La prière recommandée par Jésus

 

 

 La prière recommandée

            par Jésus

                ou

       le « notre Père… »

         Matthieu 6 : 9-10

 

Introduction :

Introduction :

 

Le Seigneur Jésus a ressenti le besoin, à un moment très précis, de proposer à la foule venue l’écouter une prière référente. Bien sûr, ses disciples étaient au premier rang. Ils devaient intégrer cette belle proposition. Nous sommes au début du ministère de Jésus de Nazareth, sur les rives champêtres et bucoliques du lac de Galilée (suite à la demande expresse des disciples, Le Seigneur a ressenti le besoin de reformuler cette prière, plus tard en un lieu indéterminé, et d’une façon plus concise : le « Notre Père » cf. Luc 11 : 1-4). Cette prière énoncée par Matthieu, appelée aussi la prière dominicale, peut être dite en 20 secondes. Mais, ce condensé peut prêter à confusion. En effet, cette prière est-elle appelée à être récitée une ou plusieurs fois, ou est-elle tout simplement à être méditée ? La question est d’importance, car la force de l’habitude, alliée à des formes répétitives, peut dénaturer le sens profond des paroles du Maître. Conscient d’une possible perversion de ses propos, le Seigneur avait anticipé cette difficulté en précisant juste avant :

« Dans vos prières, ne rabâchez pas comme les païens : ils s'imaginent qu'en parlant beaucoup ils se feront mieux écouter. N'allez pas faire comme eux ; car votre Père sait bien ce qu'il vous faut, avant que vous le lui demandiez » Matthieu 6 : 7-8, version FBJ.

 

Les termes mêmes de cette recommandation mettent l’accent sur une sage approche de la conception de la prière, celle qui peut être entendue et écouter par notre Père. Que dit-elle ?

D’une part que la prière n’est pas une question de vocalisation. Elle n’est ni le refrain d’une chanson, ni un moulin à paroles. Ce registre relève d’une conception païenne. Elle induit une relation qui devrait traduire nos sentiments d’amour. C’est ce qu’attend un Père avec à ses propres enfants. Dieu ne peut pas être un étranger à qui l’on s’adresse pour demander un service. Cet aspect apparemment anodin mérite réflexion. De plus, la prière, telle que le Christ la conçoit, ne s’adresse pas en premier à un Père. Car, si ce Père sait ce dont nous avons besoin, avant même que nous le lui demandions, la prière est un bienfait à expérimenter personnellement. Elle a pour objectif de clarifier et de formuler nos besoins, nos aspirations, nos sentiments. Et si nous nous parlons d’abord à nous-mêmes, autant être lucides avec nos vrais besoins. Ainsi posées, les recommandations du Christ nous mettent en garde contre les formes répétitives et les demandes non ressenties (comme un besoin) de relation au Père. Quand on a le désir sincère de s’approcher de ce Père aimant qui nous tend les bras, c’est avec le langage du cœur que la relation s’opère. En fait, la prière révèle vraiment les sentiments qui nous habitent. Elle énonce notre confiance, et dit notre désir de relation au Père en pleine reconnaissance et gratitude. La prière est donc bien fondée sur une relation au Père. Mais, même si Dieu est le père de tous, il est avant tout le Père de tous ceux qui se positionnent comme ses propres enfants. Alors, voyons maintenant comment le Christ a posé sur nos cœurs cette belle aventure de la foi. Que nous dit sa prière référente ?

 

Développement :

 

Jésus a présenté à la foule et à ses disciples une prière en cinq versets. Si nous voulons en

extraire sa substantifique moelle, il nous faut l’entendre en résonance avec l’ensemble de son discours sur les berges du lac de Galilée. Tout découpage qui isole le contenu de cette prière est irrespectueux vis-à-vis de son auteur. Ce qui me permet d’être aussi affirmatif sur ce point est en lien avec la traduction grecque de ce passage. La version Œcuménique a bien senti la nécessité de respecter le texte grec, elle traduit : « Vous donc, priez ainsi ». Le « ainsi » ou « de cette façon » en grec se rapporte au contenu de son discours.

