Courage ! J"ai vaincu le monde

 

 

           « Courage !

j’ai vaincu le monde »

                            ou

se rassurer devant l’épreuve

       Jean 16 : 33

 

Introduction :

 

Les situations au niveau national ou international sont de plus en plus anxiogènes. Jamais le monde occidental n’a autant consommé de psychotropes pour apaiser ses inquiétudes et ses angoisses. Les nouvelles négatives alimentent les médias et la recherche du « buzz » fait partie intégrante d’internet. Comment échapper à ce marasme ambiant qui plombe chaque jour davantage nos quotidiens ?

Certes, tout n’est pas noir. Il existe, çà et là, de beaux élans de solidarité, mais ils sont occultés par les vagues de mauvaises informations. De tout temps le monde a connu de sérieuses tensions, mais à l’évidence la conjonction de plusieurs facteurs risque de mettre en péril le joyau qu’est en réalité notre belle petite planète bleue avec ses habitants.

Devant un tel panorama le repli sur soi devient un réflexe naturel. Pour autant, loin d’améliorer la condition humaine, il n’apporte aucune solution satisfaisante. F. Roosevelt disait : « La seule limite de nos réalisations de demain, ce sont nos doutes d’aujourd’hui ».

Mais alors, comment convier notre esprit à développer toutes les opportunités favorables à notre épanouissement ? Il s’agit d’un entrelac mystérieux entre l’Esprit divin et l’humain. Sur ce point on ne peut que témoigner humblement de ce fait réel. Personne ne doit se sentir étranger à cette expérience. Elle concerne chacun, riche ou pauvre, savant ou inculte. Même si, dans ce monde, on observe un processus qui tend à séparer ce qui est uni, d’autres forces peuvent interagir en synergie positive (cf. Romains 8 : 28).

A cet endroit, la référence au Christ peut nous être d’un puissant secours…

 

Développement :

 

« Voici que l'heure vient, et maintenant elle est là, où vous serez dispersés, chacun allant de son côté, et vous me laisserez seul. Mais je ne suis pas seul, le Père est avec moi. Je vous ai dit cela pour qu'en moi vous ayez la paix. En ce monde vous êtes dans la détresse, mais prenez courage, j'ai vaincu le monde ! » Jean. 16 : 32-33, version TOB.

 

Ce message du Seigneur est délivré au soir de sa vie. Nous sommes à quelques heures de sa crucifixion au Golgotha. Le Christ a certainement trouvé un coin tranquille et secret dans Jérusalem. Il a rassemblé ses fidèles disciples, et il leur parle ouvertement de tout ce qui va advenir dans le proche avenir. Son désir est de les préparer à amortir la terrible désillusion

qu’ils vont connaître. Sa prévenance est langage d’amour pour tous ceux et celles qui l’ont suivi. A ceux-là, rien ne leur sera épargné. Ils seront exclus des synagogues, autant dire de la société religieuse. Le passage d’un Messie glorieux à un Sauveur souffrant et mourant ne pouvait être imaginé ! Ce langage était pour l’heure totalement étranger à leur esprit.

 

C’est la raison pour laquelle Jésus s’est évertué à les consoler. La tristesse avait rempli leur cœur (cf. Jean 16 : 6). Et puis, comme pour apaiser leur chagrin, le Seigneur essaya de décliner les avantages de son départ vers son Père :

 

« Cependant je vous ai dit la vérité : c'est votre avantage que je m'en aille ; en effet, si je ne pars pas, le Paraclet ne viendra pas à vous ; si, au contraire, je pars, je vous l'enverrai. Et lui, par sa venue, il confondra le monde en matière de péché, de justice et de jugement ; en matière de péché : ils ne croient pas en moi ; en matière de justice : je vais au Père et vous ne me verrez plus ; en matière de jugement : le prince de ce monde a été jugé » Jean. 16 : 7-11, version TOB.

 

Comme nous pouvons aisément le comprendre, les disciples n’ont pas dû être sensibles à ce développement théologique. Pour eux, dans l’instant, ils ne pouvaient y avoir qu’incompréhension et peine. Leur fonctionnement affectif occultait la possibilité d’entrevoir une perspective autre. Le Seigneur était conscient de cette situation (cf. Jean 16 : 12), mais il fallait qu’il tienne ce langage d’amour. Pourtant, cette vérité révélée était riche d’enseignements. Que disait-elle en clair ?

