Choisir, c'est prioriser

                                    

 

 

                      Choisir,

        c’est prioriser

                ou

                    la foi simple  

                                                                                                             

 

                   

Introduction :

 

À tout moment nous sommes sollicités à faire des choix essentiels et d’autres de teneur plus futile. Pouvoir se déterminer le plus librement possible, et s’engager dans des voies désirées, voilà l’apanage du monde des humains. Si nous savons reconnaitre nos besoins sur les plans alimentaires et matériels, par contre, nous avons beaucoup plus de mal à faire les bons choix pour nos vies. En d’autres termes, quel est le fil conducteur qui initie nos orientations ? Si en plus, on conscientise que l’humain n’est pas qu’un animal évolué, il nous faut prendre en compte le rôle de la voix intérieure, et le besoin plus ou moins avoué de spiritualité. Dans un monde où il est de plus en plus difficile de distinguer le vrai du faux, ou la fin justifie les moyens, ou les valeurs morales fondent comme neige au soleil devant des intérêts puissants, il est de plus en plus ardu de se frayer un chemin de paix et de bien-être. Devant ce constat que chacun peut acter tout à loisir, la Bible propose des pistes de réflexion. Même si au départ on peut être sceptique devant cette affirmation, le fait de s’informer peut ouvrir des perspectives nouvelles.

Que nous dit la révélation divine sur le projet d’un développement harmonieux de la personne humaine ?

Elle fait référence à un Père qui a la volonté de voir ses enfants faire les bons choix pour eux-mêmes et leur entourage. Pour nous initier à une marche sécurisée vers cet objectif, le Père a mis au point une stratégie relationnelle. Concrètement, elle utilise un langage simple afin qu’elle soit accessible à chaque personne. En concept éducatif, on parlerait de pédagogie. C’est l’art de conduire l’étudiant à atteindre ses objectifs.

Dieu le Père n’a fait rien d’autre que de nous responsabiliser afin que nos choix soient bien nos propres choix.

Ainsi, en plaçant, dans le jardin d’Eden, l’interdit nécessaire à leur construction personnelle, Dieu a mis nos premiers parents devant un choix. « Tu pourras manger de tous les arbres du jardin ; Mais tu ne mangeras pas de l’arbre de la connaissance de ce qui est bon ou mauvais, car le jour où tu en mangeras, tu mourras. » Genèse 2 : 17, version NBS.  La même réalité exprimée d’une façon plus sensible nous est rapportée par l’apôtre Jean dans son Apocalypse : « Voici (dit le Christ), je me tiens à la porte et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui, je souperai avec lui, et lui avec moi. » Apocalypse 3 : 20, version LSG.

 

La Bible nous met donc en présence du grand désir de Dieu. L’apôtre Paul le résume en ces termes : « Cela est bon et agréable devant Dieu notre Sauveur, qui veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité » 1 Timothée 2 : 4, version LSG.

Autrement dit, Dieu veut nous conserver la vie afin que nous construisions avec lui une relation solide et durable dans l’amour. Dans la Bible, la vie n’a de sens que dans cette perspective. Elle a pour conséquence de nous responsabiliser dans notre relation à nos semblables. D’où la nécessité d’apprendre à faire les bons choix et de ne pas les limiter aux seuls besoins matériels.

Pour nous y encourager, la Parole inspirée nous fournit de nombreux exemples d’hommes et de femmes ayant fait ces bons choix. Permettez-moi d’en citer deux.

 

Développement :

 

Josué à la fin de sa vie posa une question cruciale au peuple d’Israël. Ce peuple qu’il avait conduit non sans peine au pays promis, au pays de Canaan. Rappelons-nous que Moise, avant lui, l’avait délivré de l’esclavage de l’Egypte, afin qu’il entre précisément dans cette terre promise de Canaan. Josué, relayant Moïse dans sa mission, déclara solennellement :

 « Choisissez aujourd’hui qui vous voulez servir, ou les dieux que servaient vos pères au-delà du fleuve, ou les dieux des Amoréens dans le pays desquels vous habitez. Moi et ma maison, nous servirons l’Eternel » Josué 24 : 15, version LSG.

 

Après, un rappel historique de l’assistance de Dieu pour son peuple, Josué mit en demeure chaque membre du peuple, de faire un choix en un moment solennel.

Est-ce que les circonstances du moment ne nous placent pas, nous aussi, devant un tel choix fondamental, face à la dégradation galopante de notre monde ?

