Jésus-Christ, qui est-il ?

 

 

 

   Jésus-Christ,

    qui est-il ?

                   ou

 mieux connaître

     le Sauveur

 

 

Introduction :

 

Parmi les êtres vivants, nés d’une femme, il n’en est point de plus énigmatique, et pourtant de plus séduisant, que Jésus de Nazareth. Dès avant sa naissance, les messagers de Dieu lui ont donné des noms différents. Esaïe avait annoncé prophétiquement : « C'est pourquoi le Seigneur lui-même vous donnera un signe : voici, la jeune femme est enceinte, elle va enfanter un fils et elle lui donnera le nom d'Emmanuel »  Esaïe 7 : 14, version FBJ.  Cependant, quand un ange annonçe à Joseph l’heureux évènement, il lui dit clairement : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse : ce qui a été engendré en elle vient de l'Esprit Saint, et elle enfantera un fils auquel tu donneras le nom de Jésus, car c'est lui qui sauvera son peuple de ses péchés » Matthieu 1 : 20-21, version TOB. Ainsi, après avoir prédit que cet enfant porterait le nom d’Emmanuel, on se trouve en présence d’un enfant auquel le nom de Jésus est donné.  Pourtant, les deux appellations ont des sens différents, même s’ils sont complémentaires. D’un Emmanuel, dont la signification est énoncée par le prophète Esaïe : « Dieu avec nous », on passe au nom de Jésus (cf. nom d’origine hébraïque Yeshoua, même racine que Josué, et repris par le nom grec de Ἰησοῦς = Jésus = celui qui sauve ou qui délivre). Pour coaguler les deux sens on retiendra Jésus-Christ (cf. Le Christ étant celui qui est oint par Dieu).

L’entrée dans l’histoire humaine de ce personnage étonnant et attirant excite une curiosité pour les uns, une attention pour d’autres. De ce fait, tout naturellement, nous allons essayer de mener une enquête pour savoir si  Jésus-Christ fait partie des inclassables de son temps.

 

Développement :

 

Observons d’emblée une similitude entre la révélation de Dieu dans la Genèse, et celle de Jésus dans les Evangiles. Dieu ne s’est jamais présenté aux humains en déclinant son identité (comme le ferait le commun des mortels).  Non ! Il s’est révélé, ou plutôt, il a révélé qui il était par des actions créatrices. Autant dire qu’Il s’est mis en scène pour se laisser découvrir. Et ce n’est pas la réponse qu’il donne à Moïse, quand celui-ci lui demande son nom, qui nous en apprend davantage. L’expression : « Je suis ce qui suis » ou «  Je suis celui qui sera » ou «  Je suis qui je serai » garde sa part de mystère (cf. Exode 3 : 14).  En est-il de même pour Jésus ? Sans surprise, le Seigneur, l’envoyé de Dieu, a imité la présentation de son Père. Jésus, lui aussi, s’est laissé découvrir sans au préalable décliner son identité réelle.

 

-1) Pour le citoyen de Galilée ou de Judée, Jésus a été perçu, avant tout, comme un faiseur de miracles, c’est-à-dire, un thaumaturge capable de guérir toutes les maladies. Il chasse les esprits impurs (cf. Marc 1 : 21-28), guérit la fièvre de la belle-mère de Pierre (cf. Marc 1 : 29-31), rétablit des paralytiques, redonne la vue aux aveugles, etc… En deux phrases l’évangéliste Marc, qui est le premier à relater les faits et gestes de Jésus, dépeint la popularité de Jésus, à Capernaüm, au cœur de la Galilée : « Le soir venu, après le coucher du soleil, on se mit à lui amener tous les malades et les démoniaques. La ville entière était rassemblée à la porte. Il guérit de nombreux malades souffrant de maux de toutes sortes et il chassa de nombreux démons ; et il ne laissait pas parler les démons, parce que ceux-ci le connaissaient » Marc 1 : 32-34, version TOB.  Même aujourd’hui, nous n’avons qu’une toute petite idée de l’impact émotionnel créé par le Christ thaumaturge. De nos jours, on parlerait de guérisons et d’exorcismes. Le succès populaire de Jésus de Nazareth avait pour objectif, non seulement de soulager la misère humaine, mais aussi, et bien plus, d’attirer l’attention sur le message d’une complète délivrance dont il était porteur (il n’y avait pas que la santé physique !).  La victoire du Christ sur le mal  augure une ère nouvelle. Les  soixante-dix disciples  envoyés par le Seigneur partagent cette joie. Ils voient le mal mis en échec : « les soixante-douze disciples revinrent dans la joie, disant : « Seigneur, même les démons nous sont soumis en ton nom. Jésus leur dit: « Je voyais Satan tomber du ciel comme l'éclair. Voici, je vous ai donné le pouvoir de fouler aux pieds serpents et scorpions, et toute la puissance de l'ennemi, et rien ne pourra vous nuire. Pourtant ne vous réjouissez pas de ce que les esprits vous sont soumis, mais réjouissez-vous de ce que vos noms sont inscrits dans les cieuxLuc. 10 : 17-20, version TOB. La conclusion explicite de Jésus de Nazareth définit bien l’objectif de sa mission. Non seulement le Seigneur désire se faire découvrir comme celui qui endigue et supplante le mal, mais plus encore comme celui qui inscrit sa victoire dans le présent. Pouvait-on trouver de meilleures garanties pour adhérer à ses promesses !

