La résurrection du Christ

  

 

 

   La résurrection

        du Christ

   Le doute ou la foi ?

    Luc 24 : 35-48

 

Introduction :

 

Le dernier chapitre de l’évangile de Luc nous rappelle le vrai combat spirituel entre les forces du bien incarnées par son champion, Jésus-Christ, et les forces du mal  initiées par Satan. On pense couramment que le triomphe de la résurrection a été acclamé avec soulagement et une grande joie,  mais il n’en fut rien… L’auteur du mal a employé tous les moyens pour saboter cette belle réalité, puis sa proclamation. Pourtant, elle annonçait l’incontournable victoire de Dieu. L’adversaire a utilisé tous les subterfuges pour nier, déformer, empêcher la diffusion de cet évènement glorieux, marqueur indélébile de la victoire de Dieu sur le mal, seul véritable espoir pour notre humanité souffrante.

Quel a été le plan d’attaque de l’adversaire, et comment Dieu y a répondu ? Tel sera l’objet de notre réflexion.

 

Stratégie de combat du malin :

 

trouver des raisons de discréditer le Seigneur, et produire des chefs d’accusations crédibles. Il a fallu démontrer que Jésus-Christ,

  • était transgresseur de la loi de Dieu. C’est ainsi qu’on l’a accusé de transgresser le  jour du sabbat (cf. Matthieu 12 : 9-10)          
  • qu’il était blasphémateur en se prétendant être le Fils de Dieu (cf. Luc 5 : 21 ; Jean 10 : 35)
  • qu’il avait un démon et qu’il était fou (cf. Jean 10 : 19-20)
  • Qu’il était un danger public en insécurisant la population sous occupation romaine, et surtout en annonçant la destruction du temple, fierté de l’identité nationale (cf. Matthieu 26 : 61)

En vue de livrer la dernière bataille, Satan a dû ruser pour arriver à ses fins.

  1. Il a fallu trouver un complice proche de Jésus si possible,  pour mettre le Christ hors d’état de nuire en discréditant sa popularité. Le sort tomba sur Juda qui, comme sous l’effet d’une drogue, accomplit à la lettre tous les détails de la mise en scène soigneusement orchestrée par les responsables spirituels (cf. Jean 13 : 2-3). Le but avoué était de faire condamner le Seigneur comme un vulgaire brigand et de le faire mourir comme un dangereux malfaiteur avec la complicité du pouvoir romain.  A chaque stade du plan machiavélique, il fallait que le Sanhédrin soit vigilant. Les responsables ont suivi le Christ jusqu’à la croix et jusqu’à la dernière minute de sa vie. Ils ont été attentifs au constat réel de sa mort. Et même après cela, ils n’étaient pas encore tranquilles. Ils devaient rester extrêmement vigilants, donc demeurer en veille permanente.    
  2. Il fallait à tout prix empêcher le Christ de sortir du tombeau. Satan continua à inspirer les chefs religieux pour qu’il demande à Pilate de poster des gardes devant le tombeau. Il ne fallait surtout pas que le Christ en sorte… (cf. Mattieu 27 : 62-66)   
  3. En dernier recours, si tout le processus restait inefficace, il fallait crier à la supercherie. Faire croire que le Christ n’avait pas les pouvoirs qu’il prétendait. Il fallait construire, dans l’urgence,  un stratagème crédible. On soudoya des gardes pour signifier un hold-up. Ces derniers déclarèrent et attestèrent que ses amis étaient venus de nuit dérober son corps (cf. Matthieu 28 : 13-15).
  4. En désespoir de cause, il ne restait plus à l’adversaire qu’à continuer à semer encore et toujours le doute dans le cœur des disciples. C’est la raison pour laquelle ces derniers eurent du mal à être ébaubis d’admiration devant la réalité de la présence de leur maître et Seigneur (cf. Luc 24 : 41)
  5.  

La contre-offensive divine a été proportionnée  aux attaques de l’ennemi. Comment Dieu, par Jésus-Christ, a-t-il contre-attaqué ?

 

- En cultivant sans cesse la confiance comme antidote au doute (cf. Jean 14 : 1-3) Jésus n’ a jamais cessé de rassurer les siens. Il a usé de prévenance.

- En acceptant le défi, mais en le dominant en permanence. Jésus déclare lui-même : « Le Père m’aime, parce que je donne ma vie, afin de la reprendre. Personne ne me l’ôte, mais je la donne de moi-même ; j’ ai le pouvoir de la donner, et j’ai le pouvoir de la reprendre : tel est l’ordre que j’ai reçu de mon Père. » Jean 10 : 17-18

- En priant pour ses disciples. (cf. exemple pour Pierre. Luc 22 : 31-32)

- En multipliant ses apparitions après sa résurrection : les Ecritures mentionnent 10 apparitions : 5 le jour même, et 5 dans les jours qui ont suivi.

