Notre espérance est en Dieu

 

 

Notre espérance

    est en Dieu

   1 Jean 3 : 20

 

Introduction :

 

Notre monde est en pleine déliquescence ! Où que nous portions nos regards, force est de constater ce phénomène. Par l’observation, nous pouvons acter une dégradation des conditions de vie sur notre belle planète bleue. Que ce soit sur un plan climatique, dans les relations humaines, dans la gouvernance des états, en géopolitique, tout semble se déliter. La remontée des températures n’est pas seulement physique ! On s’enflamme de plus en plus facilement dans nos sociétés. Il y a l’émergence d’états totalitaires, la prolifération de fausses nouvelles (fake news), l’entrisme religieux avec son lot de membres fanatiques, le pillage des ressources de la terre, le piratage de données personnelles, la perte des valeurs morales. Le bien et le mal sont confondus et intervertis… Inutile d’allonger la liste…

Pourtant les conséquences de ces observations avérées mènent beaucoup de personnes aux questionnements, au découragement, parfois au désespoir.

Heureusement, la réponse positive à cet abattement porte un nom : l’espérance. Or, précisément, cette espérance peut devenir un désespoir transformé, dépassé, positivé. C’est vers quoi la Parole de Dieu nous dirige. Elle en est son antidote efficace.

Ainsi, l’apôtre Paul nous rappelle, par où passe la lumière, censée éclairer tout être humain, quand il affirme aux chrétiens de Rome :

« c'est en espérance que nous sommes sauvés » Romains 8 : 24, version NEG.

Alors, approfondissons le sujet …

 

Développement :

 

Cette espérance concerne l’individu dans sa quête de jours heureux. Elle l’invite à prendre en considération un point fondamental dans l’analyse de ses pensées. Elle le conduit dans ses choix. L’apôtre Jean, qui a eu une longue expérience dans sa relation avec le Christ et son Père, écrit vers la fin de sa vie :

« Si notre cœur nous condamne, Dieu est plus grand que notre cœur, et il connaît toutes choses » 1 Jean3 : 20, version NEG.

Certes ! Nos environnements proches impactent nos quotidiens, mais au niveau personnel, nous surajoutons dans nos pensées des éléments toxiques à notre évolution.

« Pensées, croyances ou schémas négatifs, peurs infondées ou expérience traumatiques, voilà ce qui empoisonne notre existence, nous fait faire de mauvais choix, pollue le présent et bouche l’avenir » Mairie-Estelle Dupont (1).

 

L’analyse demeure pertinente ! Nous avons une incurable indigence à nous condamner assez facilement. Soit parce que nous avons fait de mauvais choix, soit parce que nos émotions n’ont pas été contrôlées, soit parce que nous avons eu de mauvais pensées… Bref ! nous avons, comme le souligne l’apôtre Jean, cette nette propension à nous condamner, ou à nous justifier à l’excès, pour occulter une réalité dérangeante.

Jean nous redit, que même quand notre cœur nous condamne, Dieu, comme être absolument aimant, est plus grand que toute condamnation.

(Mais en fait, que signifie ce vocable ?  Καταγινώσκῃ. Le verbe correspond en français au subjonctif présent à la 3è personne du singulier du verbe καταγινώσκω. Ce verbe, comme souvent en grec, est un verbe composé d’une préposition et de ce que décrit l’action. Dans le cas présent, la préposition à le sens de : contre quelqu’un ou quelque chose ; et le verbe est plus souvent traduit par connaître (γινώσκω).

 

En définitive, il s’agit bien ici de la connaissance de soi. Elle est mise en contraste avec la connaissance de Dieu : « il connaît (γινώσκω) toutes choses » (cf. Luc 16 : 15 ; Jean 10 15 ; actes 15 : 8 ; 2 Corinthiens 5 : 11…). Le fait de nier l’existence de Dieu n’efface pas sa pré-connaissance ! Sans être versé dans l’étude du grec, nous observons, visuellement, le lien qui existe entre la condamnation (cf. καταγινώσκω) et la connaissance divine (γινώσκω), seule la préposition (κατα) marque la différence. Pour mémoire, rappelons que le verbe connaître dans l’Ancien, comme d’ailleurs dans le Nouveau Testament, désignait l’union sexuelle de l’homme et de la femme (cf. Matthieu 1 : 25). Connaître, c’est pénétrer l’intimité de l’autre. C’est cette connaissance profonde, secrète, complète, que Dieu a de chacun de nous. Elle est une réponse à notre mauvaise connaissance de nous-même.

