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Ponce Pilate ou le gouverneur romain face à Jésus-Roi Jean 18 : 29-38 |
Introduction :
Ponce Pilate est un gouverneur romain légendaire. N’a-t-il pas participé à la parodie de jugement de Jésus-Christ ? Cet homme a été affublé de nombreux qualificatifs pas très élogieux. Faut-il, dès lors, le considérer comme un lâche, un faible, un indécis, un irresponsable ? Méfions-nous des raccourcis gratuits, des propos inconditionnels, des perceptions rapides… C’est la raison pour laquelle devant la kyrielle de sobriquets décrivant un homme sans colonne vertébrale, il est bon de revisiter les textes bibliques à la lumière des rapports historiques (cf. livre de l’historien de renommée mondiale, Aldo Schiavone) (1)
Développement :
Que savons-nous historiquement de Ponce Pilate ? Il habitait sur la côte méditerranéenne à Césarée, capitale administrative de la Judée, lieu de résidence des gouverneurs romains. La Judée avec sa capitale Jérusalem (elle ne comptait que 40.000 habitants environ) était une toute petite province romaine, mais grande en insurrections incessantes. La présence de l’occupant était loin d’être bien acceptée. Les tensions étaient « quasi » permanentes. « Pilate appartenait à l’ordre équestre, selon l’organisation administrative de l’époque, la province de Judée était en effet toujours gouvernée par un chevalier » (2). On entrait alors dans l’ordre équestre en passant par l’armée. Pilate devait avoir, d’après l’historien cité, « environ quarante ans au moment de son arrivée à Césarée » (3). Des douze gouverneurs qui ont géré la Judée, Pilate est le cinquième. Arrivé à Césarée en 26, il restera en poste jusqu’en 36, soit trois ans environ après les évènements qui nous occupent (cf. Nous reviendrons sur cette précision importante plus tard). La Judée est alors l’une des plus petites provinces du royaume de l’empire romain. Toutefois, les pouvoirs de Ponce Pilate étaient très étendus. Il devait surtout être très vigilant, car la Judée était réputée être un territoire de prêcheurs et de prophètes de toutes sortes. En marge de ces groupes actifs, mentionnons aussi l’aspect subversif permanent du groupe des Zélotes contre l’occupant romain (c’étaient des intégristes-terroristes opportunistes).
Pour la fête de Pessah au mois de Nisan, compte tenue de l’affluence des pèlerins, il était nécessaire que le gouverneur se déplace à Jérusalem afin de gérer d’éventuels troubles publics. Ponce Pilate est donc venu séjourner dans la capitale avec son escadron de cavalerie composé de cinq cohortes d’infanterie dont une stationnait régulièrement à Jérusalem. Tout ce monde campait dans la tour Antonia toute proche du temple et du palais d’Hérode le Grand. L’histoire et l’archéologie confirment la présence de Ponce Pilate à Jérusalem pour cette fête de Pessah (cf. Flavius Josèphe, Philon d’Alexandrie, Tacite, mention de Pilate sur une pierre à Césarée).
Pilate a été informé de l’agitation du moment. Elle était centrée sur une personne nommée Jésus de Nazareth. Il est impossible qu’il n’en ait pas été informé ! Rappelons-nous que la sécurité de cette province relevait exclusivement de son autorité. Pilate correspondait avec la police du temple (dirigée par les Sadducéens) et il est fort probable qu’il ait approuvé l’arrestation de Jésus, puisque des gardes romaines ont accompagné Judas au jardin des oliviers (cf. Jean 18 : 12-14). Précisons : rien ne pouvait se faire sans un ordre de Pilate. Au moment de l’arrestation du Seigneur, nous trouvons associés, la garde du temple (sous responsabilité sacerdotale sadducéenne) et une cohorte dirigée par un tribun (cf. Chef militaire commandant la cohorte). Il est tout aussi clair que Jésus, conscient de sa mission, ait voulu accomplir la prophétie avec ou sans Pilate (cf. Marc 14 : 41).
