Titre

 

  Une valeur

 

  malmenée

    

Le contentement

   

 Hébreux 13 : 5-6

 

 

Introduction :

 

J’étais en avion, il faisait nuit. Je relisais l’épître aux Hébreux sur mon iPhone, quand mon attention a été retenue par le passage :

« Que votre conduite ne soit pas inspirée par l’amour de l’argent ; contentez-vous de ce que vous avez, il a dit lui-même : je ne te délaisserai jamais, je ne t’abandonnerai jamais. C’est pourquoi nous pouvons dire avec courage : Le Seigneur est mon secours ; je n’aurai pas peur. Que peut me faire un être humain ? » Hébreux 13 : 5-6 (version Nouvelle Bible Segond)

J’avais lu ce passage plusieurs fois. Cependant là, il prit un relief particulier, et j’ai laissé vagabonder mes pensées…

La tendance actuelle n’est plus dans l’expression d’un bonheur simple, d’une joie mesurée, d’une solidarité autour de chez soi. A force de parler des difficultés, les gens adoptent une position de repli. Comme une protection, ils optent pour l’individualisme. Tous les facteurs exogènes qui affectent, contraignent, ou déstabilisent notre liberté personnelle ont des conséquences directes. La France fait partie des grands consommateurs de tranquillisants. Pourtant, nous vivons dans un beau pays. Alors pourquoi ne savons-nous pas gérer intelligemment nos relations humaines et notre environnement ? Les notions de profits, de pouvoirs, de dominations, de croissances effrénées ont entraîné une tension grandissante dans les relations personnelles. Devant les menaces de pénurie de matières premières, on prend maintenant conscience des échéances climatiques dramatiques qui vont percuter nos enfants et petits-enfants. Loin de présenter un scénario-catastrophe qui ne ferait qu’amplifier le sentiment sous-jacent de culpabilité, émettons l’idée d’une vision positive au regard du message biblique. Bien que le Seigneur lui-même ait prédit une dégradation des conditions de vie dans les derniers jours de l’humanité (cf. Matthieu 24, Luc 11), les chrétiens devraient préconiser un message centré sur le bien-être. Mais, est-ce réalisable ?

   A l’instar de tous ces grands héros de la foi, qui ont traversé, avant nous, des temps de crise, (cf. Hébreux 11) il nous faut être convaincus que nous ne sommes que de passage sur cette terre (cf. Hébreux 11 :13 ; 1 Pierre 2 :11).

   Pour autant, notre responsabilité s’exerce ici et maintenant, là où nous sommes. Le chrétien est invité à assumer sa position de citoyen de la terre dans le respect de la nature et des hommes, en ayant foi dans les promesses de Dieu.

Pour vivre heureux, ne vivons pas cachés, et ne nous laissons pas porter par ce vent de morosité, voire de panique, qui est appelé à souffler de plus en plus fort

 

Comment ? En choisissant la rupture avec l’état d’esprit qui mène ce monde.

Comment ? En cultivant concrètement et tout bonnement le contentement. Cela vous fait sourire ! J’entends vos remarques et j’imagine vos petits sourires ... Et pourtant, essayons de voir les choses positivement.

 

Développement :

 

Les politiques commencent à nous dire qu’il faut penser différemment et revoir nos fonctionnements. Alors pourquoi ne pas écouter les auteurs inspirés de la Bible qui nous ont présenté une philosophie de vie chrétienne ?

Que dit l’apôtre Paul :

«  J’ai appris à me contenter de l’état où je me trouve. Je sais vivre humblement comme je sais vivre dans l’abondance. En tout et partout, j’ai appris à être rassasié et à avoir faim, à être dans l’abondance et à être dans le manque. Je peux tout en celui qui me rend puissant.». Philippiens 4 : 11- 13.

Examinons ce texte de plus près.

Paul dit : « J’ai appris ». Le verbe grec μανθανω couvre les 2 secteurs de recherche. (Il est utilisé plus d’une centaine de fois dans la Bible)

-      Apprendre par l’étude ou par tradition orale.

-      Apprendre par l’expérience personnelle.

(cf. Romains 16 :17 ; Ephésiens 4 : 20,21 ; hébreux 5 : 8)

En synthèse, Paul a appris en étudiant, en écoutant les récits des anciens, et au travers des épreuves qu’il a rencontrées sur sa route…

Autant dire que cet apprentissage a nécessité un effort de volonté. On ne décrète pas, un beau matin, avoir acquis le bien précieux du contentement !