 

-2) Mais Jésus fut aussi reconnu comme un maître, non seulement par ses disciples, mais aussi par la classe cultivée. Un jour, un scribe s’approche de lui et il l’apostrophe en ces termes : « Maître, je te suivrai partout où tu iras » Matthieu 8 : 9. (cf. Maître : διδάσκαλος = didaskalos=  un professeur. Dans le NT, celui qui enseigne les choses de Dieu et les devoirs de l'homme. Titre comparable aux docteurs de la religion juive) et Jésus décline sa proposition. Déjà à douze ans, quand Jésus est assis au milieu des maîtres de l’époque, dans le temple de Jérusalem, Luc rapporte : « tous ceux qui l’entendaient s’extasiaient sur l’intelligence de ses réponses » Luc 2 : 46, version TOB. Les Pharisiens (cf. Matthieu 9 : 11), les scribes et Pharisiens réunis (cf. Matthieu 12 : 38), les Douaniers (cf. Matthieu 17 : 24), les futurs Apôtres l’interpelèrent aussi de cette façon : « Rabbi - ce qui signifie Maître -, où demeures-tu ? »  Jean. 1 : 38, version TOB. Même un membre du Sanhédrin (la plus haute autorité religieuse de l’époque), apostropha Jésus par ces mots : « Rabbi, nous savons que tu es un maître qui vient de la part de Dieu, car personne ne peut opérer les signes que tu fais si Dieu n'est pas avec lui » Jean  3 : 2, version TOB. La liste des témoignages est loin d’être exhaustive. Disons seulement que Jésus, en tant que Maître, marche avec sa propre parole. Certes, sa parole est sous le contrôle divin, mais elle est aussi novatrice, simple, accessible, pleine de chaleur et d’injonctions positives.

 

-3) Jésus fut le plus souvent perçu comme un prophète. En son temps, même le roi Hérode entendit parler de Jésus en tant que tel,  et Marc, l’évangéliste, rajoute : « car son nom était devenu célèbre » Marc 6 : 14, version TOB. Déjà, petit enfant, il était annoncé que le Seigneur serait appelé « prophète du Très-Haut » Luc 1 : 76, version NEG. Quand lors du miracle de la résurrection du fils de la veuve de Naïn, Jésus accomplit le prodige et le remet debout, la foule glorifie Dieu en disant : « un grand prophète a paru parmi nous, et Dieu a visité son peuple » Luc. 7 : 16, version NEG.

De même encore, quand Jésus entre dans Jérusalem toute la ville est émue, et on s’interroge  sur l’aura qui émane de cet être exceptionnel. Matthieu rapporte l’évènement par ces mots : « la foule répondait : c’est Jésus, le prophète, de Nazareth en Galilée » Matthieu 21 : 11, version NEG. Il est vrai que le Seigneur synthétisait tout le message prophétique.  A son baptême une voix céleste vient confirmer son élection de Fils bien-aimé de Dieu (cf. Marc 1 : 10-11). Puis, il dénonce hardiment les perversions des Pharisiens (cf. Matthieu 23 : 13-29) ; et encore il utilise des images symboliques (cf. Les paraboles comme l’ivraie et le bon grain) ; il prononce  une malédiction sur un figuier (cf. Matthieu 21 : 18-22 ) ; il prédit la destruction du temple de Jérusalem (cf. Jean 2 : 19 )… Quand Jésus questionne ses disciples, l’information qui lui est renvoyée l’assimile à un prophète (c’est soit Jean-Baptiste, soit Elie ou un autre prophète, Marc 8 : 28). Bref, Jésus a utilisé tout le mode de fonctionnement du prophète.

 

-4) De loin, le titre le plus utilisé, qui a été donné à Jésus de Nazareth, est celui de Seigneur : Luc, qui nous dit avoir fait des recherches exactes sur le parcours du Christ, en parle pratiquement à chaque chapitre de son évangile (excepté dans les chapitres 8,14, 15, 16, et 21, soit dans 20% seulement de son œuvre). κύριος = kurios = Seigneur, c’est le titre de Dieu dans l’Ancien Testament grec. C’était le terme révérencieux par excellence. Assurément, c’est le mot le plus usité des évangiles.

