Qui est Dieu ?

 ou

Le Christ révèle le Père

 

 

Introduction :

 

Dés le départ de la création de nos premiers parents, Dieu s’est révélé, et a fait connaître ses intentions bienveillantes aux habitants de cette belle planète bleue. Dieu, tel un bon père n’a cessé de parler et de conseiller. Mais comment l’humain l’a-t-il  perçu ? (Cf. Jean 5 :37-38)

Serait-ce trop osé de dire avec difficulté ? Le dialogue pour laborieux qu’il fût n’en reste pas moins la plus grande des aventures. Moïse a été de ceux qui ont approché cette réalité. Face à la mission que Dieu lui confiait, Moïse a fini par accéder à son souverain désir. Mais dès lors, comment présenter Dieu aux enfants d’Israël ? Moïse dit : « Mais s’ils me demandent quel est ton nom, que leur répondrai-je ? Dieu dit à Moïse : Je suis celui qui suis. Et il ajouta : c’est ainsi que tu répondras aux enfants d’Israël : Celui qui s’appelle JE SUIS m’a envoyé vers vous. » Exode 3 :13-14

Dieu s’est donc révélé par un éternel présent. Et pour que ce présent s’inscrive dans une compréhension plus fine de la connaissance de sa personne, Jésus-Christ, l’envoyé du Père, a précisé la nature de ce JE SUIS.

Pour nous en parler, l’esprit Saint a inspiré le plus intimiste des évangélistes, Jean. L’apôtre a, au moins à 7 reprises, redéfini à travers le témoignage de son sauveur, le JE SUIS séculaire. (Cf. Jean 1 :18 // Matthieu 11 : 27)

 

Développement :

 

1)  Je suis le pain de vie : Jean 6 :35, 41, 48, 51.

 

Le Christ veut nous faire comprendre par ces textes que nous n’avons pas été créés pour fonctionner comme des robots ou des machines. Prendre soin de son corps est nécessaire. Mais il est une autre réalité qui va bien au-delà. Nous avons été créés pour vivre aussi en relation avec l’auteur de notre vie. L’ignorer ou faire comme si on ne savait pas, ne gomme absolument pas cette pertinence. Nous ne sommes pas des animaux évolués, comme de pseudo savants voudraient nous en convaincre. Notre être profond a besoin d’une nourriture qui transcende le matériel. Quand nous entrons dans cette appétence, quand suivant l’expression de Pierre, « nous goûtons combien le Christ est bon » (Cf. 1 Pierre2 : 3), alors la vie prend une dimension spirituelle. Cette appétence rend la vie pleine, complète. En fait, se nourrir de ce qui vient de Dieu, c’est tout simplement être en contact avec la vraie vie. Le Christ est venu nous mettre en appétit par la présentation d’un menu savoureux, énergisant, stimulant et complet. De quoi notre vie se nourrit-elle ? Qu’est-ce qui peut nous être le plus profitable dans la durée ? Savons-nous discerner les bons produits dont nos cœurs ont besoin ? Le Christ ne nous propose pas des recettes, mais simplement du pain à vivre pour que nous vivions, et transmettions la vie. (Cf.Marc 6 :37) En répondant à nos attentes légitimes, le Seigneur veut aussi nous responsabiliser dans le rapport au partage. C’est en partageant que l’on se nourrit vraiment. La consommation personnelle si nécessaire soit-elle ne peut être une fin (ou faim) en soi. C’est en dépassant le matériel qu’on accède aux  biens plus essentiels.

 

2)  Je suis la lumière du monde :Jean 8 :12

 

A quoi peut bien servir la vie, si nous ne percevons pas clairement les beautés qu’elle recèle ? Autrement dit, peut-on s’émerveiller de la beauté des couleurs d’un paysage si nous restons les yeux fermés ? Nous avons tous besoin d’être éclairés sur nos chemins de vie, quelques soient nos choix. Refuser la lumière qui nous permet de percevoir plus subtilement les beautés qui sont en nous, et autour de nous, est vraiment dommageable pour notre bien-être. Ne pensez-vous pas que nous avons tous besoin d’être éclairé par une lumière divine pour découvrir le sens de notre vie ?