Parmi les évangélistes Luc est certainement le plus près de la réalité historique, et Jean le plus explicite quant à ses ressentis. Je passe vite sur les allées et venues de la nuit pour nous projeter à l’aube du jour mémorable. Jésus est présenté par le grand prêtre et le Sanhédrin comme un dangereux agitateur. Le but de leur manœuvre est de faire glisser l’accusation d’un plan religieux au plan politique. Juridiquement, il n’y a pas eu de procès (comme on le croit trop souvent). Le cynisme d’une procédure expéditive a donné l’impression que les responsables juifs (membre du Sanhédrin à majorité pharisienne) étaient porte-parole du peuple. En réalité, il n’en est rien ! Les accusations contre Jésus étaient portées par une poignée de personnes dites religieuses. La populace n’a fait que suivre le mouvement. De son côté, Pilate pensait qu’il allait pouvoir régler le problème rapidement…
Dans sa confrontation avec les responsables juifs, Pilate avait déjà eu l’occasion de tester ce pouvoir religieux. Flavius Josèphe raconte que Pilate a ordonné à ses soldats d’entrer de nuit à Jérusalem brandissant des enseignes à l’effigie de l’empereur. Blasphème et scandale pour un Juif ! Réaction vive des membres du Sanhedrin : une délégation va protester à Césarée pendant cinq jours. Pilate cède et retire les effigies de Jérusalem.
Plus tard, Pilate va manœuvrer plus habilement en proposant de construire un grand aqueduc pour approvisionner en eau Jérusalem. Pour financer son projet (consensuel au départ avec les autorités juives), il décida d’utiliser une partie du trésor du temple (cf. il débordait de richesses. Déjà à l’époque du grand général Pompée (-106 - 48 av. J-C.), il était estimé à 2000 talents, soit en unité monétaire à 12 millions de drachmes (cf. Poids de la drachme en argent 4,35 g, soit au total 52,200 tonnes = somme considérable).
En tant que bon gouverneur, tout projet d’urbanisation relevait de ses attributions. D’après les historiens, il ne semble pas que Pilate ait utilisé la force, car le trésor était bien gardé dans le temple. Est-ce que les administrateurs juifs ont trouvé le montant du projet excessif ? Est-ce l’opinion publique juive qui a réagi ? Nous n’en connaissons pas réellement la cause. Par contre, on sait que la situation s’est vite détériorée. Flavius Josèphe rapporte dans les Antiquités que Pilate a agi subtilement en infiltrant la foule de soldats en civil ; et c’est avec des bâtons qu’ils dispersèrent la foule.
Ces deux situations antérieures, suffisamment récentes, nous aident à bien camper le caractère de Pilate et son rapport conflictuel avec le peuple juif et ses responsables (celle des effigies au cours de laquelle Pilate a dû faire marche arrière et celle de l’aqueduc ou il est resté ferme. Pilate représentait bien la politique romaine de l’empire : respect des coutumes des pays conquis et fermeté dans la sécurité et l’autorité. Une main de fer dans un gant de velours).
Deux situations aux issues différentes témoignent de la capacité de Ponce Pilate à négocier intelligemment. C’est dans ce contexte qu’il a approuvé l’arrestation de Jésus de Nazareth, amené à pied, sûrement enchaîné, après une nuit de l’Inquisition (cf. tableau du peintre Goya). Le temple était non loin du magnifique palais d’Hérode le Grand. C’est là que résidait Pilate lors de ses venues dans la capitale.
« Et aussitôt, le matin, les grands prêtres préparèrent un conseil avec les anciens, les scribes, et tout le Sanhédrin ; puis, après avoir ligoté Jésus, ils l'emmenèrent et le livrèrent à Pilate » Marc 15 : 1, version FBJ.
Tout au long de la nuit, et malgré divers interrogatoires, Jésus est resté digne, maître de lui-même et concentré sur son objectif. N’avait-il pas déjà dit : « Maintenant mon âme est troublée. Et que dire ? Père, sauve-moi de cette heure ! Mais c'est pour cela que je suis venu à cette heure » Jean 12 : 27, version FBJ, (c’est moi qui souligne) ou encore « Avant la fête de la Pâque, Jésus, sachant que son heure était venue de passer de ce monde vers le Père, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu'à la fin » Jean 13 : 1, version FBJ, (c’est moi qui souligne).
