Le contentement

 

 

 

 

  LE  CONTENTEMENT

           un bon état d’esprit

   pour une philosophie de vie

          Philippiens 4 :11-13

 

 

 

 Introduction :

 

 Nous vivons sur une magnifique planète. Il est toutefois regrettable que nous ayons du mal à gérer ses ressources intelligemment. Les notions de profit, de pouvoir, de domination, de croissance, ont entraîné des dérèglements climatiques et une tension grandissante dans les relations humaines. Au lieu d’être heureux et solidaires, nous sommes devenus individualistes, et grands consommateurs de tranquillisants (du moins dans notre pays de France). Devant les menaces de pénurie  de matières premières, on prend maintenant conscience des échéances dramatiques qui peuvent hypothéquer l’avenir de nos enfants et petits-enfants.

Loin de présenter un scénario-catastrophe qui ne ferait qu’amplifier le sentiment sous-jacent de culpabilisation, essayons d’émettre l’idée d’une vision positive au regard du message biblique. Bien que la Bible ait prédit une dégradation des conditions de vie dans les derniers temps (cf. Matthieu 24 ; Luc 21), les chrétiens -comme ceux qui ne le sont pas - auront à conserver leur sérénité, voire à la consolider.

 

Ainsi donc, à l’instar de tous ces grands héros de la foi, qui ont traversé des temps de crise, (cf. cités en résumé dans Hébreux 11), il nous faut être convaincu que nous ne sommes que voyageurs et passagers sur cette terre. Autrement dit, fragiles et vulnérables (cf. Hébreux 11 : 13 ; 1 Pierre 2 : 11).

 

Pour autant, et avec la même conviction, le chrétien est invité à assumer sa responsabilité de citoyen de la terre, dans le respect de la nature et des hommes, en ayant foi dans les promesses de Dieu.

Pour vivre heureux, il faut rompre avec ce vent de panique qui souffle  de plus en plus fort. Force est de constater qu’il aura suffi qu’un nouveau virus apparaisse pour que l’angoisse grandisse un peu partout. Pourtant, le coronavirus ne touche qu’une partie de la population, en particulier ceux qui ont des problèmes pulmonaires ou cardiaques D’autres maladies tuent beaucoup plus de personnes, alors pourquoi ces peurs sinon parce que l’humain est face à un virus inconnu jusqu’alors. Restons dans la mesure !

Comment ? En choisissant la rupture avec l’état d’esprit qui mène ce monde.

Comment ? En cultivant concrètement et tout bonnement le contentement

 

Cela vous paraît dérisoire ! J’entends d’ici vos remarques et j’imagine vos petits sourires ... Et pourtant.., essayons de voir les choses positivement.

 

« Quand on ne peut revenir en arrière, on ne doit se préoccuper que de la meilleure façon d’aller de l’avant » Paulo Coelho.

« La vie, c’est comme une bicyclette, il faut avancer pour ne pas perdre l’équilibre » Albert Einstein.

 

 

Développement :

 

Le monde politique, prenant de plus en plus conscience du péril, commence à nous dire qu’il faudrait penser différemment. Même si la remarque semble pertinente quel repère avons-nous pour nourrir notre bien-pensance. Sans paraître ringard, pourquoi ne pas consulter ceux qui nous ont présenté une philosophie de vie chrétienne ? Pourquoi ? Elle a fait ses preuves et je peux personnellement en témoigner… Que nous dit par exemple celui qui a transmis à l’Europe et au monde, le message du Christ. L’apôtre Paul, s’adressant à la communauté de Philippe, confie :

 « j’ai appris à me contenter de l’état où je me trouve. Je sais vivre humblement comme je sais vivre dans l’abondance. En tout et partout, j’ai appris à être rassasié et à avoir faim, à être dans l’abondance  et à être dans le manque. Je peux tout  en celui qui me rend puissant.». Philippiens 4 : 11- 13.

 

Examinons ce texte et analysons son contenu.

Paul dit : « j’ai appris ». Le verbe grec μανθανω=mantanau,  couvre 2 secteurs de recherche.

  • Apprendre par l’étude ou par tradition orale.
  • Apprendre par expérience.

