Le Chrétien face à l' esclavage

 

 

  Le chrétien face

    à l’esclavage   

    Epître à Philémon     

 

Introduction :

 

L’authenticité de cette courte missive de Paul, adressée à Philémon, n’a pratiquement jamais été contestée. On la retrouve dans la liste des plus anciens manuscrits du Nouveau Testament, comme, par exemple, le canon de Muratori (env. 170 apr. J-C) Elle a très probablement été écrite, lorsque l’apôtre Paul était en prison à Rome, vers les années 60 de notre ère. Elle fait partie des écrits de sa captivité comme les lettres envoyées aux Eglises d’ Ephèse, de Philippe et de Colosses. Philémon appelé compagnon d’œuvre s’était converti lors d’un passage de Paul à colosses. Il habitait vraisemblablement dans cette localité continentale (cf. Colossiens 4 : 9,17). Il était devenu un élément actif de cette petite communauté de Colosses. Les fidèles se réunissaient d’ailleurs chez lui (cf. v.2) et il devait être suffisamment riche pour avoir une grande maison, et au moins un esclave du nom d’Onésime.

Cette correspondance est un véritable joyau d’amour fraternel, de pardon et de diplomatie spirituelle. En effet, l’apôtre ne va pas traiter de front le délicat sujet de l’esclavage, il va finement l’aborder sous un angle précis. Cette initiative très personnelle donne à ce courrier une valeur exceptionnelle. Il faut savoir que si Paul avait abordé de face la question de l’esclavage, il aurait gravement mis en péril l’avenir du christianisme. Il convient de rappeler qu’il était naissant dans ces régions. Le sujet étant grave, il fallait de la diplomatie éclairée, du bon sens, de l’inspiration divine à coup sûr.

 

Développement :

 

Ce billet de 25 versets demeure d’une saisissante actualité... Comment se positionner face à toutes actions ou directives qui portent atteinte à la dignité de la personne humaine ? Et que dire des multiples facettes de l’esclavage moderne ? Les  atteintes à la liberté individuelle ne sont-elles pas légions ? C’est le chapitre le plus dramatique de notre temps. De ce fait, le sujet s’ancre dans notre actualité. En ricocher, la façon dont l’apôtre Paul va l’aborder nous intéresse.

L’apôtre fait un choix fort judicieux.

 

A l’épreuve de force, il choisit l’intelligence du cœur. A l’acte autoritaire, il substitue le geste d’amour. L’objectif était d’atteindre la réconciliation et de redonner du sens à la fraternité.

 

Cela devrait nous servir de repère aujourd’hui, nous qui sommes sans cesse sollicités  à prendre position dans les  conflits relationnels de toute nature.

La position de Paul est révolutionnaire pour son époque.

 

Elle nous fournit l’occasion de poser une vraie question :

Comment une société peut-elle changer par des réformes, alors que les citoyens veulent rester les mêmes ? En d’autres termes, est-ce que la modification des structures de la société moderne  change  le cœur des hommes ? La réponse est évidente.

Le christianisme apporte là une réponse, sinon originale, du moins pertinente. Toutes les révolutions et réformes n’amélioreront que partiellement la situation du monde, tant que le cœur de l’homme ne changera pas. Et une seule force est capable de modifier substantiellement le fond des problèmes : la mise en place d’une relation d’amour inspirée par l’action de Dieu. La résistance de notre monde à cette ouverture explique en grande partie la dégradation des valeurs morales. L’apôtre Jean l’a précisément décrite. (cf. 1 Jean 2 : 15-17)  L’état d’esprit qui mène notre monde est à l’opposé de celui de Dieu, révélé dans sa Parole  par les prophètes, Jésus-Christ, les apôtres.

 

Examinons maintenant comment l’apôtre s’y est pris pour résoudre ce délicat sujet de l’esclavage. Dépeignons d’abord la situation: Philémon, riche propriétaire avait un esclave. Celui-ci s’est enfui pour des motifs que nous ignorons. Certains pensent qu’il a volé son maître avant de partir, mais le texte ne le dit pas. Il s’est réfugié dans l’anonymat de la grande capitale romaine. La loi romaine n’était pas tendre pour ce genre de rébellion ! Les maîtres avaient droit de vie ou de mort sur leur esclave. Il n’était pas rare, d’après les historiens, de voir un esclave battu à mort pour des futilités ou caprices de son maître.