Jésus est maintenant devant Pilate dans le prétoire (endroit réservé aux audiences). Il est très certainement encore enchaîné. C’est un citoyen ordinaire. Il n’est ni romain comme Paul et pas davantage responsable religieux. Il n’a droit à aucune faveur, ni à aucune considération. C’est un prédicateur comme il en existait souvent en Israël. Compte-tenu du contexte et des accusations portées contre lui, cela pouvait se transformer en affaire politique. Nous dirions aujourd’hui : « cela pouvait être qu’une banale opération de service d’ordre ». Seulement, les accusations des prêtres mettaient en danger l’ordre public. Pilate a voulu rendre public l’interrogatoire. Il redoutait d’être utilisé par les membres du clergé pour éliminer un personnage gênant. Il avait de bonnes raisons d’être méfiant. C’est la raison pour laquelle il voulut, en Romain avisé et professionnel, se faire une opinion personnelle.
« Pilate sortit donc au-dehors, vers eux, et il dit : " Quelle accusation portez-vous contre cet homme ? " Ils lui répondirent : " Si ce n'était pas un malfaiteur, nous ne te l'aurions pas livré. " Jean 18 : 29-30, version FBJ. Notons, dans le rapport de force, le côté impertinent de la réponse des Juifs. C’est pourquoi Pilate a certainement voulu se déresponsabiliser de cette affaire en la renvoyant aux accusateurs. Et là, ils furent obligés de dévoiler leur finalité : « Pilate sortit donc au-dehors, vers eux, et il dit : " Quelle accusation portez-vous contre cet homme ? " Ils lui répondirent : " Si ce n'était pas un malfaiteur, nous ne te l'aurions pas livré ". Pilate leur dit : " Prenez-le, vous, et jugez-le selon votre Loi. " Les Juifs lui dirent : « il ne nous est pas permis de mettre quelqu’un à mort » Jean 18 : 29-31, version FBJ.
A partir de là, Pilate flairant le traquenard dans lequel on voulait l’enfermer, fit tout pour sauver Jésus, en évitant d’humilier Sadducéens et Pharisiens. Fin tacticien, toujours dans le respect des autorités du pays conquis, il saisit l’opportunité de faire échec à leur projet. Il était convaincu qu’en proposant Barrabas, il sauverait celui qu’il savait juste…
Jésus était resté dans le prétoire. Pilate revient et interroge Jésus sur sa prétendue royauté. En quelle langue ont-ils échangés ? Certainement l’araméen ? (Dans ce cas il faut accepter que Pilate ait appris la langue en six ans. C’est possible !).
Face à face historique : Pilate, représentant l’empereur. Il se croyait maître du monde ; Jésus, représentant son Père. Il se savait Maître de l’Univers. De plus, il était porteur d’un fabuleux enjeu pour toute l’humanité. Quel face à face royal !
Même dans cette situation, Jésus a voulu donner l’occasion à Pilate de le comprendre. Mais Pilate est resté bloqué dans le présent et dans sa position dominante (cf. comme nous pouvons l’être dans des circonstances particulières). Toutefois, ironie de l’histoire, c’est Pilate qui va avoir le dernier mot : Jésus est bien roi d’Israël ! C’est lui qui va le dire et porter cette vérité sur le bois. (Jésus n’aura aucune parole blessante. Il ne contestera pas non plus l’autorité politique de Pilate. Jésus n’est pas un zélote). Son approche peut être mise en parallèle avec son entretien avec la Samaritaine (cf. Jean 4 : 4-24) …
Alors Pilate entra de nouveau dans le prétoire ; il appela Jésus et dit : " Tu es le roi des Juifs ? " Jésus répondit : " Dis-tu cela de toi-même ou d'autres te l'ont-ils dit
de moi ? " Jean 18 : 33-34, version FBJ. Je ne sais pas comment on a pu récupérer l’enregistrement de ce dialogue, mais je le trouve fabuleux. Le Seigneur éprouve Pilate : se fait-il le porte-parole de ce qu’il a entendu, ou est-ce le fruit d’une conviction personnelle ? En voulant éviter tout malentendu, Jésus place inévitablement Pilate devant une situation inédite et l’on peut comprendre qu’il se soit raidi. Il est piqué au vif. Aussitôt s’empresse-t-il de dire :
« Est-ce que je suis Juif, moi ? Ta nation et les grands prêtres t'ont livré à moi. Qu'as-tu fait ? " Jésus répondit : " Mon royaume n'est pas de ce monde. Si mon royaume était de ce monde, mes gens auraient combattu pour que je ne sois pas livré aux Juifs. Mais mon royaume n'est pas d'ici. " Pilate lui dit : " Donc tu es roi ? " Jésus répondit : " Tu le dis : je suis roi. Je ne suis né, et je ne suis venu dans le monde, que pour rendre témoignage à la vérité. Quiconque est de la vérité écoute ma voix. " Pilate lui dit : " Qu'est-ce que la vérité ? " Jean 18 : 35-38, version FBJ. (Soyons honnêtes ! quand notre point de vue est remis en question avec autorité, acceptons-nous facilement l’opposition ?).
