Le Christ oublié

 

 

  Le Christ oublié

                     ou

     « Je reviendrai »

   Jean 14 : 3

 

Introduction :

 

J’emprunte le titre de cette réflexion spirituelle à mon professeur de français et de grec, Norbert Hugedé, dont un de ses livres portait ce titre évocateur (1). Son témoignage a laissé une trace dans mon cœur et je tenais à lui rendre hommage.

Alors que notre monde subit des bouleversements sur tous les plans, qui pense que la solution satisfaisante pour tous les humains soit le retour de Celui qui a vaincu la mort ? Vu d’en haut, on s’agite beaucoup. Les aspirations des grands responsables de notre planète ne semblent pas s’embarrasser de ce que le Seigneur Jésus a annoncé. Préoccupés qu’ils sont par leur désir de domination, ils ne regardent que l’aspect humain des choses. Pendant ce temps-là, les barrières morales sont renversées les unes après les autres. Une vraie résistance se met-elle en place ? Devant la déliquescence d’une moralité indigente, où sont « ceux qui auront aimé son avènement ? » 2 Timothée 4 : 8, version LSG. Même dans les communautés religieuses l’attente heureuse du retour de notre Seigneur s’estompe…

 

Développement : 

 

Sur un plan plus personnel, pris dans l’activisme du qutidien, chacun s’active pour faire face aux besoins primaires du quotidien. Et, pendant ce temps, insidieusement, tout semble s’accélérer (Même les commentateurs des actualités à la radio et à la télévision parlent de plus en plus vite). Certes, nous subissons les conséquences de cette vie trépidante, mais est-ce pour autant qu’il faille oublier l’essentiel du sens de la vie ? Cela concerne notre présent et notre avenir. L’apôtre Paul donne hardiment son témoignage :

« Et maintenant, voici qu'est préparée pour moi la couronne de justice, qu'en retour le Seigneur me donnera en ce Jour-là, lui, le juste Juge, et non seulement à moi mais à tous ceux qui auront attendu avec amour son apparition » 2 Timothée 4 : 8, version FBJ.

La question prégnante qui se pose à nous est d’une simplicité enfantine : 

Est-ce que j’attends avec amour le moment où le Christ apparaîtra en gloire ?

Comment pouvons-nous occulter une telle bonne nouvelle, alors que l’annonce de son retour est renouvelée plus de trois cents fois dans le Nouveau Testament. C’est même l’enseignement le plus important, celui qui donne du sens à la mort et à la résurrection du Christ.

Pour l’apôtre Paul, son enseignement et sa prédication avaient pour justification le retour en gloire de son Seigneur. Il exhortera son disciple Timothée à suivre ce principe.

« Je t'adjure devant Dieu et devant le Christ Jésus, qui doit juger les vivants et les morts, au nom de son apparition et de son Règne : proclame la parole, insiste à temps et à contretemps, réfute, menace, exhorte, avec une patience inlassable et le souci d'instruire » 2 Timothée 4 : 1-2, version FBJ. (C’est moi qui souligne).

L’apôtre poursuit en prophétisant : « Car un temps viendra où les hommes ne supporteront plus la saine doctrine, mais au contraire, au gré de leurs passions et l'oreille les démangeant, ils se donneront des maîtres en quantité et détourneront l'oreille de la vérité pour se tourner vers les fables. Pour toi, sois prudent en tout, supporte l'épreuve, fais œuvre de prédicateur de l'Évangile » 2 Timothée 4 : 3-5, version FBJ.

Pourquoi les grandes communautés religieuses ne prêchent-elles plus le retour du Christ ? Pourquoi ne parlent-elles plus de l’amour qui pousse à aspirer à son avènement ? Pourquoi sommes-nous si oublieux de toutes les belles promesses proclamées par notre Seigneur Jésus ?

 

Reposons-nous la question :

 

« Est-ce que j’attends avec amour le moment où il apparaîtra ? ».

Ce qui est important à comprendre en dehors du côté affectif que nous sommes appelés à vivre concernant son retour, c’est qu’il s’inscrit dans le monde des vivants comme un fait capital, un évènement central. C’est la clef de voûte de tout l’édifice chrétien.