 

Les conséquences profondes de la prise de conscience de l’affirmation de l’apôtre Jean peuvent changer notre présent et notre avenir. Elles mettent en exergue des faits significatifs.

Ainsi, même si notre cœur nous condamne, Dieu est au-dessus de notre condamnation. Cette bonne nouvelle devrait nous permettre de ranger définitivement au placard nos erreurs passées, nos mauvais choix, nos émotions déséquilibrées. En bref, tout ce qui nous empêche de nous réaliser librement et pleinement. Il ne s’agit pas de vouloir oublier -c’est impossible- ni de nous justifier, mais de nous appuyer sur la bonté de Dieu. Il nous rappelle que le droit à l’erreur, les mauvais choix, font partie d’un passé qui nous aident à construire notre présent, en nous en remettant à la puissance de la grâce divine. Toutes nos épreuves peuvent nous aider à grandir spirituellement (cf. Jacques 1 : 2-3).

Mais, il convient aussi d’apprendre à cultiver une distanciation avec les évènements qui nous ont meurtris pour entrevoir avec YHWH-Adonaï, notre Père, des issues salutaires.

Déjà dans l’ancienne alliance, le prophète avait transmis au peuple élu les paroles suivantes :

« Venez et plaidons ! dit l'Éternel. Si vos péchés sont comme le cramoisi, ils deviendront blancs comme la neige ; S'ils sont rouges comme la pourpre, ils deviendront comme la laine » Esaïe 1 : 18, version NEG.

 

Mais revenons au texte de Jean…

La prise en compte de l’affirmation de l’apôtre devrait nous inciter à cultiver la bienveillance envers nous-même. Cette dernière ne fait pas référence à une autojustification de nos erreurs passées, elle a la simple vertu de nous propulser vers l’avant, en investissant dans un progrès personnel. Cette bienveillance, d’inspiration spirituelle, est un des fruits de l’amour. Il faut apprendre à s’aimer soi-même avant de pouvoir aimer autrui. Le commandement du Seigneur est clair à ce sujet :

 

« tu aimeras ton prochain comme toi-même » Marc 12 : 31 (c’est moi qui souligne).

 

La bienveillance est aussi spirituellement le respect de nos origines. Nous avons été créés à l’image d’un Père. C’est pourquoi Il reste constamment attentif à tous nos parcours. L’histoire biblique est riche en exemples de gens illustres dans la foi. Ils ont accepté de reconnaître que cette bienveillance était une manifestation de la grâce divine, malgré leurs faux pas (cf. Abraham, Isaac, Jacob, Moïse, David etc.cf. Hébreux 11).

 

La bienveillance sur soi accepte une réalité intérieure (cf. // avec le péché), sans complaisance, tout en sachant qu’une évolution positive est toujours d’actualité. Cette attitude génère une énergie dynamique. Elle est le préalable à toute véritable transformation. Nous devrions reproduire, avec l’aide du Saint-Esprit, l’amour inconditionnel que Notre Père nous porte. Cette bienveillance sur soi ne produit pas une autosatisfaction, elle nous renvoie à la relation avec un Père qui veut notre bonheur (cf. Notre salut dans le langage spirituel). C’est Lui qui s’en porte garant (cf. Philippiens 2 : 13). A cette fin, il nous faut souvent prendre du recul pour réaliser ce que nous voulons être, en toute honnêteté, pour parvenir à la véritable liberté de notre dedans.

 

La bienveillance sur soi occulte notre tendance à nous torturer pour tout ce que nous avons mal accompli. Elle est refus volontaire de s’apitoyer sur son sort en incriminant tout, n’importe quoi, n’importe qui. Elle accueille avec joie le pardon divin, comme seule véritable source d’une réelle transformation. Sans un regard aimant sur nous-même, il nous est difficile d’accueillir le pardon divin. Il est la signature de l’amour de notre Père pour nous. La bienveillance sur soi entraîne une lucidité sur notre véritable état moral et spirituel. Elle nous conduit à renouer des liens avec un Père qui ne se lasse pas de nous pardonner (cf. Esaïe 55 : 7 ; 1 Jean 1 : 9).