En ce temps-là, les esclaves n’étaient pas considérés comme des humains, mais comme des outils de travail. Ils accomplissaient toutes les tâches serviles de leur maître. Selon la mansuétude du maître, ils étaient traités avec plus ou moins de bienveillance. Ils étaient achetés et vendus au marché comme des matières premières ou des denrées alimentaires...

Pour quelle raison Onésime s’est-il enfui ? Redisons-le, nous l’ignorons. Il se retrouve à Rome, et entre en contact avec Paul. L’apôtre se prend d’affection pour lui et Onésime est adopté comme son enfant spirituel (cf. 10).

 

Mais dès lors que faire ? Paul est tiraillé entre le désir de le renvoyer chez son maître, avec le risque de voir ce dernier lui infliger un châtiment exemplaire, et le fait de le garder auprès de lui, car il lui rend d’appréciables  services.

Après réflexions, il le renvoie vers son maître (son propriétaire) mais avec une lettre et un accompagnateur du nom de Tychique (cf. Colossiens 4 : 7, 9) Que dit cette courte lettre :

« Paul, prisonnier de Jésus-Christ, et le frère Timothée, à Philémon, notre collaborateur bien-aimé, a Appia, notre sœur, à Archippe, notre compagnon d’armes, et à l’Eglise qui est dans ta maison : Grâce et paix à vous de la part de Dieu, notre Père, et du Seigneur Jésus-Christ » v.1 (Version Nouvelle Bible Segond)

 

Paul se présente en faisant référence à sa situation de prisonnier pour la cause du Seigneur. Il n’a pas besoin de se dire apôtre, et d’en appeler à cette autorité qui lui a été donnée (cf. 1 Timothée 1 : 1 ; Ephésiens 1 : 1 ; Galates 1 : 1). Il choisit le lien de l’humilité pour s’adresser à Philémon. Non seulement Paul adopte un profil bas, mais encore il valorise Philémon à l’associant à l’œuvre de Dieu. Il le considère comme un collaborateur au sens noble du terme, un compagnon qui mène le même combat que le sien. Pour dire ce qu’il a d’important à lui transmettre, Paul se place sur le terrain d’une relation empreinte d’affection et d’amour. Philémon est déclaré bien-aimé ! Il associe d’autres personnages, certainement l’épouse et le fils de ce dernier. Puis, il étend la salutation à l’Eglise qui est dans sa maison. Cette petite communauté spirituelle se réunissait chez Philémon... Puis, vient la salutation. Elle parle de grâce (χαρίς, moyen par lequel on est sauvé, cf. Ephésiens 2 :8) et de paix (είρηνη, cf. Philippiens 4 :7, conséquence d’une conviction de salut à vivre entre les hommes).

Pouvait-il y avoir meilleure introduction pour aborder ce sujet si épineux ?

En situation de conflit relationnel, il y a là matière à réflexion.

Quand on substitue à l’acte autoritaire la relation d’amour, quand on se met en phase avec son interlocuteur en se mettant dans une position d’humilité, quand on valorise le bien qui se trouve en l’autre, le frère bien-aimé, quand on parle de grâce (faisant référence à ce que l’on reçoit de Dieu) et de paix (conséquence de la résolution d’un conflit), il ne peut y avoir qu’un résultat positif, même si cette démarche n’est pas accueillie comme on le souhaiterait.

Pourquoi ? Parce qu’elle responsabilise la personne à qui l’on s’adresse et nous décharge d’un poids. C’est là, faut-il le dire avec conviction, la force du christianisme, même s’il est mal desservi par ceux qui le vivent ! 

 

« Je rends toujours grâce à mon Dieu en faisant mention de toi dans mes prières, car j’entends parler de l’amour et de la foi dont tu fais preuve envers le Seigneur Jésus et pour tous les saints. Que ta participation à la foi agissante par la connaissance de tout ce qui est bon en nous, pour le Christ ! J’ai eu, en effet, beaucoup de joie et d’encouragement à cause de ton amour, car par toi, mon frère, le cœur des saints a été tranquillisé. » v.4-7

 

L’introduction de Paul est remarquable à plus d’un titre. Pourquoi ?