Ce n’est pas un hasard si l’apôtre Paul (en particulier) associe l’apparition et le règne du Christ, à la prédication de la parole. De même, il unit dans un même évènement sa récompense d’une couronne de justice, à la venue triomphante de son Sauveur (cf., « en ce jour-là », 2 Timothée 4 : 8). Ailleurs, il associera la foi et la connaissance à l’espérance de la vie éternelle « promise avant tous les siècles par le Dieu qui ne ment pas » Tite 1 : 2, version FBJ. C’est pour avoir eu le courage de proclamer cette vérité qu’il a été condamné par le Sanhédrin : « Il s'écria donc dans le Sanhédrin : " Frères, je suis, moi, Pharisien, fils de Pharisiens. C'est pour notre espérance, la résurrection des morts, que je suis mis en jugement. " Actes 23 : 6, version FBJ.

Alors, redisons-le avec force et conviction : le retour du Seigneur en gloire est le point nodal de l’enseignement chrétien. Si nous occultons cette promesse divine, tout le plan du salut pour notre humanité s’écroule. Il n’y a donc plus d’espérance. Or, Paul a bien démontré que c’est vers cette espérance que tout a été mis en synergie :

« En effet, tout ce qui a été écrit dans le passé le fut pour notre instruction, afin que la constance et la consolation que donnent les Écritures nous procurent l'espérance » Romains 15 : 4, version FBJ.

Ainsi donc, le seul évènement à venir qui mérite de retenir la concentration de notre attention est bien le retour en gloire de notre Seigneur et Sauveur. Il inaugurera la gouvernance d’un monde nouveau, où l’amour, la paix, la joie, le bonheur d’être pleinement soi, en sécurité et en bien être, seront notre quotidien. C’est dans cette perspective que l’apôtre Paul a créé les premières communautés chrétiennes. Son message a été résumé dans un billet envoyé à Tite :

 

« Car la grâce de Dieu, source de salut pour tous les hommes, s'est manifestée, nous enseignant à renoncer à l'impiété et aux convoitises de ce monde, pour vivre en ce siècle présent dans la réserve, la justice et la piété, attendant la bien-heureuse espérance et l'Apparition de la gloire de notre grand Dieu et Sauveur, le Christ Jésus » Tite 2 11-13, version FBJ.

 

Je réitère la question essentielle :

 

« Est-ce que j’attends avec amour le moment où il apparaitra ? »

 

Vous me direz : « c’est bien beau d’attendre, mais il nous faut vivre ! ». Certes ! Mais la façon dont nous appréhendons nos quotidiens peut nous piéger. Le Seigneur a parlé des soucis de la vie qui peuvent étouffer la bonne nouvelle du salut. La parabole du semeur nous éveille à ce danger :

 

« Celui qui a été semé sur les endroits rocheux, c'est l'homme qui, entendant la Parole, l'accueille aussitôt avec joie ; mais il n'a pas de racine en lui-même, il est l'homme d'un moment : survienne une tribulation ou une persécution à cause de la Parole, aussitôt il succombe. Celui qui a été semé dans les épines, c'est celui qui entend la Parole, mais le souci du monde et la séduction de la richesse étouffent cette Parole, qui demeure sans fruit » Matthieu 13 : 20-22, version FBJ.

 

Ainsi, nous avons été prévenus ! Ne nous laissons pas dominer par la sacro-sainte nécessité de l’urgence, ni aspirer par toutes les tensions politiques… Demandons l’aide du Seigneur pour ne pas nous mettre dans des situations qui peuvent brouiller notre vision de la finalité de l’histoire. Ne nous croyons pas plus intelligents, nous sommes tous fragiles. Sans l’aide de l’Esprit Saint, cela va devenir difficile de rester imperméables aux influences extérieures.

En tant que chrétiens, nous disons souvent dans notre prière, telle que le Christ nous l’a enseigné : « que ton règne vienne… ». Mais sommes-nous cohérents avec ces paroles qui soulignent l’attente dans la bien-heureuse espérance chrétienne ?