 

Mais qu’est-ce qu’au juste, le contentement ? Le mot grec αυταρκεια

(autarkeia) est avant tout une qualité. Celle de se suffire à soi-même. Mais elle nous conduit vers 2 notions complémentaires :

1)   L’action qui prend en compte le nécessaire, c'est-à-dire uniquement ce qui suffit. Par extension, c’est se suffire à soi-même… Se contenter de ce que l’on possède et qui correspond à un besoin. C’est ce qui est adapté et proportionné à l’indispensable. (cf. 2 Corinthiens 9 : 8)

2)   L’action qui modère ses désirs. Le contrôle de soi-même. (cf. 1 Timothée 6 : 6)

 

Pour le chrétien, l’état d’esprit qui devrait le conduire au quotidien, fait appel à ces 2 notions d’apprentissage de vie pratique.

-      Avoir, à la fois le sens de sa responsabilité pour s’assumer dans l’autonomie, et

-      Gérer ses désirs pour tendre à un équilibre de vie dans tous les domaines. Comme il est difficile de vivre dans cette harmonie du corps et de l’esprit, l’aide de Dieu pour le croyant demeure une aide appréciable. C’est peut-être pour cette raison que Paul associe la foi et le contentement, dans le texte cité ci-dessus à Timothée.

D’un côté le sens de la responsabilité conduit à assumer un travail ou une activité, et de l’autre à connaître ses limites et à intégrer la confiance en Dieu dans toutes les circonstances.

 

1)   Le sens de notre responsabilité (autant que cela puisse dépendre de nous) : Paul, qui a appris le contentement, précise :

« Vous vous rappelez, frères, notre travail et notre peine : nuit et jour à l’œuvre, pour n’être à la charge d’aucun de vous... » 1 Thessaloniciens 2 : 9,10.

 

2)     Sur le thème de la confiance en Dieu, le prophète Esaïe déclare : « Ne crains rien, car je suis avec toi ; ne promène pas des regards inquiets, car je suis ton Dieu ; je te fortifie, je viens à ton secours, je te soutiens de ma droite triomphante. » Esaïe 41 : 10

De son côté, Jésus rassure : « ne vous inquiétez pour votre vie de ce que vous mangerez, ni pour votre corps, de quoi vous serez vêtus. La vie n’est-elle pas plus que la nourriture et le corps plus que le vêtement ?... Ne vous inquiétez donc point, et ne dites pas : que mangerons-nous ? Que boirons-nous ? De quoi serons-nous vêtus ?... Votre père céleste sait que vous en avez besoin. Cherchez premièrement le royaume et la justice de Dieu ; et toutes ces choses vous seront données par-dessus ». Matthieu 6 : 25, 31, 32,33.

 

Certains vont penser que c’est de l’utopie, voire de la provocation pour tous les chômeurs et les sans-logis ! Pourtant à la réflexion, ce que propose le Christ est loin d’être inintéressant. En creusant notre propos, on finit par être en adéquation avec la prise de conscience des scientifiques concernant la gestion de notre planète. Le mot d’ordre, à la fois consensuel et à la mode, des climatologues (mais pas qu’eux !) est :

Il nous faut changer de mode de vie. C’est précisément ce que nous dit la Bible…

 

Le message du Christ va dans le même sens sur bien des sujets :

par exemple sur le nécessaire vital. On nous a fait croire que nous avions besoin de quantité de choses pour vivre, alors qu’elles apparaissent maintenant, comme étant très secondaires, voire superflues.

En actualisant ce message, nous pourrions dire :

pour bien vivre, il nous faut être en rupture avec un système de consommation. Il faut dénoncer le mélange subtil du superflu au nécessaire. Le bon sens devrait prévaloir. Tôt ou tard, les humains devront réapprendre à vivre simplement ! Tôt ou tard, le monde occidental devra revenir aux anciens fondamentaux sur la qualité de la vie.

Réapprendre à se satisfaire du nécessaire, c’est aussi affirmer sa solidarité avec ceux qui luttent pour subsister, c’est renoncer à des privilèges qui donnent l’illusion d’un mieux-être, c’est respecter les lois de la nature en ne forçant pas les capacités de production, c’est mettre un terme aux spéculations de toutes natures, et en fin de compte, c’est être davantage en harmonie avec soi-même et les autres.