 

  1. parce qu’il part d’une expérience personnelle : il prie pour Philémon. A chaque fois que nous faisons référence à un vécu personnel et  bienveillant  pour autrui, nous sommes sur la voie d’une bonne relation. Partir de soi, et non de ce que pensent les autres, est déterminant en relation.
  2. Parce que l’apôtre est bien informé de ce que vit Philémon au sein de sa petite communauté. Etre justement informé, c’est déjà favoriser le bon choix pour autrui.
  3. Parce que l’apôtre ne cesse de valoriser la foi agissante dans l’amour (cf. Galates 5 :6) et ses effets bénéfiques pour tous. De plus, Philémon a su discerner, par l’esprit de Dieu, ce qui était bon pour tous, lui y compris.
  4. Parce qu’il exprime son ressenti et sa gratitude pour l’action spirituelle menée par Philémon. Si le cœur des saints a été tranquillisé, le cœur de Paul l’a aussi été. C’est en s’appuyant sur cette réalité qu’il avance confiant dans sa démarche. A chaque fois que nous nous investissons dans une relation de confiance vis-à-vis d’autrui, nos cœurs sont aussi tranquillisés (litt. αναπαυω : terme militaire pour faire stopper une armée et la mettre au repos, faire se reposer ou donner du repos, cf. Matthieu 11 :28, 1 Corinthiens 16 :18).

 

Dans ce contexte relationnel très bien posé, l’apôtre peut maintenant aborder le cœur de sa demande :

« C’est pourquoi, bien que j’aie dans le Christ une grande assurance pour te prescrire ce qui convient, j’aime mieux te supplier au nom de l’amour ; tel que je suis moi, Paul, un vieillard, et de plus maintenant prisonnier de Jésus-Christ, je te supplie pour mon enfant, celui que j’ai engendré en prison, Onésime : autrefois il t’a été inutile, mais maintenant il est bien utile, et à toi et à moi ; je te le renvoie, lui qui est une partie de moi-même. Moi, j’aurai souhaité le retenir auprès de moi, pour qu’il me serve à ta place, tant que je suis en prison pour la bonne nouvelle. Mais je n’ai rien voulu faire sans ton avis, pour que ton bienfait n’ait pas l’air forcé, mais qu’il soit volontaire. » v. 8-14

 

En pleine cohérence spirituelle, Paul présente donc les motivations à sa requête. La répétition étant la forme élémentaire de l’enseignement pédagogique, il rappelle qu’il aurait pu, dans la circonstance, recourir en toute liberté, à son autorité apostolique (cf.2 Corinthiens 10 :1-3)... Le mot liberté (Пαρρησία = Liberté de parole, franchise, hardiesse) pour quelqu’un qui est en prison, c’est une façon de manier le paradoxe et de témoigner de la puissance de l’évangile. Mais, il préfère faire le choix du lien de l’amour. C’est pourquoi il utilise une forme de prière équivalente de l’exhortation, comme pour encourager son lecteur, (cf. 2 Corinthiens 6 :1 ; 1 Thessaloniciens 3 :2). Il le fait simplement sans artifices, tel qu’il est, apportant une note de sagesse en regard de sa position de vieillard. L’apôtre devait avoir près de 60 ans, et si l’on considère tous les sévices qu’il a endurés, (cf. 2 Corinthiens 11 :16-33) c’est une grâce d’avoir assumé jusqu’à ce terme son mandat d’apôtre en terre païenne. Il se dit prisonnier de Jésus-Christ. Ailleurs il dira : «  Christ est ma vie et la mort m’est un gain » Philippiens 1 :21. Sa prière concerne un esclave libéré par Jésus-Christ, enfant spirituel de Paul, engendré dans les chaînes (δεσμίοσ= chaîne, lien, attache). Le terme engendré est fort, il fait référence au lien qui l’attache affectivement à Paul. Et puis, il mentionne son nom : Onésime (signifie utile, qui rend service), d’où la subtilité du jeu de mots dans la phrase suivante. Qu’importe si, comme pensent certains, ce nom est commun aux esclaves... En le nommant personnellement, il le remet en dignité de personne. Il repositionne Onésime, en le faisant son égal dans la chair. (Litt. il fait partie de mes entrailles). Non seulement l’apôtre revalorise le travail passé et présent d’Onésime, mais plus encore, il le considère comme membre de sa famille en soulignant le rapport Père-Fils dans la foi. Avec Onésime on passe de l’inutile à l’utile, puis au parfaitement utile.