Qui sait ce que sera demain ? C’est la raison pour laquelle la Bible insiste sur la notion de l’aujourd’hui : « Aujourd’hui, si vous entendez sa voix, n’endurcissez pas vos cœurs... » Hébreux 3 : 7,8, et « Oh ! Si vous pouviez écouter aujourd’hui sa voix ! » Psaumes 95 : 7b, version LSG.

Faire le choix de la confiance en Dieu, dans ce contexte ambiant de crise profonde, peut être perçu comme une provocation par tous les sceptiques et incroyants de notre monde sécularisé (ou de notre laïcité à la française). Mais, ne nous y trompons pas ! Il faudra   bientôt savoir en qui on croit ? Et pourquoi ?  Sinon, confirmant les prophéties bibliques, on risquera d’être pris dans la tourmente des convulsions d’un monde qui s’achemine inéluctablement vers sa fin.

Mais plus positivement, ce constat d’un monde en pleine déroute morale, n’est-il pas une magnifique opportunité à repenser les fondamentaux de notre vie intérieure ?  Les épreuves ont cette vertu de séparer la balle du grain, l’important du secondaire, l’indispensable du superflu, le vital du futile, l’éternel de l’éphémère…

 

L’histoire biblique nous conserve le souvenir d’hommes et de femmes de foi, qui au péril de leur vie, ont fait le bon choix pour Dieu, et pour eux !

 

Après Josué, permettez-moi de m’attarder un peu plus sur un autre exemple très édifiant.

C’est celui d’une jeune adolescente, héroïne de l’histoire d’Israël. Elle se nomme Esther.

Elle était jeune et belle de taille, et de figure. A la mort de ses parents, Mardochée, son oncle, l’a adoptée. Elle vivait au temps d’Assuérus, appelé aussi Xerxès. Il était descendant de Darius le Mède et de Cyrus le Perse, les principaux artisans du très puissant royaume Médo Persan. Il s’étendait de l’Inde à l’Ethiopie !

Sous le règne de Darius et de Cyrus (ce dernier sera même appelé l’oint de l’Eternel), le peuple d’Israël connu, malgré tout, des jours heureux, mais avec Xerxès tout changea rapidement

C’est sous son règne qu’Israël, insensible à l’appel du prophète Zacharie, connut une crise spirituelle grave. Le prophète demandait à son peuple de retourner en Palestine suivant les promesses divines … Mais ayant fait le choix de refuser cet appel, qui venait pourtant de Dieu, ce peuple se trouva rapidement devant une menace terrible, une menace d’extermination (semblables comportements, malheureusement, suivront par la suite).

En effet, un personnage lugubre du nom de Haman avait reçu les pleins pouvoirs de l’inflexible Xerxès, et il avait décidé de faire payer très cher à Israël sa prétendue arrogance et son côté rebelle … Un incident mit le feu aux poudres... 

 

Mardochée, l’oncle d’Esther, avait tout simplement refusé de se prosterner devant Haman, (comme de coutume, vu son rang à la cour persane). Et celui-ci, fou de colère, avait décidé de détruire le peuple rebelle auquel Mardochée appartenait. Voulant se laisser guider par son mauvais génie, il monta une opération piège et la soumit au roi Xerxés. Ce dernier ignorant le conflit de personne entre les deux hommes, et de plus abusé par de faux rapports, lui donna l’anneau de son doigt, marque de son approbation et délégation de son autorité. De ce fait, Haman pouvait exercer les pleins pouvoirs. Un édit fut publié, des lettres furent envoyées dans tout le royaume (cf.127 provinces) pour qu’on détruise et qu’on tue tous les Juifs, jeunes et vieux, femmes et enfants, le 13è jour du dernier mois de l’année, c-à-d, le mois d’Adar (cf. Esther 3 : 13-15).

A vue humaine, il n’y avait plus aucun espoir ! Dieu allait-il abandonner son peuple ? Et c’est là qu’intervint Esther, conseillée par Mardochée (cf. Esther 4 : 10-17).

 

Xerxès avait élevé au rang de reine, Esther, cette jeune fille juive qui honorait l’Eternel. Par les circonstances, elle devenait le seul recours pour ce peuple déporté…Devant cette situation exceptionnellement critique, Mardochée insista auprès d’Esther pour qu’elle se présente devant le roi et lui demande d’intervenir en faveur du peuple d’Israël.

Esther hésita un moment. Elle prenait un gros risque…Il était interdit, sous peine de mort, de se présenter devant le tout puissant roi, sans auparavant en avoir été conviée.

