Le riche

 

 

 

 

         Le riche

                     ou 

  de la componction

         à l’essentiel de vie

          Marc 10 : 17-27

 

Introduction :

 

Un jour, un homme s’est approché de Jésus et lui a posé la grande question concernant la vie éternelle…

Or, peu de temps auparavant, le Seigneur avait esquissé les traits caractéristiques de ceux et celles qui feront partie du royaume de Dieu avec pour corollaire la question de la vie éternelle. Les paroles de Jésus incitaient ses auditeurs à avoir le regard pur et le cœur neuf de l’enfant...

 

Développement :

 

Le texte de l’évangéliste Marc suit cet enseignement. Il est aussi repris par Matthieu et Luc. Les 3 évangélistes présentent cependant des différences :

      - Matthieu présente un homme qui s’approche, et précise qu’il est jeune (cf. Matthieu 19 : 16,20).

      - Luc présente un premier récit mettant en scène un légiste (νομικος= nomikos : c’est un homme qui est en rapport avec la loi νομος= nomos). Il se lève pour mettre le Christ à l’épreuve (cf. Luc 10 : 25).

      - Luc rapporte un deuxième récit avec le même contenu, mais cette fois avec un chef (aρχων=arkon), un notable, un homme influent (cf. Luc 18 : 18).

  •  Marc parle d’un (εις=eis), sous-entendu, homme (le mot n’y est pas) (cf. Marc 10 : 17).

Mais, tous prononcent à peu près la même phrase : « Bon Maître que ferai-je pour que j’hérite de la vie éternelle » Marc 10 : 17, version Darby.

Matthieu précise : « Maître que ferai-je de bon pour que je possède la vie éternelle ». Matthieu est le seul à dire qu’il est jeune (cf.v.20), alors que Marc et Jean laissent entendre que c’est un homme qui a déjà un certain vécu.

 

Pourquoi donc ces différentes approches d’un même évènement ? Ne présentent-elles pas des contradictions ? Les écrivains bibliques nous font-ils le récit d’une même rencontre ?

Disons d’emblée que dans la révélation écrite les contradictions ne sont qu’apparentes. S’il y a divergence dans l’énoncé des faits, c’est que les auteurs ont porté différents regards sur le même évènement. A nous de discerner leur intentionnalité. Est-elle de présenter un éventail de situations dans lesquelles chaque lecteur peut se reconnaître ? La vocation première des auteurs est de positionner la réflexion en prise directe avec une réalité bien humaine ... En effet que l’on soit jeune homme, homme, chef, notable, ou légiste, les mêmes préoccupations s’expriment. Parmi elles, le sujet de la mort demeure universellement incontournable. Chacun veut savoir ce qu’il adviendra après sa mort, avec le secret désir que sa vie se poursuive et soit éternelle.  

Observons de plus près la question posée dans le texte de Marc. Elle est précise et fondamentale. Comparons-la avec les autres récits : Matthieu emploie le verbe avoir, traduit le plus souvent par posséder, et Marc et Luc utilisent le verbe hériter. La question est donc : que faut-il faire pour avoir ou hériter la vie éternelle ?

Avoir ou hériter, la nuance est intéressante... Elle est certainement révélatrice d’une situation. Il n’est pas difficile de s’apercevoir qu’à l’époque de Jésus une vive inquiétude planait à ce sujet. Face à la multiplicité des commandements traditionnels et à toutes les subtilités des Rabbins, il était difficile d’avoir une pensée claire sur le sujet de la vie éternelle. Souvent le mystère planait…

Matthieu qui s’adresse à des lecteurs juifs, pose le rapport entre le maintenant et l’après de la vie en matière de loi. Dans cette hypothèse, nous serions dans le faire et l’avoir. Par contre, si le rapport est posé non sur le faire, mais sur l’être, alors nous sommes dans le lien de la relation familiale, celle de Dieu, donc de l’héritage.

La loi ne devient qu’un support pour exprimer la valeur des sentiments vers Dieu. C’est dans cet esprit que Paul parle de la loi comme d’un pédagogue pour nous conduire à Christ (cf. Galates 3 : 24).

Cette question de la vie éternelle sous-tendait un débat d’autorité entre un enseignement principalement pharisaïque et celui du Christ. L’un était centré sur le faire et l’autre sur l’être (ex : dans le contexte immédiat : ressembler à un petit enfant). 

La question est donc bien le reflet sinon d’un problème, du moins d’une préoccupation d’ordre spirituel. Mais, concrètement, il était tout aussi normal qu’un riche se préoccupe d’héritage, même d’ordre spirituel.

Jésus aurait dû se réjouir de cette bonne question ! Au contraire, il exprime une gêne. Matthieu va préciser l’objet de cette gêne : « Pourquoi m’interroges-tu sur le bon ? » V. 17.

