Prenons le temps de mieux vivre

 

Psaume 73 :28

 

 

Introduction:

 

La vie n’a de sens que si on prend le temps de donner de l’importance à tout ce qui est bon pour se construire et rayonner. Mais prenons acte du fait que nous ne faisons que passer sur cette terre. Il importe donc d’être attentif à la qualité de notre marche afin de savoir ce que nous avons envie de vivre. La vie est un dépôt sans garantie, elle s’écoule comme une source au travers du temps. C’est un bien dont on ne connaît pas la fin, même si il est préférable d’être au clair sur sa finalité. Son issue mystérieuse renforce notre besoin de qualité d’être. Le temps n’est jamais perdu, tout peut- être utile à celui ou celle qui se donne les moyens de transformer l’expérience d’un vécu en mieux vivre au présent. Quant à l’expression tuer le temps, elle est offense à la vie et à son créateur.  

Le temps de la vie nous donne une clef, à nous de savoir l’utiliser à bon escient, pour nous ouvrir les portes de la connaissance et du bien vivre. Goethe avait raison de dire : «  On a toujours assez de temps quand on l’emploie bien ».

La Bible recèle des trésors de conseils sur ce sujet, aussi allons-nous méditer ensemble ce qu’elle nous enseigne.

 

Développement :

 

Le temps de vie est une opportunité à nourrir notre réflexion sur le sens de notre existence. 

Dans la prière de Moïse, il est dit : « Enseigne-nous à bien compter nos jours, afin que nous appliquions notre cœur à la sagesse » Psaume 90 : 12

Cette supplique est une invitation à entrer en réflexion sur le sens à donner à notre passage éphémère ici bas. Bien sûr, la vie est faite de difficultés, de souffrances, mais elle a aussi ses lots de bonheur, de joies simples et de bons moments à cueillir. Nous avons l’habitude de porter nos regards sur les aspérités de nos chemins, mais sachons aussi en discerner les cotés lisses, les havres de paix et de silence, la beauté de la nature, la senteur des parfums, l’esthétique et l’harmonie de nos campagnes.

A ne voir que ce qui ne va pas, nos sens se pervertissent et notre joie de vivre en est amputée.

Le Christ a aussi parlé du temps. Voici par exemple une de ces phrases riche de significations :

 

« Mon temps n’est pas encore là, par contre votre temps est toujours prêt » Jean 7:6

 

A tout moment, nous pouvons faire des choix intéressants : nous pouvons choisir de ne plus subir, de ne plus être prisonnier d’une habitude, de revendiquer une parole libre, de vivre un espace de liberté dans lequel personne nous dicte sa loi, ou conditionne nos décisions. Tout peut changer à tout moment. De même tout peut arriver à tout moment. La gestion de nos temps fait appel à une certaine sagesse. Certainement avons-nous la liberté de faire du temps, tout et n’importe quoi, mais en fait, l’objectif est quand même de bien vivre.

 

Le Christ a mis en évidence l’incohérence humaine, et son manque de discernement : « Le soir, vous dites : Il fera beau, car le ciel est rouge ; et le matin : Il y aura de l’orage aujourd’hui, car le ciel est d’un rouge sombre. Vous savez discerner l’aspect du ciel et vous ne savez discerner les signes des temps » Matthieu 16:3

 

L’homme sait faire des choses ingénieuses et merveilleuses, il a pourtant du mal à bien vivre. A quoi sert la connaissance, si elle n’est pas au service du mieux être !

Dans les temps anciens, en Israël, une tribu avait reçu un don particulier :

«  Les Fils d’ Issacar avaient l’intelligence des temps pour savoir ce que devait faire Israël »   1 Chronique 12 :32.

 

Avoir l’intelligence pour savoir ce qui nous est le plus utile et profitable, apprendre à mieux définir nos vrais besoins, voilà des éléments de réflexion que nous pouvons tout à loisir approfondir !

 

La vérité dérangeante et souvent blessante, est que nous ne savons pas  toujours faire les bons choix pour nos vies. Certes, on progresse souvent avec ses erreurs et avec les épreuves de la vie, mais l’apprentissage de la sagesse peut aussi éviter bien des tourments. La spiritualité n’est pas à repousser d’un revers de main. Nous pouvons, si nous le désirons, avoir une aide, un recours.

 « Si quelqu’un d’entre vous manque de sagesse, qu’il la demande à Dieu, qui donne à tous simplement et sans reproche, et elle lui sera donnée » Jacques 1 : 5.

Apprendre à bien gérer son temps est donc aussi savoir faire preuve d’humilité. Recourir à une demande qui peut nous aider à mieux savourer la vie, est-ce une faiblesse ou bien un acte intelligent et responsable ?