Rappelons-nous que la lumière fut la première des œuvres de la création de Dieu : « Dieu dit : que la lumière soit et la lumière fut »Genèse 1 :3 L’apôtre Jean voulant réaffirmer cette priorité commence son évangile en le centrant sur ce thème :  « Au commencement était la Parole ; la Parole était auprès de Dieu ; la Parole était Dieu…La Parole était la vraie lumière, celle qui éclaire tout humain…Mais à tous ceux qui l’ont reçue, elle a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu ». Jean1 :1, 9,12.

L’apôtre précise que cette lumière est venue parmi nous. En s’incarnant au travers de Jésus-Christ, elle avait un double objectif : d’une part  nous sensibiliser à la gloire émanant de Dieu, et d’autre part  nous faire ressentir le besoin d’une relation authentique avec l’auteur de notre vie. Nous avons donc bien été créés pour vivre en relation.

Ainsi, le Christ voulant nous révéler le Père s’est présenté comme étant la lumière du monde. Si seulement notre humanité pouvait l’accueillir ! Alors nous comprendrions que cette lumière du monde est aussi la lumière de la vie, de notre vie.

 

3)  Je suis la porte : Jean 10 :7,9

 

A quoi peut bien servir la vie, la lumière, si nous n’ouvrons pas la porte de notre espace de liberté pour oser, pour entreprendre, pour aimer. La vie est mouvement.

En se présentant comme la porte de la bergerie, le Christ nous invite à entrer dans toute l’étendue de cette symbolique passionnante. Certes, la porte dans ce contexte est en rapport avec la sécurité, le confort, la protection et le bien-être. Mais le fait que le Christ nous révèle le Père par le biais d’une porte est assez stimulant. Cela nous donne envie de la pousser, de l’ouvrir, de voir ce qu’il y a derrière. Et certainement de découvrir encore plus un parcours, un projet, un itinéraire. Dans l’apocalypse, le même apôtre précise que Jésus se tient à la porte et qu’il frappe :

 « Voici, je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui, je souperai avec lui, et lui avec moi » Apocalypse 3 :20

Assurément la symbolique de la porte nous conduit à l’importance de la relation à l’autre et en particulier à Christ. Tous ceux et celles qui ont eu le bonheur d’ouvrir cette porte ont découvert un peu plus précisément qui est Dieu. Ne perdons pas notre énergie à défoncer les portes ouvertes des sophismes rationalistes, ouvrons plutôt la porte de notre cœur à la pensée de l’éternité, et vivons au présent une relation heureuse dans la relation à Christ. Pourquoi à Christ ?

 

 

4)  Je suis le bon berger : Jean 10 : 11, 14

 

A quoi peut bien servir la vie, la lumière, avoir une porte à ouvrir, si nous ne reconnaissons ni ne rencontrons notre père céleste. En révélant le Père comme un bon berger, le Christ nous réconcilie avec cette image fausse d’un Dieu menaçant et toujours punissant. Le Christ ne nous a pas présenté le Père comme un dictateur, un censeur pur et dur, mais comme un berger qui donne sa vie pour ses brebis. Tout en nous laissant grandir à notre rythme, Dieu se porte garant de notre développement. Par amour, il nous guide et nous protège. Rien de ce qui est utile à notre bien-être est laissé de coté. Protection et nourriture nous sont constamment assurées. L’attention divine est même surprenante. Pour nous en convaincre, Matthieu rapporte un détail qui prête à sourire. Rapportant les paroles du Christ, il déclare : « quant à vous, même vos cheveux sont tous comptés » Matthieu 10 :30  

Quand on a été témoin de cette qualité de prévenance affective, le rapport à la vie prend une autre dimension. Se savoir aimé, et le constater par de multiples petites attentions que seul le cœur peut discerner, engage une marche vers la confiance en soi, en Dieu, et aux autres.

Mais pourquoi être l’objet personnel d’une telle attention de la part de Dieu ?

 

5)  Je suis la résurrection et la vie :Jean 11 :25

 

A quoi peut bien servir la vie, la lumière, avoir une porte à ouvrir, reconnaître et rencontrer son Père céleste, si nous ne sommes pas rassurés sur notre devenir. Autrement dit, si notre vie s’arrête d’un coup sans explication ? 