Est-ce que cette introduction était un effet de flatterie ? Une façon de dire : On te connaît bien ? Y avait-il de l’hypocrisie, de la provocation ? Il est difficile de le dire avec certitude.

Ce qui clair par contre, c’est que le Christ coupe court à la présentation de notre homme : « seul (Dieu) est bon ». Matthieu 19 : 17, ou dans Marc : « nul (n’est) bon sinon Dieu seul » Marc 10 : 18.

L’intérêt de cette réponse surprenante est de clarifier les positions en reprécisant les mots. Le Christ invite son interlocuteur à un recentrage de la notion du bon.  Au lieu de se positionner sur l’humanité de Jésus et ses actions de bienfaisance, le questionnant est invité à diriger ses regards vers Dieu. On pouvait contester l’autorité du Christ, mais pas celle de Dieu. D’ailleurs, sur ce point tout le monde était d’accord.

Dieu seul est bon. Saisissons l’occasion de cette mise au point pour nous impliquer aussi. Cette affirmation ne recadre-t-elle pas nos prétentions humaines ? Ne nous permet-elle pas de nous poser la question à notre tour : sommes-nous dans le vrai de la relation à Dieu ? Malgré notre bonne volonté, il est honnête de reconnaître que nous demeurons dans l’imparfait de nos désirs et actions. Il est bon de prendre conscience que nous sommes en marche vers un ailleurs parfait...

 

Revenons maintenant à la suite de la réponse de Jésus.  Il poursuit en disant :

« tu connais les commandements : ne tue pas, ne commets pas adultère, ne vole pas, ne porte pas de faux témoignages, ne fais pas de tort, honore ton père et ta mère. » v.19.

Dans le premier récit de Luc, Jésus centré sur notre homme lui dit : « dans la loi, qu’y a-t-il d’écrit ? Comment lis-tu ? » Luc 10 : 26.

Autrement dit, Jésus procède à un inventaire des connaissances de son questionneur. Le verbe utilisé nous renforce dans cette idée. Il relève plus du savoir à proprement dit, que de la vraie connaissance. Quand on parle de connaissance réelle, révélée par l’expérience, un autre verbe est usité (γινωσκω : etymologiquement, connaître c’est pénétrer l’être ou la chose dans l’intérieur. On considère en général le savoir comme un enregistrement d’infos et la connaissance comme une expérimentation d’infos). 

Cette démarche du Seigneur nous semble très intéressante. Tous les pédagogues modernes la connaissent bien. Il s’agit de centrer son attention sur celui ou celle qui pose la question, et de vérifier ce qu’il sait déjà. Partir de ce que l’on sait, et compléter les manques, voilà la pédagogie moderne du Christ.

Mais pourquoi le Christ, ne cite-t-il que la deuxième table de la loi ? Pourquoi les 6 derniers commandements, même si le dixième est synthétisé par une formule : « ne fais pas de tort » ?  Oui ! pourquoi ne pas citer les 10 commandements ?

La suite du récit nous éclaire et nous montre que le problème de cet homme riche était en rapport avec l’observance de la deuxième table de la loi, celle qui parle de notre responsabilité vis-à-vis de notre prochain.

La réponse de notre homme est d’ailleurs pleine d’aplomb, il est très sûr de lui : 

« Maître, tout cela, je l’ai gardé dès ma jeunesse ».   Marc 10 : 20.  

Dans sa réponse, il n’y a plus le qualificatif bon, mais juste : maître ! Notre homme apprend vite... puis, quelle audace !  « Mais j’ai fait tout cela, Seigneur ! ».

Depuis tout petit, il a, à ses yeux, gardé ces paroles consciencieusement suivant l’éducation qu’il a reçue. Alors ! Où est le problème ?

Le verbe garder (φυλaσσω = fulassau) explicite bien la conception juive de l’époque. Ce verbe garder est dans son sens étymologique : monter la garde, protéger, défendre. Et c’était bien là le problème ! Les chefs religieux du temps de Jésus ont plus centré leur enseignement sur la base de la garde, que sur celle du partage. Du même coup, ils ont constamment été préoccupés par le faire et moins par l’être. Le problème n’est-il pas récurrent à toutes les religions ? et pour chacun de nous ?

L’assurance un peu insolente de notre homme est cohérente avec ce qu’il a reçu. Pour lui, il est en règle avec la loi. Il a obéi parfaitement, alors, il attend de la part du maître : reconnaissance, satisfecit, compliment, récompense etc.  

Notre homme a bien récité sa leçon... C’est peut-être le propre du formalisme : redire des mots, des phrases apprises machinalement, refaire des gestes, sans jamais s’impliquer vraiment, sans jamais adhérer de cœur. Combien de croyants ont cette même conception dans notre monde ! Ils ont tout fait... Plus justement, ne sont-ils pas plutôt étouffés par une compréhension réductrice de la loi. Ils se servent de la loi, plutôt que d’être au service de l’esprit qui la fait naître !  Ne nous leurrons pas, sans une vigilance de tous les instants, ce danger nous guette aussi.  