 

  • Elle annonçait la venue d’un autre personnage, envoyé par le Christ lui-même. ce personnage énigmatique a été appelé :  παράκλητος = parakletos = 1) convoqué, appelé aux côtés, appelé à l'aide 1a) celui qui plaide la cause d'un autre, un juge, un plaideur, un conseil pour la défense, un assistant légal, un avocat 1b) celui qui plaide avec un autre, un intercesseur 1b1) Christ dans son élévation à la droite de Dieu, plaidant à Dieu le Père pour le pardon de nos péchés 1c) dans un sens plus large, un aide, un assistant, un adjoint 1c1) le Saint Esprit destiné à prendre la place de Christ avec les apôtres (après son ascension au Père), pour les conduire à une plus profonde connaissance de la vérité de l'évangile, et leur donner, de la part du royaume divin, une force divine les rendant capables de vaincre les épreuves et persécutions.

Le Saint-Esprit reçoit une triple mission : - confondre le monde de péché, de justice et de jugement. Pourquoi ce mandat divin ?

 

Confondre le monde de péché :

 

Il fallait que le monde reconnaisse qu’il s’était écarté des directives divines. Il s’était   fourvoyé dans un chemin sans issue, malgré l’envoi du Fils bien aimé. Le fait de ne pas croire à la solution proposée (par amour) par le Christ constitue le péché et non les péchés (d’après le texte de Jean). Tous les désordres et dérèglements de notre monde en sont les conséquences. Nous subissons les conséquences d’une rupture d’un contrat confiance. Beaucoup pensent qu’ils n’y sont pour rien ! Erreur ! Nous reproduisons tous quotidiennement cette lourde erreur…

 

Confondre le monde de justice :

 

Quel rapport peut-il y avoir entre la justice et la montée du Christ vers son Père ? La juxtaposition de ces deux données nous dit deux vérités.

  • La première est que la justice divine a été satisfaite. Quand Jésus a prononcé sur la

croix : « tout est accompli» , tout a réellement été accompli. La justice a été rendue devant tout l’univers. Ce n’est pas un moment de désespoir, c’est un cri de victoire !

  • La deuxième vérité est que désormais la victoire de la croix a ouvert un autre

ministère du Seigneur. L’apôtre Jean nous l’explique dans une lettre pastorale : « Mes petits-enfants, je vous écris cela pour que vous ne péchiez pas. Mais si quelqu'un vient à pécher, nous avons un défenseur devant le Père, Jésus Christ, qui est juste ; car il est, lui, victime d'expiation pour nos péchés ; et pas seulement pour les nôtres, mais encore pour ceux du monde entier » , version TOB. Désormais, nous avons un avocat auprès du Père. Il plaide notre cause et intercède en notre faveur.

 

Confondre le monde de Jugement :

 

Le jugement divin diffère de celui des humains. Une fois que la justice a été rendue et que le condamné a purgé sa peine, la justice humaine remet en liberté l’auteur des faits, et ce dernier peut recommencer jusqu’à ce que mort s’en suive … La justice divine consiste à éradiquer le mal définitivement. C’est pourquoi l’apôtre Jean a bien rapporté les paroles du Christ. Elles nous disent que le prince de ce monde a déjà été jugé (cf. κέκριτα ι= verbe indicatif forme passive, 3è personne singulier du verbe κρίνω = juger ; voire traduction Bible en Français courant, ou la version TOB). Même si la sentence sera prononcée ultérieurement, le verdict a déjà été rendu. L’œuvre de rédemption que le Seigneur a accomplie, a scellé radicalement le sort de ce personnage. L’intéressé lui-même (le diable) sait qu’il ne lui reste que peu de temps pour poursuivre son œuvre de destruction. Ces paroles du Seigneur démontrent que notre humanité ne reviendra pas en arrière, comme au temps où Adam et Eve étaient dans le jardin d’Eden. Une autre ère va s’ouvrir sans la présence définitive d’un tentateur. Le mal a été jugé incompatible avec les plans divins. C’est la raison pour laquelle il sera irrémédiablement détruit (cf. Apocalypse 12 : 12 ; 20 : 10).

 

Le Seigneur savait que les disciples ne pouvaient entrer dans la compréhension de ses paroles prophétiques. Ce langage leur était inaccessible. En conséquence, le Maître leur annonce la venue du consolateur. Il est aussi l’Esprit de vérité, il les conduira dans l’ouverture de leur intelligence afin qu’ils discernent la réalité divine. Reconnaissons que nous sommes dans la même situation que les disciples. Sans l’aide de l’Esprit Saint cette finalité de l’histoire humaine nous échappe aussi. Nous ne pouvons que l’accepter par la foi. Même si nous l’ignorons, nous avons aussi besoin d’être consolé dans l’épreuve, et conduit dans une vérité d’origine divine.