 

« Celui qui réfléchit sur les choses trouve le bonheur, et celui qui se confie en l’Eternel est heureux... La sagesse est une source de vie pour celui qui la possède ». Proverbes 16 : 20,22a.

 

La gestion du temps incite la  prise de responsabilité.

Elle nous permet d’assumer et de mettre en mouvement des actes volontaires. Quand j’entends : je n’ai pas le choix, je m’inscris toujours en faux. On a toujours le choix devant un évènement : Soit d’accepter de le subir, soit de ne pas en tenir compte, soit de le combattre, soit de le transformer, soit encore de le positiver. Il est vain, quand on refuse d’assumer ses choix, d’en faire retomber la responsabilité sur autrui. C’est bien commode de porter la faute sur d’autres, mais cela ne résout rien. La difficulté n’est que différée, tôt ou tard, elle se représentera et il nous faudra l’affronter.

 

Et puis, à force de nous déresponsabiliser par de multiples prises en charge, notre société de consommation nous place en mendiant-receveur et non pas en acteur-donneur.

Au lieu d’être la civilisation du bien-être, en favorisant nos autonomies, nous sommes maintenus en dépendance. Ne pensez-vous pas que des choix courageux peuvent nous affranchir de toutes ces atteintes à notre bien vivre ?

 

Avant tout, la Bible nous apprend que la notion du temps est liée à la personne de Dieu. Il veut partager de ce qu’Il est : l’Eternel. C’est lui qui donne le souffle de vie et c’est ce souffle qui retourne à lui après la mort. La vie ne nous appartient pas. Cette constatation  nous place en situation positive de gestionnaire.  

Le temps est un allié, non un ennemi. Il joue un rôle positif.  Pascal disait : «  Le temps guérit les douleurs et les querelles ». Il a un pouvoir thérapeutique. Il fait office de baume, de correcteur, de transformateur, d’initiateur en opportunités à saisir.

L’apôtre Paul insiste sur ce dernier point :

 

«  Nous vous exhortons à ne pas recevoir la grâce de Dieu en vain. Car il dit : Au temps favorable je t’ai exaucé, au jour du salut je t’ai secouru. Voici maintenant le temps favorable, voici maintenant le jour du salut. » 2 Corinthiens 6 : 2

 

Non seulement nous avons la possibilité de saisir les opportunités de la providence, mais encore nous pouvons donner plus de sens à nos vies, en nous rappelant que nous avons été créés pour la vie. Le temps nous permet de faire route avec Dieu, dans la confiance, et l’expérimentation de son amour. Il nous traverse pour nous donner envie d’éternité. (Cf. L’Ecclésiaste 3 :11)

Le prophète Esaïe en parle en des termes émouvants :

 

 «  Cieux réjouissez-vous ! Terre, sois dans l’allégresse ! Montagnes, éclatez en cris de joie ! Car l’Eternel console son peuple, il a pitié de ses malheureux. Sion disait : L’Eternel m’abandonne, le Seigneur m’oublie ! Une femme oublie-t-elle l’enfant qu’elle allaite ? N’a-t-elle pas pitié du fruit de ses entrailles ? Quand elle l’oublierait, moi je ne t’oublierai point ». Esaïe 49 : 13-15

 

En prenant compte de cet amour divin,  on peut plus facilement faire route avec son prochain et rencontrer le Créateur à travers l’autre son frère. Il y a un temps favorable pour chacun et chacune… David  l’a bien compris quand il s’écrie :

 

 «  Que ce soit le temps favorable, ô Dieu, par ta grande bonté ! » Psaume 69 : 14b

 

Le temps de la vie peut donc être un présent (ni être tenaillé par le passé, ni se projeter constamment dans l’avenir).  C’est soit la prise de conscience de ce que l’on reçoit car cela nous est offert, soit l’instantané à vivre. 

Un proverbe allemand dit : «  Le temps couvre et découvre toutes choses ». Il faut donner libre cours à nos émerveillements. Job avait raison de dire :

« Dieu fait des choses grandes et insondables, des merveilles sans nombre. »Job 5 : 9

 

Et David  exprime aussi son admiration en ces mots :

« Je louerai  l’Eternel de tout mon cœur, je raconterai toutes tes merveilles. Je ferai de toi le sujet de ma joie et de mon allégresse, je chanterai ton nom, Dieu Très-Haut ! ». « Je dirai la splendeur glorieuse de ta majesté ; je chanterai tes merveilles ».Psaumes 9 : 2,3 ; 145 : 5 .