Cet homme était en fait satisfait de lui-même, assez content de lui. Jésus va lui renvoyer, comme dans un miroir, la triste réalité de sa situation. Nous sommes tous invités à passer de l’illusion au réel, du paraître à l’être, tôt ou tard, dans notre vie...  Pour cesser de s’illusionner et donc cesser de se tromper sur soi, il faut être confronté à la réalité.  

Comment Jésus va-t-il s’y prendre pour ramener cet homme à la réalité ? 

 

« Jésus l’ayant regardé, l’aima, et lui dit : il te manque une chose ; va, vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel. Puis viens, et suis-moi » Marc 10 : 21.

La bonne réponse est tout entière contenue dans cette parole : ayant fixé sur lui son regard, il l’aima. Face à une obéissance stricte de la loi, Jésus vit l’essence même de cette loi : l’amour (sous cette forme intense et directe, c’est la seule mention dans la Bible. Comme disent les théologiens c’est un hapax legomenon.  On dit bien ailleurs que Jésus aimait Marthe, sa sœur et Lazare ; on parle aussi du disciple que Jésus aimait, mais jamais sous cette forme-là. D’ailleurs, Marc est le seul à présenter le récit ainsi. Cela est d’autant plus intéressant que les destinataires de son évangile sont des non-juifs).

Mais revenons au récit... Est-ce que la puissance d’amour du Christ va l’aider à donner à sa vie une autre direction ? Que le Seigneur lui dit-il pour l’aider ?

Il lui propose une bouffée d’oxygène, une ventilation d’air pur, une sortie par le haut, une autre façon de vivre la loi... En vrai, la perfection n’est plus là où on l’attend...

Concrètement, Jésus renvoie cet homme à son choix. Il ne peut que l’inviter à changer, à

 

repositionner sa marche vers l’essentiel, dans la bonne direction de son royaume…

Sa puissance d’amour s’arrête à la porte de son cœur. Mais Jésus a aimé avant de dire, et c’est cette démarche qu’il nous faut sans cesse imiter.

 

1) La réponse de Jésus met en évidence une pédagogie passionnante :1) Prise de conscience de son manque : Il te manque une chose (Jésus positive : il ne t’en manque plus qu’une, concentre-toi !).

2)  Appel à une démarche fabuleuse de foi avec 3 verbes d’action : va, vends et donne (C’est un superbe VVD pour les anniversaires et fêtes !).

3)  Appel à une vocation du même type que les apôtres : viens et suis-moi.

 

Quelle émotion ! Quelle puissance d’amour ! Quelle force dans ce récit ! On a presque envie de pousser cet homme à donner la bonne réponse. Et dire que ce parcours peut aussi être le nôtre... A chaque fois le Christ a valorisé ce que cet homme avait déjà fait. Il n’y a aucun reproche, aucune leçon de morale, aucun sermon au sens péjoratif du terme.

 

En lui disant une chose te manque, le Christ reconnaissait que son obéissance à la loi était bonne... Mais la vie éternelle a moins de rapport à l’obéissance qu’à l’amour. C’était là son manque essentiel ! Puisque tu penses avoir tout fait, alors fais encore ceci. Les 3 verbes sont forts :

  • Va : Le propre de la foi est d’avancer, de marcher vers le Père. Stationner ou attendre que les évènements décident pour nous est un refus d’assumer un choix libre.
  • Vends : mais pourquoi vendre au lieu de donner tout simplement ? Ne serait-ce point pour inviter notre homme à faire l’inventaire de ce qu’il possède déjà, ou plus précisément de ce qu’il a reçu. Et puis, peut-être encore à l’arrière-plan, prendre conscience que tout vient de Dieu (ici bas, nous ne sommes que gestionnaires de biens). Si les biens nous handicapent dans la démarche de foi, alors, il faut s’en défaire, comme des cailloux dans les chaussures !
  • Donne : Si nous avons conscience que tout vient de Dieu, nous aurons plus de facilité à donner. Attention ! Nous sommes contaminés par le virus de la possession dès notre plus jeune âge (le célèbre : c’est à moi ! des enfants) et cela perdure jusqu’au soir de la vie. On a toujours peur de manquer de quelque chose, même si on a tout (reconnaissons qu’il faut peu pour bien vivre !) Le Seigneur a dit ailleurs : « Là où est votre trésor, là aussi sera votre cœur ». Luc 12 : 34.