 

-5) Mais aussi, Jésus de Nazareth a été reconnu comme roi d’Israël. Depuis longtemps déjà, à la suite de tous ses gestes d’amour, la foule laissait germer en elle ce désir de le voir porter à la royauté. Aussi, pendant les festivités de la fête de Pâques, quand Jésus entra triomphalement à Jérusalem, ce fut une explosion de joie, d’hosanna, et de reconnaissance. Le peuple lui prouvait, à cet instant toute sa reconnaissance. Le déploiement de son amour, au travers de tous ses gestes de bienfaisance, était reconnu avec gratitude. Louanges et bénédictions accompagnaient les acclamations (cf. Jean 12 : 12-16, version NEG. Les autorités romaines respectèrent cette proclamation historique de la foule, et Pilate fit inscrire sur le Titulus Crucis (panneau de bois cloué en haut de la croix): Jésus de Nazareth, roi des Juifs, en trois langues : hébreu, grec et latin (cf. Jean 19 : 19-20).

Nous venons de voir, dans ses grandes lignes, comment le personnage de Jésus de Nazareth a  été perçu par la population…

 

Voyons maintenant comment ses propres disciples l’ont découvert ?

 

Retenons qu’après avoir été appelés à le suivre, les apôtres, et plus largement ses disciples, ont été en grande partie témoins de son action. Sans surprise,  ils ont épousé les perceptions du peuple sur la personnalité de Jésus venant de Nazareth. Il y a cependant une exception : celle de Nathanaël. Avant tous les apôtres, il perçut en Jésus ce qui était loin d’être évident. Il reconnut en lui ses qualités, à la fois de Rabbi, de Fils de Dieu, et de roi d’Israël (cf. Jean 1 : 47-50). A-t-il été spécialement inspiré ? Cela ne semble pas être le cas. C’est seulement la révélation portée par Jésus sur le très fond de sa personne qui semble avoir déclenché en lui cette perception… Souvent les disciples ont appelé Jésus : Maître (cf. Marc 4 : 38 ; 9 : 38 ; 13 : 1 etc.), parfois rabbi (cf. Marc 9 : 5 ; 11 : 21 ; Jean 4 : 31 ; 9 : 2 etc.), mais le plus souvent, et comme nous l’avons déjà dit, Seigneur. Mais assurément  la découverte, la plus significative et pertinente, est celle que Pierre, porte-parole du collège apostolique, a faite sur Jésus. Elle confirme celle de Nathanaël. Ainsi,  quand Le Maître s’informe auprès des siens pour savoir comment eux le perçoivent, Pierre n’hésite pas, il déclare : « Simon Pierre répondit : tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. Jésus, reprenant la parole, lui dit : tu es heureux, Simon, fils de Jonas; car ce ne sont pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais c'est mon Père qui est dans les cieux » Matthieu 16 : 16-17, version NEG. Cependant tous les apôtres, qui étaient dans la barque battue par les flots en furie sur le lac de Galilée, avaient déjà reconnu  la divinité du Christ. La tempête apaisée, ils se sont prosternés devant le Christ et se sont écriés : « Tu es véritablement le Fils de Dieu » Matthieu 14 : 33.

La révélation de l’origine divine de Jésus de Nazareth est donc la plus grande de toutes. C’est pourquoi on l’a appelé Christ. Or, Χριστός = Christos, c’est celui qui est oint de Dieu, c’est la traduction grecque du mot Messie. Cette découverte des apôtres, révélée par l’esprit divin, devait être tenue secrète, sinon elle était de nature à perturber la mission du Seigneur. Voilà pourquoi Jésus ordonne (cf. διαστέλλομαι  ou διαστέλλω = diastellau = réprimander, ordonner, charger, recommander) aux disciples rassemblés de ne dire à personne qu’il était le Christ (cf. Mattieu 16 : 20). Ajoutons aux témoignages des disciples, celui du centenier romain devant la mort de Jésus en croix : « le centenier, qui était en face de Jésus, voyant qu'il  avait expiré de la sorte, dit : assurément, cet homme était Fils de Dieu » Marc  15 : 39, version NEG.

 

Mais, au fait, comment le Christ s’est-il révélé lui-même ? Quels titres a-t-il accepté de porter ?

 

Il est intéressant de noter que Jésus n’a revendiqué pour lui-même aucun titre. Sa carte de visite met cependant l’accent sur plusieurs mots bien choisis.