 

L’ascension du Fils vers son Père met en évidence le rôle prépondérant de l’Esprit Saint. Il a pour vocation de nous conduire « dans toute la vérité » Jean 16 : 13. Bien que nous soyons suivis par la bienveillance de notre Sauveur (cf. Matthieu 28 : 20), l’assistance de l’Esprit Saint nous est précieux pour asseoir la conviction intérieure que nous appelons la foi. Sa mission est de rendre gloire au Fils, le Sauveur de notre humanité.

C’est cette promesse, faite au soir de son ultime combat, qui fondera, au jour de la Pentecôte, l’enseignement des apôtres. Désormais, plus rien ne sera comme avant ! Si le Saint-Esprit peut nous conduire dans toute la vérité, c’est précisément parce qu’il va expliciter tout ce que le Seigneur a voulu dire à ses disciples (ils ne pouvaient comprendre la portée de ses paroles). Le Saint-Esprit ne parle pas de lui-même, son argumentation est en parfaite harmonie avec le Père et le Fils. Il va rendre limpide l’enseignement du Sauveur en le faisant vivre dans le présent de la vie des apôtres. Son action se poursuit toujours de nos jours. De nombreuses expériences personnelles peuvent en témoigner !

Tout en restant dans l’intimité du moment, le Seigneur revient au présent. Il pense à son dernier grand combat qui est à la porte. Mais ses pensées sont centrées sur ses disciples, ceux qu’il a formés pour qu’ils portent une bonne nouvelle d’espérance.

 

« Vous êtes maintenant dans la tristesse ; mais je vous reverrai, et votre cœur se réjouira, et nul ne vous ravira votre joie » Jean 16 : 22, version NEG.

 

Dépassant son état d’âme, le Seigneur a tout mis en œuvre pour adoucir le choc émotionnel et spirituel de ceux qu’il avait appelé à le suivre. Bientôt, le moment de vérité clarifiera l’antagonisme entre le bien et le mal. A la lumière de la croix, le langage en paraboles n’aura plus sa raison d’être. Jésus fait alors une promesse dont on mesure mal toute la portée : « Je vous entretiendrai du Père en toute clarté » Jean 16 : 25, version FBJ.

Les paroles du Seigneur ont fait fort impression sur l’esprit des disciples. Jésus s’était toujours présenté comme l’envoyé du Père, mais ce Père, ils avaient du mal à le concevoir. Quelques temps auparavant, Philippe avait posé au Maître la question : « montre-nous le Père, et cela nous suffit » Jean 14 : 8, version LSG. La question était porteuse d’un désir d’en savoir plus sur ce Père. Il avait dépêché son Fils dans ce monde. Aussi, Jésus va répondre à leur attente en leur disant que ce Père est avant tout un être aimant (cf. Jean 16 : 27). Et c’est parce que les disciples sont en lien d’amour avec le Christ que la révélation incroyable peut être accueillie. Le Seigneur déclare : « Je suis sorti du Père et je suis venu dans le monde, tandis qu’à présent je quitte le monde et je vais au Père » Jean 16 : 28, version TOB.

Le Saint-Esprit a ouvert leur entendement ! Les disciples prennent conscience que leur Seigneur a parlé ouvertement, sans détour. Leur foi peut alors parvenir à maturité. N’ayant plus aucun doute concernant son origine divine, ils déclarent ensemble :

« Voici que maintenant tu parles ouvertement et que tu abandonnes tout langage énigmatique ; maintenant nous savons que toi, tu sais toutes choses et que tu n'as nul besoin que quelqu'un t'interroge. C'est bien pourquoi nous croyons que tu es sorti de Dieu » Jean 16 : 29-30, version TOB.

Fabuleuse découverte qui s’ancre dans le présent. La répétition par deux fois du : « maintenant » confirme cette réalité. Elle aura besoin d’être encore fortifiée. Mais pour l’heure le Seigneur semble encore questionner cette foi nouvelle : « croyez-vous, à présent ? » Jean 16 : 31, version TOB. Avec amour, il ressent la nécessité de leur dire que cette foi naissante va être mise à rude épreuve. Elle ne résistera pas aux terribles évènements qui vont conduire celui qu’ils aiment à son arrestation, à son jugement bâclé, puis à sa mort ignominieuse.

