture de cœur, une recherche et un désir de vivre autrement. C’est de l’écologie spirituelle !

En conséquence la réception du cadeau de la paix nous engage à devenir, à notre tour, des bâtisseurs de paix. Elle devrait nous amener très logiquement à un construire ensemble ! Mais tout ceci ne s’impose pas. Cela reste et restera du vouloir de chacun.

 

« Soyez dans la joie, perfectionnez-vous, consolez-vous, ayez un même sentiment, vivez en paix ; et le Dieu d’amour et de paix sera avec vous. » 2 Corinthiens 13 :11.

« La sagesse d’en haut est premièrement pure, ensuite pacifique, modérée, conciliante, pleine de miséricorde et de bons fruits, exempte de duplicité, d’hypocrisie. » Jacques 3 : 17.

« Efforcez-vous d’être en paix avec tout le monde et de mener une vie sainte ; car, sans cela, aucun de vous ne pourra voir le Seigneur. »    Hébreux 12 : 14, version Français courant.

                                                                            

                                                                               Jacques Eychenne

 

PS : version TOB, Traduction Œcuménique de le Bible.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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