Celui que le Seigneur semble avoir affectionné est celui de Fils de l’homme. S’adressant à ses nouvelles recrues apostoliques, Jésus déclare : « en vérité, en vérité, je vous le dis, vous verrez le ciel ouvert et les anges de Dieu monter et descendre au-dessus du Fils de l'homme » Jean  1 : 51, version FBJ. C’est l’évangéliste douanier Matthieu qui en parle le plus. Le Fils de l’homme a le pouvoir de remettre les péchés (cf. Matthieu 9 : 6). Quand le Fils de l’homme sera revenu (cf. Matthieu 10 :23). Le Fils de l’homme vient, il mange et il boit (cf. Matthieu 11 : 19). Le Fils de l’homme est seigneur du sabbat (cf.  Matthieu 12 : 8). Le Fils de l’homme demeurera dans le sein de la terre (cf. Matthieu 12 : 40). Celui qui sème le bon grain, c’est le Fils de l’homme (cf. Matthieu 13 : 37). Aux dires des gens, qui est le Fils de l’homme ? (cf. Matthieu 16 : 13). Le Fils de l’homme doit venir dans la gloire de son père (cf. Matthieu 16 : 27). Jusqu’à ce que le Fils de l’homme soit ressuscité (cf. Matthieu 17 : 9). De même, le Fils de l’homme souffrira (cf. Matthieu 17 : 22). Le Fils de l’homme siégera sur le trône de sa gloire (cf. Matthieu 19 : 28). Le Fils de l’homme va être livré aux grands prêtres (cf. Matthieu 20 : 18) etc. Il y a encore chez Matthieu  une douzaine de citations mentionnant le Fils de l’homme…

Jésus a voulu démontrer à quel point il avait désiré être solidaire des problèmes humains. Loin de pontifier, il adopta une attitude humble. Il alla constamment à la rencontre de l’humain. Il incarna le rôle de serviteur (cf. Jean 13 : 17). « Que le plus grand parmi vous soit comme le plus petit, et celui qui gouverne comme celui qui sert. Car quel est le plus grand, celui qui est à table, ou celui qui sert ? N'est-ce pas celui qui est à table ? Et moi, cependant, je suis au milieu de vous comme celui qui sert »  Luc 22 : 26-27, version NEG. Les apôtres témoigneront de l’admirable disposition de service de leur Maître et Seigneur (cf. Actes 3 : 13,26 ; 4 : 27).

Il est tout aussi clair que Jésus de Nazareth a reconnu être le Fils de Dieu. Jésus répondant à ceux qui l’accusaient déclare : « celui que le Père a sanctifié et envoyé dans le monde, vous lui dites : tu blasphèmes ! Et cela parce que j'ai dit : Je suis le Fils de Dieu » Jean 10 : 36, version NEG. « En vérité, en vérité, je vous le dis, l'heure vient, et elle est déjà venue, où les morts entendront la voix du Fils de Dieu; et ceux qui l'auront entendue vivront »  Jean 5 : 25, version NEG. Quand Jésus apprend que son ami Lazare est tombé malade, il affirme encore son titre de Fils de Dieu en disant : « cette maladie n'est point à la mort; mais elle est pour la gloire de Dieu, afin que le Fils de Dieu soit glorifié par elle » Jean  11 : 4, version NEG. Les plus convaincus de sa filiation divine furent le diable et ses suppôts (cf. Matthieu 4 : 3,6 ; Marc 3 : 11 ; 5 : 7 ).

 

Conclusion :

 

Cette brève vue panoramique des textes du Nouveau Testament  nous permet d’avoir une idée plus précise de la personne de Jésus-Christ. On peut ainsi savoir comment il a été perçu par les populations, par ses proches et ses opposants. De nos jours, les historiens témoignent aussi de l’existence indéniable de ce Jésus de Nazareth. Les textes intra-testamentaires et extra-testamentaires apportent une preuve irréfutable de sa personne et de son influence insolite et bouleversante. Le trait touchant de sa personnalité est en regard de son attitude humble,  se définissant comme serviteur. Il s’est abaissé  pour nous donner le désir de grandir en suivant son exemple. Dans un monde qui se déshumanise de plus en plus, le repère d’un parcours riche en valeurs morales et spirituelles, permet à tous ceux qui   veulent suivre son exemple, de mieux vivre, et d’espérer des temps heureux.

« La vertu, le génie, me semble des deux plus belles formes de ce complet et constant dévouement que Jésus-Christ est venu apprendre aux hommes. » Honoré de Balzac, dans le médecin de campagne.                 

                                

                                                                                 Jacques Eychenne

 

PS : FBJ, version french bible de Jérusalem ; TOB, version Traduction Œcuménique de la Bible ; NEG, version Nouvelles Editions de Genève.

 

 

 

 

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