Les cinq premières apparitions se situent le dimanche matin, premier jour de la semaine, d’ après les Ecritures : Le Christ apparut à :

  1. Marie de Magdala (cf. Marc 16 : 9-11 ; Jean 20 : 11-18)
  2. Après quelques minutes, deux femmes rejoignent Marie de Magdala. Il s’agit de Marie, la mère de Jacques et Salomé (cf. Marc 16 : 1-6)
  3. Dans le courant de la journée, vraisemblablement en fin de matinée,  Pierre et Jean constate sa résurrection. L’évangile de Luc mentionne une apparition du Seigneur à Pierre(cf. Jean 20 : 3-10 ; Luc 24 : 34 ; 1 Corinthiens : 15 : 5).
  4. En fin d’après-midi, apparition aux deux disciples d’Emmaüs (cf. Marc 16 : 12 ; Luc 24 : 13-32)
  5. Puis, vers le soir très certainement, apparition aux apôtres sans Thomas. (cf. Marc 16 : 14 ; Luc 24 : 36 ; Jean 20 : 19 : 25)
  6.  

Une semaine après, le soir du dimanche suivant :

- apparition à tous les apôtres, Thomas est présent (cf. Jean 20 : 26-31 ; 1 Corinthiens 15 : 5).

  • Puis à sept disciples au bord du lac de Tibériade (cf. Jean 21).
  • De nouveau apparition aux apôtres avec une foule de plus de 500 personnes (cf. Matthieu 28 : 16-20 ; Marc  16 : 15-18 ; 1 Corinthiens 15 : 6).
  • Apparition à Jacques, le demi-frère du Seigneur (cf. 1 Corinthiens 15 : 7).
  • Et enfin, à tous les apôtres, disciples, sympathisants, au mont des Oliviers, juste avant son ascension (cf. Marc 16 : 19-20 ; Luc 24 : 44- 53 ; Actes 1 : 3-12).
  •  

Par la suite, à l’aulne de l’histoire chrétienne, le Seigneur glorifié s’est révélé dans toute Sa Majesté à Etienne au moment de sa lapidation (cf. Actes 7 : 55-60), mais aussi à l’apôtre Paul à cinq reprises : lors de sa conversion (cf. Actes 9 : 3-8 ; 26 : 12- 19) ; à Corinthe (cf. Actes 18 : 9-10) ; dans le temple de Jérusalem (cf. Actes 22 : 17-21) ; une fois encore à Jérusalem (cf. Actes 23 : 11) et dans une autre vision (cf. 2 Corinthiens 12 : 1-4). Enfin, il est apparu en vision à l’apôtre Jean, sur l’île de Patmos, à plusieurs reprises (cf. Apocalypse 1 : 10-18)

 

Comme nous le constatons, Dieu a mis tout en œuvre pour contrecarrer les plans de l’ennemi. Et si on ajoute à cela, l’utilisation de moyens exceptionnels, comme le tremblement de terre lors de la venue au tombeau de Marie de Magdala et de l’autre Marie (cf. Matthieu 28 : 2), l’ apparition d’un ange du Seigneur, l’impact considérable de la résurrection de plusieurs centaines de personnes qui entrèrent à Jérusalem (cf. Matthieu 27 : 52-53), on se dit qu’il est difficile de ne pas prendre en haute considération tous ces évènements glorieux.

Mais ce n’est pas tout… Dans un élan d’amour, voulant dissiper tout doute, Jésus s’est évertué à démontrer qu’il était bien vivant. Il a demandé qu’on le touche et qu’on lui donne à manger (cf. Luc 24 : 38-43 ; Jean 21 : 12-14)

Dès lors, était-il encore permis de douter de la véracité de ces faits ? Certes oui !  Mais le médecin bien-aimé explique comment le seigneur a dissipé définitivement ce mal rongeur qu’est le doute. Il fit la synthèse de son parcours de combat et ouvrit l’esprit des apôtres pour qu’ils comprennent toute la portée de son action salvatrice.

« Puis il leur dit: C'est là ce que je vous disais lorsque j'étais encore avec vous, qu’il fallait que s'accomplisse tout ce qui est écrit de moi dans la loi de Moïse, dans les prophètes, et dans les psaumes. Alors il leur ouvrit l'esprit, afin qu'ils comprennent les Écritures. Et il leur dit: Ainsi il est écrit que le Christ souffrirait, et qu'il ressusciterait des morts le troisième jour, et que la repentance et le pardon des péchés seraient prêchés en son nom à toutes les nations, à commencer par Jérusalem. » Luc 24 : 44-47

 

Cette intervention du Seigneur nous apprend qu’une connaissance historique, relatant le ministère du Christ, n’est pas suffisante. Les disciples ont été témoins de tous les gestes glorieux du Sauveur, ils ne les ont pas pour autant  compris. Comme pour l’eunuque d’Ethiopie, il leur a fallu une explication. A cette fin, le Christ leur ouvrit l’esprit.

 

Cette condition demeure pour nous aujourd’hui. Nous pouvons très bien croire que Jésus est mort, il y a plus de 2000 ans, et  passer à côté d’une réalité plus sublime.

