Le rêve de la statue

    

     

 

     Le rêve de la statue             

        ou

  comment Dieu maîtrise

     l’histoire du monde… 

   Daniel 2 : 1-45

 

 

 

Introduction :

 

La Bible affirme que Dieu est le créateur de tout vivant dans l’univers. Ce pourrait-il dès lors que l’histoire de notre belle planète bleue lui échappe ? Ce pourrait-il qu’il laisse les évènements se dérouler sans en avoir le contrôle ? Ou au contraire, maîtrise-t-il les situations et la direction générale de l’histoire ? Dans ce cas, quelle serait la part d’initiative de l’humain dans le déroulement du film historique de notre monde ?

L’apôtre Paul répond en grande partie à ces questions. S’adressant aux philosophes, épicuriens, stoïciens et juifs, à l’aréopage d’Athènes, il déclare :

 

« Le Dieu qui a fait le monde et tout ce qui s’y trouve, lui qui est le Seigneur du ciel et de la terre, n’habite pas dans des sanctuaires fabriqués par des mains humaines, comme s’il avait besoin de quoi que ce soit : c’est lui qui donne la vie, le souffle et toutes choses. D’un seul être il a fait toutes les nations des humains, pour que ceux-ci habitent sur toute la surface de la terre, dans les temps fixés et les limites qu’il a institués, afin qu’ils cherchent Dieu, si tant est qu’on puisse le trouver en tâtonnant. Pourtant, il n’est pas loin de chacun de nous, car c’est en lui que nous vivons, que nous nous mouvons et que nous sommes. » Actes 17 :24-27, version NBS.

 

Observons, que bien avant ce discours de Paul, Dieu avait déjà brossé un tableau général de l’histoire des hommes. S’adressant, dans un rêve, au tout puissant monarque Nébucadnetsar ou Nabuchodonosor, Dieu déroula le film de la succession des puissances dominantes de ce monde avec une finalité digne des grands péplums. Cette récapitulation historique part du 6ème siècle avant J.C et arrive jusqu’à notre temps : les tentatives de la construction de l’Europe. Observons que l’objectif de ce rêve n’est point de parler de l’histoire de tous les peuples de notre planète, mais seulement d’un axe qui traverse la révélation divine. Nous suivons le déplacement d’Est en Ouest. Le peuple d’Israël est le fil rouge de cette histoire…

En ce sens, le livre de Daniel est unique. Son classement dans la Bible hébraïque en témoigne. Il est écrit au début et à la fin en hébreu, et au centre en araméen. Lors de la déportation des élites juives à Babylone, le prophète Daniel a un statut privilégié. Il assume, pour le compte du roi, une des plus hautes fonctions de l’état babylonien. De ce fait, il est un témoin accrédité de la révélation que Dieu va lui confier (Même si la datation est incertaine, les faits décrits remontent bien au 6ème siècle av. J ; -C.).

Le livre de Daniel contient les éléments prophétiques chronologiques qui précisent l’époque de la première venue du Christ (cf. Daniel 7 ; Ils serviront certainement de référence aux rois mages venus adorer l’enfant Emmanuel). Le Christ lui-même a attesté son authenticité et son inspiration divine (cf. Matthieu 24 : 15).

 

Développement :

 

Lisons le livre du prophète Daniel : Daniel 2. Le prophète est déporté à Babylone et vit dans la capitale. Il a été associé aux sages du royaume de Nébucadnetsar.

Le texte nous apprend (en synthèse) que les magiciens, astrologues ou chaldéens, ont été incapables d’expliciter son rêve, et donc d’en donner l’explication. Le roi furieux décide alors de faire périr tous les sages de son royaume. Et, c’est là qu’intervient le prophète Daniel, car Dieu lui révèle le songe du roi et lui en donne l’explication.

Avant tout, notons que dans sa prière de reconnaissance, Daniel mentionne plusieurs points importants.

 

1)   La sagesse et la force appartiennent à Dieu (cf. Daniel 2 : 20).

2)   Dieu a le regard sur le déroulement de l’histoire humaine (cf. Daniel 2 : 21).

3)   Dieu seul connaît le futur. Il le révèle, quand il le juge opportun, à ses serviteurs (cf. Daniel 2 : 22 ; Amos 3 : 7 ; Esaïe 5 : 9 ; 2 Samuel 7 : 21).