Une explication simple nous permet de le comprendre. (Οὕτως = outos = ainsi, de cette façon = est un adverbe démonstratif. Il renvoie à ce qui précède. Cet adverbe est suivi par οὖν = oun = alors, donc, aussi, c'est pourquoi, en conséquence, par conséquent, les choses étant ainsi. Ce mot apparemment primaire est une particule de coordination).

 

Soyons clairs ! Le texte ne dit pas comment il faut prier ? (Cela a déjà été fait dans les lignes qui précèdent cf. Matthieu 6 : 5-6, et de plus, ce mot n’est pas dans l’original grec), mais plus précisément pourquoi nous devons le faire ? c’est moins apprendre comment prier, qu’apprendre à prier. Plus qu’une formulation, la prière est un état d’esprit qui recherche la présence du Père.

Il s’agit avant tout de se positionner en tant que fils et filles de Dieu. Cette évidence, si nous l’appelons : « notre Père », est loin d’être réellement perçue. De surcroît, cette référence au Père nous fait comprendre que nous ne sommes pas le fruit du hasard. Nous sommes l’émanation d’un amour profond indescriptible (cf. Lire la définition d’un amour à quatre dimensions données par l’apôtre Paul : Ephésiens 3 : 13-18). Si nous avons décidé d’appeler Yahvé-Adonaï, notre Père, pouvons-nous nous conduire en étrangers venant quémander quelques avantages ? Imitons-nous des marchands qui voudraient acheter le ciel ?

Le Christ est venu instiller par son humanité une relation de proximité. Elle nous dit son désir d’une complicité affective (cf. Jean 14 : 15-16). Comme le dira l’apôtre Pierre, c’est cette relation-là qu’il nous faut imiter (cf. 1 Pierre 2 : 21). Elle est unique dans l’histoire des hommes. Elle s’oppose à toutes les formes rituelles vidées de l’essentiel vital. Comme le dit la version française de la Bible de Jérusalem : « ne rabâchez pas comme les païens ». Notre Père n’est pas sourd ! Avec tout le respect que l’on doit avoir pour des formes différentes de prière, disons que les moulins à prières, ou tout autre formalisme ostentatoire pour se rendre Dieu le Père favorable, sont aux antipodes du discours de Jésus de Nazareth au bord du lac.

 

 « Notre Père qui es dans les cieux que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne,

que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel » Matthieu 6 : 9-10, version FBJ.

 

« Notre Père qui es dans les cieux ».

 

En premier, ce Père est nôtre. Ce pronom possessif pluriel en dit long sur l’engagement du Christ (cf. Jean 5 : 19-20 ; plus intimement Marc 14 : 36). Le Père part d’un pluriel (notre) pour nous rejoindre au singulier (ton). En grammaire française, « Notre » indique une possession, c’est-à-dire, la jouissance de ce que l’on fait sien. Prononcer « notre Père » fait référence à un lien reconnu et accepté. En conséquence logique, il acte le fait d’une vraie paternité. « Notre père » n’est pas une formule magique qui permet d’être en contact avec l’au-delà. Le Christ a voulu démontrer que nous sommes le fruit d’un désir d’amour. Nous ne sommes pas nés sous X. Est-ce que nous prenons conscience de cette belle réalité quand nous l’appelons « notre Père » ? Observons que dans l’ancienne alliance, Dieu s’est aussi révélé comme un Père à qui l’on appartient, qui délivre, conduit et qui sauve (cf. Exode 19 : 5 ; 20 :2 ; 1 Chroniques 16 : 35). Mais le peuple a eu du mal à intégrer ce privilège.

« …qui es dans les cieux ».

Pourquoi pas tout simplement dans le ciel ? Pourquoi ce pluriel ? Est-ce pour nous faire prendre conscience qu’il existe d’autres mondes ? (cf. Hébreux 1 : 2). D’autres projets d’amour ? Que notre Père n’a pas réduit son action à notre propre système solaire ? Quoi qu’il en soit, cela nous renvoie à sa grandeur inqualifiable !