 (cf. Romains 16 : 17 ; Ephésiens 4 : 20,21 ; hébreux 5 : 8)

 

En synthèse, Paul a appris en étudiant, en écoutant les récits des anciens, mais surtout et avant tout, au travers des épreuves qu’il a rencontrées dans ses voyages.

Cet apprentissage de vie, à l’instar de son Maître et Seigneur Jésus-Christ, a fait appel à une volonté de vivre autrement. On ne décrète pas un beau matin avoir acquis le bien précieux du contentement !

 

Mais qu’est-ce qu’au juste, le contentement ?

 

Le  mot  grec, αυταρκης = autarkes, nous conduit vers 2 notions complémentaires :

  1.  C’est l’action qui prend en compte le strict nécessaire, c'est-à-dire uniquement  ce qui suffit. Se suffire à soi-même. A la forme pronominale : se contenter de  (cf. 2 Corinthiens 9 : 8).
  2.  C’est l’action qui modère ses désirs. Le contrôle de soi-même. La satisfaction de ce qu’on a (cf. 1 Timothée 6 : 6,7).

Le contentement dont il est question souligne un aspect pratique : définir ce qui est suffisant pour soi afin d’être indépendant des circonstances extérieures. L’apôtre a eu cette rigueur de n’être à charge à personne (cf. 2 Corinthiens 11 : 8-9). Mais au-delà de cet aspect pratique, il y a davantage. Le contentement fait référence à une acceptation positive de son sort. C’est cet état d’esprit qui mène à la reconnaissance des moyens que l’on a, même s’ils sont minces !

Pour le chrétien, l’état d’esprit qui le conduit, fait appel à ces 2 notions complémentaires. Elles font partie de l’apprentissage de vie pratique au quotidien. Avoir à la fois le sens de sa responsabilité pour  assumer son autonomie, mais aussi gérer ses désirs pour tendre à un équilibre de vie dans tous les domaines. Comme il est difficile de vivre dans cette harmonie du corps et de l’esprit, l’aide de Dieu pour le croyant demeure une aide incontournable.  C’est peut-être pour cette raison que Paul associe la foi et le contentement dans le texte ci-dessus à Timothée.

D’un côté le sens de la responsabilité conduit à assumer un  travail ou  une activité avec courage et application, de l’autre le contentement facilite la connaissance de ses limites. Pour l’ayant foi, il intègre la confiance en Dieu dans toutes les circonstances.

Paul, qui a appris le contentement, précisera :

« Vous vous rappelez, frères, notre travail et notre peine : nuit et jour à l’œuvre, pour n’être à la charge d’aucun de vous... » 1 Thessaloniciens 2 : 9,10.

Jésus dira de son coté :

« Ne vous inquiétez pour votre vie de ce que vous mangerez, ni pour votre corps, de quoi vous serez vêtus. La vie n’est-elle pas plus que la nourriture et le corps plus que le vêtement ?... Ne vous inquiétez donc point, et ne dites pas : que mangerons-nous ? Que boirons-nous ? De quoi serons-nous vêtus ?... Votre père céleste sait que vous en avez besoin. Cherchez premièrement le royaume et la justice de Dieu ; et toutes ces choses vous seront données par-dessus ».

Matthieu 6 : 25, 31, 32,33.

Certains vont penser que c’est de l’utopie, voire de la provocation ! Pourtant à la réflexion, ce que propose le Christ est loin d’être inintéressant. En creusant un peu notre propos, on finit par être en adéquation avec la prise de conscience des scientifiques concernant la gestion de notre planète. Le mot d’ordre consensuel à la mode est le suivant : Il nous faut changer de mode de vie. (Propos de Jean Jouzel, glaciologue, climatologue, dans «  C dans l’air » émission du jeudi 8 novembre 2007, sur la chaîne de télévision n°5).

Le message biblique va dans le même sens sur bien des sujets :

par exemple sur le nécessaire vital. On nous a fait croire que nous avons besoin de quantité de choses pour vivre, alors qu’elles apparaissent dérisoires, très secondaires, voire superflues.

Cela conduit à cette affirmation positive : 

Pour bien  vivre, il nous faut être en rupture avec un système de consommation effréné. Il  nous faut dénoncer le mélange subtil du superflu au nécessaire. Il nous faut réapprendre à vivre simplement ! Tôt ou tard le monde occidental devra revenir aux anciens fondamentaux de la qualité de la vie.