Le prophète Daniel résume humblement la situation en plaçant Dieu au cœur de sa révélation :

 

Le mystère que le roi demande, ce ne sont pas les sages, les envoûteurs, les mages et les devins qui sont capables de le dire au roi ; mais il y a dans le ciel un Dieu qui révèle les mystères, et qui a fait connaître au roi Nabuchodonosor ce qui arrivera dans la suite des temps. Voici ton rêve, les visions que tu as eues sur ton lit » Daniel 2 : 27-29, version NBS.

 

Daniel a déplié devant le roi le fascicule de la succession des grands empires, dits universels par les historiens.

On notera la décroissance dans la valeur des métaux. Symboliquement cela suggère une détérioration progressive, mais irréversible des valeurs morales et politiques. Et même s’il y a accroissement de la puissance avec le quatrième empire (empire romain), il y a affaiblissement par division (2 jambes// empire d’Orient et empire d’Occident).

La détérioration est encore plus significative dans l’alliage impossible entre le fer et l’argile. Devant le constat d’échec d’une division profonde entre les hommes et les états, la solution pour notre humanité ne pouvait qu’être extérieure. Elle ne pouvait venir que de Dieu lui-même. C’est pour cette raison que la petite pierre se détache d’une montagne, sans le secours d’aucune main, c à d, sans intervention humaine. Elle vient frapper la statue qui s’effondre…

 

Nous aborderons la signification de cette petite pierre plus loin.

Notons encore que la montagne peut symboliser aussi un royaume (cf. Esaïe 2 : 2-5). En répondant au souhait du monarque, Daniel prend lui aussi connaissance du grand plan de Dieu. Ce dernier aboutit à l’établissement d’un royaume éternel. Pour Daniel qui est expatrié, cela a dû être un réconfort certain.

 

Détail et interprétation de la vision :


                      La tête d'or représente le royaume babylonien.

                     La poitrine d'argent reprédente le royaume des Mèdes et                                Perses.

                      Le bassin d'airain représente l'empire grec.

                         Les jambes de fer représentent l'empire romain.

                         Les pieds en partie de fer et d'argile représente l'occident.

                         La petite pierre qui frappe les pieds de la statue représente le                              retour du Christ. 

       
   
 
     

Ainsi, le retour du Christ, l’envoyé du Père, met fin à la tragédie du mal sur la terre. Le Seigneur vient pour inaugurer un royaume qui ne sera jamais détruit. Il subsistera toujours (cf. Daniel 2 : 44).

 

« Le songe est véritable, et son explication est certaine » Daniel 2 : 4, version LSG.

« Dieu parle d'une façon et puis d'une autre, sans qu'on prête attention » Job 33 : 14, version FBJ.  

 

L’histoire démontrera que Dieu avait raison. Sa parole énonce le vrai : « L’herbe se dessèche, la fleur se fane, mais la parole de notre Dieu subsiste à jamais » Esaïe 40 : 8, version FBJ.

 

Tableau d’interprétations comparées :

 

Récapitulation :

 

Le Prophète Daniel est en captivité à Babylone. Tout comme toute l’élite morale et intellectuelle d’Israël, il est sans terre et sans royaume, loin de sa patrie. Dieu lui révèle l’avènement d’un royaume éternel. C’est-à-dire pour Daniel un lieu définitif, stable et paisible. Autrement dit, pour Daniel cette révélation divine est une grande bouffée d’espérance ! Au-delà de ce contexte, cela concerne tous ceux et celles qui aspirent à un ailleurs répondant à leurs aspirations de paix, de bien-être et de bonheur sans nuage. Tous ceux qui espèrent et croient à ce royaume des cieux l’habiteront. Cette prophétie est donc signifiante pour chacun de nous (cf. Matthieu 6 : 33 ; 25 : 34 ; 1 Thessaloniciens 2 : 12).

 

L’apôtre Paul invitait ses auditeurs à « attendre la bien-heureuse espérance et l’apparition de la gloire de notre grand Dieu et Sauveur, le Christ Jésus » Tite 2 : 12, version FBJ.