 

La bienveillance sur soi nous ouvre à une méditation qui nous aide à faire un vrai bilan. Elle ouvre une fenêtre qui laisse passer une lumière qui ne se lassera pas de nous éclairer et de nous réchauffer. Elle nous libère d’un passé qui peut être lourd. Elle ravive en nous ce moment de notre enfance, où nous nous jetions confiants dans les bras d’un Père, ou d’une mère. Une relation simple sans calcul, ni appréhension, mais totalement confiante, c’est le message du Christ quand il a déclaré :

 

« En vérité je vous le dis, si vous ne retournez à l'état des enfants, vous n'entrerez pas dans le Royaume des Cieux » Matthieu 18 : 3, version FBJ.

 

Un autre aspect qui prolonge la réflexion de l’apôtre Jean nous conduit à la confiance en Dieu. Lui, Il nous connaît mieux que nous-mêmes. Il connaît les secrets du cœur (cf. Psaume 44 : 21 ; Psaume 94 : 11 ; Esaïe 29 : 15). La mauvaise connaissance de soi a, par voie de conséquence, un impact sur le refus de la reconnaissance d’un Dieu, Père des humains.

 

Le moi nocif, délétère, pernicieux est celui qui anesthésie cette incontournable relation paternelle. C’est aussi celui qui entretient, parfois cultive, tout le mauvais qui l’a habité. Chaque personne porte en elle la potentialité d’opter pour le bien ou le mal.

Notre moi, qui peut s’analyser comme craintif ou légaliste, a perdu de vue une observation historique : notre apprentissage de vie ne peut pas faire l’économie de nos incertitudes, de nos imperfections, de nos faiblesses, de nos vides et de nos trop-pleins. Point n’est besoin d’une discipline ascétique, il s’agit tout simplement de trouver sa place dans ce que nous voulons vivre en vérité, devant Dieu et autrui, en dignité, respect, et joie d’être soi.

 

La confiance en Dieu peut réinstaller, si nous l’avons perdu, le bonheur d’être soi, libre et heureux en toutes circonstances (cf. 1 Corinthiens 10 : 31). Elle nous permet de réinitialiser le portable de notre conscience.

Le prophète Malachie a écrit :

« mettez-moi à l'épreuve, dit Yahvé Sabaot, pour voir si je n'ouvrirai pas en votre faveur les écluses du ciel et ne répandrai pas en votre faveur la bénédiction en surabondance » Malachie 3 : 10, version FBJ. (Même si le contexte de ce texte fait référence à la pratique de la dîme, nous pouvons l’étendre à d’autres circonstances !).

 

Ainsi, la confiance en Dieu a pour résultat concret de reconnaître un bonheur à l’intérieur de nous-même. Il est le fruit d’un dépassement de notre amour-propre. Il nous libère, et nous donne de l’assurance pour affronter l’avenir avec sérénité. Même si nous sommes loin d’avoir la foi de l’apôtre Paul, nous comprenons qu’au soir de sa vie, il ait pu prononcer ces paroles fortes :

« ce n'est plus moi qui vis, mais le Christ qui vit en moi. Ma vie présente dans la chair, je la vis dans la foi au Fils de Dieu qui m'a aimé et s'est livré pour moi » Galates 2 : 19, version FBJ.

 

Par extension, la confiance en Dieu (« qui est plus grand que notre cœur ») vient étancher notre soif de justice. Car, reconnaissons-le, l’injustice éhontée qui s’exerce dans le monde est une souffrance pour ceux et celles qui veulent vivre paisiblement. Le Christ a combattu cette parodie d’obéissance à la loi des Pharisiens.

 Il leur a dit :

« Vous, vous cherchez à paraître justes devant les hommes, mais Dieu connaît vos cœurs ; car ce qui est élevé parmi les hommes est une abomination devant Dieu » Luc 16 : 15, version NEG.

 

De fait, Dieu, notre Père, connaît parfaitement la nature humaine. S’il est plus grand que notre cœur, c’est parce qu’il sait de quoi nous sommes faits. Il sait que nous avons du mal à imiter l’engagement complet de son Fils. Il sait que nous avons une grande difficulté à être vrai en toutes circonstances. Le contexte de la phrase que nous commentons est significatif à ce sujet. L’apôtre Jean écrit :

 

« Petits enfants, n'aimons ni de mots ni de langue, mais en actes et en vérité. À cela nous saurons que nous sommes de la vérité, et devant lui nous apaiserons notre cœur » 1 Jean 3 : 18-19, version FBJ.

 

Et le texte poursuit : « ὅτι ἐὰν ». Ce sont deux conjonctions de subordination qui expriment un lien direct avec ce qui précède. L’une est en rapport avec la cause (ὅτι) , l’autre avec la condition (ἐὰν). La version BCF a bien rendu la traduction :

 

« En effet, même si notre cœur nous condamne, nous savons que Dieu est plus grand que notre cœur et qu'il connaît tout » 1 Jean 3 : 20, version NEG.