Par amour Jésus veut amortir la terrible déception qui va le laisser seul face à son destin. Dans quelques temps, il leur dira :

« Veillez et priez, afin que vous ne tombiez pas en tentation ; l’esprit est bien disposé, mais la chair est faible » Marc 14 : 38, version LSG.   

Il ne leur masque pas la vérité. Il dit qu’ils vont être dispersés. La belle cohésion apostolique va voler en éclats. L’expérience va être douloureuse pour tous. Mais Jésus rassure ses amis. Lui ne sera pas seul dans ce combat. Son Père l’accompagnera.

Toute la prévenance du Christ avait pour objet de leur transmettre la paix. Son affection profonde pour chacun d’entre eux, est tout entière contenue dans ces trois derniers mots : la paix, le courage, la victoire. Tout ce qu’il leur a dit jusqu’à présent dans l’intimité de la confidence n’avait d’autre but que de renforcer leur confiance dans sa personne : « je vous ai dit cela pour qu'en moi vous ayez la paix » Jean 16 : 33, version TOB. Quoi de plus précieux que la paix ! La paix que Jésus seul peut donner. Ce bien si précieux qui permet de surmonter tous les obstacles de la vie. A la veille de sa mort, Jésus conclut : aucun d’entre eux ne peut être malheureux s’il accueille sa paix. Elle est la traduction concrète d’une communion intime, vivante et permanente. Le monde, celui que décrit le Seigneur est opposé à Dieu (il a été conquis par le prince de ce monde). L’état d’esprit qu’il véhicule va à contresens du divin. Il va produire chez les disciples de l’affliction, mais l’entretien se termine par une puissante exhortation :

 

" Courage ! J'ai vaincu le monde" Jean 16 : 33, version BFC.

 

Aucune adversité ne pourra résister à la puissance d’amour qui va triompher de la mort et du tombeau. Jésus annonce une victoire déjà accomplie. C’est sur cette réalité que s’appuieront les disciples. Jésus leur a transmis tout ce qui devait les préparer à son départ, à sa glorification, à une autre relation plus spirituelle, plus invisible, mais tout aussi sensible et réelle avec lui.

 

Les derniers mots du Seigneur mettent en opposition une pression négative définie par le mot grec θλῖψις = thlipsis = 1) une pression, une oppression 2) métaph. oppression, affliction, tribulation, détresse), et un verbe grec positif νικάω = nikao = 1) conquérir 1a) remporter la victoire, sortir victorieux 1a1) de Christ, victorieux de tous Ses ennemis 1a2) des Chrétiens, qui font reposer leur foi, même jusqu'à la mort, contre le pouvoir de leurs ennemis, les tentations et les persécutions.  

Ce contraste résume les enjeux d’un combat spirituel inéluctable et annonce la victoire de la foi en Christ.

Puis, le Sauveur après avoir ainsi parlé leva les yeux au ciel et pria son Père…

 

Conclusion :

 

Nous vivons dans un monde en détresse. De toute part, pressions, oppressions, afflictions, tribulations, guerres et destructions sont d’actualité. Face à la déliquescence de notre humanité souffrante, le cri de victoire du Christ est comme un rayon de soleil dans un ciel menaçant. Dans ce contexte ne perdons pas la paix intérieure que le Seigneur nous communique. Imitons la conviction de l’apôtre quand il déclare :

 

" J'ai combattu le bon combat, j'ai achevé la course, j'ai gardé la foi... Le Seigneur me délivrera de toute oeuvre mauvaise, et il me sauvera pour me faire entrer dans son royaume céleste. A lui soit la gloire aux siècles des siècles ! Amen !" 2 Timothée 4 : 7, 18, version

Nous ne sommes jamais en grosse difficulté tant que nous restons en situation de conscience et de responsabilité avec toute la dynamique intérieure de notre foi.

 

" En pleine angoisse, ne perds jamais espoir, car la moelle la plus exquise est dans l'os le plus dur " Hafif (terme qui désigne un connaisseur du Coran).

                                                                                   

                                                                       Jacques Eychenne

 

 

PS : TOB, version Traduction Œcuménique de la Bible ; NEG, version Nouvelles Editions de Genève ; FBJ, version Française de la Bible de Jérusalem ; LSG, version Louis Segond 1975 ; BFC, version Bible en Français Courant.

 

 

 

   

 

 

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