 

« Que ton nom soit sanctifié »

 

Nous l’avons noté, c’est le tutoiement qui est utilisé. Les deux premiers versets utilisent le tu, les trois derniers le nous. Un parallèle peut être fait entre le décalogue et la prière proposée par Jésus. Dieu s’est adressé à Moïse en l’interpellant intimement. Il lui a demandé de transmettre ses 10 paroles avec la même tonalité (le « tu »). En réalité Dieu, n’a jamais cessé d’interpeler l’humain comme un père le ferait avec ses enfants. Le Seigneur veut nous faire comprendre qu’en prononçant « que ton nom », nous actons que notre père part de ce qu’il est, pour venir vers nous intimement. C’est ainsi que la relation au Père se construit. Le tutoiement en est la preuve. Le « nous » doit être notre réponse. Alors oui ! « Donne-nous » de quoi vivre… Quand nous entrons dans le temps de cette prière, c’est bien la reconnaissance de sa paternité que nous affirmons. Ce lien étroit qui nous unit au Père, nous permet d’attendre de lui le pain qui nourrit et rassasie, le pardon de nos égarements, sa protection face à tous les dangers.

A partir de là, la louange prend le relai. Elle mentionne en vérité, le règne, la puissance et la gloire.

 

Pourquoi dire : « que ton nom » ? Certes, nous savons que le nom caractérise une personne, mais en est-il de même pour Dieu ? Connaissons-nous vraiment son nom ?

Heureusement que nous pouvons l’appeler : Père ! Car son nom véritable est indescriptible et imprononçable. Il a été transcrit par 4 lettres que l’on appelle le tétragramme sacré : YHWH. 4 Lettres comme les 4 points cardinaux. Dans la lecture de la Torah, les Juifs ont préféré l’appeler : Adonaï (qui signifie : mon Seigneur). Les Chrétiens, eux, ont utilisé le mot de : Yahvé (qui signifie : celui qui suis ou tout simplement : JE) Dans l’Ancien Testament le nom de Dieu, sous différents vocables, est mentionné près de 7000 fois. Malgré la réponse que lui a donnée Dieu, Moïse a bien compris qu’il était vain de vouloir le définir. Pourquoi ? Parce que le nom du Père est indescriptible, indicible, inexprimable, indéfinissable, ineffable, sacré etc. En raison du décalage existant entre sa transcendance et notre nature humaine, il ne peut faire partie de notre vocabulaire. C’est la raison pour laquelle, chez les anciens du peuple d’Israël, nul ne devait, ni ne pouvait prononcer son nom. De ce fait, on a appelé Dieu en fonction de ses manifestations (Elohim = Dieu créateur, puissant et fort ; El-Elohé = Dieu prééminent et puissant ; El-Shaddaï = Dieu tout-puissant ; Yahvé-Jiré = L’Eternel pourvoira ; Yahvé-Rapha = L’éternel guérit ; Yahvé-Nissi = L’éternel mon étendard etc…).

Pour nous, aujourd’hui, l’important est de prendre acte que Dieu s’est approché de nous par son Fils. C’est la raison pour laquelle le Seigneur Jésus nous propose une formulation qui colle bien avec notre expérience humaine. Désormais, nous l’appelons : « notre Père ». Cette adaptation à notre langage, prônée par notre Seigneur, ne doit pas oblitérer son caractère sacré.

 

Mais alors, pouvons-nous sanctifier le nom de Dieu ? (Ἁγιάζω = hagiazo = rendre saint, sacré, consacré). Observons que l’idée de rendre saint le nom de Dieu est totalement absente du Nouveau Testament. Tout au plus peut-on trouver dans les paroles de Jésus lui-même une expression similaire « Père, glorifie ton nom » Jean 12 : 28.

Pour approfondir le sujet de la sanctification du nom de Dieu, il nous faut puiser dans l’histoire d’Israël. Ce thème apparaît dans deux contextes différents. Dans les deux situations, nous sommes sur la compréhension du verbe hébreu qiddas = rendre saint.  

1) Le premier repère est en lien avec le peuple d’Israël : il doit sanctifier le nom de Dieu au lieu de le profaner (cf. Lévitique 22 : 32 ; Nombres 20 : 12 ; 27 : 14 ; Deutéronome 32 : 51 ; Esaïe 8 : 13 ; 29 : 23). Cette injonction divine consiste à obéir à sa parole, à placer sa confiance en ses promesses, à magnifier sa grandeur et sa majesté, à développer l’attitude respectueuse d’un fils face à son père.