La loi des Mèdes et des Perses était immuable et incontournable… Elle reste d’ailleurs, même de nos jours, proverbiale : Ne dit-on pas : « Ce n’est pas la loi des Mèdes et des Perses ! ». (cf. Il faut visiter le musée du Louvre pour s’apercevoir de la grandeur et de la puissance de cet empire !)

Face à cette décision importante Esther réfléchit et on la comprend ...

Sa réponse était lourde de conséquence…Dieu n’appelle jamais ses enfants à la facilité ! Il les place, ou permet qu’ils soient placés dans des situations extrêmes, pour solliciter leur adhésion totale. Plus simplement, c’est une façon de poser la question de confiance. C’est sur le chemin de cette confiance que se vit l’apprentissage de la foi.

Esther hésita certainement un moment, mais ce fut pour mieux donner de la force à sa démarche de foi. Mardochée plaça Esther devant sa responsabilité, et lui dit solennellement :

« Et qui sait si ce n’est pas pour un temps comme celui-ci que tu es parvenue à la royauté ? » Esther 4 : 14, version LSG.

Esther savait qu’il fallait prendre une décision rapide, car le sort de son peuple était en jeu. Elle savait aussi que si Dieu n’intervenait pas puissamment en sa faveur, sa démarche était vouée à l’échec. Esther prit donc l’initiative de choisir son mode d’intervention. Cette jeune fille donna des directives pour que sa démarche puisse être approuvée de Dieu (cf. Esther 4 :15-16).

 

Dans notre existence, cet exemple est interpelant, surtout à notre époque. Il nécessite courage, lucidité, réflexion, et opportunisme dans le bon sens du terme.

Nous pouvons écouter les conseils des uns et des autres, mais sachons que personne ne pourra prendre, à notre place, les décisions importantes qui orienteront nos vies. En cela Esther est une référence très précieuse.

Elle a eu le reflex de bien préparer son action, puis de s’en remettre complètement à Dieu.

Faire acte de foi, c’est aller jusqu’au terme de sa conviction, puis s’en remettre à la volonté divine. C’est reconnaître ses limites, c’est se placer sur le terrain de la sagesse, non de l’aventure hasardeuse. C’est faire preuve de maturité et d’intelligence en laissant son orgueil au vestiaire.

Mardochée posa une seule question à Esther. « Et qui sait si ce n’est pas pour un temps comme celui-ci que tu es parvenue à la royauté ? » Esther 4 : 14, idem version.

Dans des formes et des situations différentes, la même question nous est posée aujourd’hui.

- Et qui sait si ce n’est pas pour un temps comme celui-ci, que Dieu nous invite à être ses témoins, en répondant à l’appel de notre Sauveur et Seigneur Jésus-Christ ?  

Les circonstances prévisibles ou pas, nous forcent et nous forceront à faire des choix. Ils sont et seront absolument indispensables pour savoir : qui nous sommes et ce que nous voulons être ? La psychanalyse moderne a amplement démontré cet aspect.

Ne pas vouloir se déterminer, c’est refuser d’exister. Or, pour savoir ce que nous voulons vraiment, il faut que nous expérimentions, que nous nous déterminions, que nous fassions des choix. Le non choix est une fausse piste, dans le sens qu’il est refus d’assumer un risque. Le non choix, c’est laisser les autres ou les circonstances décider pour nous. Au contraire, le langage de la foi est parole d’engagement dans les faits, et responsabilité dans la durée.

  

Alors examinons les étapes du bon choix d’Esther :

 

Esther a écouté les paroles de son oncle : L’ECOUTE

- Esther a réfléchi à l’enjeu:                        LA REFLEXION

- Esther a agi en pleine lucidité du danger:   L’ACTION

 

 Ce sont les 3 échelons dans la montée vers le bon choix.

 

-  1) Savoir écouter soit ce que nous dit Dieu dans sa parole, soit ceux ou celles, anonymes ou pas, que Dieu place sur notre chemin pour nous éveiller…

L’écoute est de nos jours une gageure. Les parasitages sont légion. Faire le vide pour écouter nécessite de la volonté et de la disponibilité.

La confession de foi juive commence par ces mots :

« Ecoute, Israël ! L’ETERNEL notre Dieu, est le seul ETERNEL… ». Le shema Israël est certes récité tous les jours... mais, cette parole (cf. Deutéronome 6 : 4-9) est-elle vraiment entendue ? On récite souvent des prières toutes faites, mais est-ce que notre cœur, dépassant la formulation, est partie prenante ? En d’autres termes, quelles sont nos vraies motivations spirituelles ?