 

Après des propos si forts, on comprend que l’apôtre exprime son désir de vouloir garder celui qui maintenant lui est cher pour la bonne cause. C’est aussi une manière subtile de faire une petite pression affective sur Philémon, même si Paul s’en défend. Ce jeu de pression douce dans la relation affective, Paul la manie avec dextérité. Il renvoie de ce fait Philémon à sa responsabilité. Paul, très habilement, utilise sa diplomatie chrétienne pour faire concourir toutes choses à une bonne fin.

C’est pourquoi on peut sourire quand Paul dit à Philémon : 

« Je n’ai rien voulu faire sans ton avis » pour que ce bienfait (sous-entendu que tu vas faire) vienne de toi. A la fois, c’est subtil et juste. Toute la pédagogie moderne développe cet aspect : agir à la place de l’autre  n’aide pas à grandir. Cela peut même handicaper la progression vers la maturité. Par contre, proposer des outils pour favoriser le bon choix, laisse augurer un bien meilleur résultat. Paul agit en pédagogue tout au long de cette missive, même si sa démonstration nous paraît un peu lourde à certains moments. (J’entends par là, trop chargée d’une pression affective.) Si l’on se place du côté de Philémon, on peut dire qu’il n’avait plus le choix après une telle démonstration. Il ne lui restait plus qu’à satisfaire la demande de Paul... Quoi qu’il en soit, favoriser le volontariat dans tous les choix, c’est viser à l’excellence en relation.

Mais l’apôtre va encore aller plus loin, dans son souci de convaincre Philémon.

 

« Peut-être, en effet, a-t-il été séparé de toi pour un temps, afin que tu le retrouves pour toujours, non plus comme un esclave, mais, ce qui est mieux qu’un esclave, comme un frère bien-aimé : il l’est tout particulièrement pour moi, combien le sera-t-il pour toi, et dans la chair et dans le Seigneur ! Si donc tu me tiens pour ton compagnon, accueille-le comme si c’était moi. S’il t’a fait du tort ou s’il te doit quelque chose, mets-le sur mon compte. Moi, Paul, je l’écris de ma propre main : je te rembourserai moi-même pour ne pas te dire que tu te dois toi-même à moi. Oui, mon frère rends-moi ce service, à moi, dans le Seigneur ; tranquillise mon cœur dans le Christ » v. 15-20

 

En quelques phrases, l’apôtre apporte sur le sujet de l’esclavage l’éclairage sublime de l’évangile. Pour l’époque, ces propos étaient révolutionnaires, gardons-nous d’en réduire hâtivement la portée !

 

Reconnaître l’esclave, non plus comme un outil, mais comme un frère, un égal de soi dans le lien affectif, était exceptionnel.

 

Cette démarche exprime la puissance de transformation de l’amour de Dieu pour l’humain. Car disons-le clairement, ce n’est pas la nature humaine qui est à l’origine de cette évolution ; c’est poussé par l’esprit de Dieu que des hommes ont agi de la sorte. Et si aujourd’hui nous élargissons la notion de l’esclavage moderne, nous pouvons tout aussi sûrement démontrer que seule l’action de Dieu permet à l’humain la découverte de vrais espaces de liberté. L’homme est dans le pouvoir et le désir de domination, seule une force puissante peut l’affranchir de ce mal récurrent, pour ne pas dire séculaire.

Quant à la forme de la démonstration, Paul a l’audace de dire à Philémon que si Onésime a pris le large (avec probablement quelques affaires lui appartenant cf. v. 18), c’était peut-être pour son bien...