Effectivement cela n’aura servi qu’à nous sentir bien un tout petit temps seulement. Car comme le dit si bien Moïse dans sa prière : « Nous voyons nos années s’évanouir comme un son. Les jours de nos années s’élèvent à soixante-dix ans, et pour les plus robustes à quatre vingt ans ; et l’orgueil qu’ils en tirent n’est que peine et misère, car il passe vite et nous nous envolons. » Psaume 90 :9-10

Vanité des vanités diront d’autres !

Peut-on concevoir que Dieu, après nous avoir fait le beau cadeau de la vie, nous poursuive sans cesse avec des menaces et finisse par nous l’ôter définitivement ?   Heureusement le Christ est venu nous révéler un autre personnage ! Un Père aimant ayant un projet de vie éternelle pour tous ses enfants

 

Ainsi, il a fallu que nous soyons rassurés, et nous le sommes maintenant par la résurrection. La mort fait partie du programme. C’est le petit espace qui est derrière le rideau, avant que les artistes ne rentrent en scène sous le feu des projecteurs. C’est le sas de décompression avant de retrouver la surface et l’air pur. C’est un temps d’obscurité nécessaire avant d’être dans la pleine et fabuleuse lumière. Non, la vie ne s’arrête pas pour ceux et celles qui ont découvert le véritable visage de Dieu, révélé en Jésus-Christ. Il y aura une suite et quelle suite ! Le temps n’aura plus d’emprise. Finies toutes les contraintes. Vive la grande et glorieuse liberté. Ce magnifique projet, les apôtres l’ont ressenti intuitivement. N’ont-ils pas interpellés le Christ en disant : « Seigneur auprès de qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle » Jean 6 :68-69

 

Il devenait incontournable que le Christ nous révèle vraiment qui est Dieu. Il était nécessaire que cette révélation gomme toutes les contrefaçons ubuesques et irrespectueuses de Dieu. Toutes ces caricatures grossières qui encombrent notre imaginaire et  induisent le faux besoin de représentations idolâtres. Soyons avec simplicité dans la recherche de la vraie vie. Non pas celle qui consomme ou tue le temps, mais celle qui le bonifie, ici et maintenant, avec la perspective d’une permanence. Ce chemin de vie peut-il s’improviser ? Ne faut-il pas apprendre à le découvrir ?

 

6)  Je suis le chemin, la vérité et la vie : Jean 14 :6

 

A quoi peut bien servir la vie, la lumière, avoir une porte à ouvrir, reconnaître et rencontrer son Père céleste, être rassuré sur son devenir, si on se perd en chemin ?

De même qu’en territoire hostile, inconnu, dangereux ou sans repaire, il nous est recommandé d’avoir recours à la connaissance d’un bon guide, de même pour nous frayer un chemin sécurisé dans cette jungle des humains, le Christ se propose d’être notre guide. Il a l’avantage de bien connaître tous les aléas de la nature humaine, toutes ses duplicités et ses desseins malveillants. Face à tous les labyrinthes, les aiguillages, les changements de cap qui sont devant nous, il est bon d’être bien conseillé par quelqu’un en qui nous avons toute confiance. Le chemin que nous devons écrire nous-même peut nous tirer vers le bas ou vers le haut. Tout est en proportion de nos exigences intérieures. Dans ces circonstances, il est réconfortant d’avoir recours au service désintéressé de Jésus-Christ. Il connaît le bon chemin pour nous, même si nous ne le percevons pas comme le plus facile. En fait, être heureux ou malheureux ici bas ne veut rien dire. Ce n’est pas toujours dans le bonheur qu’on découvre qui on est, et pourquoi on est là. Le bonheur en fait ne se cherche pas, il s’apprend. La quête de sens se découvre au travers de mille petits détails, dans des expériences plus ou moins douloureuses. L’important est de trouver le chemin sur lequel on se sent vivre en bonne harmonie avec soi-même et avec ceux qui sont de notre voyage.

Sur ce chemin qui ne peut faire l’économie du vrai, point n’est besoin de s’embarrasser d’encombrants. Plus on avance avec le Christ et plus on se déleste de plein de superflus.

Le Christ est toujours vivant pour intercéder en notre faveur (Cf. Hébreux 7 :25)                Autrement dit, il est toujours attentif à nos besoins. Il est disponible à éclairer nos choix pour que notre chemin se dirige vers le haut, car c’est bien vers le haut que ce fera notre sortie de ce voyage dans cette humanité.