Redisons-le avec conviction : la vraie solution aux problèmes des hommes de notre temps réside dans l’intervention de Dieu dans l’histoire. C’est lui qui la ponctuera par l’établissement d’un royaume dans lequel il n’y aura plus ni cri, ni larme, ni souffrance, ni mort. Un royaume où la justice et l’amour régneront à tout jamais (cf. Apocalypse 21 : 1-7 ; 2 Pierre 3 : 13).

 

Conclusion :

 

La philosophie de l’histoire est d’acter le fait qu’un Père aimant intervient dans notre humanité pour y apporter une solution pérenne. L’intervention de ce Père a été rendue nécessaire par la prolifération du mal et notre incapacité à surmonter ses effets dans nos quotidiens. A l’évidence, sans cette action divine,

notre monde aurait, tôt ou tard, vécu sa propre auto-destruction (cf. Les moyens de destruction, avec l’apparition des forces nucléaires, sont suffisantes pour désaxer la rotation de notre planète et la rendre impropre à toute vie).

 

 

 

Croire à la solution divine n’évacue pas notre responsabilité de citoyen. Nous vivons dans ce monde, mais compte-tenu de son évolution, nous ne pouvons que créditer la proposition d’un Père qui veut rassembler ses enfants dans un endroit sécurisé (cf. son royaume).

Le Christ symbolisé par l’action de la petite pierre frappant les pieds de la statue, est venu parmi nous, moins pour briser l’action du mal dans le monde, que pour orienter nos regards vers un ailleurs heureux et définitivement paisible. Jésus-Christ a donné sa vie pour ce projet. Ce dernier fait appel à une restauration complète à tous les niveaux (cf. Apocalypse 21 : 5).

C’est la raison pour laquelle les messages du Messie, le Christ envoyé de Dieu, nous prodiguent sagesse et persévérance dans la foi, dans l’attente d’une citoyenneté céleste. Lui-même n’a-t-il pas déclaré clairement : « Mon royaume n’est pas de ce monde..., il n’est point d’ici-bas » Jean 18 : 36, version LSG.

Son conseil avisé est plus que jamais d’actualité :

« Cherchez premièrement le royaume et la justice de Dieu ; et toutes choses vous serons données par-dessus » Matthieu 6 : 33, version LSG.

 

Nous sommes avant tout citoyens du ciel, voyageurs et pèlerins sur cette terre. Nous avons tendance à l’oublier, tant nous sommes percutés par les nouvelles dramatiques qui traversent notre pauvre monde. Pourtant, l’apôtre Paul n’a pas cessé d’interpeler les communautés chrétiennes naissantes en leur rappelant :

« Notre cité, à nous, est dans les cieux, d'où nous attendons, comme sauveur, le Seigneur Jésus Christ » Philippiens 3 : 20, version TOB.

Les écrits attestent les dispositions d’esprit qui étaient présentes au sein des chrétiens :

« C'est dans la foi qu'ils moururent tous sans avoir reçu l'objet des promesses, mais ils l'ont vu et salué de loin, et ils ont confessé qu'ils étaient étrangers et voyageurs sur la terre. » Hébreux 11 : 13, version FBJ (c’est moi qui souligne).

Si la petite pierre vient abattre la statue, c’est parce qu’elle annonce prophétiquement la fin d’une gestion humaine sans avenir. Tôt ou tard la prédiction se réalisera certainement. Elle viendra briser tous les rêves des dictateurs possédés par leur soif de pouvoir et de domination.

La promesse du Seigneur est comme un baume sur notre humanité souffrante. Elle ouvre un espace de lumière dans un monde qui en a bien besoin.

 

« Que votre cœur ne se trouble pas : vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi. Dans la maison de mon Père, il y a beaucoup de demeures : sinon vous aurais-je dit que j'allais vous préparer le lieu où vous serez ? Lorsque je serai allé vous le préparer, je reviendrai et je vous prendrai avec moi, si bien que là où je suis, vous serez vous aussi » Jean 14 : 1-3, version TOB.

 

                                                                          Jacques Eychenne

 

 

PS : NBS, version Nouvelle Bible Segond ; LSG, version Louis Segond 1982 ; FBJ, version Française de la Bible de Jérusalem ; TOB, version Traduction Œcuménique de la Bible.

 

 

 

                                                                                 

 

 

 

 

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