Pilate veut marquer son détachement par rapport au peuple juif et à sa religion. Il tend à prouver que si Jésus est là, c’est parce que les Juifs l’ont conduit à lui.
(Cet échange révèle certainement un réel souci spirituel de Jésus par rapport à Pilate). Mais retenons aussi que notre Seigneur sait où cela va finir. Il ne craint rien. Il ose une parole forte. Elle fait jaillir de la bouche de Pilate une réalité. (D’un air de dire c’est toi qui dis que je suis roi et je le suis en réalité). Puis, Jésus saisit l’occasion pour dépasser le contexte de son arrestation. IL affirme alors qu’il est venu rendre témoignage à la vérité. Pilate ignore qu’elle est d’un ordre métaphysique. Il croyait être devant un brigand, il réalise qu’il est devant un roi qui prononce des paroles subtiles, complexes, voire même inaudibles.
Plus encore, le Seigneur présente la supériorité d’un royaume sur un autre (Ils sont de deux natures différentes : on passe d’une conquête par les armes romaines, à une adhésion de cœur à un message christique. Désormais, il y aura le royaume de Dieu et celui de César (tout un symbole qui peut nous faire remonter jusqu’à la Genèse). C’est la raison pour laquelle, en cohérence le Seigneur déclare : « Mon royaume n'est pas de ce monde » Jean 18 : 36, version FBJ.
Cette vérité sibylline était inaccessible à Pilate (comme elle le fut un temps pour les apôtres). Il est décontenancé. Il dit à Jésus : « Tu ne me parles pas ? Ne sais-tu pas que j'ai pouvoir de te relâcher et que j'ai pouvoir de te crucifier ? » Jean 19 : 10, version FBJ. Le Seigneur va répondre : « Tu n'aurais aucun pouvoir sur moi, si cela ne t'avait été donné d'en haut ; c'est pourquoi celui qui m'a livré à toi a un plus grand péché » Jean 19 : 11, version FBJ.
A partir de cet instant T, Pilate va tout faire pour relâcher Jésus (cf. Jean 19 : 12). Notons que le Seigneur établit une différence dans la responsabilité de son arrestation. Pilate est considéré moins responsable que l’élite juive. Si son pouvoir était don du ciel, n’est-ce pas aussi pour nous dire que Pilate est l’homme par lequel la prophétie va s’accomplir !
Ponce Pilate a très vite acquis la conviction que Jésus de Nazareth n’était nullement un agitateur, un séditieux, un rebelle, un mutin ou un brigand.
« Qu'est-ce que la vérité ? » est le climax de sa confrontation avec Pilate.
« Quiconque est de la vérité écoute ma voix ». Cette voix ne s’est jamais tue. Elle ne ne se taira jamais plus. Par Jésus, la divinité a visité notre humanité.
Le Seigneur a fait la démonstration devant le gouverneur d’une vérité sans égale : L’unique façon de s’incarner dans l’histoire des hommes devait être par amour (cf. Jean 15 : 13). Mais, rien ne s’est passé comme Pilate l’avait espéré. Dès lors, que retenir du comportement de Pilate ?
Conclusion :
Que nous pouvons dire, au vu des témoignages de l’histoire ? Ponce Pilate était un homme de caractère (On n’envoyait pas n’importe qui gouverner la Judée !). Il fallait être un homme intelligent, sachant composer avec les diverses situations conflictuelles. (D’autre part, le fait que Pilate fasse accepter la présence de Claudia Procula sa femme sur le terrain de son commandement est rarissime, il fallait de la personnalité pour faire une entorse au règlement). Pilate n’était pas un lâche, un peureux qui se laisse facilement manipuler. Il avait le soutien de sa hiérarchie (à Rome).