Oui ! Il nous faut entrer en rupture avec cet état d’esprit qui donne plus d’importance au superflu qu’au nécessaire, et qui crée de puissantes convoitises pour tous ces pays d’Afrique. Pourtant, la sagesse de la vie n’est pas toujours du côté que l’on croit.

Pourquoi est-il urgent d’entrer en rupture avec nos modes de vie ?

Pour au moins 2 bonnes raisons :

-      a) Parce que notre civilisation occidentale a versé plus dans le superflu que dans l’indispensable et le nécessaire.

-      b) Parce que l’esprit de modération - sagesse populaire – a laissé place à un besoin effréné de consommation et de profit. (On nous conditionne à vivre au-dessus de nos moyens pour une illusoire nécessité économique).

 

Le corollaire de tout cela est la montée en puissance d’un mal fort ancien qui se nomme : l’inquiétude. (elle est souvent amplement justifiée). De surcroît, la course à l’armement atomique ne rassure personne. Jadis, la possession de l’arme dissuasive avait pour objectif la protection des peuples. Elle concernait uniquement les grandes nations, et voilà que pointe à l’horizon la menace de dérapages imprévisibles. Or, que faire maintenant, alors que plusieurs nations revendiquent à leur tour, la possession de l’arme nucléaire ?  

Les gens ne sont pas dupes, ils ressentent bien la redoutable échéance. L’inquiétude est tout autant nourrie par les observations des scientifiques. Côté climat ce n’est pas mieux ! La fonte de l’Arctique n’a jamais été aussi impressionnante ! Tout semble s’accélérer. On nous explique qu’il s’agit de phénomènes de démultiplications des dérèglements de la planète... Comment voulez-vous que les gens ne soient pas inquiets et ne vivent pas de plus en plus mal !

Et, si de plus, on entretient une culpabilisation collective, l’avenir paraît bien bouché. 

Alors comment réagir positivement et ne pas se laisser envahir ou submerger par toutes ces mauvaises nouvelles ?

La Bible apporte une contribution édifiante et une philosophie de vie positive.

 

Elle nous invite à être en rupture avec l’esprit qui mène ce monde :

« N'aimez point le monde, ni les choses qui sont dans le monde. Si quelqu'un aime le monde, l'amour du Père n'est point en lui; car tout ce qui est dans le monde, la convoitise de la chair, la convoitise des yeux, et l'orgueil de la vie, ne vient point du Père, mais vient du monde. Et le monde passe, et sa convoitise aussi; mais celui qui fait la volonté de Dieu demeure éternellement. » 1 Jean 2:15-17

Ailleurs l’apôtre Jean rappellera aux chrétiens le sens de leur responsabilité.

« Nous avons connu l'amour, en ce qu’il a donné sa vie pour nous; nous aussi, nous devons donner notre vie pour les frères. Si quelqu'un possède les biens du monde, et que, voyant son frère dans le besoin, il lui ferme ses entrailles, comment l'amour de Dieu demeure-t-il en lui ? Petits enfants, n'aimons pas en paroles et avec la langue, mais en actions et avec vérité. Par là nous connaîtrons que nous sommes de la vérité, et nous rassurerons nos cœurs devant lui. »  1 Jean 3:16-19

Parler d’amour, de partage, de solidarité, tout cela peut paraître relever du registre de l’utopie ! C’est pourtant au cœur du message du Christ, et nous sommes tous loin de vivre ce message. C’est la raison pour laquelle, prenant conscience de nos lacunes, nous avons besoin du secours divin. L’humilité et le contentement cheminent ensemble et font bon ménage…

Alors, demandons à Dieu d’avoir la force spirituelle et mentale d’être en rupture avec l’esprit qui mène ce monde à sa perte. A notre niveau stoppons cette boulimie : vouloir toujours plus, posséder plus... (souvent au détriment des autres).En portant atteinte à l’équilibre de la nature, on a manifesté indirectement le rejet de celui qui en est l’auteur : Dieu.

La confiance en Dieu, appelée la foi, disparaît de plus en plus vite, au profit d’une sacralisation de la science. On pense que c’est elle qui sortira le monde de l’impasse vers laquelle on fonce à vive allure. L’utopie n’est peut-être pas là où on la croit !

                   

Plus que jamais, le message chrétien doit être réaffirmé. Il contient les vraies réponses aux problèmes des humains de cette belle planète bleue.

 

Le contenu de ce message d’espoir pour l’humanité est loin d’être dénué de fondements intéressants, car il contient des valeurs indispensables pour notre temps. Citons la confiance en soi, en l’autre, en Dieu ; la responsabilité dans ses choix ; le respect de l’autre dans ses différences, la solidarité dans le bien, etc...