 

Rappelons-nous la réplique pertinente de Jésus à la Samaritaine :

« Dieu est Esprit, et il faut que ceux qui l’adorent, l'adorent en esprit et en vérité »  Jean 4 : 24

 

La conclusion de l’évangile de Luc mentionne plusieurs aspects indispensables à la bonne compréhension du combat de Dieu, par Jésus-Christ, contre le mal. La justification de tout ce déploiement de forces attestant la victoire de Dieu, a pour finalité le devenir de la nature humaine.

 

En effet, la résurrection peut rester sans effet, si elle ne conduit pas, chacun de nous à la repentance et au pardon des péchés.

 

La repentance, (en grec la  μετάνοια) est un changement de mentalité et d’intention. C’est la révolution du cœur. Elle est le fait d’une double conjonction :

- La première dépend de nous : elle est en rapport avec la prise de conscience de notre véritable condition et de l’acceptation de l’aide de Dieu.

               - La deuxième vient de Dieu. C’est lui qui donne. C’est lui qui place dans  notre cœur le repentir (cf. Actes 5 : 31)

               La bonté de Dieu  nous « pousse à la repentance » Romains 2 : 4

 

Pourquoi la repentance est-elle si déterminante dans notre relation à Dieu ?

 

L’apôtre Paul, écrivant à son disciple Timothée, répond à notre question. Il énonce le conseil suivant :

 

«  Il (le bon serviteur) doit redresser avec douceur les adversaires, dans l'espérance que Dieu leur donnera la repentance pour arriver à la connaissance de la vérité, et que, revenus à leur bon sens, ils se dégageront des pièges du diable, qui s'est emparé d'eux pour les soumettre à sa volonté. » 2 Timothée 2 : 25-26  

 

La réponse est claire. Sans repentance, il est difficile d’avoir accès à la connaissance de la vérité et donc de retrouver le bon sens des choses.

L’évangile de Luc conclut en rapportant les paroles du Seigneur. Après leur avoir tout dit et tout expliqué, Jésus envoya ses apôtres en mission. Assistés par l’Esprit Saint, ils avaient pour objectif de proclamer le triomphe de la résurrection, autrement dit, la victoire sur le mal. Cette bonne nouvelle devait être publiée à toutes les nations. Le doute étant complètement évacué, il fallait que la foi donne sa pleine mesure. C’est dans la joie (ils louaient et bénissaient Dieu. Luc 24 : 53) que s’accomplit cette aventure passionnante.

 

A notre tour, ne convient-il pas de passer le relais de ce message d’espérance à nos contemporains. Notre monde manque cruellement de véritable espérance.

 

Conclusion :

 

Le texte de Luc nous redit la bonne nouvelle : Christ est ressuscité. La religion chrétienne est la seule au monde qui nous relie à un sauveur vivant. Nous ne suivons pas les préceptes d’un mort…

Les témoins de sa résurrection nous disent :

  • Que Christ est avec nous tous les jours jusqu’à la fin du monde (cf. Matthieu 28 : 20, Jean 12 :)
  • Que si nous avons un problème, nous avons un avocat auprès du Père, Jésus-Christ le juste (cf. 1 Jean 2 : 1) c’est notre assistance juridique permanente et gratuite.
  •  Que la résurrection du Christ est le gage, l’assurance tous risques, de notre propre résurrection (cf. Jean 5 :21 ; Romains 6 : 5 ; 1 Corinthiens 15 : 20-22 ; Hébreux 2 : 15)

La finalité de la victoire du Christ sur le mal concerne chacun d’entre nous. L’apôtre Pierre déclare fermement :

« Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus -Christ, qui, selon sa grande miséricorde, nous a régénérés, pour une espérance vivante, par la résurrection de Jésus -Christ d'entre les morts, pour un héritage qui ne peut ni se corrompre, ni se souiller, ni se flétrir; il vous est réservé dans les cieux, à vous qui, par la puissance de Dieu, êtes gardés par la foi pour le salut prêt à être révélé dans les derniers temps ! C'est là ce qui fait votre joie, quoique maintenant, puisqu’il le faut, vous soyez attristés pour un peu de temps par diverses épreuves, afin que l'épreuve de votre foi, plus précieuse que l'or périssable (qui cependant est éprouvé par le feu), ait pour résultat la louange, la gloire et l'honneur, lorsque Jésus -Christ apparaîtra.

Vous l'aimez sans l'avoir vu, vous croyez en lui sans le voir encore, vous réjouissant d'une joie merveilleuse et glorieuse, parce que vous obtiendrez le salut de vos âmes pour prix de votre foi. » 1 Pierre 1 : 3-9

 

Soyons plus que jamais convaincus que nous avons toutes les raisons d’être aujourd’hui dans la joie. La résurrection ouvre un nouvel espace de liberté dans notre relation à Dieu. Nous ne sommes plus dans la crainte et le doute, car le Seigneur nous redit chaque jour : «  Je suis la résurrection et la vie » Jean 11 : 25

Dieu remplit nos cœurs d’espoir, qu’on se le dise…

Que Dieu accompagne chacun de nous vers le royaume éternel.

                                                                                           Jacques Eychenne

                                                                                                

 

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