A-t-il mal géré les accusations contre Jésus ? Tibère aurait pu facilement le destituer. Il ne l’a pas désavoué. Pilate a même gouverné encore 3 ans après la mort du Christ.
A-t-il manqué de courage ? A-t-il craint de perdre son statut de gouverneur ? Il fallait pouvoir prononcer la phrase : « je ne trouve en lui aucun motif de condamnation ». N’a-t-il pas maintenu devant tous, ce qu’il fit porter sur l’écriteau : Jésus roi des juifs en 3 langues ! N’a-t-il pas donné suite à la demande de Joseph d’Arimathée ?
Pouvons-nous accepter que Pilate, saisi par l’aura de Jésus, n’ait pas voulu contrarier son destin ? Devant un Christ qui ne s’est pas défendu, peut-on envisagé qu’il ait choisi de le laisser-aller jusqu’au terme de sa passion ? Qu’il ait accepté de ne pas contrarier son dessein ?
Une chose est certaine : se sentant piéger, il a voulu se dégager de toute responsabilité dans cette affaire. En se lavant les mains, il a signifié ne pas vouloir être complice de ce meurtre. Pourtant, il l’a été ! Il aurait pu facilement utiliser ses cohortes pour briser l’engrenage dans lequel il était placé ; il a donc accompagné le mouvement sans plus. C’est pourquoi son péché est déclaré moindre que celui des Juifs responsables.
Reconnaissons que Pilate s’est trouvé en face d’une personnalité hors du commun qui dégageait force et mystère. Il a cru faire le bon choix.
Pilate a vu ce qui était injuste, mais il n’a pas eu (à mon avis) les moyens de faire régner le droit. Il s’est réservé le dernier mot, le vrai, et il l’a dicté en hébreux, en latin et en grec, pour que le monde connaisse la vérité. C’est peut-être pour cette raison que Tertullien, dans son Apologétique, définit Pilate comme « un chrétien de cœur ». (Peut-être possédait-il lui-même des documents inconnus ?). Sa décision forte est une marque de reconnaissance : Jésus de Nazareth était bien le roi des Juifs.
Si son pouvoir venait de Dieu, qui peut savoir si Pilate n’a pas été l’homme de la situation par lequel la prophétie devait s’accomplir ? (D’après le témoignage du Seigneur le pouvoir de Pilate ne venait-il pas d’en haut, cf. Jean 19 : 11). Pouvons-nous tout comprendre ? L’apôtre Paul parlera du mystère du Christ (cf. Colossiens 4 :3 ; Ephésiens 3 : 4 ; Colossiens 1 : 26…).
Pilate est resté cohérent en ne cédant pas sur l’essentiel. Il a fait écrire à la face du monde sa vérité : une vérité incarnée sur le bois de Golgotha. C’est ce témoignage qui est sa prédication à lui. Elle a traversé les siècles. Elle nous redit LA VERITE.
Quoiqu’il en soit, Pilate a fait ce qu’il a pu dans un contexte insurrectionnel théologico-politique. « Son crime » est de n’avoir pas eu la force, ni les moyens de défendre un juste quelles qu’en soient les conséquences. A bien réfléchir les « Pilate » sont plus nombreux qu’on ne le pense ! Je suis Pilate !
« Le monde est dangereux à vivre ! Non pas tant à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laisse faire » Albert Einstein, génie de la science, 1879-1955.
Jacques Eychenne
PS : (1) Ponce Pilate, Aldo Schiavone, éd. Fayard, 2016.
(2) Idem, p. 56.
(3) Idem, p. 60.
(Flavius Josèphe raconte que Pilate a voulu se rendre à Rome dans l’hiver 36-37, mais la mer étant fermée, il dut faire un long voyage par les terres. Entre temps Tibère décéda le 17 mars 37. Après cela, on ne sait plus rien de Pilate. Apocryphes et traditions ne sont pas suffisamment fiables : on parle de suicide mais aussi de martyr chrétien).