Demandons à Dieu de nous entraîner à développer cette écoute active, car c’est elle qui va donner du sens à notre réflexion et à nos choix. Mais soyons honnêtes, ne sommes-nous pas aussi habités par les nombreuses justifications de nos non-choix devant Dieu ? Le plus urgent besoin pour nos vies est donc de faire silence pour écouter ce que Dieu a à nous dire. Pourquoi cette simple disposition de cœur met-elle si à mal notre nature humaine ? Pourquoi est-ce si difficile de faire silence pour vraiment écouter ?

 

-    2) Esther a réfléchi :

Elle aurait très bien pu s’appuyer sur son statut de reine, statut privilégié qui la mettait à l’abri de la sentence de destruction de son peuple… Après tout, cela ne concernait, au départ, que Mardochée et Haman ! 

Elle aurait aussi pu penser : « Si Dieu m’a mise là, ce n’est pas pour que je risque ma vie en plaçant mon époux devant une situation inextricable, en le rendant, qui plus est, parjure devant sa propre loi. Ne perdrait-il pas toute autorité sur tous les sujets de son royaume ! »

En résumé, Esther aurait pu se donner plein de bonnes raisons pour éviter le choix de la foi. De même, nous pouvons nous donner plein de bonnes raisons pour ne pas nous engager dans le défi de la foi en Dieu... Mais dans sa réflexion, Esther s’est laissée conduire par l’Esprit Saint. Elle a compris qu’elle ne devait pas considérer d’abord son propre intérêt. C’est l’apôtre Paul qui déclare : « Que chacun de vous, au lieu de considérer ses propres intérêts, considèrent aussi ceux des autres. » Philippiens 2 : 4, version LSG.

 

-    3) Esther s’est déterminée dans l’urgence.

Cette jeune fille a fait un choix clair et précis (cf. Esther 4 : 15-17)

Elle a osé, elle s’est risquée avec détermination : « Si je dois périr, je périrai … »

Le plus important pour elle, a été de s’en remettre à Dieu. Sa démarche est un exemple à suivre. De plus, il y a de l’intelligence dans la façon dont Esther présente sa requête au roi :

- Elle met ses vêtements royaux…

- Dès qu’elle a trouvé grâce aux yeux du roi, elle met son plan subtil en application, avec diplomatie…

- Elle invite Haman, le jour même, au festin qu’elle a déjà préparé.

- Elle réinvite le roi et Haman le lendemain en réservant l’annonce de sa demande.

- Entre-temps, Dieu a agi. Le roi qui ne pouvait dormir, s’aperçoit en lisant le livre des annales, que Mardochée lui a sauvé la vie en déjouant un complot, et qu’il n’a pas été récompensé…

- Le roi Xerxès propose à Haman, d’honorer un tel homme et lui demande, ce que lui ferait, dans une telle circonstance (il y a de l’humour dans la Bible !).

- Au festin du lendemain, Esther demande pour elle et son peuple la vie sauve (cf.   Esther 7 : 1-10).

- Le complot du malfaisant Haman est déjoué, et il subit la peine qu’il réservait au peuple juif. Ainsi, tout se termine comme dans un conte de fées ! Mardochée devient le deuxième  homme d’état, et Esther est confortée dans sa position de reine.

 

  Conclusion :

 

Tous les ingrédients d’un bon choix sont là ! 

Courage, sagesse, volonté, foi complète en Dieu, intelligence et diplomatie.

Dans un monde de plus en plus en tension, en violence, et en dérèglement de tout genre, faire les bons choix ne s’improvise pas. Il est important de réaliser qu’une aide extérieure nous est nécessaire. Et puisque l’humain vit d’espoir, pourquoi ne pas assumer le choix de la confiance en Dieu ? Puisque la confiance en l’homme est décevante pourquoi ne pas se tourner vers l’Eternel ? Josué, Esther et des millions de croyants ont fait ce choix ? (cf. Hébreux 11). Qu’en est-il de nous ?

  

« On ne peut pas faire semblant d’être courageux » Napoléon Bonaparte, empereur, général, homme d’état (1769-1821).

 

« L’homme courageux reste enthousiaste, même dans une situation désespérante… » Martin Luther King, homme politique, pasteur (1929-1968).

 

« Oh ! Si vous pouviez écouter aujourd’hui sa voix ! » Psaumes 95 : 7, version LSG.

 

                                                                           Jacques Eychenne

 

PS : NBS, Nouvelles Editions de la Bible ; LSG, version Louis Segond.

                                                                                      

 

     

   

   

 

 

 

 

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