2) Le deuxième contexte est plus fréquent. C’est Yahvé-Adonaï qui se sanctifie ou sanctifie son nom. Il le fait au travers de toute sa transcendance. Il déploie sa gloire, sa

puissance, sa sainteté. Toutes ses manifestations sont soudées à sa divinité. Elles traduisent des sentiments de délivrance et de salut pour son peuple (cf. Nombres 20 : 13 ; Ezéchiel 20 : 41 ; 28 : 25 ; 36 : 23 ; 39 : 27 etc.), ainsi qu’une volonté de sanctionner toute désobéissance (cf. ex. Le feu étranger dans le sanctuaire, Lévitique 10 : 3. Mais encore Esaïe 5 : 16 ; Ezéchiel 28 : 22 ; 36 : 16). Le verset 23 d’Ezéchiel 36 résume bien les deux aspects de la sanctification du nom de Dieu.

 

« Que ton nom soit sanctifié » implique deux actions. D’une part, c’est reconnaître un Père révélé comme tel, actif et présent dans le monde, a fortiori dans nos vies, et d’autre part, désirer être en adéquation avec l’expression de sa bonne volonté pour nous en tant qu’individu.

Jésus l’a bien exprimé, Dieu seul peut glorifier son nom, mais il le fait à travers nous, tout comme il l’a fait par son Fils. En réponse, chaque humain peut participer à la sanctification de son nom par la reconnaissance du sacré, la louange, l’adoration et l’obéissance.

 

« Que ton règne vienne ».

 

En prolongement logique de ce que nous venons de dire, nous ne pouvons que désirer l’avènement à venir. Il est là notre avenir. Il nous fait entrer dans un autre temps. Yahvé- Adonaï, notre Père va exercer sa souveraineté. Le Seigneur Jésus en parlant du royaume des cieux en a fait son thème favori. Il est au cœur de tout son enseignement. Il est l’aboutissement d’une restauration. Les apôtres n’ont pu entendre cette supplique que dans le sens eschatologique (sa venue). Selon les prophéties, tout n’est pas accompli. L’établissement définitif de son règne ponctuera la grande histoire des humains Ce sera le renouveau de la relation parfaite entre le Père et ses enfants. Cette fois, il n’y aura plus d’ombre au tableau de ce que nous serons (dans l’Ancien Testament les promesses divines annonçaient la venue d’un Messie, d’un roi étincelant, de jours meilleurs, mais jamais clairement d’un royaume de Dieu, excepté dans Daniel 2 : 44-45).

La singularité de la prière proposée par le Seigneur concerne cette pensée essentielle d’être avec notre Père en un endroit donné (le Christ, comme un maître d’hôtel nous réserve une place, cf. Jean 14 : 1-3). Nous sommes tellement habitués à réciter cette prière que l’on en oublie la force de sa nouveauté. A quoi bon réclamer la venue du règne de Dieu, si nous ne sommes pas prêts à l’accueillir. En disant « que ton règne vienne » sommes-nous toujours conscients que nous pouvons prononcer un jugement contre nous-mêmes ?

Qu’est-ce donc que ce royaume ? en Grec, le mot est complexe. βασιλεία = basileia = pour les apôtres, c’était la  restauration du royaume d’Israël (cf. Actes 1 : 6) ; pour Satan, ce royaume couvrait la terre entière (cf. Matthieu 4 : 8) ; pour l’apôtre Paul, c’était avant tout un royaume spirituel (cf. Romains 14 : 17) ; L’ange Gabriel annonce un royaume messianique (cf. Luc 1 :33). En résumé suivant le contexte, ce mot peut désigner soit une royauté, soit un royaume, soit un règne.

A notre tour, quand nous disons « que ton règne vienne », que voulons-nous voir venir ? la restauration de cette terre ? l’apparition d’un nouveau monde ? La présence de Dieu dans une autre vie ? Avoir des corps non soumis au temps, à l’espace, au besoin de dormir etc. ?

Si nos corps seront « célestes » selon la formule de Paul (cf. 1 Corinthiens 15 : 49-50), que pouvons-nous désirer voir advenir ? Certainement, et plus simplement, que Yahvé-Adonaï, notre Père, soit bien présent dans nos vies. Qu’importe le lieu, les conditions et la manière ! Oui ! Que notre Père vienne exercer sa souveraineté dans nos cœurs !