 

Epicure écrivait déjà trois siècles avant Jésus-Christ :

« Celui qui ne sait pas se contenter de peu ne sera jamais content de rien »

Dict. des proverbes, sentences et maximes, éd. Larousse p.106.

 

Réapprendre à se satisfaire du nécessaire, c’est aussi affirmer sa solidarité avec ceux qui luttent pour subsister, c’est renoncer à des privilèges qui donnent l’illusion d’un mieux être, c’est respecter les lois de la nature en ne forçant pas les capacités de productions de la terre, c’est mettre un terme aux spéculations de toutes natures et en fin de compte, c’est être davantage en harmonie avec soi-même et les autres.

 

Oui ! Il nous faut entrer en rupture avec cet état d’esprit qui donne plus d’importance au superflu qu’au nécessaire et qui crée de puissantes convoitises face à tous ces pays émergents, l’Afrique en particulier. Pourtant la sagesse de la vie n’est pas toujours du côté que l’on croit.

Pourquoi est-il sage d’être, aujourd’hui, en rupture d’une consommation exponentielle ? Pour au moins 2 bonnes raisons :

  • a) parce que notre civilisation occidentale a versé plus dans le superflu que dans l’indispensable et le nécessaire. (d’où l’énorme gâchis des denrées et des biens).
  • B) parce l’esprit de modération - sagesse populaire – a  laissé place à un besoin surfait de toujours plus posséder (on nous a conditionné à vivre au dessus de nos moyens pour une illusoire nécessité économique). Les psychologues parlent d’achats compulsifs. Nous parlons de cette maladie moderne qui met en scène une force intérieure qui amène le sujet à être angoissé s’il ne consomme pas.

 

Le corollaire à cette situation est la montée en puissance d’un mal fort ancien qui se nomme : l’inquiétude (Elle est souvent amplement justifiée). De surcroît, la course à l’armement atomique ne rassure personne. Jadis, la possession de l’arme dissuasive avait pour objectif la protection des peuples. Elle concernait uniquement les grandes nations, mais voilà que pointe à l’horizon la menace de dérapages imprévisibles. Or, que faire maintenant, alors que plusieurs nations revendiquent à leur tour, la possession de l’arme nucléaire ?   

Les gens ne sont pas dupes, ils ressentent bien la redoutable échéance. L’inquiétude est tout autant nourrie par les observations des scientifiques sur les conditions d’évolution  climatiques. Jean Jouzel a déclaré dans l’émission citée ci-dessus : « la pire des hypothèses sur les fontes de l’Arctique est devenue la plus minimaliste aujourd’hui concernant ces 10 dernières années ».

Tout semble s’accélérer. Et comme au temps de Noé, les gens vivent sans vouloir modifier leur mode de vie.  

Le pire est l’entretien d’une culpabilisation collective !

 

Il faut donc réagir positivement et ne pas se laisser envahir ou submerger par toutes ces mauvaises nouvelles. Contrairement à une pensée populaire, la Bible apporte une contribution édifiante et une philosophie de vie positive.

 

Oui ! Nous devons être en rupture d’une boulimie : vouloir toujours plus, posséder plus... (Souvent au détriment des autres).

En portant atteinte à l’équilibre de la nature, on a manifesté  indirectement le rejet de celui qui en est l’auteur : Dieu.

La confiance en Dieu, appelée la foi, disparaît de plus en plus vite, au profit d’une sacralisation de la science. On pense que c’est elle qui sortira le monde de l’impasse vers laquelle on fonce à vive allure. L’utopie n’est peut-être pas là où on la croit !

Plus que jamais, le message chrétien doit être réaffirmé. Il contient les vraies réponses aux problèmes des humains de cette belle planète bleue.

 Le contenu de ce message d’espoir pour l’humanité est loin d’être dénué de fondements intéressants. Il contient des valeurs indispensables pour notre temps. Citons la confiance en soi, en l’autre, en Dieu ; la responsabilité dans ses choix ; le respect de l’autre dans ses différences, la solidarité dans le bien etc...

 Ce ne sont pas des mots plaqués. Comme Paul, nous pouvons dire que nous avons appris et que nous continuons à apprendre aux travers de toutes les circonstances de la vie.