 

7)  Je suis la vigne, vous êtes les sarments : Jean 15 :5

 

Et enfin, à quoi peut bien servir la vie, la lumière, avoir une porte à ouvrir, reconnaître et rencontrer son Père céleste, être rassuré sur son devenir, trouver son chemin, si on reste stérile dans cette vie pour soi et pour les autres ?

Voilà pourquoi nous trouvons significatif l’insistance de l’apôtre Jean sur le fait suivant :

« Moi, Je Suis la vigne, vous les sarments… Car sans moi vous ne pouvez rien faire ». Au premier abord l’affirmation est dérangeante. (Disons aussi que nous pouvons traduire le terme grec Χωρις par = séparément de, à part. Dans le quotidien de la cité grecque, on utilisait cet adverbe pour préciser que la personne habitait à part.)

La finalité de notre existence est donc de porter du fruit en étant rattaché à la sève nourricière. C’est la montée de cette sève dans nos vies qui nous procure la joie d’entreprendre, de réaliser des projets, d’être dans l’authenticité d’une relation amoureuse.

Quand après mille tentatives de trouver par soi-même un bon chemin, on réalise que hors du Christ nous sommes dans le hors piste non sécurisé, on se dit que le fait d’être uni comme les sarments le sont au cep, n’est pas une mauvaise solution. Bien sûr, certains préfèrent le danger et trouvent cette explication peut séduisante. Mais jouer à la loterie avec sa vie, ou la perdre bêtement pour rien, peut aussi ne pas être  séduisant.

Par cette métaphore agricole, l’apôtre Jean a voulu en regard de sa propre expérience, nous faire entrer dans la finalité du projet de Dieu. Tout ce que nous venons de dire n’a de valeur et de sens que si cela vise le plein épanouissement de notre personne. Nous ne pouvons nous réaliser complètement qu’en dépendance volontaire (donc librement consentie) à la personne du Christ. Cela peut paraître très restrictif et peut incitatif. Il n’en est rien ! Tous ceux et celles qui ont fait cette expérience ont vu leur champ de liberté s’agrandir, leur espace relationnel s’élargir, leur vision de l’amour s’approfondir, leur connaissance de Dieu affleurer l’indicible… 

 

Conclusion :

 

Cette rétrospective saisissante présentée par l’apôtre Jean ne pouvait qu’être le fruit d’une longue expérience, d’un long cheminement avec le JE SUIS éternel. C’est au terme de son long parcours de vie que Jean a écrit son évangile vers la fin du premier siècle de notre ère (de l’ère chrétienne). Il l’a rédigé bien après tous les autres apôtres, tous étant déjà morts avant lui. De plus, de part sa nature sensible et affective (Rappelons-nous le moment ou Jean, jeune adolescent, posa sa tête sur la poitrine du Christ au moment du repas pascal) Jean a voulu nous remettre en mémoire l’essentiel. Il a voulu nous recentrer sur le vital. Dans cette optique, il a articulé les 7 JE SUIS que nous venons de parcourir rapidement.

Si en ce début d’année je vous propose ce sujet c’est assurément parce qu’il mérite approfondissement et développement. Mais cet exercice appartient à chacun de nous. A nous de savoir ce que nous voulons en faire. A nous d’examiner toutes choses et de nous poser les bonnes questions :

 

1)    Si le Christ est le pain de vie, ai-je le désir de m’en nourrir ?

2)    Si le Christ est la vraie lumière, ai-je le désir d’être éclairé ?

3)    Si le Christ est la porte de mon espace de liberté, ai-je le désir de l’ouvrir ?

4)    Si le Christ est le bon berger, ai-je le désir d’entendre et d’obéir à sa voix ?

5)    Si le Christ est la résurrection et la vie, ai-je le désir de lui faire totalement confiance ?

6)    Si le Christ est Le chemin, la vérité et la vie, ai-je le désir de le suivre ?

7)    Si le Christ est la vigne, ai-je le désir de porter du fruit en restant uni à lui ?

 

Jean termine son évangile en affirmant que son témoignage est vrai, alors pourquoi ne pas le croire et expérimenter par nous-même la véracité de ces propos ?

 

         

 Jacques Eychenne

 

 

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