                               

Le temps est un don de Dieu, c’est pourquoi il faut en apprécier chaque instant.

De nombreux textes (près de 300) parlent dans la Bible de l’Aujourd’hui. Le Christ lui-même a montré l’importance de demeurer dans le temps présent :

« Il faut que je marche aujourd’hui... » Luc 13 : 33.   Et ailleurs : «   Il faut que je fasse tandis qu’il est jour, les œuvres de celui qui m’a envoyé ; la nuit vient où personne ne peut travailler » Jean 9 : 4

 

La prière universelle des chrétiens n’est-elle pas une invitation à faire confiance à Dieu au quotidien :

 «  Donne-nous aujourd’hui notre pain quotidien » Matthieu  6 : 11.

 

 N’est-ce pas, au-delà du pain matériel, reconnaître que Dieu, notre Père, désire aussi répondre à tous nos autres besoins qui nourrissent nos vies ?

De même, si nous voulons tourner nos regards vers une dimension spirituelle, il est aussi dit :

 

« Aujourd’hui si vous entendez la voix de Dieu, n’endurcissez pas vos cœurs. »Hébreux 4 : 7b.

 Et l’apôtre Paul  concluant son hymne à l’amour déclare :

 

 « Aujourd’hui nous voyons au moyen d’un miroir, d’une manière obscure, mais alors nous verrons face à face ; aujourd’hui je connais  en partie, mais alors je connaîtrai comme j’ai été connu. Maintenant donc trois choses demeurent : la foi, l’espérance, l’amour ; mais la plus grande de ces choses, c’est l’amour. » 1 Corinthiens 13 : 12,13.

Si le temps est don de Dieu, il ne faut pas pour autant croire qu’il nous appartient en propre.

 

L’apôtre Jacques a raison d’attirer notre attention sur le fait qu’en réalité, tout vient de Dieu.

 

« A vous maintenant, qui dites : Aujourd’hui ou demain nous irons dans telle ville, nous y passerons une année, nous trafiquerons, et nous gagnerons ! Vous qui ne savez pas ce qui arrivera demain !  Car, qu’est-ce que votre vie ? Vous êtes une vapeur qui paraît pour un peu de temps, et qui ensuite disparaît. Vous devriez dire, au contraire : Si Dieu le veut, nous vivrons, et nous ferons ceci ou cela. » Jacques 4 : 13-15.

 

Nous ne sommes que des gestionnaires d’un temps imparti dont nous ignorons le terme. Nous pouvons cependant être dans l’illusion de propriété, mais en fait tout est vanité comme dit l’Ecclésiaste.

Le temps est un présent. Il est aussi le moyen par lequel je peux réaliser mes projets.

Salomon disait :

 

 «  Jeune homme, réjouis-toi dans ta jeunesse, livre ton cœur à la joie pendant les jours de ta jeunesse, marche dans les voies de ton cœur et selon le regard de tes yeux ; mais sache que  pour tout cela Dieu t’appellera en jugement. Bannis de ton cœur le chagrin, et éloigne le mal de ton corps ; car la jeunesse et l’aurore sont vanité » Ecclésiaste 12 : 1,2

 

A la fois notre responsabilité d’humain est d’entreprendre, et à la fois elle est aussi d’agir avec discernement. Que notre responsabilité soit engagée, quoi de plus normal !  Nos temps de travail ne sont-ils pas aussi évalués ? Notre employeur n’a-t-il pas le devoir d’apprécier ce que nous faisons à sa juste valeur ?

Le temps met en évidence des moments uniques, des concentrés de vie.

 

Je pense au temps des rencontres dans l’amour ou l’amitié. Ces moments exceptionnels ou on communique et partage simplement et sans apriori.

 

Je pense à l’émotion ressentie par le serviteur d’Abraham parti à la recherche d’une épouse pour son fils Isaac. (Cf.Genèse 24 : 1-19).

 

Je pense au coup de cœur de Jacob voyant Rachel près du puits où elle venait abreuver les troupeaux de Laban. Le texte dit d’une manière limpide et laconique : « Jacob baisa Rachel, il éleva la voix et pleura » Genèse 29 : 11

Je pense à la relation d’amour entre Dieu et la ville sainte, Jérusalem : « Tu grandis, tu devins d’une beauté parfaite ; tes seins se formèrent, ta chevelure se développa. Mais tu étais nue, entièrement nue. Je passai près de toi, je te regardai, et voici, ton temps était là, le temps des amours. J’étendis sur toi le pan de ma robe, je couvris ta nudité, je te jurai fidélité, je fis alliance avec toi, dit le Seigneur, l’Eternel, et tu fus à moi. » Ezéchiel 16 : 7-8.