Assurément le contentement est une valeur sûre, pas du tout cotée en bourse, et pourtant elle fait partie des valeurs les plus fiables, les plus constantes, les plus équilibrantes.

Le contentement adoucit l’inquiétude et renforce la confiance en Dieu et en soi. Elle est révélatrice d’une bonne connaissance de soi, de ses besoins et de ses limites.

Nous voulons tendre à une meilleure qualité de vie ?

Alors cultivons la vertu du contentement avec application et persévérance.

L’inquiétude, ce mal être permanent s’estompera peu à peu pour laisser place à la confiance en soi, et en Dieu.

Alors les textes de Christ, de Pierre, de Paul prendront du relief sur nos routes.

« Regardez les oiseaux du ciel ; ils ne sèment ni ne moissonnent, et ils n’amassent rien dans des greniers ; et votre père céleste les nourrit. Ne valez-vous pas beaucoup plus qu’eux ? Qui de vous, par ses inquiétudes, peut ajouter une coudée à la durée de sa vie ?... Ne vous inquiétez donc pas du lendemain ; car le lendemain aura soin de lui-même. A chaque jour suffit sa peine ». Matthieu 6 : 26, 27,34.

« Déchargez-vous sur Dieu de toutes vos inquiétudes, car il prend soin de vous » 1 Pierre 5 : 7.

« Ne vous inquiétez de rien ; mais, en tout, par la prière et la supplication, avec des actions de grâce, faites connaître à Dieu vos demandes. Et la paix de Dieu, qui surpasse toute pensée, gardera votre cœur et votre intelligence en Jésus-Christ ». Philippiens 4 : 6.

« Mon Dieu pourvoira à tous vos besoins selon sa richesse, avec gloire, en Jésus –Christ » Philippiens 4 : 19.

« Dieu peut vous combler de toutes ses grâces, afin que, possédant toujours en toutes choses de quoi satisfaire à tous vos besoins, vous ayez encore en abondance pour toute bonne œuvre » 2 Corinthiens 9 : 8.

 

Face au scepticisme ambiant, au catastrophisme annoncé, une bonne nouvelle peut retentir sur la terre.

Apprenons plus de la vertu du contentement. Vivons simplement. Le nécessaire suffit au bonheur. A l’évidence, la sagesse populaire devrait arriver au constat suivant : « C’est peut-être plus productif d’être modéré ».  La modération a une dimension économique ! Cette prise de conscience était encore impensable ces dernières années... Ce faisant, on rejoint une sagesse ancestrale qui nous vient du cœur de l’Afrique : prendre le temps de bien vivre en vivant en harmonie avec la nature. Certes l’humain est capable de bonnes résolutions, mais l’expérience démontre que prendre en compte les conseils du Christ et de ses apôtres aide à la mise en pratique de cette vertu existentielle. L’esprit de Dieu vient au secours de toutes les bonnes volontés.

Ainsi, comprenons que l’antidote de l’inquiétude est dans le contentement.

 

Conclusion :

 

Après avoir pillé la terre, l’humain intelligent, réalise que ses ressources ne sont plus inépuisables et qu’il convient de les gérer différemment.

Changer notre mode vie devient donc une nécessité impérieuse.

Dans ce contexte ambiant, loin de tout processus de culpabilisation, le message du Christ et des apôtres propose une alternative constructive.

L’apprentissage de l’attitude de contentement : elle nous conduit à nous concentrer sur 2 domaines d’expériences pratiques :

  • Définir ce qui est nécessaire à notre bon développement physique, mental et spirituel  et s’en tenir à ce qui nous suffit (on est dans l’abondance quand on sait se contenter de peu).
  • Modérer ses désirs en ne succombant pas aux sirènes de la publicité et à tout système de consommation compulsive.

Ce travail sur soi n’est pas facile, car notre attitude complaisante à l’égard des biens de consommation a généré dans notre psychisme des habitudes. Pour corriger et inverser la tendance, l’aide de Dieu restera pour tous les humains un atout appréciable.

Vivre mieux, c’est vivre simplement. Cette espérance, il faut la partager.

 

 « La sagesse est l’art de vivre » Cicéron, homme d’Etat, avocat et écrivain, assassiné en 43 av J.-C.

                                                                                   Eychenne Jacques

                                                                  

 

 

 

 

 

 

 

 

                               

 

 

 

 

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