 

Il fut un temps où les responsables religieux chrétiens étaient plus sensibles à cette vérité biblique. J’en veux pour preuve le témoignage de ce cardinal du siècle dernier. Il écrivait : « On sait assez quelle place maîtresse occupe dans l’économie de la révélation chrétienne la perspective de cette seconde venue du Seigneur, si souvent et si solennellement annoncée par lui, comme devant amener, avec la transformation des cieux et de la terre d’à présent, avec la résurrection des morts et le jugement général, ’établissement définitif du royaume de Dieu en sa consommation finale et sa perfection dernière. Il suffit d’ouvrir tant soit peu L’Evangile, pour reconnaître aussitôt que la Parousie est bien l’alpha et l’oméga, le commencement et la fin, le premier et le dernier mot de la prédication de Jésus ; qu’elle en est la clef, le dénouement, l’explication, la raison d’être, la sanction ; que c’est, enfin, l’évènement suprême auquel tout le reste est rapporté et sans lequel tout le reste s’effondre et disparaît » (c’est moi qui souligne !) (2).

Et même encore le Concile de Trente, réclamé par Luther dès 1518, mais qui ne s’ouvre qu’en 1545, publiera un catéchisme dans lequel il est écrit :

« Si tous les hommes ont désiré ardemment ce jour du Seigneur où il revêtit notre chair, parce qu’ils mettaient dans ce mystère l’espoir de leur délivrance, aujourd’hui que le Fils de Dieu est mort et qu’il est monté au ciel, nos soupirs et nos désirs les plus ardents doivent être pour cet autre jour du Seigneur » (3) (c’est moi qui souligne !).

 

Nous le constatons, nombreux ont été les éveillés à la bonne nouvelle de son retour dans les décennies et les siècles passés, mais, qu’en est-il aujourd’hui ?

En cet instant où la France est traversée par une crise pour le moins politique, posez la question à un citoyen lambda dans la rue : « croyez-vous au retour du Christ ? » et observez sa réponse. Il se demandera si vous ne venez pas de Mars ou de Vénus !

 

L’apôtre Pierre prophétisait en son temps sur l’attitude incrédule des citoyens de la fin des temps. Il avait sûrement dû assumer lui-même ce genre de mépris ! C’est pourquoi il prévient solennellement les fidèles des premières communautés chrétiennes :

 

« Sachez avant tout que, dans les derniers jours, il viendra des moqueurs avec leurs railleries, et marchant selon leurs propres convoitises. Ils disent : où est la promesse de son avènement ? Car depuis que les pères sont morts, tout demeure comme dès le commencement de la création » 2 Pierre 3 : 4, version LSG.

 

De nos jours, la question du retour en gloire de notre Seigneur prêterait poliment à sourire. On nous ferait remarquer que dans le contexte de notre temps, rendu difficile pour toutes sortes de raisons, cette idée serait pour le moins saugrenue. Plus étonnant encore ! Même dans les milieux religieux, cette vérité évangélique semble ne plus faire partie de leur enseignement. Posons cette question à des personnes, « dites pratiquantes » et observons leur réponse… A dire vrai, il y a longtemps que dans certains milieux chrétiens, le Christ n’est plus attendu !

 

Mais, cessons de regarder autour de nous, qu’en est-il de chacun de nous ? Sommes-nous de ceux « qui attendent avec amour le moment où il apparaîtra (?) », version TOB.

Pourtant, que ce soit de notre vivant ou à la première résurrection, la promesse du Seigneur s’inscrira dans un instantané glorieux indescriptible. Pensons-y souvent !

Ce message n’est nullement une invitation à se positionner dans un attentisme hermétique.

Si le retour de notre Seigneur est à ce point important, c’est parce qu’il détient une information cruciale. L’espérance nourrit l’amour. Tous les amoureux du monde ont expérimenté cette réalité dans une séparation limitée dans le temps. Leurs sentiments se vivaient au présent. De même, « la Parole vivante et permanente de Dieu » 1 Pierre 1 : 23, continue à nourrir notre foi en celui que nous aimons et qui vient.

C’est seulement en nous élevant au-dessus de toutes nos contingences humaines, et en portant nos regards vers celui qui vient, que nous pouvons nous situer dans une atmosphère où se vivent ce qui résiste au temps, à savoir « la foi, l’espérance, l’amour » 1 corinthiens 13 : 13, version LSG.