Nous pourrions aussi dire si, malgré tout, notre cœur nous condamne ; ou si, parce que notre cœur nous condamne…

 

Une solution est possible ! Car Dieu nous connaît, et il peut venir à notre aide. Nous pouvons nous appuyer sur la grandeur de sa miséricorde.

« Car nous aussi, nous étions naguère des insensés, des rebelles, des égarés, esclaves d'une foule de convoitises et de plaisirs, vivant dans la malice et l'envie, odieux et nous haïssant les uns les autres. Mais le jour où apparurent la bonté de Dieu notre Sauveur et son amour pour les hommes, il ne s'est pas occupé des œuvres de justice que nous avions pu accomplir, mais, poussé par sa seule miséricorde, il nous a sauvés par le bain de la régénération et de la rénovation en l'Esprit Saint. Et cet Esprit, il l'a répandu sur nous à profusion, par Jésus Christ notre Sauveur » Tite 3 : 3-6, version FBJ, (c’est moi qui souligne).

Répondant à des Pharisiens qui accusaient les disciples de Jésus de faire ce qui n’est pas permis le jour du sabbat, le Seigneur déclara :

 

« Si vous aviez compris ce que signifie : C'est la miséricorde que je veux, et non le sacrifice, vous n'auriez pas condamné des gens qui sont sans faute » Matthieu 12 : 7, version FBJ, (c’est moi qui souligne).

 

Conclusion :

 

« Si notre cœur nous condamne… », c’est très certainement parce que nous n’avons pas soldé nos contentieux passés. Nous nous débattons peut-être toujours avec de vieux démons qui remontent à la surface, nous avons des plaies qui peut-être ne sont pas totalement cicatrisées, et nous avons perdu de vue un Père qui est plus grand que notre cœur.

 

Victor Hugo disait : « les grands dangers sont au-dedans de nous » (2).

 

Nous avons peut-être occulté la force de miséricorde que notre Père met à notre disposition. En étant toujours sur le qui-vive d’une condamnation de la loi, notre esprit plus inquiet que confiant, a oublié le fait cardinal que nous sommes aimés de Dieu. C’est lui qui prend l’initiative de nos guérisons, encore faut-il s’aimer soi-même, c’est-à-dire, accueillir ce que notre Père veut déposer dans nos cœurs. Un jour Jésus a dit à un possédé qui voulait le suivre :

 

« Va chez toi, auprès des tiens, et rapporte-leur tout ce que le Seigneur a fait pour toi dans sa miséricorde » Marc 5 : 19, version FBJ, (c’est moi qui souligne).

 

La bienveillance envers nous-même nous éveille à prendre conscience par l’Esprit (même si nous n’en sommes pas conscients) que nous avons reçu le pouvoir de changer (c’est ce que Rahab, David, Pierre, Thomas, le larron, la pécheresse, Paul et bien d’autres, ont expérimenté).

 

« Dieu est plus grand que notre cœur… » car il sait tous les combats que nous menons. C’est Lui qui nous ouvre un espace de lumière, un chemin de libération, le bonheur d’être soi, sans crainte du lendemain.

Pierre écrira :

 

« De toute votre inquiétude, déchargez-vous sur lui, car il a soin de vous » 1 Pierre 5 : 7, version FBJ.

 

Dans ce monde, pour savoir vers quoi et vers qui se diriger, il faut non seulement être heureux d’être soi, mais encore découvrir d’où nous venons. Sinon impossible de savoir où nous allons. 

 

« En Dieu seul le repos pour mon âme, de lui mon salut » Psaume 62 : 2, version FBJ.                                                                                       

                                                                                           

                                                                                   Jacques Eychenne

 

PS : (1) Marie-Estelle Dupont, Psychologue clinicienne et psychothérapeute française, « se libérer de son moi toxique » édition Larousse, Paris 2017, p.14.

(2) Les pensées revigorantes, François Garagnon, éditions Monte-Cristo, vol. 1, p. 352.

- NEG, version Nouvelles Editions de Genève, FBJ, version Française de la Bible de Jérusalem.

 

 

Actualité

Liste des 3 dernières réflexions spirituelles

(cliquez sur celle de votre choix).

 

 

. Notre espérance est en Dieu

. La Vérité en Jésus

.Tout est possible à Dieu

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Version imprimable | Plan du site
© Jacques Eychenne