 

« Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel ».

 

Plus précisément, c’est « que ta volonté soit faite, comme dans le ciel, aussi sur la terre », version DRB. Cela part toujours du haut vers le bas, comme toutes les bénédictions. Resurgissent dans notre mémoire les paroles d’Alexandre-Joseph de Ségur, sur lesquelles Charles Gounod a composé son admirable musique : « le ciel a visité la terre, mon bien-aimé repose en moi, du saint amour c’est le mystère ! ô mon âme adore et tais-toi ! ». On pense encore à la réplique du Seigneur à Nicodème, ce chef des Juifs : « Si un homme ne naît d’en haut, il ne peut voir le royaume (βασιλεία) de Dieu » Jean 3 : 3, version LSG.

Cette volonté bienfaisante d’un Père qui a donné vie à toutes choses, et qui a agencé le ciel avec une harmonie sans pareil, doit aussi contaminer notre terre. En tant qu’individu terrien, nous devrions la désirer ardemment. C’est la raison pour laquelle Jésus a voulu faire comprendre à Nicodème cette nécessité vitale. Si nous voulons voir, ou plus exactement percevoir la nature de cette volonté (perçue comme l’acceptation de sa gouvernance en nous), il nous faut d’abord l’accueillir dans nos vies. En préconisant cette démarche, Jésus a permis à Nicodème d’avoir un avant-goût du royaume des cieux.

Regarder vers le haut a toujours révélé un pouvoir d’attraction pour exprimer : soit un ressenti, soit un but, soit un détachement, soit une espérance.

« Je lève mes yeux vers les montagnes… D’où me viendra le secours ? Le secours me vient de L’Eternel qui a fait les cieux et la terre » Psaume 121 : 1-2. « Je lève mes yeux vers toi qui sièges dans les cieux » Psaume 123 : 1.

« Levez vos têtes parce que votre délivrance approche » Luc 21 : 28, version LSG.

 

Conclusion :

 

Dès le début de son ministère, Jésus de Nazareth a voulu imprimer dans le cœur des humains la nécessité de reconnaître un Père. Cette idée laisse aussi entendre que nous constituons une famille. Elle a à sa tête un Père. Yahvé-Adonaï a démontré qu’il assurait à ses enfants protection et bien-être dans la paix et la joie. Autant dire que ce projet comprenait ce à quoi aspire toute créature humaine : le bonheur. Mais, le peuple d’Israël a eu du mal à accepter la volonté de ce Père. Qu’en est-il de nous ? Yahvé-Adonaï, notre Père ne change pas.

Son projet traverse les temps « tout don excellent, toute donation parfaite vient d'en haut et descend du Père des lumières, chez qui n'existe aucun changement, ni l'ombre d'une variation » Jacques 1 : 17, version FBJ.

C’est quand la reconnaissance d’un Père est actée dans nos vies, que la prière proposée par notre Seigneur a du sens. Point n’est besoin de rabâcher des mots. Le cœur a son propre langage. Alors, la prière référente du Christ prend alors toute sa place. Seulement une cohérence s’impose : ce Père doit être nôtre. Nous devons être fiers de le proclamer. Nous ne pouvons qu’aspirer à être avec lui, non pas un court moment de vie, mais dans l’éternité. La prière devient un état d’esprit que nous cultivons au quotidien. Cette prière du Seigneur se présente donc comme une expérience à vivre. Elle entraînera un dépouillement de toutes formes ostentatoires, méritoires, formalistes. Cette prière n’est point un refuge. On ne peut se cacher derrière des mots en se donnant bonne conscience. Chacun demeure responsable de ses paroles et de ses faits et gestes.

A nous de discerner les formules qui ne traduisent pas une authenticité.

David a déclaré fort à propos : « chercheurs de Dieu, que vive votre cœur ! » Psaume 69 : 33b, version de Jérusalem. Ailleurs, le prophète Amos déclare solennellement : « ainsi parle Yahvé à la maison d’Israël : cherchez-moi et vous vivrez » Amos 5 : 4, version FBJ. Qu’il en soit ainsi pour nous tous !

                                                                                        Jacques Eychenne

 

PS : FBJ, version française de la Bible de Jérusalem ; TOB, traduction œcuménique de la Bible.

 

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