 

Va et vends tout ce que tu as, et donne-le à ceux qui n’ont pas. C’est vraiment le cœur du problème pour notre homme... Dans notre récit, le Christ a rajouté : « et tu auras un trésor dans le ciel » V. 21. La pédagogie du Christ véhicule un intérêt positif. Et si le Christ lui demande de tout vendre, c’est parce que lui, le Sauveur, est prêt à tout lui donner. Toi qui aimes les biens, j’ai pour toi un trésor dans le ciel, alors « viens et suis-moi !». Après une pédagogie d’intéressement positif, le Maître termine par une pédagogie participative. C’est superbe !

Seuls les apôtres ont connu pareil appel. On s’attendrait quelque part à ce que notre homme saute de joie face à cette aventure nouvelle ! Il n’en fut rien, hélas...

 

« Mais lui assombri à cette parole, s’en alla attrister car il avait de grands biens » V.22. Luc précise : « Il devint triste, car il était fort riche » V. 18 : 23.

Le Christ l’a regardé partir... Son amour pour lui s’est arrêté à la porte de son cœur (cf. Apocalypse 3 : 20). Dieu par Jésus-Christ nous aime à ce point qu’il accepte d’être en constat d’échec dans le respect de nos réponses. Par contre, inlassablement, le Christ utilise la circonstance pour continuer à instruire et interpeller ses disciples en concluant que : « tout

 

est possible à Dieu » Marc 10 : 27.

 

Conclusion :

 

Ce récit fait partie des grands marqueurs qui différencient le Judaïsme du Christianisme. La question de la perfection, chère aux Pharisiens, à l’arrière-plan du débat, illustre la distance qui sépare Jésus de l’enseignement de son temps. Pour les Juifs, seule l’obéissance stricte à la loi pouvait permettre l’entrée dans le royaume de Dieu. On était plus dans le registre du faire que dans celui de l’être.

Jésus force la réflexion de cet homme en le pressant d’aller au-delà de la lettre de la loi ... Il l’entraîne à en pénétrer l’esprit. Cet esprit parle d’amour qui fonde la relation et crée le désir d’être avec. L’obéissance n’a de sens que quand elle est précédée par l’amour.

 

« Si vous m’aimez, gardez mes commandements... ». Et ailleurs « Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme j’ai gardé les commandements de mon Père et que je demeure dans son amour. » Jean 14 : 15 et 15 : 10.

 

Jésus, dans ce récit, nous presse d’aller au-delà de ce que nous avons appris, de ce qui nous a été transmis, pour opter pour une démarche personnelle de foi.  

Jésus a mis l’accent sur le partage : savoir donner est important sur tous les plans. Apprendre à donner, c’est alléger sa marche de la foi. Elle devient alors plus attractive, plus sereine, plus féconde. Elle participe au rayonnement de notre être.

Et puis, dans ce récit il y a aussi les promesses du Seigneur. Elles sont certaines. Seulement, elles sollicitent notre adhésion. Ce fameux trésor dans le ciel, on le veut ici et maintenant. On veut tout et tout de suite. Il y a de la dictature dans nos relations conditionnelles. La foi est aussi le voyage vers l’invisible, via le réel de nos aspirations.

Le récit se termine par une invitation à suivre le Christ. Ne serait-ce point là la véritable observance de la loi ?  

A la question du début du récit correspond la bonne réponse de la fin : « que dois-je faire pour hériter la vie éternelle ? ... Eh bien ! Viens et suis-moi ».

La conclusion semble triste : La tristesse de cet homme fait certainement écho à la tristesse du Seigneur. Mais on ne s’arrête pas là... Le final est éblouissant...

A la question des disciples « et qui peut être sauvé ? » Jésus répond en posant sur eux son regard : « pour les hommes (c’est) impossible, mais non pour Dieu, car toutes (choses sont) possibles pour Dieu. » Marc 10 : 26-27.

Voilà pourquoi nous pouvons avoir confiance en Dieu en toutes circonstances !

Cette histoire contient un enseignement complet. Il nous invite à passer du détachement de tous nos avoirs, à une marche souple et alerte vers la vie éternelle. Le possible de Dieu dans nos vies nous semble surtout être centré sur des passages successifs : passage du paraître au savoir-être, et du savoir-être, à l’être pleinement authentique et régénéré.

Notre homme s’en alla tout triste. Cet état traduit sa prise de conscience. Pour autant qui sait si par la suite il n’a pas répondu positivement à l’appel du Maître ! « La tristesse selon Dieu produit un repentir qui conduit au salut et ne laisse pas place au regret ». 2 Corinthiens 7 : 10, version Traduction œcuménique de la Bible.

 

« La pauvreté du cœur ne nourrit jamais l’intelligence mais la richesse du cœur développe souvent l’esprit ». Jacques de Bourbon Busset, écrivain et diplomate français, ancien membre de l’Académie française (1912-2001)

                                                                                   

                                                                          Jacques Eychenne

 

 

 

 

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