Ce ne sont pas des mots plaqués. Comme Paul, nous pouvons dire que nous avons appris et que nous continuons à apprendre au travers de toutes les circonstances de la vie.

Assurément, le contentement est une valeur sûre, pas du tout cotée en bourse, et pourtant, elle fait partie des valeurs les plus fiables, les plus constantes, les plus équilibrantes.

Le contentement adoucit l’inquiétude et renforce la confiance en Dieu et en soi. Il est révélateur d’une bonne connaissance de soi, de ses besoins et de ses limites.

Voulons-nous tendre à une meilleure qualité de vie ? Alors cultivons la vertu du contentement avec application et persévérance.

L’inquiétude, ce mal-être permanent s’estompera peu à peu pour laisser place à la confiance en soi, et en Dieu.

Alors les textes du Christ, de Pierre, de Paul prendront du relief sur nos routes.

« Regardez les oiseaux du ciel ; ils ne sèment ni ne moissonnent, et ils n’amassent

rien dans des greniers ; et votre père céleste les nourrit. Ne valez-vous pas beaucoup plus qu’eux ? Qui de vous, par ses inquiétudes, peut ajouter une coudée à la durée de sa vie ? ...

Ne vous inquiétez donc pas du lendemain ; car le lendemain aura soin de lui-même. A chaque jour suffit sa peine ». Matthieu 6 : 26, 27,34.

« Déchargez-vous sur Dieu de toutes vos inquiétudes, car il prend soin de vous » 1 Pierre 5 : 7

« Ne vous inquiétez de rien ; mais, en tout, par la prière et la supplication, avec des actions de grâces, faites connaître à Dieu vos demandes. Et la paix de Dieu, qui surpasse toute pensée, gardera votre cœur et votre intelligence en Jésus-Christ ». Philippiens 4 : 6.

 

Face au scepticisme ambiant, au catastrophisme annoncé, une bonne nouvelle peut retentir sur la terre.

Apprenons mieux, et plus que jamais, à vivre simplement. Le nécessaire suffit au bonheur. N’est-ce pas plus productif d’être modéré ? La modération a une réelle dimension économique. Cette prise de conscience était encore impensable ces dernières années... Ce faisant, on rejoint une sagesse populaire qui nous vient du cœur de l’Afrique : prendre le temps de bien vivre en vivant en harmonie avec la nature.

Ainsi, l’antidote de l’inquiétude ne serait-il pas dans le contentement ?

 

Conclusion :

 

Assurément, nous avons à réapprendre :l’apôtre Paul déclare : « ce que vous avez appris, reçu, entendu de moi, observé en moi, tout cela, mettez-le en pratique. Et le Dieu de la paix sera avec vous » Philippiens 4 : 9 (version TOB)

Apportant son témoignage, l’apôtre Pierre nous recentre sur la vie du Christ et nous invite à être des imitateurs de son parcours : « Or, c'est à cela que vous avez été appelés, car le Christ aussi a souffert pour vous, vous laissant un exemple afin que vous suiviez ses traces » 1 Pierre 2: 21 (version TOB)

Après avoir pillé la terre, l’humain intelligent réalise que ses ressources ne sont plus inépuisables et qu’il convient de les gérer différemment. Changer notre mode vie devient donc une nécessité impérieuse. Dans ce contexte ambiant, loin de tout processus de culpabilisation, le message du Christ et des apôtres propose une alternative constructive.

L’apprentissage de l’attitude de contentement : elle nous conduit à nous concentrer sur 2 domaines d’expérience pratique :

 

-      Définir ce qui est nécessaire à notre bon développement physique, mental et spirituel et s’en tenir à ce qui nous suffit.

-      Modérer ses désirs en ne succombant pas aux sirènes de la publicité et à tout système de consommation compulsive.

 

Ce travail sur soi ne sera pas facile, car notre attitude complaisante à l’égard des biens de consommation a généré dans notre psychisme des habitudes. Pour corriger et inverser la tendance, l’aide de Dieu restera pour les croyants un atout appréciable. Vivre mieux, c’est vivre simplement. Cette espérance, il faut la partager.

« Demeure tranquille, appuyé sur l’ Eternel, et attends-toi à lui. » Psaume 37 :7

 

                                                                                                                                                      Eychenne Jacques

                                                              

 

 

 

 

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