 

C’est osé, mais l’équation : perdre un temps pour gagner toujours est séduisante ! De surcroît perdre un esclave pour retrouver un frère est aussi un bon deal...

 

Bien sûr, Paul revient sans cesse avec excès de paternalisme, donner son témoignage. Par contre, il a l’audace de présenter une autre équation plus sujette à caution : ce qui est bon pour moi, l’est aussi pour toi, même si, dans la circonstance, elle s’avère juste. Paul modifie ainsi la maxime : «  faites aux autres ce que vous voulez qu’ils fassent pour vous », par : «  fais pour lui ce que tu ferais pour moi. » C’est presque irrésistible comme « chantage » affectif ! Cela nous renvoie à la parole de Jésus sur le bon Samaritain : « Aie soin de lui, et ce que tu dépenseras de plus, je te le rendrai à mon retour » Luc 10 : 35. Autrement dit : « S’il t’a fait du tort, ou s’il te doit quelque chose, mets-le sur mon compte. » Le plaidoyer est magistral ! Paul ajoute même une pointe de pertinence, en rappelant aimablement à Philémon, que c’est lui son débiteur, eh ! Toc !

 

Après une telle démonstration d’arguments, Paul termine banalement sur le ton : rends-moi ce service, avec de nouveau ce balancement dans la pression douce : tranquillise mon cœur dans le Christ ou plus littéralement : « donne du repos à mes entrailles en Christ ». Nous dirions aujourd’hui que Paul a manié, avec une dextérité sans pareille, la carotte et le bâton. Les moyens ont justifié la fin. Sa démarche spirituelle d’amour, avec cette pression affective subtile et constante, a atteint son but.

La conclusion sera conforme à ce balancement :

 

« C’est en me fiant à ton obéissance que je t’écris, sachant que tu feras encore au-delà de ce que je dis. En même temps, prépare-moi un logement, car j’espère vous êtes rendu, grâce à vos prières. Epaphras, mon compagnon de captivité en Jésus-Christ, te salue, ainsi que Marc, Aristarque, Démas et Luc, mes collaborateurs. Que la grâce du Seigneur Jésus-Christ soit avec votre esprit ! »

v. 21-25

 

Paul a posé une relation d’amour au début de sa démarche, il parle maintenant d’obéissance. C’est surprenant, car c’est une forme de relation maître-élève, pour ne pas dire maître-esclave. Etait-ce bien nécessaire ? D’autant qu’il surenchérit en disant qu’il sait qu’il fera plus qu’il ne lui demande. Mais est-ce une obéissance à Paul ou à Dieu ? L’une semblerait une régression dans son développement, l’autre une ouverture, une marque de confiance. Cette dernière serait plus en harmonie avec sa démonstration. Elle serait une ouverture heureuse en comptant sur l’action de l’esprit de Dieu, un bel investissement pour l’avenir non seulement de Philémon, mais aussi de la communauté de Colosse.

Certainement le lien qui unissait Paul à Philémon devait être très fort. Notons qu’au passage, il lui demande de lui préparer un gîte. Les salutations   nous permettent de retrouver Marc avec plaisir (ce qui laisse entendre que la dissension passée, entre Paul et lui, est oubliée, cf. Actes 15 :38-40 : 2Timothée 4 :11) En terminant, Paul recentre sur la grâce du Seigneur Jésus, autant dire sur la notion de salut gratuit en Jésus-Christ. Pour un problème larvé comme la fuite d’Onésime, terminer sur la réalité de la grâce est apaisant pour tout le monde.

 

Conclusion :

 

Cette lettre porte en elle tous les ingrédients nécessaires à la résolution des conflits personnels et intercommunautaires. Elle pose paisiblement la seule réponse valable face à l’esclavage passé et moderne : la pratique de la relation d’amour. Et pourtant quelles sont nombreuses ces formes insidieuses d’esclavage ! Les atteintes à la liberté sont de plus fréquentes de nos jours ! Sachons être vigilants ! La démarche proposée par le Christ  fait émerger avec une force inouïe la notion libératrice du pardon, et les bienfaits de la réconciliation. Que nul ne s’en prive ! C’est l’accès à la vraie vie.                                                                                                                     

                                                                                   Jacques Eychenne

                                                                                         

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