Qu’importe, dès lors si nous devons faire face aux ricaneurs et aux moqueurs ! Nous sommes fiers de croire de toutes nos forces à la Parole du Seigneur Jésus.

 

« Que votre cœur ne se trouble point, croyez en Dieu et croyez en moi. Il y a plusieurs demeures dans la maison de mon Père. Si cela n’était pas, le vous l’aurais dit. Je vais vous préparer une place. Et, lorsque je m’en serai allé, et que je vous aurais préparé une place, JE REVIENDRAI, et je vous prendrai avec moi, afin que LÂ ou JE SUIS VOUS Y SOYEZ AUSSI » Jean 14 : 1-3, version LSG, (c’est moi qui souligne).

 

La deuxième information cruciale est que le retour du Christ est la finalité du programme d’amour de Dieu. Il réunit ceux qui étaient séparés. Si Jésus revient, c’est pour que nous demeurions à tout jamais avec lui. Cette apparente utopie pour tous ceux qui n’ont qu’une vision terrestre des choses de la vie, peut paraître une folie. Elle est cependant notre profonde raison de vivre.

Ainsi, pour tous ceux qui ont foi dans les paroles de Jésus de Nazareth, ce message est pour notre génération la pierre d’angle sur laquelle tout l’édifice du salut repose. En effet, si le Seigneur ne revient pas chercher ceux qui ont espéré en lui, tout ce qu’il a fait pour nous relève uniquement d’un parcours humain exceptionnel, comme tant d’autres.

 

Conclusion :

 

Quand on vit une réelle expérience d’amour, la parole de l’être aimée a de l’importance. Elle nourrit une relation heureuse et paisible. La confiance se met en place sans effort. Aucun doute, ni suspicion, ne viennent entraver ce lien profond. Mais une relation cela s’entretient ! Elle est alimentée par de petites attentions. C’est la raison pour laquelle le Seigneur nous dit qu’il nous prépare une place. Cette préparation peut nous paraître longue parce que nous n’avons pas toutes les informations, mais faisons-lui confiance. Il nous a donné suffisamment de preuves de son amour pour nous éviter de sombrer dans le doute !

Même si notre vie est actuellement trépidante, si tout se vit en accéléré, si nous sommes absorbés par les soucis du quotidien, posons-nous sérieusement la question :

 

« Est-ce que j’attends avec amour le moment où il apparaîtra ? ».

Si nous nous posons sincèrement la question, nous pouvons compter sur l’assistance de l’Esprit Saint (cf. Romains 8 : 26). Notre attention ne devrait-elle pas être réactivée par la situation de notre monde ! L’auto-destruction de notre humanité par la guerre, par le péril nucléaire, par le pillage des biens naturels, par les progrès foudroyants de la science qui risquent d’échapper à leurs concepteurs, par la surenchère des horreurs en matière de mœurs, devraient nous maintenir en éveil. Dans ce contexte observable et vérifiable, le message chrétien, annonçant la venue d’un Sauveur, n’a-t-il pas toute sa pertinence ? Abandonnons toutes les utopies humaines et ayons confiance en Celui qui a payé de sa vie son engagement… Redisons-le, la Bible n’est ni un livre d’histoire, ni un livre de science, ni un livre ancien issu de parchemins poussiéreux. Il transmet une Parole vivante permanente. Elle nourrit l’âme et lui donne le rayonnement de l’amour. Alors oui ! Aujourd’hui, demain, toujours, disons :

         « Amen ! Viens Seigneur Jésus ! » Apocalypse 22 : 20, version LSG.

                                                                            Jacques Eychenne

PS : FBJ, version Française de la Bible de Jérusalem ; LSG, version Louis Segond 1982.

  1. Le christ oublié, Editeur Vie et Santé, Janvier 1983.
  2. Cardinal Billot, La Parousie, Paris, Beauchesne, 1920, p. 9-10.
  3. Catéchisme du Concile de trente. Ch. 8 : Du symbole des Apôtres.

(2) et (3) Citations empruntées à Madeleine Chasles dans son ouvrage : Celui qui revient, éditeur Aubanel Ainé, 15 place des Etudes Avignon.

      Si vous voulez approfondir d’autres thèmes bibliques, visitez le site 

                                    chretiens-en-marche.org

 

 

 

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