Je pense encore à la rencontre de David et Jonathan. Tout pouvait les séparer : la jalousie de Saül (père de Jonathan) pour David, la renommée de David par rapport à Jonathan... Leur rencontre fut une bénédiction pour les deux. Ils conclurent une alliance dans l’amour. (Cf. 1 Samuel 18 : 1-4) Salomon a bien raison de souligner que le véritable

 « ami aime en tout temps, et dans le malheur il se montre un frère » Proverbes 17 : 17 

 

 Point de reproche, point de jugement, mais accueil du choix de l’ami, quand bien même il nous paraîtrait déraisonnable, insoutenable et inopportun. Un véritable ami peut aussi désapprouver, mais il accueille toujours.

Salomon a écrit :

 

 « Mieux vaut une réprimande ouverte qu’une amitié cachée. Les blessures d’un ami prouvent sa fidélité » Proverbes 27 :5-6

 

Je pense aussi, dans un autre registre à la reine Esther. Lorsque son parent Mardochée, (qui l’avait élevée) vint lui parler. C’était  un moment crucial. Le peuple juif  était sous la menace d’un génocide. Mardochée lui dit 

« Et qui sait si ce n’est pas pour un temps comme celui-ci que tu es parvenue à la royauté ? » Esther 4 : 14.

 

Question pertinente qui réveilla la conscience d’Esther et lui donna la force d’affronter le grand monarque perse Assuérus et de braver la loi infrangible et immuable des Mèdes et des Perses.

Le temps est une opportunité qui nous permet à tout instant de vivre autrement.

Et si nous faisions le choix de rencontrer Dieu ? Comme le dit le prophète Osée :

 

« Il est temps de chercher l’Eternel » Osée 10 : 12

 

Devant la situation présente du monde, de plus en plus de voix s’élèvent pour nous dire que notre monde est en manque de vraie spiritualité. Des philosophes, des scientifiques, même des politiques, se rendent bien compte que le bien être matériel n’est pas une fin en soi. L’être humain aspire à vivre des valeurs spirituelles qui le transportent, l’édifient et le nourrissent. Le Seigneur Jésus n’a-t-il pas déclaré :

 

« L’homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu ». Matthieu 4 : 4

Oui, « Dieu a fait que tous les hommes, sortis d’un seul sang, habitent sur toute la terre, ayant déterminé la durée des temps et les bornes de leur demeure ; il a voulu qu’ils cherchent le Seigneur, et s’efforcent de le trouver en tâtonnant, bien qu’il ne soit pas loin de chacun de nous, car en lui nous avons la vie, le mouvement et l’être. »Actes 17 : 26-28a

 

C’est dans cette optique que l’apôtre Paul nous incite à « Racheter le temps »Ephésiens 5 : 16. Même si je n’aime pas la formule, j’adhère au fond. Ainsi, il n’y a plus de temps perdu pour celui ou celle, qui comprend les enjeux de la vie. Il suffit de décider de se tourner résolument vers Celui qui va nous aider traverser le temps avec sérennité. Rien n’est perdu, tout peut être recyclé. Même nos erreurs lamentables sont nécessaires à des prises de conscience. Avoir une vision positive de la vie, c’est admettre que la construction de nos êtres prend du temps. Nous ne réussissons pas tout dans l’instant même. Nos vies sont remplies de pages de brouillon, d’erreurs, de ratures... Mais en fin de compte, l’important est la page finale, celle où on remet au propre nos pensées, nos actions et nos espérances.

 

Conclusion :

 

Ne parlons plus de temps perdu ! N’essayons plus de tuer le temps, il est trop précieux ! Ne pensons pas que nous n’avons plus le temps ! Le temps n’est contrainte que si nous le subissons, mais il est bienfait quand nous l’utilisons. Qui prend le temps, ne perd jamais son temps. Un proverbe espagnol dit fort justement : «  Nous n’avons rien à nous que le temps ». Un humoriste pourrait dire que le temps est un peu comme l’argent, moins on en perd, plus il nous en reste ! Plus sérieusement, saisissons l’opportunité des bienfaits de la vie et devant les difficultés que l’on ne cesse de nous annoncer, soyons bons pour chacune de nos vies et repensons le temps différemment.

L’apôtre Paul disait déjà en son temps : « Vous savez en quel temps nous sommes : c’est l’heure de vous réveiller enfin du sommeil, car maintenant le salut est plus près de nous que lorsque nous avons cru ».Romains 13 : 11   

 

                                      Jacques Eychenne

                                                                             

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